dimanche, 04 avril 2010
An Ankou

Ceci est une bande dessinée vraiment très à part même si elle appartient à une série grand public. D'abord, je la donne avec sa couverture bretonne. Et elle a quelques raisons d'avoir été éditée en breton. Les lieux évoqués sont paronymes de ceux de la centrale de Brennilis au milieu des monts d'Arrée, Berniliz. On est dans l'actualité la plus immédiate. L'histoire paraît en 1976 en revue, alors que des attentats du FLB ont eu lieu l'année précédente dans la centrale nucléaire.
Ce qui me semble remarquable, c'est que nos héros ne connaissaient nullement le nom de ce personnage, mais ils le nomment malgré tout sur la couverture de la revue comme s'ils le connaissaient depuis toujours. Pourtant, il n'y a jamais de chance de tuer un personnage surnaturel à l'aide d'une voiture et il n'y a aucune raison de freiner afin d'éviter de l'écrabouiller (d'autant plus qu'il représente la Mort). Fournier suppose que ses lecteurs possèdent les mêmes codes narratifs que lui et en cela il se trompe.
Que voyons-nous dans le paysage un peu lunaire ? Une sorte de centrale nucléaire qui apparaît sous la forme d'explosions. Soit. Et c'est le personnage annonçant la mort qui arrive pour barrer le chemin des héros. Le tout dans un costume du plus pur XVIIIe siècle avec bâton, cheveux longs et chapeau breton à l'appui. Il y a juste quelques petites choses qui me dérangent dans cette démonstration. L'Ankou est la représentation de la mort et comment pourrait-on tuer la mort en voiture ? L'Ankou est contre la centrale nucléaire parce qu'il est le gardien de la tradition ancestrale et qu'il entend garder le monopole de la mort. Mais pourquoi l'épargner ? Que veut dire cette image d'un autre âge ?
Quand on prend l'image de l'album, cela ne va pas mieux. On a toujours l'Ankou en figure surplombante et inquiétante, mais c'est la figure protectrice de la Bretagne alors même si c'est le voyageur de la mort qui porte ici un bâton et non plus une faux et qu'il ne ressemble plus à un squelette. C'est un Ankou présentable et plus acceptable qui nous est donné. On voit aussi la très jolie Ororéa qui est une pièce rapportée depuis sa Polynésie natale et puis Spip en fin de cortège (parce qu'il n'y a plus de marsupilami), mais où est le sens ? Fantasio rigole, Ororéa sourit parce qu'elle est en représentation (c'est l'ingrédient féminin nécessaire et indispensable à cette époque pour les adolescents masculins dont les hormones travaillent), Spirou seul est inquiet, et tout le monde défile comme si les choses étaient entendues. Je ne sais quoi penser.
Je vais me faire engueuler par Jacques C., je le sens. Mettre en doute la dignité des Bretons est une chose ignoble que je n'aurais jamais dû commettre. Je le regrette par avance et je présente des demandes d'excuses.
21:45 Publié dans Soulever la couverture | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bande dessinée, langue française, breton
dimanche, 18 janvier 2009
La Poste contre les Bretons
Branle-bas de combat en Basse-Bretagne ! Les Bretons s'insurgent contre les nouvelles recommandations de La Poste :
Hier, à Vannes, Yves Amiard, directeur du courrier pour l’Ouest Bretagne, zone qui comprend le Morbihan et le Finistère, a indiqué que La Poste incite les communes à donner noms de rues et numéros d’habitation aux villages qui n’en ont pas et qu’elle recommande de choisir plutôt le français que le breton pour les dénominations.
Le vice-président du conseil régional proteste. L'agence Bretagne Presse se fend d'un communiqué.
Disons-le clairement : les recommandations de La Poste pour faciliter la lecture optique ne reposent sur aucune logique. Elle enjoint déjà les utilisateurs, usagers, clients à employer des capitales non accentuées pour les noms de localité et elle proscrit les traits d'union alors ou les apostrophes sous prétexte que ce serait mal déchiffré par ses machines. Or rien n'est plus faux. On voit l'absurdité de ce point de vue dans cet échange :
« Les apostrophes perturbent la lecture optique », indique Yves Amiard. « Ce n’est pas la langue bretonne qui nous gêne, mais ces apostrophes », précise-t-il.
Parce qu'il n'y aurait d'apostrophes qu'en breton et seulement en breton ? Certes, le digramme c'h est fréquent dans les noms propres bretons (Floc'h ou Penquerc'h par exemple), mais il y a des foules de noms de rues ou de communes bien français contenant une apostrophe : L'Isle-sur-la-Sorgue, Ville-d'Avray, sans compter les noms de personnes moins courants comme Jourd'hui, Prud'homme. Jusqu'à présent, les apostrophes devaient être évitées selon La Poste dans les noms de localités écrits en capitales, mais là elle ne conseille pas d'écrire les noms de rues en capitales et pourtant elle entend éliminer les apostrophes. Pourquoi les apostrophes bretonnes et pas les accents français sur les bas-de-casse aussi ? Parce que "rue du Général-Gégé", cela contient quatre accents aigus qui pourraient aussi perturber la lecture comme les apostrophes. Cela ne tient pas debout, d'autant qu'on a alors affaire à la graphie fort particulière de chaque auteur de message.
Je vois là un grand nombre de maladresses et d'erreurs dans la communication et une manière de s'enfoncer encore plus. On présuppose que le breton serait la seule langue à apostrophes et que les apostrophes seraient plus graves en bas-de-casse que des accents aigus ou graves ou des trémas. On imagine que les noms de rues ne seront donnés qu'en breton alors que la loi impose déjà que la qualification de la voie le soit d'abord en français. La Poste ne légifère pas du tout sur les formes de noms d'artères, ce n'est pas de sa compétence et il y a une grande différence entre écrire straed Gwenaël-Guivarc'h et rue Gwenaël-Guivarc'h. Mais comment pourrait-on renoncer à certains noms bretons en Bretagne ? On ne le ferait pas plus que pour certains noms corréziens en Corrèze, ardéchois en Ardèche, carolomacériens à Charleville-Mézières. Lesquels peuvent être fort riches de signes propres à perturber prétendument la lecture optique. Et comment La Poste fait avec des abréviations sauvages ou absurdes comme : Gén. pour général, Bvd pour boulevard, 2ième pour 2e ou deuxième ?
Pour ma part, j'écris tous mes libellés en bas-de-casse, avec les signes diacritiques qui conviennent (traits d'union et apostrophes inclus) et le courrier parvient à destination fort vite.
12:43 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : breton, bretagne, langue française, politique
jeudi, 17 avril 2008
L'anglais vu comme langue régionale de France, ou comment se sortir du piège de l'Eurovision
«Depuis 52 ans qu’existe le concours, les candidats représentant la France ont toujours chanté en langue française», a souligné Alain Joyandet [secrétaire d'Etat à la Francophonie depuis que le traitre Jean-Marie Bockel a été victime d'Omar Bongo,TotalElfFina et Vincent Bolloré réunis].
Ah bon ? Affirmation un peu rapide, parce que l'on peut appeler ça du français ? Oh ! excusez-moi, c'est une des langues régionales de France, ce que n'est pas l'anglais, malheureusement. Donc ça reste français malgré tout... Il y a pourtant une solution très simple pour se sortir de ce guépier : décréter que l'anglais ne sera plus considéré que comme une des langues régionales et minoritaires de France et ne sera alors enseigné que dans les territoires abritant une population qui refuse de s'exprimer dans une autre langue. Comme cela on pourra chanter aussi en anglais à l'Eurovision. On peut lancer une option langue et culture régionale anglaise dans les départements du Gers et de la Dordogne (si chère à Xavier Darcos, mon estimé ministre) à titre expérimental, en attendant la suppression de l'anglais comme matière de langue vivante 1 au collège et au lycée. Ainsi l'anglais ne sera plus considéré comme une langue étrangère, mais comme une composante de l'identité française au même titre que le basque, le picard, l'alsacien, le flamand, le corse... Juste un truc folklorique limité à quelques départements et communes bien délimitées. Une option facultative en 4e et seulement s'il y a une demande des parents anglophones qui devront prouver le besoin d'un tel enseignement et surtout garantir le nombre d'élèves nécessaires pour l'ouverture d'une section.
17:56 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, anglais, langue anglaise, eurovision, breton
mardi, 25 septembre 2007
Bric-à-brac de brèves
L'anglais est la deuxième langue de Bruxelles et pourrait devenir la première langue de Belgique. Notons que les Flamands maîtrisent plus le français que les francophones le néerlandais.
Les Suisses se divisent : leurs députés veulent que la première langue vivante enseignée soit une des langues nationales, les sénateurs refusent et préfèrent laisser le libre choix aux cantons, ce qui revient à favoriser l'anglais au détriment du français dans les cantons alémaniques.
Les députés français sont aussi divisés à propos de la ratification du protocole de Londres et cela ne recoupe pas les clivages poltiques entre partis, l'opposition est forte au PS alors que la signature a été faite sous Jospin et on doit rappeler à l'ordre à l'UMP.
Le zh de Breizh déchaîne les passions. Le motif : un billet légèrement imbécile et outrancier de Jean-Luc Mélenchon (cité en lien dans la note à laquelle je renvoie), qui fait un raccourci trop rapide et simpliste entre la langue bretonne et le nazisme (même si les auteurs de la graphie KLT-V de 1941 pour beaucoup ont soit fini en exil, soit été exécutés pour faits de collaboration). Il n'empêche qu'il existe aussi des connivences nombreuses entre certains identitaires bretons et des idéologies sulfureuses. Mais le breton comme langue n'y est pour rien.
Demain, c'est la journée européenne des langues.
17:14 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anglais, langue anglaise, francophonie, langue française, breton, bretagne, suisse
mardi, 30 janvier 2007
In the Court of the Crimson King
Ah ben ! en voilà une andouillerie qu'elle est belle ! C'est vrai que le breton, cela peut sembler plus romantique et plus médiéval (ciel ! quel galimatias, mais le reste de l'article est aussi lamentable...) que l'anglais.
"A 14 ans, on aime le romantisme : manteaux noirs, longues jupes... avant d'arborer un look moyenâgeux, avec bagues-armures et bracelets de cuir, explique David, 19 ans, alias Crimson ("couleur du sang séché au soleil" en breton).
18:00 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : anglais, rock, gothique, langue française, breton


