dimanche, 18 janvier 2009

La Poste contre les Bretons

Branle-bas de combat en Basse-Bretagne ! Les Bretons s'insurgent contre les nouvelles recommandations de La Poste :

Hier, à Vannes, Yves Amiard, directeur du courrier pour l’Ouest Bretagne, zone qui comprend le Morbihan et le Finistère, a indiqué que La Poste incite les communes à donner noms de rues et numéros d’habitation aux villages qui n’en ont pas et qu’elle recommande de choisir plutôt le français que le breton pour les dénominations.

Le vice-président du conseil régional proteste. L'agence Bretagne Presse se fend d'un communiqué.

Disons-le clairement : les recommandations de La Poste pour faciliter la lecture optique ne reposent sur aucune logique. Elle enjoint déjà les utilisateurs, usagers, clients  à employer des capitales non accentuées pour les noms de localité et elle proscrit les traits d'union alors ou les apostrophes sous prétexte que ce serait mal déchiffré par ses machines. Or rien n'est plus faux. On voit l'absurdité de ce point de vue dans cet échange :

« Les apostrophes perturbent la lecture optique », indique Yves Amiard. « Ce n’est pas la langue bretonne qui nous gêne, mais ces apostrophes », précise-t-il.

Parce qu'il n'y aurait d'apostrophes qu'en breton et seulement en breton ? Certes, le digramme c'h est fréquent dans les noms propres bretons (Floc'h ou Penquerc'h par exemple), mais il y a des foules de noms de rues ou de communes bien français contenant une apostrophe : L'Isle-sur-la-Sorgue, Ville-d'Avray, sans compter les noms de personnes moins courants comme Jourd'hui, Prud'homme. Jusqu'à présent, les apostrophes devaient être évitées selon La Poste dans les noms de localités écrits en capitales, mais là elle ne conseille pas d'écrire les noms de rues en capitales et pourtant elle entend éliminer les apostrophes. Pourquoi les apostrophes bretonnes et pas les accents français sur les bas-de-casse aussi ?  Parce que "rue du Général-Gégé", cela contient quatre accents aigus qui pourraient aussi perturber la lecture comme les apostrophes. Cela ne tient pas debout, d'autant qu'on a alors affaire à la graphie fort particulière de chaque auteur de message.

Je vois là un grand nombre de maladresses et d'erreurs dans la communication et une manière de s'enfoncer encore plus. On présuppose que le breton serait la seule langue à apostrophes et que les apostrophes seraient plus graves en bas-de-casse que des accents aigus ou graves ou des trémas. On imagine que les noms de rues ne seront donnés qu'en breton alors que la loi impose déjà que la qualification de la voie le soit d'abord en français. La Poste ne légifère pas du tout sur les formes de noms d'artères, ce n'est pas de sa compétence et il y a une grande différence entre écrire straed Gwenaël-Guivarc'h et rue Gwenaël-Guivarc'h. Mais comment pourrait-on renoncer à certains noms bretons en Bretagne ? On ne le ferait pas plus que pour certains noms corréziens en Corrèze, ardéchois en Ardèche, carolomacériens à Charleville-Mézières. Lesquels peuvent être fort riches de signes propres à perturber prétendument la lecture optique. Et comment La Poste fait avec des abréviations sauvages ou absurdes comme : Gén. pour général, Bvd pour boulevard, 2ième pour 2e ou deuxième ?

Pour ma part, j'écris tous mes libellés en bas-de-casse, avec les signes diacritiques qui conviennent (traits d'union et apostrophes inclus) et le courrier parvient à destination fort vite.

mardi, 25 septembre 2007

Bric-à-brac de brèves

L'anglais est la deuxième langue de Bruxelles et pourrait devenir la première langue de Belgique. Notons que les Flamands maîtrisent plus le français que les francophones le néerlandais.

Les Suisses se divisent : leurs députés veulent que la première langue vivante enseignée soit une des langues nationales, les sénateurs refusent et préfèrent laisser le libre choix aux cantons, ce qui revient à favoriser l'anglais au détriment du français dans les cantons alémaniques.

Les députés français sont aussi divisés à propos de la ratification du protocole de Londres et cela ne recoupe pas les clivages poltiques entre partis, l'opposition est forte au PS alors que la signature a été faite sous Jospin et on doit rappeler à l'ordre à l'UMP.   

Le zh de Breizh déchaîne les passions. Le motif : un billet légèrement imbécile et outrancier de Jean-Luc Mélenchon (cité en lien dans la note à laquelle je renvoie), qui fait un raccourci trop rapide et simpliste entre la langue bretonne et le nazisme (même si les auteurs de la graphie KLT-V de 1941 pour beaucoup ont soit fini en exil, soit été exécutés pour faits de collaboration). Il n'empêche qu'il existe aussi des connivences nombreuses entre certains identitaires bretons et des idéologies sulfureuses. Mais le breton comme langue n'y est pour rien.

Demain, c'est la journée européenne des langues.