dimanche, 18 juillet 2010

Les verbes siglés de Twitter

Ce blogue est un peu en sommeil. Il y a des raisons : cet été m'a rendu paresseux, je manque d'idées de sujets (ou plutôt les sujets qui me préoccupent n'ont pas leur place dans ce blogue tel que je l'envisage), je n'ai pas trop envie de répéter des formes déjà éprouvées, et surtout je gazouille beaucoup. Twitter m'occupe déjà bien assez. Mais je peux découvrir de vrais sujets par Twitter aussi.

On connaît le procédé : écrire un message en 140 signes. Cela conduit fatalement à une foule d'abréviations conventionnelles ou nouvelles, sans que ce soit de l'écriture SMS. On ne compte plus les GG, BTW, OMG, WTF ou IRL qui vous donnent l'impression d'être un vrai guique une fois que vous avez compris. De ces abréviations naissent en fait de nouveaux mots. Le verbe loler ou loller (et l'adjectif lolesque ou lollesque) étaient déjà bien établis dans les blogues pour désigner un contenu rigolo, mais l'acronyme est parfaitement lexicalisé.

Tout change dans Twitter : les sigles verbaux ont une conjugaison unique, ce qui est très pratique pour éviter les erreurs d'orthographe et de grammaire. Ainsi, sont apparus les verbes suivants : RT, FF et DM.

— Je te RT. Cela signifie que le locuteur reprend le gazouillis précédent pour le citer plus ou moins exactement, mais avec mention de l'origine. Il le retwitte. C'est l'une des pratiques les plus riches de Twitter et ce qui en fait son intérêt. On peut rapprocher cette expression de celle utilisée dans Usenet "Je te fu2" (en gros follow up to, ou faire suivre à, donc renvoyer dans un autre forum du même réseau).

— Je te DM. Là, le locuteur adresse un message direct, c'est-à-dire en privé et non visible par autrui. On annonce moins en public les DM que les RT, par la force des choses.

— Je te FF. Il y a un folklore Twitter, tout comme il existe un folklore des blogues ou d'Usenet. Il y a donc des traditions que certains tentent d'établir et que d'autres refusent de suivre (devinez dans quelle catégorie je me situe). L'une d'entre elles consiste à citer les comptes auxquels on est abonné (mais des petits malins citent parfois des gens qui ne sont pas dans leur TL ou Time Line, liste d'abonnés). Le FF est le Follow Friday, mal traduit par le Suivez Vendredi qui me laisse un arrière-goût d'asservissement. Tous les vendredis, les gazouilleurs partagent des liens vers d'autres comptes et on peut aussi l'annoncer, ce qui fait un message de plus à son actif même si c'est pour ne rien dire.

J'ai vérifié l'existence de ces constructions syntaxiques par sigles, mais non leur poids statistique qui me semble peu évaluable. Peu importe qu'il y ait cent ou un million d'occurrences, c'est de l'écriture informelle et en constante mutation. Je crois d'ailleurs que Google est un peu inefficace pour suivre Twitter et quantifier les usages.

mercredi, 23 juin 2010

D'un mauvais usage de Twitter : le blocage

Il y a un comportement que je trouve particulièrement imbécile, malveillant et sectaire dans Twitter, c'est celui qui consiste à bloquer une personne : non seulement vous désabonnez de ses messages, mais vous lui interdisez de lire les vôtres (sauf s'il est connecté par le biais de la Toile). Les messages d'une personne vous déplaisent ? Vous vous désabonnez simplement de son flux ! Bloquer un abonné, cela ne devrait être réservé qu'aux sites commerciaux, aux faux comptes Twitter, aux pourrielleurs. La personne bloquée n'a plus qu'une seule possibilité : se désabonner elle aussi alors qu'elle l'est déjà de fait et contre son gré.

Cela m'est arrivé à quatre reprises. Une fois pour une enseignante éclectique parce que je remettais en question les fausses réponses de culture générale ou d'étymologie qu'elle donne et qui reposent souvent sur des légendes. Une autre pour une des grandes figures des blogues dits de gauche ou LeftBlogs, parce que j'avais osé comparer de manière humoristique le comportement d'un de ses grands amis (numéro un des blogues Wikio) à celui de notre divin président. Un troisième pour un catholique grand teint et très vieille France pour je ne sais trop quelle raison étant donné qu'il n'était pas abonné chez moi. Sans doute parce qu'il avait été vexé par une de ses citations. Le quatrième est une grande figure médiatique qui prétend ne pas être journaliste et qui prétend être impertinent, j'ai du mal à savoir ce qui aurait bien pu le déranger, puisque je ne lui répondais jamais. Je pense plutôt à une vieille rancune mal recuite de sa part étant donné que je l'avais mis en cause auparavant comme caution morale des dérives du Post et que j'ai écrit une série d'articles virulents sur les procédés du Post (pour lequel j'admets volontiers qu'il est devenu depuis un peu plus respectable).

Dans les quatre cas, la démarche est fort hypocrite : on ne reçoit aucune signification du blocage (en écriture et en lecture !) et on ne sait pas que l'on est désabonné du flux contre son gré. Dans deux cas sur quatre, les personnes n'étaient même pas abonnées à mes flux Twitter ! Un message dans lequel elles sont citées et elles voient tout de suite rouge parce qu'il y a un indésirable dans leur cercle de lecture. Mais la méthode du blocage est profondément débile dans le cadre d'un réseau social comme Twitter : les messages Twitter parviennent alors par d'autres sources comme les RT (retweet ou suivi) et citations indirectes. On ne bloque que l'accès direct et instantané aux messages dans un logiciel client, pas sur la Toile même si on ne peut plus y répondre sauf par copier-coller.

Mais cela traduit aussi quelque chose : le comportement de certaines personnes à utiliser les réseaux sociaux comme des milieux clos, réservés à leurs adeptes ou aux opposants qu'ils admettent comme tels, les autres étant interdits sans autre forme de procès puisque ne participant pas au clan Verdurin. La tolérance est une vertu fort peu répandue chez certains partisans de la liberté. Il faut entrer dans la coterie et se tenir dans une ligne. C'est aussi un aveu de faiblesse de la part de ces quatre personnes qui ne peuvent supporter la moindre critique un peu ironique quand elle ne vient pas de leurs courtisans. Savoir que l'on peut être lu par quelqu'un qui peut se moquer de vous, c'est profondément insupportable ! Il faut interdire la lecture à tous ceux qui ne sont pas de notre côté (le seul forcément juste) !

On se prétend pour la liberté d'expression et on interdit la liberté de lecture !

vendredi, 21 mai 2010

Galerie de portraits de cyberdélinquants blogueurs

Voici le portrait d'un dangereux blogueur anonyme qui a osé publier les Provinciales sans même mentionner une identité fictive. Je trouve particulièrement inadmissible qu'on l'ait choisi pour illustrer un billet de banque alors qu'il se livrait à de purs actes de diffamation envers les RR. PP. JJ. et qu'il s'opposait au pouvoir en place.

En voici un autre, non moins dangereux : il s'est présenté sous le pseudonyme de maître Alcofribas Nasier afin de publier des blogues qui ont été fort heureusement brûlés en place publique par la volonté de la sainte Sorbonne. La preuve qu'il s'agissait d'un esprit pornographique, c'est que ses blogues ont créé des termes comme des propos rabelaisiens, un repas gargantuesque ou pantagruélique. Et ne parlons même pas des moutons de Panurge qui montrent combien il aimait insulter les contemporains qui ne pensaient pas comme lui.

Encore un cybercriminel : celui-ci aussi s'est présenté sous pseudonyme. Sa pièce le Tartuffe a été interdite deux fois, avec  juste raison, puisqu'il s'attaquait aux RR. PP. JJ., ce qui semble une manie chez ces détraqués vivant dans un monde virtuel. Lui aussi a fini en effigie sur un billet de banque et je ne comprends pas du tout l'odieux laxisme de ces temps socialo-communistes. Pis, on l'a soupçonné d'être un peu incestueux ou bigame. Ne surtout pas le donner en exemple à notre vertueuse et valeureuse jeunesse. Ses attaques contre la religion chrétienne, par exemple dans Dom Juan, et jamais contre l'islam, témoignent du fait que tout le monde devait devenir musulman selon lui. On le voit d'ailleurs fort bien à la fin du Bourgeois gentilhomme. Aujourd'hui, il défendrait l'intégrisme islamique.  

Et puis un autre enragé contre les RR. PP. JJ. qui n'osait pas signer de son vrai nom. C'est une manie chez tous ces délinquants. La meilleure preuve qu'il a passé sa vie en propos insultants, c'est qu'il a fait de la prison pour cela à la Bastille. Après quoi, il a pris la défense d'autres criminels sous les prétextes fallacieux du droit à la liberté d'opinion et de la tolérance des idées : Callas, le chevalier de La Barre. Et malheureusement, un régime maçonnico-marxiste nous l'a aussi imposé comme effigie d'un billet de banque. Comment avons-nous pu supporter  que tant de gens infâmes deviennent des icônes ?

Un des plus fervents partisans du précédent est ce blogueur qui a osé s'arroger un titre de noblesse qu'il ne possédait pas. Non content de diffuser les oeuvres fanatiques de son modèle, il s'est livré au trafic d'armes afin d'aider des terroristes qui avaient oser proclamé une Déclaration des droits de l'homme en Amérique ! Quelle insolence ! Quelle impudence ! Quel outrage ! Et je frémis en songeant qu'un journal centriste publiant des avis aussi modérés que ceux de MM. Zemmour, Slama, Adler, Rioufol puisse se réclamer par sa devise d'un tel esprit. Rappelons que ce blogueur a été interdit à de multiples reprises et que même l'album de gangsta-rap Le Nozze di Figaro par le bad boy de Vienne, Mozart, a été alors écrit en secret afin d'échapper à une juste et sévère sanction. On voit ainsi que les plus grands cybercriminels s'entraident et il faut mettre fin à ce système qui encourage les pires excès comme la remise en cause des privilèges fondés sur la naissance et donc justifiés par la volonté divine.

Plus grave, voici une blogueuse anonyme qui sous couvert de parler de la cour d'Henri II évoquait en fait celle de Louis XIV et qui prétendait écrire en plus de la fiction alors que les portraits de personnages étaient parfois fort ressemblants. Cela ne permet pas de se prémunir contre les accusations d'insulte ou de diffamation ! Notre admirable président ne s'y est pas trompé, il a déclaré qu'il avait beaucoup souffert de se voir imposer la princesse de Clèves, ce blogue vulgaire qui parle de fidélité, de sincérité, d'honnêteté et d'authenticité. L'examen intérieur est une chose trop obscène pour être livrée ainsi sur la voie publique.

Pourquoi en viens-je à évoquer ces tristes cas de dérapages de la part de blogueurs publiant sous pseudonyme ou dans le plus total anonymat ? Il existe une dérive de la Toile et nous avons vu qu'un certain nombre de ces blogueurs écrivaient n'importe quoi en estimant bénéficier d'une impunité totale sous prétexte qu'ils font de la fiction, qu'ils ne publient pas sous leur vrai nom. Il y a des choses intolérables que l'on ne peut tolérer : décrire comme le fait le prétendu Voltaire des scènes de massacre, de torture, de viol, cela ne se fait pas. Il y a une décence à respecter. Suggérer que le bas peuple puisse avoir des idées, une dignité, du savoir, de l'esprit et de l'amour, comme le fait le prétendu Beaumarchais, c'est inadmissible. Pisser sur Notre-Dame de Paris comme le fait le personnage de Rabelais, c'est un blasphème absolu et on se demande pourquoi il ne s'en prend pas plutôt à une mosquée. Dire que 2 et 2 font 4, qu'il n'y a guère d'autres vérités démontrables comme le fait Molière, c'est vraiment prendre les gens pour des imbéciles face aux évidences théologiques ou se moquer de la foi du charbonnier. Voilà qui offense toutes les religions révélées. Quant à madame de La Fayette, son cas est éminemment grave : elle a plus bouleversé la scolarité de notre splendide président que Guy Môquet. 

Il était temps de réagir face à tant d'individus malveillants qui menacent notre occident chrétien civilisé. Un sénateur UMP y a pensé. Il propose une loi J'approuve totalement cette proposition qui me semble aller dans le bon sens afin qu'Internet ne soit plus le monde de la jungle. J'espère même qu'elle sera adoptée afin d'en montrer le ridicule. Comment espère-t-il que les 31 millions et quelques de Skyblogs soient en règle avec la loi ? Juste les Skyblogs, hein ! pas même les MySpace ou les comptes Facebook ou Twitter visant à lever l'anonymat ou le pseudonymat des blogueurs.

Cinq ans dans l'île au trésor

fiveontreasureisland.jpgCommençons à célébrer un anniversaire, celui du Petit Champignacien. Le 21 mai 2005 s'ouvrait le Petit Champignacien illustré (et non illustré alors) sur la plateforme québécoise de Monblogue. Une semaine plus tard, mon chef d'établissement faisait interdire ce blogue sur tous les ordinateurs éducatifs de France et de Navarre, puis je ressuscitais deux mois plus tard chez monsieur Hautetfort avec cette fois des illustrations et une accessibilité dans tous les micros de collège ou de lycée. Que dire au sujet de cinq années ? J'ai écrit quelque chose comme 5 300 billets et même plus. Le chiffre m'effraye, je pense que j'aurais dû être moins disert. J'ai enregistré 24 000 et quelques commentaires, il y a là une matière hénaurme si on fouille parce que certains commentaires apportent bien plus que les textes de départ et j'estime qu'un blogue vaut d'abord par ses commentateurs et non par ses trolleurs.

Ensuite, il y a eu des modifications puisque j'ai été plus présent sur Flickr il y a trois ans et demi (18 000 photos à peu près) et dans Twitter (4 400 et des pépettes de tweets) depuis un an. Mon expérience de Twitter me montre bien des choses. On peut ne pas avoir besoin d'écrire un billet dans son blogue. On peut aussi recycler plusieurs tweets dans un billet. On peut également les développer. Ce sont deux formes d'écriture différentes et complémentaires ou contradictoires. On ne dialogue pas alors forcément avec les mêmes personnes que dans un autre réseau et c'est justement ce qui est intéressant. Un lien que j'aurais donné dans mon blogue aurait fait un billet il y a cinq ans ou alors un article de forum Usenet il y a dix ans, je ne le fais plus parce que je fais confiance aux réseaux et aux systèmes de liens : cela se diffusera forcément. Une fois suffit si l'on est bien relié et il ne faut pas abuser de ses lecteurs, à mon honnête avis.

D'ailleurs qui sont les lecteurs du Champignacien ? Eh bien ! je n'en sais fichtre rien. Certains restent pour commenter, d'autres disparaissent après un tour (les trolleurs ou les publicitaires ne durent jamais longtemps chez moi, je ne les entretiens pas). Les plus réguliers ne me ménagent qu'à moitié lorsque j'ai dit une sottise, les autres se terrent sans doute de peur de s'attraper une volée de bois vert de ma part ou d'un de mes commentateurs. C'est un peu ce qui m'étonne : j'ai un lectorat important et très peu de commentariat par billet. Dans d'autres blogues, c'est la proportion exactement inverse, même et surtout si le sujet de billet est inepte ou navigue sur une actualité pipole. J'ai comme l'impression que certains de mes lecteurs doivent se dire : qu'est-ce que je peux raconter d'intelligent ici afin de conserver ma bonne réputation Internet dans ce blogue de gens hyper-cultivés et sans avoir l'air trop idiot ?Mais justement, je parle le plus souvent de sujets très très populaires, et je le prouve.

Je remercie Alice M. qui m'a suggéré cette illustration de manière indirecte, parce qu'elle va bien avec le fond de mon propos. J'ai déjà dit ici ou ailleurs mon admiration pour The Five. Le Club des Cinq en français. L'île au trésor, c'est ce que l'on voudrait tous trouver, mais elle est d'abord dans nos lectures, nos souvenirs, nos vacances ou périodes de vide. Qu'est-ce qu'un blogue sinon un morceau de temps chu hors de la réalité du travail ordinaire ? Il se trouve dans un état de vacance parce que l'auteur écrit durant son temps libre ou lorsqu'il n'est pas trop oppressé par un travail urgent. Il est libre parce que l'auteur qui a commencé un texte peut le finir comme il l'entend ou bien le poursuivre avec ses lecteurs et ses traducteurs. Un blogue, c'est une aventure, c'est une île et un trésor. Certes, on peut croire que l'on reste solitaire dans une île, mais pas si longtemps. Un blogue, comme une île, cela devient vite une aventure collective si on le veut. Et je voudrais remercier d'abord les gens qui m'ont répondu en me donnant des renseignements que je n'aurais jamais trouvés si je n'avais pas ouvert ce lieu. Pierre Enckell par exemple, je ne l'aurais jamais contacté directement et il n'aurait sans doute jamais su que je pouvais avoir quelques réflexions. C'est du hasard pur. Et c'est bien l'île au trésor.

Tout lecteur ou commentateur un peu sensé est cette île au trésor, parce que je me suis enrichi de choses que je n'attendais pas. Je suis sans doute aussi l'île au trésor d'autres personnes, mais je ne peux parler en leur nom.

jeudi, 01 avril 2010

Ma pomme devant le juge

Ce n'est vraiment pas du tout le genre de chose que j'aimerais exhiber, mais je suis l'objet d'une enquête judiciaire sur commission rogatoire. Cela fait peur et je le comprends. Un brigadier-chef (donc non OPJ et sans autorité pour mon blogue) me demande de dire si je suis l'auteur d'un commentaire publié à telle date et telle heure dans tel forum de tel magazine en ligne. Je lui réponds que je n'en sais rien puisque je ne connais ni le titre, ni le contenu. Il me réponds poliment en me donnant toute les références nécessaires. Je suis toujours très poli avec la police, parce que je ne sais jamais comment elle va se comporter.

Je découvre alors que je suis assigné en justice par un directeur de journal qui a grenouillé pendant des années à l'extrême droite et qui ne veut pas que l'on fasse le rapprochement avec les articles un tantinet racistes et anti-socialistes qu'il commande dans le journal régional qu'il dirige. Cela se produit treize mois après les faits et dites-moi où est la loi dans ce cas ? J'aime la loi, je la respecte et j'ai répondu à toutes les questions du brigadier-chef, mais il y a une chose que je n'aime pas : être soupçonné pour un délit imaginaire. J'ai énoncé clairement les connivences d'extrême droite du rédacteur en chef de ce journal et j'ai dit que certains des articles étaient d'extrême droite par leur contenu, ce serait diffamatoire ? Il me semble que l'on aurait pu réfléchir avant...

vendredi, 19 mars 2010

MDA

J'attendais la nouvelle. Depuis un mois, jour pour jour, Marie-Dominique Arrighi n'écrivait plus de notes dans Crabistouilles, Journal d'une nouvelle aventure cancérologique. Ce matin, je pensais écrire un Tweet pour rappeler qu'on ne la lisait plus depuis trente jours. On la savait en unité de soins palliatifs. Je n'osais plus lire son blogue ou alors avec retard, encore moins le commenter. J'avais pris contact avec elle lorsqu'elle avait commencé un premier blogue, Consottisier où elle se moquait des publicités trompeuses, des fausses notices de produits, des noms à la mode, bref de l'univers mensonger de la consommation, car avant d'être responsable éditoriale des blogues de Libération, elle avait tenu la rubrique Vous dans le journal papier avec un humour ravageur. Elle avait eu le bon goût de lier mon blogue et je lui avais donc envoyé quelques commentaires, les noms de marques, les stratégies du langage publicitaire m'intéressent aussi et j'en parle à l'occasion. Ce que j'ignorais alors, c'est que je l'avais déjà citée dans le forum fr.lettres.langue.francaise, car elle avait commis plusieurs entretiens avec Pierre Encrevé, notamment au sujet de la liaison ou du chuintement final des jeunes femmes parisiennes. Elle est intervenue quelques fois ici en signant Marie-Do. Nous avons un peu correspondu en privé à ce moment-là et elle m'a fourni la matière de deux ou trois notes en me refilant des dépêches d'agence qui ne passaient pas dans la presse. Elle s'était montrée alors curieuse de connaître mes conditions concrètes d'enseignement, mes rapports avec l'administration ou la hiérarchie. Je découvre à présent que je la connaissais encore de plus longtemps : elle avait réalisé des émissions de France-Culture que j'écoutais : le Bon Plaisir, les Nuits magnétiques. Mais il avait fallu qu'elle passe par la Toile pour que je retienne son nom. L'année commence mal. Des gens que j'appréciais meurent : Ferrat, Kriss, MDA, Rohmer. Je ne fais pas un billet pour tous, je n'aime pas voir les blogues se transformer en rubrique nécrologique chaque fois qu'une célébrité décède. C'est un travers un peu indécent, une façon de commettre des billets aux sujets faciles et une manière un peu douteuse de faire de l'audience. Pour MDA, c'est un peu différent, j'avais échangé avec elle, tout comme auparavant j'avais un peu échangé avec Dominique Autié, autre blogueur décédé. C'est Pierre Marcelle qui rédige son portrait, elle l'a bien choisi : c'est l'une des meilleures plumes de Libération.

dimanche, 07 mars 2010

Twitter à Saint-Tropez

Je me posais il y a quinze jours la question de savoir si je devais rendre mes tweets publics ou non, j'avais décidé de tenter un essai en public pour voir ce que cela donnerait et je m'étais donné une période de deux ou trois semaines. Jusqu'alors j'étais réservé, parce que je ne voulais pas être envahi de pourriels et de faux abonnements. Il me fallait voir aussi quelle était la limite entre ce qui est dicible en privé ou en public, parce que si comme dans un blogue la frontière du public et du privé est fragile, il y a en outre le risque de l'immédiateté vu la brièveté des messages et leur instantanéité. Je crois d'abord aux échanges asynchrones, à la distance, au temps, à la réflexion. Cela ne m'a pas empêché en mode privé d'avoir un Twitterclash avec Ronald parce que j'avais osé comparer le numéro un des blogues politiques dans Wikio à notre divin président fort agité, fort vulgaire et surtout préoccupé d'abord de son image. Outrage suprême envers un blogue faussement politique !

Cette prévention est vite tombée, je n'ai eu que trois faux abonnements le premier jour, cinq le deuxième, puis presque plus rien. On bloque alors la personne qui veut s'abonner à vous de manière abusive afin de récupérer votre adresse. Je n'ai vu aucun afflux de pourriels dans ma boîte aux lettres depuis, mais j'ai déjà de bons filtres. Le résultat entre nouveaux abonnés, nouveaux abonnements et abonnements pourris est positif : j'ai eu trois fois plus d'abonnements authentiques que commerciaux. Or, j'avais déjà parfois des abonnements commerciaux en restant en mode privé du fait des RT* et Follow Friday**. Le mode de communication avec autorisation préalable constitue un filtre, mais ce filtre est fort poreux.

Ecrire dans Twitter pose des questions essentielles d'écriture et de lecture. Le format (140 caractères) impose de faire des choix stylistiques, typographiques pour dire l'essentiel et pour être repris éventuellement. Mais dans le cas présent, c'était la question de la lecture qui se posait : par qui veux-je être lu et pourquoi ? Avec qui ai-je envie d'échanger ? Mon cercle proche d'amis que j'ai invités sur Twitter ? Les lecteurs de mon blogue ? Des gens venus là par le hasard d'un lien ? Au début, j'ai invité une seule personne dans Twitter et pour répondre à une question précise en se créant conjointement un compte, puis cela m'a dépassé. C'est toute la question du réseau qui est en cause : on se construit un réseau par Twitter, exactement comme on inscrit des signets dans son navigateur ou dans son agrégateur de flux, mais il y a une interaction lorsque l'on cite quelqu'un et c'est justement l'aspect le plus intéressant de Twitter : je ne me suis jamais abonné aux flux de Guy Birenbaum, il ne s'est jamais abonné non plus aux miens et pourtant il m'a lu et je lui ai répondu, le tout de manière fort courtoise et ironique.

Bien sûr, on peut vouloir jouer en milieu totalement fermé comme les Leftblogueurs qui se citent entre eux, se répondent entre eux, évitent de citer les autres tout en reprenant leurs textes sans aucune mention d'origine. C'est le réseau en rond qui se retrouve dans le haut du palmarès de Wikio politique. Il y a aussi le réseau échangiste, on peut également s'abonner à quelqu'un pour qu'il s'abonne à vous et que vous deveniez plus influent ainsi. Cela n'a aucun sens si la même information peut vous être donnée par quelqu'un d'autre qui est plus proche de la source et il faut chercher aussi des sources que vos autres lecteurs ne possèdent pas ou sinon il n'y a pas d'échange possible, juste de la redondance, comme dans le haut du palmarès des blogues. Il faut choisir qui lire et pourquoi, quels liens seront apportés et ce qui vous sera utile. Construire son réseau, c'est aussi savoir lire et écrire, vivre en société en acceptant d'être cité ou de ne pas être abonné, savoir que l'on ne sera jamais le premier au sommet de l'affiche. Tout cela est humain, très humain.

* Le RT est une reprise de tweet, mais vu le nombre de RT possibles et la longueur d'un tweet, je me demande s'il faut citer la dernière source ou la première. Une adresse normalement en accès autorisé se retrouve ainsi sur la place publique et on a droit aux demandes d'abonnement de pourrielleurs alors. 

** Le #ff (Suivez Untel ce vendredi) est un rituel que je ne suis pas du tout parce que je déteste toutes les routines, on donne la liste des comptes Twitter que l'on apprécie. Tous les vendredis, je suis cité par quelqu'un et même si j'apprécie la mention, je préférerais que ce soit pour un message précis. Cela fait un peu trop blogobulle en rond.

samedi, 06 mars 2010

Mon entretien de blogueur avec Jacques Chirac

Le Petit Champignacien est fier d'avoir pu rencontrer le seul, l'unique pape de la choucroute : Jacques Chirac, ancien locataire de l'Elysée, actuel locataire de la famille Harriri et futur locataire de la Santé. Comme on le sait, la choucroute tient une place importante dans ces interviouves de blogueur, puisqu'il n'y a aucun rapport entre les propos. Je me devais donc de rencontrer le meilleur connaisseur en choucroute qui soit après Gilles Pudlowski et quelques autres.

LPCI : Monsieur le président, merci de me recevoir juste au lendemain du Salon de l'agriculture qui a dû bien vous fatiguer.
JC : Pensez-vous ! Je n'y suis resté que moins de trois heures, je deviens vieux, vous savez. Et puis il fallait que je fasse une petite sieste parce que cette nuit avait lieu une compétition de sumo en direct au Japon . Vous connaissez le sumo ? C'est un sport fascinant, vraiment fascinant... Toute ma vie, j'ai rêvé de devenir sumotori, c'est pour cela que je me suis entraîné à manger le plus possible. Mais rien à faire. Vous savez, les frais de bouche de la mairie de Paris, c'était dans l'objectif de réaliser enfin ce pour quoi j'étais vraiment fait.
LPCI : Cela le léger désordre de votre salon. (Traînent quelques dizaines de canettes de Corona et des boîtes de bretzel.)
JC : Ce n'est qu'un léger détail, je suppose que vous n'allez pas le relever, puisque nous sommes là pour parler de choses plus importantes comme la survie de la planète ou du monde agricole ou des civilisations premières.
LPCI : J'ai demandé un entretien pour parler d'Internet, des blogues, de Twitter.
JC : Et si nous passions tout de suite à table ? C'est que j'ai une petite faim, moi. J'ai justement demandé de préparer une choucroute. Vous savez, la choucroute, il faut la manger matin, midi et soir.
LPCI : Cela tombe bien, la coutume dans les entretiens de blogueurs, c'est de s'entretenir autour d'une choucroute afin de détendre l'atmosphère. Vous me rappelez l'accueil chaleureux d'Alexandre Adler.
JC : Ah ah ah ! Figurez-vous que j'ai conseillé à Alexandre Adler de se reconvertir dans une carrière de sumotori où il aurait plus brillé que dans ses analyses géostratégiques. Il a refusé, le con ! alors que je lui apportais une promotion inespérée, et maintenant il est quoi ? Expert en complots à inventer chaque semaine. Alors qu'il pourrait être un dieu vivant au Japon !

LPCI : Que pensez-vous des usages d'Internet, monsieur le président ?
JC : Je suis fasciné par ces rituels étranges de tribus exotiques que l'on croirait à peine civilisées et qui ont pourtant des codes fort élaborés. Savez-vous que chez les Arumbayas (qui sont des Indiens jivaros, mais c'est une autre question), la discussion ne peut commencer que si l'on a l'estomac plein et qu'il est interdit de s'adresser la parole avant ?
LPCI : Monsieur le président, pensez-vous qu'Internet représente aujourd'hui un danger pour la sécurité comme le laissent entendre les lois DADVSI, Hadopi, LOPSI ?
JC : Mais c'est abracadabrantesque ! J'ai créé un engouement autour d'Internet en créant le mot mulot qui s'est depuis diffusé à une échelle planétaire. Je ne peux pas être à la source d'un mal, j'ai toujours recherché la sérénité et la pureté d'âme. Par exemple, si j'ai repris les essais nucléaires, c'était afin de les supprimer définitivement. Je montrais ma fidélité à mes idéaux de jeunesse lorsque je faisais signer l'appel des Cent et que j'étais prêt à adhérer au PCF (notez quand même que deux ans après j'avais équilibré les choses en passant dans le camp pour l'Algérie française). Internet ne peut être mauvais en soi, il nous faut avoir un regard ethnologique sur ce qui se passe, croyez-en ma vieille expérience. Cela ne se juge pas aux lois que l'on fait tous les six mois chaque fois qu'il y a un fait-divers, il faut le recul du sage, de l'ancien, et envisager la question en siècles, en millénaires. C'est la longue durée qui permet de juger les incohérences d'un homme, pas une prise de position suivie d'une autre contraire juste après.
LPCI : Quelle est votre action sur Internet ? Tenez-vous personnellement un blogue ? Comment ?
JC : Ah ah ah ! Si je tiens un blogue, mais mon jeune ami, sachez que je n'en tiens pas un, mais une trentaine ou une cinquantaine.
LPCI : Mais comment ?
JC : Oh ! C'est très simple, quand j'étais Premier ministre, maire de Paris ou président de la République, d'autres écrivaient des discours pour moi. Cela s'appelle des nègres, comme on dit vulgairement et j'en ai usé quelques-uns avant de vouloir introduire au Panthéon un grand écrivain qui usait lui aussi des nègres, Alexandre Dumas. C'était ma manière personnelle de rendre hommage à tous mes collaborateurs. Certains ont bien fini comme Alain Juppé, d'autres sont tombés très bas comme Christine Albanel qui finit à Versailles à la place d'Aillagon qui se trouve je ne sais où. Mais maintenant, je n'ai plus besoin de faire appel à eux, on écrit pour moi à ma place sans me le demander et sans me le dire. Je suis devenu comme un dieu.
LPCI : Mais c'est de l'usurpation d'identité ! Un pseudo Lionel Jospin a réussi à abuser récemment Yves Jégo qui lui a répondu sérieusement sur Twitter.
JC : Ah ah ah ! Cela m'en touche une sans faire bouger l'autre. Il faut laisser les autres faire votre travail pour que vous puissiez être jugé à votre juste compétence. Jégo a eu tort de répondre personnellement et je ne comprends pas que l'on perde du temps à réfléchir sur qui est qui. Tenez, pendant douze ans, j'ai fait semblant d'être président de la République (puisque j'avais vocation à être sumotori, vu mon goût pour toutes les Delikatessen) et personne ne me le reproche. Maintenant, on a un président qui veut faire président sans y parvenir et presque tout le monde est contre lui, sauf une espèce de chevelu mal rasé et fort hargneux.
LPCI : Frédéric Lefebvre.
JC : Exactement ! Ah ah ah ! Il me rappelle Sumo le bichon maltais que j'avais adopté et qui me mordait toujours dans les jambes. C'est bizarre... D'habitude, je m'entends bien avec les chiens, je comprends leur psychologie, mais j'ai eu des difficultés avec Sumo et Frédéric Lefebvre. C'est quand même étrange le comportement des chiens, je ne sais pas du tout comment je pourrais apprivoiser un Lefebvre, et pour la première fois cela me fait peur d'être face à un chien. 
LPCI : Il y a trois comptes Twitter au nom de Jacques Chirac qui répondent en direct, mais un seul est authentique. Est-ce que cela ne brouille pas votre message ?
JC : Mais quel message ? J'en ai eu tellement au long de ma carrière débutée sous la présidence du Général que je ne m'y retrouve plus du tout. Et au fond, si l'un de ces comptes Twitter dit le contraire de ce que j'ai dit il y a une semaine, mais ce que je dis maintenant, je ne vois pas du tout où le problème, puisqu'il y a ma signature. Mais si je dois le désavouer, je le ferai quand il le faudra. Je serai ferme et intransigeant sur les principes.
LPCI : Vous n'écrivez donc pas personnellement sur Internet ?
JC : Pourquoi écrirais-je moi-même ? Jésus, Socrate, Confucius, Botul n'ont pas laissé de textes qu'on puisse leur attribuer et mon destin est sans doute de devenir une sorte de sage auquel on prête toutes les figures que l'on veut. Cela me permet de devenir une figure charismatique au lieu de terminer comme un sumotori défait. Si vous aviez vu l'accueil que les paysans rouergats et cantalous m'ont fait au salon... Ah ! cela fait plaisir de voir que la spiritualité française s'incarne dans les produits du terroir...
LPCI : Monsieur le président, je vous remercie de votre accueil chaleureux et de votre choucroute.
JC : Mais tout le plaisir était pour moi, et vous savez qu'un président parle toujours le dernier. 


samedi, 16 janvier 2010

Si on ne peut dire non

Dans le système Loïc Le Meur, il y a une chose que l'on retrouve partout : le refus du mot non et de tous les mots négatifs. Un truc élémentaire que l'on apprend dans les écoles de commerce (cela prend deux ans, tellement il faut s'adapter au niveau des étudiants...) Donc quand LLM demande de le rejoindre sur sa plateforme Seesmic je me pose des questions en voyant son message pour Twitter. On me demande de confirmer en cliquant et il n'y a strictement rien pour décliner l'invitation ! Comme je ne suis pas encore complètement idiot, je me dis qu'il y a forcément un piège. Et il se trouve là : "Click the link above to give us permission to send you information." Oui, vous n'avez pas besoin de choisir de vous désabonner ou de décliner l'invitation, mais si vous vous abonnez vous allez recevoir alors des catalogues de pubs non demandées parce que vous aurez souscrit au contrat qui peut être toujours révisable. Moi, durant mes études littéraires, j'ai appris à écrire non et à bien l'affirmer. Mais cela n'existe pas dans ce système hypocrite : "If you do not want to confirm, simply ignore this message." On pêche des adresses au hasard par un robot et puis on demande en anglais (!) de faire comme on veut. Mais ce que je veux, c'est ignorer ces messages intrusifs qui s'apparentent à des pourriels. Ma culture est d'abord francophone, elle est en faveur de l'opt-in et non de l'oup-out, je n'ai jamais demandé à Loïc Le Meur de venir inonder mon compte Twitter de milliers de publicités, je ne crois même pas que Loïc Le Meur soit derrière ce message automatique de sa plateforme, et en fait je m'en fous totalement. Je veux parler à des humains, pas à des robots ! Je dis encore non. Et cela ne fera pas de moi un héros pour autant.

vendredi, 15 janvier 2010

Où l'on examine la taille des messages

Je veux écrire une réponse dans un blogue hébergé par Blogspot (Google donc) et on me répond que ma réponse est trop longue. Elle atteint "4096 characters" me dit-on dans une langue à laquelle je ne comprends strictement rien et que je ne veux surtout pas lire. Cela m'était déjà arrivé sur Le Post où la limite est de 2 000 caractères. Je veux bien admettre que ce soit une barrière contre des copicollages abusifs, des publicités malvenues, de la propagande déplacée à la mode @FLefebvre_UMP, des trolls que l'on n'aurait jamais voulu lire. Mais c'est une barrière idiote, elle n'arrêtera jamais celui qui veut déverser à tout prix sa prose puisqu'il sait dans le message d'avertissement où se situe la limite. Cela ne peut retarder que les robots et encore, ils ont aussi leurs messages d'erreur pour les humains qui reprendront cela à la main. Je peux comprendre que Le Post s'épargne bien des pourriels vu son trafic et décourage ainsi tous les sales pourrielleurs pornographes, nazis ou casinocrates de la Terre, je comprends moins qu'un blogue aussi confidentiel que le mien place une barre d'accès. Cela n'a pas de sens. Quand on a en moyenne une dizaine ou une vingtaine de réponses par jour, il est inutile d'employer les grands moyens des grands médias et de sortir le marteau des sorcières. Une bonne rétromodération suffit si on a le temps d'agir dans la journée et que votre hébergeur n'aime déjà pas les pourrielleurs. D'autant que les pourrielleurs font souvent très bref.

Je déteste profondément l'idée selon laquelle un discours devrait être dit dans un nombre de mots déterminé (selon la norme des concours administratifs et des examens publics où on doit en plus quantifier à la place de l'examinateur) ou de caractères (selon la norme anglo-saxonne et à présent universelle grâce à la Toile). Un discours de moins de 140 caractères et un de plusieurs milliers de mots peuvent se valoir, mais c'est à nous seuls qu'appartient le droit de le dire après les avoir lus. On peut vouloir s'inscrire dans un genre (le SMS, le haïku, le limerick, l'aphorisme, le slogan), mais pourquoi devrions-nous imposer à d'autres des règles qui ne correspondent pas à leur écriture du moment ? Je peux écrire en deux mots comme en mille et je n'aime pas devoir briser mon élan sous prétexte que j'ai atteint le nombre de caractères autorisés. Les formes brèves sont aussi légitimes que les longues et inversement. Le tout est de savoir ce qu'elles veulent dire, et ce n'est pas gagné parce que cela demande parfois de la discussion.

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