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dimanche, 13 juin 2010

Où en est la Belgique ?

Aujourd'hui, les Belges votent — enfin, disons que les Flamands et les Wallons votent — afin de trouver un hypothétique gouvernement qui mettra autant de temps à être formé qu'à gouverner. La Belgique est un pays très compliqué : les francophones se nomment communauté française, mais ils sont Flamands, Bruxellois ou Wallons, les Flamands ont comme langue officielle le néerlandais, mais ils parlent en fait le flamand occidental ou oriental, le brabançon ou le limbourgeois et la région flamande a comme capitale Bruxelles qui n'est pas en Flandre et qui est bilingue. Il y a encore une communauté germanophone, mais on ne va pas s'embêter avec ça, c'est déjà assez compliqué si l'on parle des communes à facilités, alors les cantons rédimés...

Pour comprendre un peu la Belgique, voici une vidéo dont le lien a été donné par lamkyre sur un forum. Êtes-vous prêts pour votre première leçon de néerlandais ? À la fin de ces explications, vous serez capables de faire comme TF1 qui ne sait plus où placer Flandre et Wallonie, ni dessiner leurs contours (mais en indiquant bien les Fourons ce qui n'est pas un mince détail quand on sait ce que cela a provoqué avant BHV).

TF1 redessine la Belgique.jpg

samedi, 02 janvier 2010

Le mystère de la septième bière trappiste

Voici un sujet qui m'a été suggéré à l'insu de son plein gré par mon honorable correspondant bruxellois Stéphane De Becker, spécialiste en Orval, zwanze et Pléiade. Il m'apprend que la Libre a repris un texte de Libé. Je ne remue pas plus un sourcil que cela, mais je me penche sur l'article et je découvre alors ceci :

Des bières trappistes, la Belgique en a pourtant à revendre. On connaît la Chimay à étiquette bleue, blanche ou rouge ou l’Orval ou les Rochefort 6, 8 ou 12 que l’on trouve dans les bons supermarchés. Seules six abbayes belges et hollandaises ont autorité dans la fabrication de ces élixirs.

Hop là ! comme dirait Papa Talon. Mon sang belgophile (on est Belges jusqu'aux bords de la Seine et jusqu'au Rhin, César dixit) ne fait qu'un bond. Comment ? Six abbayes trappistes belges dont au moins une néerlandaise ? Je compte. Westmalle, Westvleteren, Achel (côté flamand), Chimay, Orval, Rochefort (côté wallon), cela fait bien six. Toutes en Belgique. Où est le problème ?

Il est du côté de l'abbaye trappiste située dans le Brabant néerlandais. La marque La Trappe de l'abbaye d'Onze-Lieve-Vrouw van Koningshoeve qui a été longtemps le sujet de disputes judiciaires. Elle peut se targuer à nouveau d'être une authentique bière trappiste, mais les autres moines trappistes en Belgique ne parlent que des six abbayes, toutes belges. La septième est le canard boîteux de la bande. Donc, oui les bières trappistes se font aussi aux Pays-Bas, mais non il n'y a que six abbayes trappistes pour faire de la bière. Ces Belges me semblent un peu Normands sur les bords.

Ben voyons ! Il faut pouvoir à la fois se garantir d'une origine plus flamande (on avance le fait qu'il y aurait une trappiste néerlandaise), puis on se réfugie dans sa belgitude (il n'y a que six abbayes trappistes, toutes belges), et bizarrement les noms des trois bières que l'on retrouve dans tous les supermarchés sont seulement les noms des trois bières issues d'abbayes wallonnes et pas ceux d'abbayes flamandes. Comme s'il y avait un discours flamingant derrière. Or ce discours ne dit pas ce qu'est la fameuse septième bière trappiste : une production industrielle qui a le droit d'étiqueter authentiquement trappiste sur ses bouteilles, mais qui n'est pas reconnue comme telle par les autres trappistes qui ne se comptent que par six. Et le brave grand reporter de Libé avale tout cela parce qu'il est venu sur les lieux de la meilleure bière du monde. Mais pas du meilleur baratin publicitaire à connotation ethnique.

samedi, 09 mai 2009

Traitrise des éditeurs

Via Twitter et notre reportrice d'outre-Meuse Zolurne, cette histoire au sujet d'une grande tradition belge :

Je lui [à Jean-Marie Klinkenberg] en ai fait directement le reproche, il m'a aussitôt répondu ceci :

Tu as mis le doigt sur une plaie, là : le texte dit bien "friture", et j'y ajoute même une note que voici : " Jusqu’à ma mort, je me refuserai à dire friterie. Seules les fritures me garantissent la frite coupée main et déjà lourde de moutarde à venir. "


Cette traitrise de la page 4 est due à l'éditeur, sans doute pressé d'adhérer au gastronomiquement correct, ou désireux de vendre en France.

dimanche, 01 février 2009

Miss Belgique

Dorénavant, miss Belgique devra savoir parler français et néerlandais :

Il y a encore un an, Zeynep ne connaissait aucun mot de néerlandais. "Pour moi, c'était un peu difficile, je n'avais jamais suivi de cours et en plus je ne suis pas née en Belgique" témoigne la Miss.

 

vendredi, 16 janvier 2009

Les cours sont rares

Dans cet article sur le brusseleer, pourquoi le titre de ce paragraphe est-il devenu incompréhensible à un non-Bruxellois, pourquoi évite-t-on de l'expliquer et pourquoi convient-il quand même au sujet ?

Les cours sont rares
Certains restaurants vous proposeront une carte qui vous permettra de vous initier au bruxellois culinaire, mais il est difficile d'apprendre le bruxellois autrement que par les énervements d'une grand-mère ou les réclamations d'une tante qui ne trouve pas ses boulettes assez marolliennes à son goût lors d'une sortie gastronomique familiale. Certes, de nombreux cafés de la capitale vous permettront de parfaire votre zwanze, mais au final, rien ne vaut un match du Fc Brussels (ex-RWDM) ou de l'Union Saint-Gilloise pour jouir en echte brusseleir de la chaleur bruxelloise caractéristique des buvettes sportives.

dimanche, 04 janvier 2009

Outre-Meuse

J'admire profondément cette note dans un diaporama de Rue 89. Depuis quand la Meuse serait-elle aussi un département belge ? (Le reste de l'infographie est tout aussi déroutant, on découvre ainsi que Lorient et Rennes se trouvent dans le... Finistère !)

 

Meuse: 2 voitures
Full-screen
Meuse: 2 voitures
Côté belge, la nuit du Noël avait été agitée avec une centaine de voitures vandalisées. La nuit de la Saint-Sylvestre a été calme côté français avec 2 voitures incendiées.

Map data ©2008 Tele Atlas, Europa Technologies - Terms of Use
100 mi
100 km
• Index • Tools
Ain: 2 voitures
Aisne: 3 voitures
Alpes-Maritimes: 20 voitures
Ardennes: 20 voitures
Aube: 1 voiture
Aude: 4 voitures
Bouches-du-Rhône: 16 voitures
Calvados: 1 voiture
Charente: 1 voiture
Côte-d'Or: 5 voitures
Doubs: 12 voitures
Drôme: 2 voitures
Eure-et-Loire: 8 voitures
Loiret - 5 voitures
Finistère: 4 voitures
Haute-Garonne: 40 voitures
Gironde: 16 voitures
Hérault: 14 voitures
Indre-et-Loire: 19 voitures
Isère: 25 voitures
Jura: 1 voiture
Loir-et-Cher: 6 voitures
Loire: 25 voitures
Loire-Atlantique: 34 voitures
Maine-et-Loire: 8 voitures
Marne: 8 voitures
Haute-Marne: 2 voitures
Meurthe-et-Moselle: 10 voitures
Meuse: 2 voitures
Morbihan: 1 voiture
Moselle: 14 voitures
Nord: 65 voitures
Val-d'Oise: 68 voitures
Oise: 22 voitures
Orne: 3 voitures
Pas-de-Calais: 14 voitures
Puy-de-Dôme: 1 voiture
Haut-Rhin: 55 voitures
Bas-Rhin: 91 voitures
Rhône: 47 voitures
Paris: 12 voitures
Seine-Maritime: 36 voitures
Yvelines: 38 voitures
Gard: 10 voitures
Essonne: 43 voitures
Hauts-de-Seine: 26 voitures
Seine-Saint-Denis: 130 voitures
Val-de-Marne: 80 voitures
Pyrénées-Atlantiques: 3 voitures
Saône-et-Loire: 9 voitures
Sarthe: 4 voitures
Vaucluse: 17 voitures
Pyrénées-Orientales
Haute-Savoie: 2 voitures
Deux-Sèvres: 1 voiture
Somme: 3 voitures
Var: 4 voitures
Tarn-et-Garonne: 3 voitures
Tarn: 7 voitures
Vienne: 2 voitures
Yonne: 1 voiture
Territoire de Belfort: 2 voitures

samedi, 22 novembre 2008

Les belles leçons de la Meuse

lameuse.jpgEh bien ! on ne peut pas dire que ce soit fameux, puisqu'en quatre lignes le secrétaire de rédaction a été capable de commettre pour ce chapeau au moins trois erreurs de français dont une de syntaxe et deux de logique !

(La sixième secondaire en Belgique est en fait la classe de terminale, mais elle est appelée classe de rhétorique alors que ce nom ancien devrait correspondre à la classe de première française tout comme la terminale était nommée classe de philosophie. Rien n'est simple en Belgique, en France non plus.)

vendredi, 01 août 2008

Renouveau de la langue belge

Cela faisait un bon moment que je ne l'avais plus lue :

Anglais, Belge, Allemand, on entend toutes les langues pour commenter les manœuvres de la loco classée née en 1924. 

jeudi, 24 juillet 2008

Izoard s'efface

Jacques Izoard est décédé. Il y a quelques poèmes de lui dans mes archives pour ceux qui veulent le connaître ou le relire. Ici, , , . En attendant d'autres.

jeudi, 10 juillet 2008

Monarchie républicaine

Ce n'est pas inspiré de la Polynésie française, mais du statut de Wallis-et-Futuna qui est le seul territoire français à reconnaître encore des monarchies locales (une aberration constitutionnelle comme Mayotte pour la justice islamiste ou la Corse pour sa fameuse nation distincte) :

La "collectivité autonome" élirait un président et un vice-président mais garderait un roi, réduit à des missions purement protocolaires.

Bon... et on fait quoi de notre article 2 de la constitution révisée sous J. C., on doit le réviser pour que le néerlandais et l'allemand soient aussi langues de la République sous la souveraineté d'un roi ? Mais cela demande bien des contorsions juridiques et tous les Français ne sont pas d'accord pour accueillir les Belges (avec leur roi en plus !)

mardi, 25 mars 2008

La place de l'étoile

Plus rien ne peut m'étonner de la part de la communauté flamande de Belgique :

La commune flamande de Liedekerke a adopté un nouveau règlement qui autorise les responsables des « plaines de jeux » (jardins d’enfants) à refuser l’admission des enfants ne parlant ou ne comprenant pas le néerlandais.

La Belgique atteint les sommets de la honte et du déshonneur en acceptant des mesures aussi racistes et vexatoires pour de prétendues questions de sécurité. Le tout dans la plus mauvaise foi possible; Alors que ce pays a trois langues nationales. Le mot apartheid n'est pas déplacé. Il y en a d'autres qui me viendraient si je me lâchais...

Au mois de juin 1942, un officier allemand s'avance vers un jeune homme et lui dit : "Pardon, monsieur, où se trouve la place de l'Étoile  ?" Le jeune homme désigne le côté gauche de sa poitrine. (Patrick Modiano, la Place de l'Etoile.)

mercredi, 12 mars 2008

L'ONU contre le gouvernement flamand

Un comité des Nations unies chargé de lutter contre la discrimination raciale a épinglé le gouvernement régional de Flandre (nord de la Belgique) pour avoir limité l'attribution de logements sociaux aux seules personnes néerlandophones.

Et voilà... Bientôt une résolution, un embargo et une force d'intervention ?  

mardi, 29 janvier 2008

La Belgique sans les Belges

Vous avez aimé le scénario Belgique : la scission ? Vous aimerez le prochain Belgique : la scission sans la scission.

Comme la Belgique est un pays compliqué, il convient de simplifier les institutions et cela commence bien :

L'idée émise par Marc Uytendaele est d'imaginer une "fédération francophone" au sein d'une "fédération belge".

Ah ben... Cela élimine les idées de communautés néerlandophone (elle confondue avec la région flamande), française et germanique (sans région particulière).

Mais attendez, le meilleur vient après :

Le constitutionnaliste de l'ULB, Marc Uytendaele, propose de repenser la configuration de l'Etat sous la forme de quatre autorités fédérées: l'autorité flamande, l'autorité de Wallonie et de Bruxelles, l'autorité bruxelloise et l'autorité germanophone.

Je dois voir double, Bruxelles serait dans deux autorités ? Tout s'explique ensuite. On complique tout afin de résoudre les problèmes et en espérant que cela ne se voit pas trop.

Il ne subsisterait qu'un Parlement dit de Wallonie et de Bruxelles qui siégerait tantôt en session wallonne tantôt en session plénière.

Donc certaines personnes seraient wallo-bruxelloises, wallonnes ou rien du tout parce que hors de l'autorité wallo-bruxelloise. Tout est très clair...

Il reste un petit problème : la capitale officielle de la Flandre c'est... Bruxelles. On aurait donc un embryon d'Etat avec sa capitale sur un sol étranger, puisque l'on aurait aussi une sous-nationalité ou nationalité culturelle (sic) pour les personnes qui résident dans une des régions dont elles ne parlent pas en premier la langue.

Qu'est-ce qui pourra sortir de ce nouveau scénario aussi tordu que les précédents ? 


mardi, 11 décembre 2007

Parlez français !

Dans le blogue d'une caissière (excellent blogue au demeurant, aux articles vivants, drôles, fouillés et bien écrits) :

Au bout de quelques semaines, je m'étais faite à l'accent et aux fameux « septante » et « nonante » qui sonnent si bizarrement aux oreilles d'un français. Contente de mon apprentissage, j'en usais tout le temps lorsque je donnais les montants aux clients (normal, dans le pays, il faut se plier aux coutumes locales).
Et un jour, alors qu'un client français me demandait le montant de ses courses. Je lui dis :
- Septante euros nonante-cinq.
Celui-ci me balance alors avec un air exaspéré :
- Vous pouvez pas parler français ? Je comprends rien au belge.

mercredi, 21 novembre 2007

La fibre gauloise

On peut lire de sacrées âneries par moment dans Charlie-Hebdo (surtout lorsque les textes ont une couleur patriotique tricolore ou des allures d'appel à la guerre) : "C'est que "le petit Paris" comme disent les Liégeois, cultive depuis longtemps une certaine fibre gauloise : la ville a été française de 1795 à 1815, et à l'époque, ce fut l'une des seules provinces à voter volontairement son rattachement à la France."

Je rigole si on me dit qu'elle l'a voté volontairement ! Le prince-évêque était parti en exil avec armes et bagages, suite à la débacle des troupes du Saint-Empire etc. ! La France occupait l'ensemble du Bénélux actuel après la victoire de Fleurus et donc était puissance occupante dans Liège, avec ses propres collaborateurs locaux qui se retrouvaient alors dans les assemblées ou les administrations. Et même s'il y a eu beaucoup de Liégeois pour accepter l'union à la France, ce n'était pas les assemblées anciennes, mais celles qui ont été établies après l'occupation par les troupes françaises. Que les Liégeois aient été contents ensuite de leur union à la France, c'est possible quand on pense aux vices de l'ancien régime. Que cela se soit fait dans des conditions très démocratiques et comme l'adhésion du peuple tout entier chantant à l'unisson les vertus de la République française, c'est plus que douteux. On a juste une sorte de coup d'Etat par une puissance coloniale qui met en place ses hommes aux postes clés pendant un an et puis qui décrète ensuite que l'adhésion a été volontaire même si l'assemblée était alors totalement à sa solde et à ses ordres. Je ne veux pas nier ou repousser la francophilie manifeste des Liégeois, mais les rattachements volontaires, cela n'existe pas ! C'est du mythe... On se soumet parce qu'on ne peut faire autrement. L'ancienne république de Mulhouse par exemple avait été asphyxiée économiquement avant d'annoncer son rattachement tout aussi volontaire à la République française.  Et puis... je trouve que Charlie-Hebdo a, dans certains articles, un peu trop la fibre cocardière, guerrière et déroulédienne... La fibre gauloise, elle, c'est de ne pas croire à tout ce qu'on raconte.

samedi, 17 novembre 2007

Du développement séparé

On ne verra donc plus "soldes", mais seulement "solden" ou... "sales", puisque certains esprits malicieux feignent d'avoir compris que le mot anglais n'était, lui, pas interdit.

Le reste de l'article est assez contrasté, nuancé et diversifié quant aux points de vue. (Il semble que l'expression "racisme linguistique" déjà employée par une ministre soit rentrée néanmoins dans le lexique usuel wallon.) C'est étrange : chacune des langues de la Belgique est étrangère aux autres sans pour autant être une langue étrangère. Notons que la troisième langue belge, l'allemand, n'est pas prise en compte dans cet embrouillamini, mais... que se passerait-il si quelqu'un voulait rallier aussi des clients germanophones hors d'Eupen-Malmédy ?

Le titre peut se traduire par un mot afrikaans-anglais fort connu et employé en français... 

mardi, 06 novembre 2007

Belges, Belges !

Le député chrétien démocrate flamand Mark Eyskens :
"Les communes flamandes jadis entièrement flamandes ont été envahies par des francophones venant de Bruxelles et ces francophones ont francisé ces communes flamandes, il y a maintenant dans certaines communes 70 à 80% de francophones et les flamands reprochent à ces francophones qu'ils ne s'adaptent pas à l'environnement néerlandophone, donc c'est aussi un problème psychologique."

Et si ces francophones ne venaient pas de Bruxelles, mais y étaient passés, après être venus de la Flandre francophone ou de Wallonie, qu'est-ce que cela changerait ? Horreur ! des francophones venant de Bruxelles en territoire dit flamand ! Mais c'est vraiment une abomination ! On ne peut pas imaginer par exemple qu'un quart des habitants d'Antwerpen puissent avoir d'abord le français comme langue maternelle, ce serait vraiment abominable et jamais cela n'aurait pu être puisque tout citoyen sur une terre flamande ne parle que le flamand...

Ou comment la connerie serbo-croate se répand en terre belge... 

Belges, belges, un sursaut encore avant la débilité complète ! 

Suffisamment que pour...

Je livre une note très ouverte.

J'ai lu cet échange dans Yucca Ranch de Jijé (vesterne assez formidable et plein de profondeur, de pudeur, avec peu d'effets de style, à mon très humble avis, un truc à la Anthony Mann ou à la John Ford qui détonne dans la production stérotypée des années cinquante et qui détonne encore plus avec les accumulations de bons sentiments ou d'actions violentes contemporaines). Ce n'est pas un album construit à l'avance, mais une suite de planches dans le plus pur style feuilletonnesque, faites au jour le jour, même si cela tient largement le coup (toujours à mon humble avis) malgré deux ou trois incohérences (la plus grave étant à la fin).   

Jerry : Quelles sont les nouvelles ?

Pancho : Hmm... Suffisamment mauvaises que pour n'admettre aucune incartade.

(Planche 25, 4e vignette.)

Je n'ai procédé à aucune recherche que ce soit chez Wilmet ou Grevisse-Goosse ou dans un dictionnaire de belgicismes, mais si la syntaxe de la réponse du Mexico-Indien me heurte quelque peu je ne la ressens pas comme totalement fautive, et je perçois plus une tournure populaire belge passée en fraude (comme il se doit, puisque le Belge est contrebandier de nature dans mes contrées). En outre, je ne perçois pas d'illogisme, mais plutôt une forme de redondance (ça est très belge alors). Je précise encore que le texte n'est pas forcément de Joseph Gillain lui-même, car son frère avait participé sans signer à beaucoup de scénarios de l'hebdomadaire Spirou (votre comte lui doit son existence entre autres).

Et komondidanléblogkomifô : kenpensévou ?  

 

samedi, 27 octobre 2007

Racisme linguistique

Cela se gâte de plus en plus en Belgique, et il ne manquait plus que la commune des Fourons pour rendre la situation encore plus incompréhensible (elle avait déjà déclenché l'une des plus graves crises auparavant et avait permis une plus grande partition) :

Le bourgmestre de Fourons a déclaré ce samedi que cette menace ne l'impressionne nullement et qu'il n'en restait pas moins que Maingain est un "raciste linguistique".

Le tort du conseiller ? Avoir dit qu'il n'était pas obligé comme conseiller communal de s'exprimer en néerlandais puisque cela ne s'applique qu'aux bourgmestres (maires) et aux échevins (adjoints) selon la loi fédérale belge. Il serait difficile d'accuser les Belges d'être racistes entre eux tellement leurs origines sont mélangées entre Flamands et Wallons qui changent de région : le racisme linguistique est donc la seule issue puisque la seule différence est de langue. Cela ne vous rappelle rien ?

lundi, 22 octobre 2007

Bazar de l'hôtel de ville

Brrr... les querelles linguistiques sont en train de s'exacerber un peu plus en Belgique dans le fameux arrondissement BHV :

Suite à une lettre du président du FDF Olivier Maingain, qui appelle les mandataires francophones des communes à facilités à s'exprimer en français lors des conseils communaux, trois des communes concernées, Wezembeek-Oppem, Crainhem et Linkebeek, ont inscrit à l'ordre du jour du conseil communal l'usage du français pendant les séances.

Cette provocation n'est pas du tout du goût des partis néerlandophones puisque la langue d'usage est le néerlandais  dans les institutions de la Flandre même si la commune est à majorité francophone. Cela alors que la Belgique ne possède toujours aucun gouvernement et que l'accord est toujours impossible du fait de la volonté de scission de l'arrondissement BHV par les nationalistes flamands. On se demande ce qui pourra sortir de la surenchère générale (le MR jouant de plus en plus le rôle du pompier incendiaire avec son allié FDF, parce qu'il n'est plus dans la nouvelle coalition possible). C'est un jeu très dangereux qui est mené par les uns et les autres.

Je sais qu'il n'y a pas d'hôtel de ville en Belgique, mais des maisons communales : le jeu de mots sur BHV était trop tentant. 

jeudi, 20 septembre 2007

Belgoslavie

Connaissez-vous la Belgoslavie ? Les Echos nous assurent que "c'est le néologisme qui a fait florès, en Belgique, pour déplorer, non sans humour, la balkanisation du pays." On cherche sur la Toile et on trouve en tout et pour tout 5 occurrences, dont trois en rapport avec l'article des Echos. Avec ce billet, cela en fera six au moins. Les deux autres qui datent de la fin août se rapportent à l'interview de l'auteur de Belgique Requiem dans la Libre Belgique. L'intervieweur assure que "Le nom de "Belgoslavie" commence à fleurir sur internet…" Ah oui ? Où donc ? Aucune trace dans les blogues par des moteurs spécialisés, aucune trace dans Usenet, et cette mention dans une interview est la première apparition du nom sur la Toile ! Mais il suffit d'assurer que cela existe sur Internet ou que c'est très répandu sur Internet et personne ne songera à aller vérifier la véracité du propos puisqu'Internet est la preuve absolue de la popularité d'un mot ou d'une idée : dire que l'on en parle beaucoup dans l'estaminet du coin ou devant un fritkot, cela ne le fait pas du tout. Bref, on est dans l'intox ou l'autoconviction ou bien encore dans l'assertion sans démonstration, l'argument ad googlum servant de preuve.

samedi, 18 août 2007

Placophilie

Ils [les partis flamands] demandent, entre autres, une régionalisation (partielle) de l'impôt sur les personnes et les sociétés, des allocations familiales, du code de la route, de l'octroi des plaques minéralogiques, etc.

Ça est drôle. Je ne savais pas que le service des Mines s'occupait aussi des plaques d'immatriculation de voitures, de camions, de motos, de scooters (et aussi de cyclomoteurs, de vélos, de charrettes à bras, voire de brouettes) en Belgique comme en France. On en apprend tous les jours. Dans l'autre page que je cite, une phrase me laisse un peu perplexe :

Les plaques de motos de location, de cuistax, de services publics, d’enfants ou de charrettes mobiles n’ont été émis [sic] qu’en Flandre.

Aller jusqu'à poser des plaques sur les enfants faisant des chateaux-forts dans le bac à sable, c'est aller un peu loin, mais allez donc comprendre les Flamands ! 

La phrase de l'exemple initial appartient à la surcorrection : le journaliste belge du Monde a supposé qu'un Français ne comprendrait pas l'expression plaque d'immatriculation et ne l'emploierait en aucun cas, parce que tout le monde sait que le Monde n'est lu qu'en France par de parfaits Français. 

mardi, 14 août 2007

Entre deux langues

J'ai relu récemment l'ensemble des aventures de Gil Jourdan. C'est une BD où les dialogues ont une grande part. Je me suis aperçu alors qu'il y avait quelques expressions belges ou datées qui avaient échappé à Tillieux. Il faut préciser que les personnages principaux sont français, que la plupart des intrigues se déroulent en France (où justement les deux premiers volumes de la série ont été interdits). Hergé s'était employé à bannir certains belgicismes qui lui avaient échappé dans Tintin puisque son principal public était en France ; de la même manière, Tillieux colle au plus près de l'argot et du parler familier français, mais il arrive que son origine belge se trahisse.

Dans Surboum pour quatre roues (planche 21, case 9) Marc Rouleau, ancien colonial et habitant la Lozère, déclare au sujet de sa maison : "Je l'ai achetée il y a un an en revenant du Maroc. Je vous garantis qu'elle ne vaudra jamais un cent de plus que le prix payé."

Le mot cent était usuel en Belgique avant l'euro, mais un ancien militaire français parlerait de centimes.

Dans le Grand Souffle (planche 3, case 8), Libellule demande à un pompiste : "Le plein, sévépé... super !"

Il s'agit de l'épellation dite moderne qui était encore en usage après-guerre dans quelques institutions. On est revenu depuis le début du XXe s. à l'épellation ramiste et ancienne : èsvépé pour s'il vous plaît.

Dans Entre deux eaux (planche 19, case 11), un dialogue entre Libellule et Queue-de-cerise : "Coucou ! Devinez qui est là ! - Le navetteur !"

Le terme navetteur traduit l'anglais commuter et se dit en néerlandais pendelaar, en allemand Pendler. Il s'agit du travailleur qui se rend à son travail situé dans une autre ville, ou d'une banlieue à une autre. Le terme est proprement belge, mais il serait utile en français hexagonal.

Un peu plus problématique et moins facilement compréhensible pour un lecteur hexagonal, suisse ou québécois, une plaisanterie de Libellule dans Gil Jourdan et les fantômes (planche 44, case 8). ""D'ailleurs les bons scénaristes maintenant, hein ?.. Tandis qu'avant... prenez Racine... non, pas lui, il faut trop longtemps pour prendre racine... Mais Molière, ça, c'était un scénariste... On marche encore... La preuve : LES CHAUSSURES MOLIERE."

Plaisanterie dénuée de sens pour qui n'est pas belge, voire bruxellois. Les molières sont des chaussures de ville.

dimanche, 22 juillet 2007

Tu vivras toujours grande et belle

Le rattachement de la Wallonie à la France est proche :

L'homme fort du CD&V n'a ainsi pas pu dire ce qu'on fête le 21 juillet, jour de la fête nationale belge. Invité par le journaliste à chanter la Brabançonne, Yves Leterme a entonné la Marseillaire, l'hymne national français.

Malgré son nom d'apparence française, Yves Leterme est néerlandophone et flamand, en fait surtout flamingophone. Je signale qu'il est le président de la région Flandre et le futur Premier ministre de la Belgique alors qu'il est opposé au fédéralisme...

dimanche, 04 février 2007

Le sexe linguistique

Je me suis posé énormément de questions en lisant ce passage qui rapporte une intervention d'Elio Di Rupo, président de la région Wallonie :

Le président du PS est également revenu sur le sexe linguistique du futur premier ministre. 

La Belgique est la terre du surréalisme, mais il ne faudrait quand même pas exagérer... 

samedi, 13 janvier 2007

Brols en broc

Le Québec a été agité par l'affaire d'On The Run, l'enseigne qu'Esso voulait généraliser pour Marché Express, les dépanneurs québécois qui ne sont pas tout à fait l'Arabe du coin. La loi 101 n'interdit pas les enseignes en langue étrangère au français, mais un accord a été trouvé devant la levée de boucliers. Pourtant, dans Marché Express, il y a un mot anglais me semble-t-il.

Des fautes de français partout ? C'est une chronique de Patrick Lagacé qui recense les erreurs dans les inscriptions commerciales. Un petit florilège ? Je ne sais pas, mais je ne suis pas trop dépaysé, c'est presque comme chez moi en France...

Elio Di Rupo jette de l'huile sur le feu en parlant d'un Premier ministre belge francophone. Ben oui... il n'y a plus de règle d'alternance entre les communautés en Belgique et le Premier ministre est depuis longtemps néerlandophone (en fait bilingue, mais d'abord néerlandophone), alors que c'est le cas au Canada, et bon... cette offensive francophone après une fiction très controversée risque de mal tourner. La question du fédéralisme belge est de nouveau sur le tapis, mais on voit mal comment cela peut tourner.

Est-ce que l'on savait qu'Hergé a poussé à la création d'une chambre d'hôtel ? C'est ce que j'apprends : l'hôtel Cornavin, où Tournesol est descendu avec son parapluie dans l'Affaire Tournesol, n'avait pas de chambre 122. La chose a été réparée ensuite et la réalité a imité la fiction.

Le NYT recommande à ses journalistes d'éviter le mot surge préconisé par Bush pour les nouvelles opérations en Irak et de préférer un bon vieux mot anglais (sic) : augmentation.  

mercredi, 20 décembre 2006

Vds Belgique, mvs état, pr pièces détachées, px à déb.

La fin de la Belgique et la fuite du roi à Kinshasa, ça était juste une zwanze, mais maintenant ça est du sérieux : la Belgique est à vendre.


L’émission s’est déroulée hier soir en direct sur VTM et sur RTL. Les francophones n’ont pas pu s’empêcher de faire quelques petites allusions sur la cession de la Belgique selon la RTBF durant la soirée. 

mercredi, 06 décembre 2006

Vrac en réduction

On croit que c'est fini en Suisse et cela recommence ailleurs : maintenant les écoles bernoises vont bannir le suisse allemand de toutes les disciplines au profit du Hochdeutsch (le bon allemand). Or ce suisse allemand est mis en avant par les cantons de l'Est qui veulent bannir le français afin de pouvoir étudier l'anglais. Mais dans les Grisons on prépare un référendum sur la place des langues à la demande de la majorité allemande qui estime qu'elle est défavorisée par la loi cantonale accordant un peu plus d'importance aux langues minoritaires comme le romanche.

En Flandre, la loi ségrégationniste sur le logement a été votée, sans les verts flamands. Les recours contre la discrimination linguistique vont être introduits.

 

mardi, 19 septembre 2006

Google entre en guerre contre la Belgique

Google a été condamné à ne plus donner de liens vers les journaux belges francophones à partir de son portail Google Actualité, Mais sa vengeance n'a pas tardé ! Le Soir par exemple a disparu de Google.news, mais aussi du moteur Google.be. Pour la Libre, c'est un peu plus compliqué : il existe encore quelques pages d'accès comme la version pour handicapés. Les Belges qui veulent donc chercher  le site de leur journal préféré doivent passer par un autre moteur de recherche ou par une autre version de Google : on trouve encore en première position le Soir grâce à Google.fr. Cela montre un peu la mentalité de Google qui se croit au dessus des États, de la justice, du droit, et qui tente d'imposer son ordre économique (sauf quand il a affaire à une bonne dictature comme la Chine). 

samedi, 09 septembre 2006

Pot-pourri belge

Je fais un petit vrac au sujet de la Belgique car il me semble qu'en ce moment l'actualité linguistique du royaume est un peu plus riche que d'habitude.

D'abord, on apprend que les Wallons ont conscience que les Flamands font plus d'efforts qu'eux pour parler l'autre langue.

Ensuite, les élections communales (municipales en France) sont l'objet de polémiques dans deux communes à facilités de la banlieue bruxelloise : les convocations sont rédigées en flamand pour des francophones.

Les propos du président flamand Yves Leterme (la Belgique ça est compliqué, le président flamand a un nom français et le président wallon un nom flamand) sur l'incapacité des Wallons à apprendre le néerlandais ont fait beaucoup de vagues et une plainte est envisagée contre lui pour racisme. Je ne donne que peu de liens, mais l'affaire a fait couler beaucoup d'encre. 

Dans une commune flamande, le français et toutes les autres langues autres que le néerlandais sont interdits dans les écoles y compris dans les cours de récréation.

Tout cela sur fond de complot nazi de la part de militaires flamands, de mise en cause du parti raciste Vlaams Belang dans cette affaire et après les crimes racistes d'Anvers, d'attaques flamandes incessantes contre le prince héritier qui serait soutenu exclusivement par les francophones. La Belgique a une drôle d'allure ces temps-ci.