dimanche, 26 octobre 2008
La légende de l'hélicoptère
Encore une fois l'Oignon se distingue par son côté esprit de clocher qui fait tout son charme si particulier.
Je lis le titre de la manchette : Un siècle d'aviation : les pionniers marnais
Jusque-là tout va bien. Le département a bien été avant 1914 le principal centre de l'aviation française, du fait de ses étendues désertiques et plates remplies de moutons et de betteraves. Toulouse prendra le relais ensuite.
Cela se gâte ensuite dans le chapeau : L'occasion de saluer aussi le "père" de l'hélicoptère, le Champignacien Etienne Oehmichen. Passons sur le fait que les essais de l'hélicoptère d'Œhmichen se soient produits en Franche-Comté.
Argh ! Œhmichen n'a pas inventé l'hélicoptère, il a juste permis de stabiliser son vol par un second rotor afin de le diriger et il a pu accomplir ainsi le premier vol en circuit fermé d'un kilomètre. Son invention est décisive, mais elle vient après bien d'autres.
Et cela continue dans l'encadré qui a comme titre A Champignac, Oehmichen "père" de l'hélicoptère. Comme sur la plaque de sa maison natale, mais cette fois avec des guillemets de précaution. Mais cela va un peu mieux dans le texte où l'on ne précise pas vraiment qu'il a perfectionné un engin déjà inventé par d'autres et en appliquant le rotor déjà existant à un autre endroit.
Ingénieur chez Peugeot à Montbéliard, il a réussi à stabiliser la carlingue avec un rotor de queue. Son appareil à voilure tournante est l'ancêtre de l'hélicoptère. L'armée avait considéré son invention comme une chimère sans avenir. L'inventeur, né en 1884 à Champignac, s'était consacré au mouvement de retournement des chats qui sautent.
Ce dernier trait de sa personnalité le rend plus sympathique que ses travaux de physique au service de l'armée et en nos temps on aurait pu lui décerner un Ig Nobel.
Comme je le disais précédemment, l'histoire de l'aviation est propice aux mythes. Cela remonte à la plus haute Antiquité, avec Icare.
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samedi, 25 octobre 2008
De l'histoire des avions
Gros titre de l'Oignon :
Le centenaire du 1er vol en avion
Puis :
30 octobre. Cette date est entrée dans l'histoire de l'aéronautique quand Henri Farman a réussi à relier le village de Bouy et la ville de Reims en avion. C'était en 1908 et c'était une première mondiale.
Est-ce que l'on n'aurait pas oublié quelques personnes et quelques dates au passage afin de glorifier un petit coin de terre et un homme qui se retrouve alors à tous les carrefours de cet endroit par des objets grotesques sur des ronds-points En outre, ce texte est imbécile, Farman avait déjà effectué un vol fermé en Île-de-France au début de l'année, et là il a accompli le premier vol de ville à ville. Cela paraît déjà moins glorieux et moins apte à flatter la vanité régionale que l'affirmation péremptoire et fausse de l'article, mais ce n'était déjà pas si mal. L'aviation est un sujet proprement mythologique.
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vendredi, 03 octobre 2008
Lignes irrégulières
Dans l'Oignon, encore un article qui ne sera pas en ligne puisqu'il est signé par son plus mauvais journaliste. J'y relève cette assertion un peu surprenante :
Reste l'épreuve en elle-même, belle et sympathique, résurgence de cette liaison postale Toulouse-Sénégal inaugurée par Jean Mermoz en 1927 et qu'empruntait aussi et bien évidemment Saint-Exupéry.
Là, je me pose des questions. Parce que cette liaison postale n'a jamais existé ! Elle a longtemps été un projet. Puis, elle s'est faite par étapes le long de la côte espagnole, puis marocaine, en s'arrêtant par exemple et entre autres à Casablanca. Mermoz a bien tenté et réussi un vol sans escale de Toulouse à Saint-Louis en 1927, mais ce n'était qu'une épreuve et non un vol postal régulier. Quant à Saint-Exupéry, il n'a volé que sur des parties de l'itinéraire régulier. En outre, le 19 octobre 1927 (une semaine après le vol de Mermoz), il est stationné seulement à Port-Juby sans charge de courrier, et il quitte l'Afrique pour l'Amérique du Sud en 1929. Saint-Ex ne fera jamais cette liaison mythique. D'ailleurs, selon certains dires, on le considérait parmi ses pairs comme un assez mauvais pilote qui cassait plus de bois qu'il n'accomplissait d'exploits. Mais quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende (morale de L'Homme qui a tué Liberty Valance). Et la statue de Saint-Ex ne peut pas être déboulonnée, parce qu'il est interdit d'émettre le moindre doute au sujet de l'homme qui a écrit le Petit Prince. Même quand on lui prête autre chose que ses actions.
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