jeudi, 15 janvier 2009
Mini-vrac
Un collectionneur d'aptonymes ; le couvreur Letondu, les hôteliers Clochard, les pompes funèbres Leveuf, la menuiserie Laplanche, le portraitiste Guillotin...
If You Seek Me Amy, la dernière chanson de Britney Ze Pire fait scandale.
RFI supprime 200 postes sur 1 000 et 6 langues (allemand, albanais, turc, serbo-cioate, polonais, laotien) sur 19.
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dimanche, 07 décembre 2008
Bible in Slang
Les Anglais sont tous fous par définition et c'est même une condition pour devenir britannique - dans leur langage cela se traduit par original -, mais enfin si l'on publiait de telles versions de la Bible en français, je me dis que l'on entendrait des cris d'orfraie de la part du haut épiscopat ou au moins des associations traditionnalistes :
Ainsi la fin du Notre père ("For thine is the kingdom, the power and the glory" – car c’est à toi qu’appartiennent, le règne la puissance et la gloire…) devient "You’re the Boss, God, and will be for ever, innit?" (T’es le chef, Dieu, et ça sera pour toujours, d’accord ? »)
Mais en Grande-Bretagne, Dieu et le commerce vont main dans la main pour le meilleur des mondes. La Bible reste une excellente source de profit entre Harry Potter, Barbara Cartland et Agatha Christie, il ne faut surtout pas la négliger à l'approche des fêtes de fin d'année alors autant la revendre avec une autre sauce. Tandis qu'en France ce genre de transposition serait réservé aux blasphémateurs plus ou moins libres penseurs et rationalistes, avec menaces de procès à la clé.
16:37 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : argot, slang, anglais, catholicisme, église, religion
lundi, 10 novembre 2008
De l'argot des tranchées
Bon, il ne faut pas prendre toutes les affirmations de Dauzat dans son Argot de la guerre à la lettre :
Frichti. Le soldat français a emprunté à son ennemi allemand son frühstück (le déjeuner pris sur le pouce). Des deux côtés du front, on a échangé, outre du plomb, des mots.
Le mot date déjà de bien avant 14-18. On le trouve déjà dans le dictionnaire de Delvaux en 1867. Il est référencé en 1834 sous la forme fricheti, en 1855 sous la forme frichti et il a désigné d'abord un repas exceptionnel, puis une préparation de repas et seulement dans un contexte militaire (1864). Mais l'origine alsacienne par fristick correspondant à l'allemand Frühstück, déjeuner, est contestée par Guiraud qui propose une dérivation de fricot du fait que le déjeuner ne peut être un repas complet. Le mot était cependant présent dans l'argot parisien ou militaire depuis un demi-siècle au moins.
Si l'on prend estourbir :
Estourbir est tiré du verbe gestorben.
Ce n'est pas faux, sauf que le mot est présent en français argotique depuis 1815 et qu'il appartenait surtout au français régional de l'Est !
Cette guerre n'a pas été l'échange des mots entre des gens qui se tiraient dessus, mais un grand échange des mots de toutes les régions de France et de toutes les classes sociales. Les mots allemands de la guerre de 14 avaient presque tous eu une vie antérieure en français.
Les poilus ont popularisé des noms déjà fort anciens :
Ont donné à la censure anesthésiante le sobriquet d'Anastasie.
Mais ce surnom avait déjà quarante ans dans la presse parisienne ! Les créations sont peu nombreuses, les mélanges le sont bien plus. Et l'intérêt est de voir alors comment des mots locaux se sont répandus partout.
23:53 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : argot, guerre, langue française, armée
mardi, 07 octobre 2008
Lombard et loubard
Dans Bakchich, cette belle bourde due à un relevé seulement oral :
Ce mardi 7 octobre, le débat est centré sur « la rue qui exclut et affole » avec quatre invités autour du ministre [Christine Boutin], parmi lesquels le Père Guy Gilbert. Le « Curé des Lombards » l’interpelle sur l’hébergement des SDF durant l’hiver...
Le curé des loubards est son surnom depuis qu'il a publié un livre portant ce titre. Il se présente pas tout à fait comme le curé des banquiers et usuriers. Mais l'actualité récente nous prouve que les prêteurs sur gage (ou avec garantie hypothécaire) sont bien des voyous.
20:04 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, argot
lundi, 28 juillet 2008
Les Afrikaaners font la loi en France
Dans Libé, ce reportage à propos des taxis à deux roues : Soudain, un motard avertit : «Attention v’là les Boers [la police de taxis dans l’argot des chauffeurs, ndlr].»
Ah bon ! Mon dictionnaire d'argot m'indique que bourre est synonyme de policier depuis 1920 et que le dérivé bourrmann a été attesté en 1952. Il le fait dériver de bourrique par apocope ou de bourrer de coups. Rien à voir avec les colons sud-africains donc. Si on écoute un spécialiste de l'argot, il n'utilise pas la forme boer, mais bien bourre :
Aussi sec sans mollir quand on est dans ce métier
Faut saigner le poulet quand y se met à crier
Mais cézigue à chaque fois qu'il rencontrait les bourres
Il avait les deux miches qui jouaient du tambour
14:36 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, argot
vendredi, 27 juin 2008
Ceci n'est pas une pipe
Quand on connaît un peu la politique publicitaire de Ryanair faite de coups de gueule, de provocations, de vulgarités, d'outrances beaufesques, de sexisme, on se dit que ce n'est pas un lapsus, mais un buzz bien volontaire et destiné à être repris et amplifié ensuite sur la Toile, ou plutôt pour lequel on citera la Toile comme l'élément principal du buzz (né à la télévision, repris par la presse traditionnelle qui se dédouane à peu de frais, une fois de plus) :
D'ailleurs, cela a été le cas lors de la conférence de presse organisée par Michael O'Leary, le patron de Ryanair, à l'aéroport de Düsseldorf. Dans son discours, l'homme annonce la mise en place d'un nouveau service en classe affaires : il évoque des "blow jobs".
21:11 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : publicité, télévision, argot, langue anglaise
mercredi, 04 juin 2008
Le tango interminable des Pieds Nickelés
Il y a tout juste cent ans, fort exactement, le 4 juin 1908, apparaissait ce trio si franchouillard et anarchisse. Hergé était encore en barboteuse ! Pourtant, même s'il n'y a pas de célébration officielle pour ce monument de la culture française, les Pieds Nickelés sont d'actualité : on les voit aujourd'hui au pouvoir ! Ce n'est pas par hasard si un générateur de couvertures s'est emparé de ces personnages. Cela parle de l'actualité proche, même si elle est différente de celle de l'époque. L'expression est rentrée dans le langage courant, tout comme l'argot des trois aigrefins est devenu aussi celui des écoliers d'après-guerre sans qu'ils soient encore versés dans les oeuvres de Simonin ou de Bruant. C'est une oeuvre populaire, dans tous les sens du terme. Une sorte de mythe, au même titre que par exemple Tintin et Astérix. Mais un mythe différent, parce que l'on n'y cherchera pas d'explications savantes sur la psychê de l'auteur ou de références scolaires à une culture d'un autre temps : on s'identifie aux Pieds Nickelés lors de la lecture du fait de toutes ses bêtises de gosse et on peut ensuite dénigrer les autres en les traitant de Pieds Nickelés s'ils ont échoué dans une combine foireuse et passablement tarabiscotée. Cette ambivalence envers les trois escrocs est du même ordre que celle pour Guignol, celui qui donne des coups aux pandores et qui en reçoit cependant en retour, celui qui est le héros du théâtre et l'homme ridiculisé lorsqu'il est qualifié de guignol. L'horizon de lecture n'est pas le même avec ce genre d'illustrés que pour les lectures de BD plus convenables et conventionnelles : enfant, on est juste dans le registre de la farce et cela s'associe au plaisir de jouer des tours aux adultes, aux gens sérieux, aux gens en place. Puis, il vient un jour où on s'aperçoit que ces adultes, ces gens sérieux, ces gens en place sont aussi des Pieds Nickelés, dans le mauvais sens du terme. Cela donne brutalement un coup de vieux.
12:45 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bande dessinée, bd, argot, humour, langue française
samedi, 23 février 2008
Chelouche
J'ai découvert récemment par une chanson* l'expression « C'est chelouche ». Je connaissais le verlan « chelou » à partir de « louche ». Il existe déjà les reverlanisations, beur donne rebeu. Mais chelouche répond à une autre forme de construction avec une hybridation de la forme traditionnelle et du verlan. Je ne connais pas de mélanges similaires.
* Je n'ai pas retenu le nom de la chanteuse dont le clip passait sur MCM.
13:03 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue française, verlan, argot
dimanche, 03 février 2008
L'écrit et l'oral selon le Matin
Bravo au Matin (journal suisse destiné à la garniture de poubelle) pour sa classification du parler djeuns et pour ses explications...
Des termes issus d'Internet font aussi irruption à l'oral, comme «lol» (abréviation de l'expression anglaise «lots of laughing» qui signifie «mort de rire»).
Il y a juste quelques problèmes en dehors de la traduction littérale... Lol n'a jamais voulu dire ce qu'on lui donne comme définition, mais "laughing out loud", les autres explications révèlent un anglais basique et non idiomatique. Je m'interroge aussi quand on dit que le vocabulaire des djeuns comprend MDR :
Emprunt à Internet
lol ou mdr = Mort de rire
A l'écrit, peut-être et souvent. Mais à l'oral ? Ils disent pété de rire ou mort de rire, mais pas PTDR ou MDR. En revanche, ils peuvent laisser un LOL s'échapper à l'oral parce que cet acronyme se prononce plus simplement que les sigles précédents. Et encore... Selon les canaux d'expression, ils utilisent un vocabulaire différent et cela n'a rien d'étonnant, car il existe des mots réservés à l'écrit même si c'est dans un code différent.
00:30 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, argot, verlan
vendredi, 01 février 2008
La caissière n'est pas calculée
C'est une caissière qui parle.
«De toute façon, les chefs ne nous calculent même pas, reprend Fatima.Tenez, à Noël, qui est pour nous la période la plus dure le l'année, les chefs de rayon ont eu des I-pod, des fleurs, du champagne. Nous rien, pas une boîte de chocolat ni même un merci.»
Le sens de calculer est ici le sens argotique récent, datant de moins de vingt ans. Calculer quelqu'un, c'est l'aimer, l'apprécier, l'estimer. Voir ou dire que quelqu'un compte pour soi. C'est une expression métaphorique née de l'analogie de sens entre les verbes calculer et compter. Et ce terme prend une connotation fort ironique dans le contexte, puisque les caissières sont obligées de calculer les produits des chariots ou de calculer pour arriver à leur fin de mois avec leurs horaires en pièces de puzzle à force de décompter les heures et les minutes.
17:45 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : langue française, argot
dimanche, 23 septembre 2007
Boîte de six
Moi, je veux bien de cette hypothèse :
Ce langage imagé reflète les origines diverses des habitants de ces quartiers avec des emprunts au portugais, à l'arabe ou aux langues africaines, mais aussi la culture de la "génération fast food", commente Cédric Nagau. Ainsi, le fourgon de police n'est plus appelé "panier à salade" mais "boîte de six", en allusion à la boîte de beignets de poulet d'une enseigne de restauration rapide.
Mais enfin pourquoi des McChicken Nuggets en Magic Nuggets plutôt que des boîtes de six oeufs, six préservatifs, six canettes, six verres, six épices, six crayons, etc. ? La boîte de six n'est pas réservée que je sache à une entreprise de malbouffe et pour un seul aliment ! C'est une unité qui est fort répandue dans le commerce pour bien des produits, comme la boîte de dix ou de douze ou de quinze, etc. Ce qui est plus intéressant, c'est le lien entre le mot poulet au sens argotique et puis son rapport avec les nuggets ou beignets de poulets. On prend une métaphore ancienne, et puis on la détourne en la liant à un produit nouveau présent dans les habitudes de consommation du milieu donné. On crypte donc par association d'idées et en jouant sur une connivence culturelle. Mais la métaphore ancienne demeure quand même, cachée.
16:55 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, argot, francophonie, verlan, police
mardi, 04 septembre 2007
Les keufs n'aiment pas les rebeus
On connaissait déjà les ennuis du Petit Robert avec le CRAN au sujet de la définition du mot colonialisme. C'était pour cette association nouvelle une manière de se faire de la pub à peu de frais. Maintenant, ce sont les keufs qui s'insurgent contre cette citation de Jean-Claude Izzo (auteur de polars crypto-communistes et marseillais) dans la nouvelle mouture du Petit Robert. Elle sert à illustrer le sens de rebeu, mot entré dans le dictionnaire.
"T'es un pauvre petit rebeu qu'un connard de flic fait chier, c'est ça !"
Verdict du syndicat Alliance (classé à droite) : outrage à la police ! Le secrétaire général s'est déclaré "choqué qu'un tel ouvrage, à but éducatif, se permette de jeter le discrédit et le déshonneur [sur les schmitts]". Et bien mieux... il a saisi le ministère de l'Intérieur pour que la définition (sic) soit rectifiée le plus rapidement possible. On ne rigole pas à la maison Royco... D'ici à ce que l'on voie Alain Rey, menottes aux poignets, la tête couverte par une veste, en direction du quai des Orfèvres... D'ailleurs, cela ne m'étonne pas de lui : il a vraiment une sale tête de délinquant avec ses cheveux longs et sa moustache mal taillée. Et avec notre grand président, la lexicographie sera désormais l'affaire de la PJ, qu'on se le dise !
La nouvelle est une exclusivité pour quelques heures seulement. Elle provient d'une dépêche AFP non encore ligne que Marie-Dominique Arrighi m'a gentiment communiqué. Le Champignacien est à la pointe de l'actu !
14:50 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : langue française, argot, francophonie, verlan, police
mercredi, 11 juillet 2007
Galéjades
Je lis la suite d'Adèle Blanc-Sec dans Télérama et je suis plutôt content de voir que Tardi a retrouvé enfin son coup de pinceau alors que les derniers épisodes étaient passablement ratés du point de vue graphique (mais il avait fait pire la fin d'Ici Même ou de Griffu étaient aussi infectes).
Cependant, je m'interroge. Il nous donne des dialogues en pseudo-argot de la Belle Epoque et vachtement parisien à la Audiard-Céline-Prévert, sauf que ça coince par moments.
On est en 1925, quartier Saint-Lazare. La vioque (c'est son nom) passe sa vie à trimballer sa charrette de marchande des quatre saisons et dit : "Arrêtez les bévues ! Si Blaise y galèje pas, faut toucher à rien et aller voir les cognes dare-dare, fissa et rapido, sans hésiter, voilà c'que j'en dis !" (page 5).
Moi, je veux bien, mais enfin... galéjer était employé chez Daudet en 1888 certes, mais est-ce que cela faisait déjà partie du parler populaire parisien en 1925 ? Je ne crois pas, il faudra attendre au moins Pagnol pour que ce terme marseillais soit répandu partout.
(Au passage je signale que toutes nos références antérieures au TLFi sont devenues fausses du fait de son changement d'adresse.)
18:27 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : langue française, bd, bande dessinée, régionalisme, argot
lundi, 21 mai 2007
Racaille à Kärcher !
05:58 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, argot
mercredi, 11 avril 2007
Les marais du temps
Petit extrait d'un dialogue des Marais du temps de Frank Le Gall. C'est le dernier Spirou et Fantasio, paru il y a quelques jours. Enfin un Spirou lisible ! L'essentiel de l'action se passe pour l'essentiel en 1865 dans le quartier du Marais et du Temple. Ce gaffeur de Zorglub a trouvé les portes du temps, mais il est resté prisonnier de cette époque. Suite à son appel manuscrit, les héros viennent à son secours et sont eux aussi bloqués. Le dessin est savoureux, Le Gall est excellent mais il louche plus du côté de Jijé ou de Chaland que de Franquin, mais pour l'atmosphère on est plus proche de Jacobs et de Tardi. Quant au scénario, il abonde en références littéraires ou à d'autres albums. On a de savoureux dialogues en argot du temps.
Zorglub : Ah ! Voilà une râleuse qui semble nous avoir remarqués !
Fantasio : Eh bien ! Il n'y a pas de quoi râler ! (Il est encore habillé à la mode de l'an 2007.)
Zorglub : C'est comme cela qu'on les appelle. Laissez-moi faire...
Fantasio : Bon, bon...
La marchande : Approchez donc, mes beaux messieurs ! Visez-moi ces niolles, ces montants, niflez un peu ces limaces ! Ici, on se bâche pour des broques ! C'est pas grisol !
Fantasio : Que dit cette f... cette chose ?
Champignac : Qu'elle nous invite à admirer ces beaux chapeaux, ces pantalons et des chemises, que chez elle, on s'habille pour quelques sous et que ça n'est guère coûteux.
Spirou : Vous comprenez donc ce langage, M. le comte ? Vous ?
Champignac : Ligodu, mon pote. J'ai beau avoir les tiffes plantés dans les marguerites, j'en ai dans la mansarde et je sais dévider le jars... Euh... Oui, mon ami ! J'ai beau avoir les cheveux blancs, j'en ai dans le crâne et je sais parler la langue verte.
Fait rare pour un album de bande dessinée, la dernière page (juste après un portrait de M. Fantasio au foulard vert par Édouard Manet) est un petit lexique de l'argot de l'époque. Quelques détails qui me dérangent : Zorglub dit de Champignac et non Champignac ; le comte avait acheté son costume de 2007 en 1936.
12:15 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue française, argot, bande dessinée, spirou
dimanche, 08 avril 2007
Chicailler
Ce système tellement bureaucratique où tout le monde est en train de chicailler, mais les gens n'en peuvent plus !
C'est de Ségolène. Il y a à peine huit jours j'avais moi aussi employé le verbe chicailler qui est logiquement dérivé de la chicaya pied-noir et de sa francisation en chicaille. Cela veut dire dispute et d'abord un désaccord oral sur fond juridique dans le monde arabe, puis c'est toute dispute contenant des arguties oiseuses. Bien sûr, on peut se dire que la chicane existe déjà en français, qu'elle exprime à peu près la même chose, mais en fait il y a un aspect lié aux débats publics dans le cas de la chicaille, alors que la chicane se fait sur pièces de dossiers, envois de lettres recommandées, de mises en demeure, de constats d'huissiers, etc. Un certain Goret-Neuneu m'avait reproché d'employer ce néologisme dans le forum fr.lettres.langue.francaise , alors que je le trouve parfaitement formé, compréhensible et avec une nuance de sens où la confrontation physique compte. Le terme me paraît évident, utilisé fréquemment dans la langue de la rue ou des cours d'école, et même s'il n'est pas présent dans les dictionnaires d'usage contemporains est-ce une raison pour se l'interdire ? C'est un peu comme pour tchatcher qui passait pour un anglicisme aux yeux de certains qui ne connaissaient pas le pataouette, alors que tchatcher introduit une nuance par rapport à causer, bavarder, discuter, baratiner ou le québécois jaser.
11:10 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, argot
mardi, 17 octobre 2006
Chicailleries
Je connaissais déjà la chikaya ou chicaya, dispute souvent juridique mais surtout à propos de questions de bon droit en général. Chercher la chikaya, c'est chercher la bagarre ou au moins l'altercation. Ce mot vient de l'arabe dialectal algérien et il est passé dans l'argot militaire bledard et le pataouète avant de se retrouver dans l'argot français, mais Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, vient de le croiser avec le mot français plus ancien de chicanerie, dérivé de chicane. Il faut dire que les sens sont proches, mais la chikaya se fait plus souvent dans la rue et la chicane plus souvent devant les tribunaux en usant de toutes les procédures légales et à grand renfort d'hommes de loi, de lettres comminatoires, de rappels aux règles écrites.
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mercredi, 23 août 2006
86 etc.
Libération publie depuis le début de l'été une BD passionnante et fort riche de l'auteure américaine Alison Bechdel. Je soupçonne le journal de faire des coupes dans les planches car il y a trop d'ellipses, mais ce qui m'a retenu hier c'était la mention du verbe “eighty-sixed” dont je reproduis la définition telle qu'elle a été imprimée (et traduite) dans une case spéciale de la bédé : “eight.y. six ou 86 [a'te-siks'] v. tr. eight.y-sixed, eight.y.six.ing, eight.y-six.es ou 86.ed ou 86.ing, 86.es. Arg. 1. Refuser de servir (un client indésirable) dans un bar ou un restaurant. 2 a. Vider, éjecter. 2 b. Jeter, écarter (Peut-être à cause du bar-restaurant le Chumley's au 86 Bedford Street à Greenwich Village, New York).” Il faut préciser que l'auteure est lesbienne, ce qui montre la portée de ce verbe.
J'ai trouvé d'autres graphies, soudées ou avec apostrophe à la place du point. Le sens du y n'est pas clair du tout. Je ne connais aucun verbe argotique français formé à partir d'un nombre. Des locutions oui, mais jamais un changement de catégorie verbale aussi radical.
11:39 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue anglaise, lexique, argot, langue française, lesbienne, lesbian touch, gay
vendredi, 28 juillet 2006
Grand cru du médoc
Le Tour du médoc, c'est le titre de Libération. Je me dis, tiens... Libé veut parler des bons crus pendant l'été, demain ce sera le tour du beaujolais ou du sauterne. Ah mais non ! c'est le Tour du médicament, avec l'évocation des pharmacies sur deux roues comme le futur ex-maillot jaune. Singulier mot que médoc. Le terme est fort peu présent dans les dictionnaires de français familier ou argotique alors qu'il a une formation étrange. Aucune date de première attestation alors que le terme est vraiment répandu. Les suffixes argotiques en -oc, -oque sont peu nombreux et généralement avec une consonne épenthétique (chinetoque, amerloque, mastoc), quelques-uns viennent du largonji (loufoque), beaucoup sont de faux suffixes car le mot a une origine régionale (sinoque, schnock, vioc), on a aussi des apocopes (proc, doc, rad-soc). Le médoc doit sans doute sa resuffixation à sa proximité avec le doc(teur). On a donc une surmotivation par le sens et puis la connotation péjorative accordée aux terminaisons en -oque (bicoque, breloque).
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samedi, 08 juillet 2006
3KS
Joli mélange d'argot, de verlan et d'abréviation commerciale :
"Je fais écrire "93" ou "3KS" (pour 3 "Keu$", c'est-à-dire 3 000, en référence au nom de la cité)
Keus, c'est le verlan de sac, sac c'est de l'argot ancien pour une somme de mille francs (1846), mais K est l'abréviation de kilo pour mille unités chez les boursicoteurs comme peser 10 K€ ou être payé 10 000 euros par mois. Ces codes ne sont pas si éloignés les uns des autres : leur logique d'exclusion est la même.
22:32 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : verlan, argot, langue française
jeudi, 29 juin 2006
À toute banane
Guillaume demande d'employer aussi l'expression à toute banane dans un billet. Quelqu'un l'avait donnée comme synonyme de à toute allure, à toute vibure, à toute biture, à tout berzingue. Je ne l'avais jamais rencontrée avant. Mais pourquoi Guillaume l'emploie-t-il à propos de homards dans un aquarium ? Je me suis dit qu'il avait pensé inconsciemment à A Perfect Day for Bananafish.
16:32 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, lexique, locution, argot
Steak à l'air
Parmi les expressions qui ne figurent nulle part sur la Toile, voici le steak compris comme les organes génitaux ou le cul : « Riad [Satouf] nous fait passer dans les vestiaires, déshabille les mecs, «le steak à l'air», il les mime, jure en arabe, se tapant sur les fesses en pouffant, il n'y a pas de sous-titres. On comprend l'idée. » Ben oui... c'est de la viande et l'analogie phonétique sexe-steak joue pleinement pour reconnaître l'objet.
12:32 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, lexique, argot
Rasé avec une biscotte
Voilà que Guillaume donne lui aussi dans les chaînes à la noix. Je n'aime pas trop ces séries de billets conviviaux, mais au moins il ne s'agit pas d'une liste ou d'un questionnaire : je lui pardonne. Il demande d'utiliser l'expression rasé avec une biscotte dans un billet. Je découvre avec stupeur qu'elle ne se trouve que dans un seul blogue jusqu'à présent ! Et lequel ! Une seule occurrence sur la Toile... Je farfouille dans mes usuels. Rien chez San-A, chez Colin, chez Rey-Chantreau, Cellard-Rey, Merle. Ouf ! elle figure bien dans l'index du Bouquet de Duneton ! Mais hélas... l'index a été revu et corrigé avec les pieds : on ne lit rien dans l'entrée avec le mot clé et la page donnés. Cela m'arrive souvent lorsque je consulte cet ouvrage : la locution référencée se trouve à une autre page, dans une autre entrée ou bien comme ici nulle part ! Pourtant, je connais cette expression aussi bien que coiffé avec un pétard ou faire du potage en toute saison.
Pour la dater, ce n'est pas évident, mais comme la biscotte (1807), telle qu'on la connaît, a commencé à se répandre seulement avec les pains industriels on peut se dire que c'est de la seconde moitié du XXe s. On peut même se dire que la forme des premiers rasoirs électriques a été comparée à une biscotte (pour moi, ils tiennent plus de l'ovni), cette analogie aurait été impossible avec des rasoirs mécaniques, des lames. Cela nous amène vers les années 50-60. Cela a peut-être été renforcé par les publicités sur la double lame ou la forme à deux cercles de la partie tranchante.
Un truc amusant, c'est qu'elle a donné naissance à un néologisme sauvage : la triscotte. Ce n'est pas illogique en apparence puisque la biscotte est la francisation de l'italien biscotto, cuit deux fois, doublet donc de biscuit. Mais dans ce cas, le nom déposé Triscotte®™© est fondé sur les trois cornes de la biscotte en question en jouant avec l'analogie entre le bicorne (deux cornes) et le tricorne (trois cornes), donc avec une mauvaise interprétation du radical -cotte pris comme synonyme de coiffe, de cône.
Je reviens à rasé avec une biscotte. L'expression se comprend aisément : mal rasé, avec des pousses de poils qui restent, mais aussi avec des rougeurs. Il y a en fait un transfert de métaphore : la peau des joues est comparée aussi à une biscotte rugueuse, la biscotte n'est pas simplement un mauvais rasoir.
11:46 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : langue française, locution, lexique, argot


