mardi, 01 décembre 2009

Et le mot de l'année est... buzz, comme les années précédentes !

Ce qui est plaisant avec les locuteurs anglo-saxons, c'est qu'ils fabriquent autant de mots de l'année qu'ils ont de comités, d'associations, de sociétés qui veulent se singulariser en fabriquant de faux palmarès selon leur envie promotionnelle (le palmarès est une habitude très anglo-saxonne qui nous a valu en France des choses innommables comme le Top50 ou le Hit-Parade ou des stations de radio FM pour jeunes et moins jeunes qu'il aurait mieux valu bannir avant de libéraliser les ondes). Ainsi, le New Oxford American Dictionary avait élu unfriend comme mot de l'année. Unfriend est un terme employé dans Facebook et cela semble donc tout de suite plus branché. Mais quand on passe à un concurrent comme le Global Language Monitor, cela devient Twitter. Là, attention ! c'est du sérieux, on ne vote pas, on se réfère à un algorithme qui détermine quel est le mot le plus populaire, de manière totalement neutre et prétendument scientifique, alors que Twitter draine un public scripteur dix ou vingt fois moins nombreux que Facebook. Les deux sites sont concurrents et il est obligatoire que les différentes associations pour le mot anglais le plus populaire soient aussi en concurrence. Elles choisissaient sans doute auparavant dans la presse papier en regardant vaguement ce que l'on achetait le plus et maintenant elles regardent ce dont on parle sur la Toile. Et on assiste au combat de néo-titans à pied d'argile : Facebook contre Twitter pour le titre du mot de l'année ! Il faut compter encore avec les mots de l'année des différents dictionnaires anglais qui se sont déroulés auparavant et qui font alors l'objet d'annonces publicitaires, exactement comme pour des Miss Pomme de terre issue de Picardie élues par un comité local. C'est fort ridicule, mais les Britanniques et les Etatsuniens ne comprennent pas encore que toute cette publicité grossière les dessert à la longue et que plus ils en useront, moins on croira leurs classements, même en faisant semblant de croire à des algorithmes sacrés et surtout secrets. La première question est celle de la légitimité et de la pertinence de tels classements qui bouffent de la place dans les informations prétenduments nouvelles. C'est du bruit avant tout, qui se nourrit de ce qui est censé faire le plus de bruit.

dimanche, 23 août 2009

Pourquoi donc un écureuil ?

Le nom même de la bestiole qui occupe les squirrelizers n'est pas déterminé avec précision. En français, cela pourrait correspondre en effet à une marmotte, mais on a préféré calquer l'anglais Columbian Ground Squirrel (l'écureuil de terre colombien) plutôt que de chercher son équivalent en français. On connaît déjà ces faux amis au sujet du chameau, du pingouin ou du renard roux.


Il y a pour cela d'autres raisons sous-jacentes : la marmotte est considérée comme l'animal qui hiberne par excellence. On dit dormir comme une marmotte, réagir comme une marmotte. La marmotte est passive dans l'imaginaire français (tout comme le loir que beaucoup n'ont jamais entendu mener une sarabande dans un grenier durant la nuit). La marmotte appartient plus à l'imaginaire américain qui guette son réveil pour attendre la nouvelle année. Rien de tel en France. Je ne parle même pas de la marmotte qui "met le chocolat dans le papier alu" ou "qui pousse", parce que cela peut devenir très vulgaire (en gros homophobe et scatologique).


En revanche, l'écureuil possède des qualités positives en français. Il est synonyme d'épargne et de prévoyance en France, puisqu'une célèbre banque l'a pris comme emblème et comme surnom. Il est synonyme d'espièglerie, de vivacité d'esprit et de débrouillardise en Belgique où il a donné son nom wallon à un célèbre groom-reporter que je ne présenterai pas (et qui est d'ailleurs affublé d'un compagnon animal du type écureuil roux européen). Les célèbres Tic et Tac de Walt Disney n'étaient déjà pas des écureuils, mais des tamias et ils ont été acclimatés en France comme tels parce que cela les valorisait et les rapprochait des lecteurs.

On a deux idées contraires, d'un côté la marmotte qui surgit de terre quand vient le soleil et qui reste là dressée sur ses deux pattes. De l'autre, l'écureuil qui apparaît à l'improviste n'importe quand, pour s'évanouir en vitesse l'instant d'après. Le calque lexical de l'anglais a permis d'éviter toutes les connotations négatives attribuées à un rongeur afin de prendre les connotations positives d'un autre rongeur.

mercredi, 13 mai 2009

Power to the Ingalls Family !

La SNCF a mis en place des rames familiales baptisées TGV Family. Outre une tendance à l'entre-soi, Bruno de Baecque de l'Amateur d'idées, y voit l'adaptation à une société peuplée de gens qui veulent ne plus vivre avec les autres.

Moi, j'y vois d'abord un concept à la noix issu d'un marqueteur cocaïné qui prend les gens pour des idiots ! Famille ou familial, c'est absolument ringard dans le langage de cette profession de la force de vente qui vit déjà entre soi, alors que family, c'est funny, punchy, trendy, groovy, etcetery. C'est parce que le nom est idiot et pas français qu'on doit pouvoir le vendre mieux : tous les Français sont des veaux qui aiment les noms anglais sans chercher à les comprendre, se dit l'auteur de l'étude de marché. D'ailleurs, on a fait une étude sur les blogues familiaux français (avec toutes les photos du petit dernier) : la majorité se baptisaient Family, ce qui prouve que ce mot leur est familier et qu'il convient à leur univers conçu à la manière de la télévision.

dimanche, 10 mai 2009

Yes, they can !

Aujourd'hui, les terrasses de café, les rues, les magasins de la ville résonnent de leur accent américain : « Parfois, on sait qu'on agace un peu, et quand il y a un tiers avec nous, on reparle français pour ne pas qu'il se sente isolé, mais ce n'est pas de la frime. C'est vraiment pour nous entretenir et progresser chaque jour davantage », martèlent Dan et Jack.

Progresser dans la maîtrise du français ne serait pas un luxe non plus.

mercredi, 25 mars 2009

Madame ou mademoiselle ?

Hum... Ces déclarations dans les médias italiens me paraissaient d'abord quelque peu surjouées.

Non si può più dire "signora" e "signorina", nelle varie lingue dell´Unione Europea: dunque basta mrs e miss, madame e madamoiselle [sic], senora e senorita, frau e fraulein. Così ordina, o perlomeno esorta, un pamphlet introdotto dal parlamento della Ue sul modo corretto di rivolgersi pubblicamente, a voce o per iscritto, a una donna, in particolare se onorevole - nel senso di deputata, non della sua vita privata. L´auspicio fa parte di un codice sul linguaggio "sessualmente neutro" da utilizzare nelle conversazioni e pubblicazioni ufficiali: un dibattito in aula, un convegno, un documento.

On impute déjà bien des choses farfelues à l'Union européenne sans aucune preuve ou bien alors que les responsables sont dans le pays même, le Daily Telegraph ne brillant pas par sa ferveur européenne ou son progressisme ou son féminisme, j'ai préféré aller voir à la source.

The politically correct rules also mean a ban on Continental titles, such as Madame and Mademoiselle, Frau and Fraulein and Senora and Senorita. Guidance issued in a new 'Gender-Neutral Language' pamphlet instead orders politicians to address female members by their full name only.

On a au départ un document à usage interne au parlement européen afin de définir des usages à propos de la citation de personnes politiques. Cela devient chez les Britanniques une marque de la progression du genre neutre, alors qu'il ne s'agit que d'éviter le fait de dire si une femme est mariée ou non - sans considération du fait que les hommes peuvent toujours être nommés par leur nom de civilité. Passons, la misogynie est une tradition britannique fort respectable et bien établie, comme le fouet et la sodomie dans les pensionnats, la saoulerie du samedi soir au pub, la chasse à courre, le hooliganisme, la cravate de son collège et l'appartenance à un club. Gardons-nous de juger ces particularismes parfaitement respectables, mais on cherche en vain le genre neutre.

En Italie, cela devient : on ne pourra plus dire madame ou mademoiselle dans quelque langue de l'Union européenne, même si l'on est obligé ensuite d'avouer que cela concerne d'abord les députées - il fallait bien accrocher le lecteur par une annonce totalement fausse et encore plus exagérée que l'anglaise. L'Italien est bien connu pour exagérer, mais il ne fait qu'extrapoler à partir des balivernes britanniques. Puis l'on disserte longuement sur la langue que l'on emploie tous les jours pour s'adresser à l'hôte de son restaurant... Parce que l'Italien, au contraire du Britannique, est pratique et songe d'abord aux cas de la vie quotidienne, surtout s'il s'agit de bien manger et d'être bien traité. Il le dit dans un style plus prolixe, mais un peu plus honnête en fin de compte.

Comment faire une Europe avec des gens qui se servent de l'Europe pour en rire à partir de faits déformés ou accuser le féminisme et avec d'autres qui ne cessent de se moquer des prétentions des premiers sans rapport avec les gens et la vie ?

mercredi, 11 mars 2009

Le plafond de verre, ou comment ne rien comprendre aux différences culturelles

Je me demande encore pourquoi on a traduit aussi sottement et littéralement une expression anglaise :

L'expression américaine pour décrire cet état de fait est parlante : les femmes sont enfermées sous un glass ceiling, un plafond de verre qui les empêche de parvenir au sommet.

Il y a bien un film pour avoir repris l'expression sotte et littérale. Mais il ne parle pas des femmes, juste des immigrés. Ce qui a pu entraîner la contagion de l'expression absurde, c'est qu'il a été réalisé par une femme qui évoquait aussi des femmes.

Où trouve-t-on un plafond de verre dans les objets de la vie quotidienne française ? Nulle part... On ferme des verrines ou des conserves avec un couvercle quand on appertise, on pose parfois une assiette sur un verre ou une tasse, mais de plafond... je ne vois pas sauf dans un blogue qui fait de cette expression une vérité de la langue et de la culture française à force d'entrisme dans Wikio et Vendredi. Mais où serait donc le sommet puisqu'en fait tout est contenu dans un pot hermétiquement clos ? Ne faudrait-il pas dire alors plutôt sortir du pot, ce qui veut dire ne plus être astreinte aux règles du pot, donc du commun des mortels ? Être au dessus du pot serait sans doute trop désobligeant pour des femmes aussi avides de pouvoir et d'influence que des hommes déjà en charge de bien de fonctions et de titres. Que les termes soient faux depuis le départ en français ne dérange personne puisque la seule vérité doit venir de la source anglophone traduite littéralement et sans aucun recul, même si cela ne correspond en rien à la réalité culturelle de mon pays, mais comme l'anglais est la langue dominante il faut employer ses expressions si l'on veut dominer quelle que soit la cause. Je ne suis pas de ce combat...

dimanche, 07 décembre 2008

Bible in Slang

Les Anglais sont tous fous par définition et c'est même une condition pour devenir britannique - dans leur langage cela se traduit par original -, mais enfin si l'on publiait de telles versions de la Bible en français, je me dis que l'on entendrait des cris d'orfraie de la part du haut épiscopat ou au moins des associations traditionnalistes :

Ainsi la fin du Notre père ("For thine is the kingdom, the power and the glory" – car c’est à toi qu’appartiennent, le règne la puissance et la gloire…) devient "You’re the Boss, God, and will be for ever, innit?" (T’es le chef, Dieu, et ça sera pour toujours, d’accord ? »)

Mais en Grande-Bretagne, Dieu et le commerce vont main dans la main pour le meilleur des mondes. La Bible reste une excellente source de profit entre Harry Potter, Barbara Cartland et Agatha Christie, il ne faut surtout pas la négliger à l'approche des fêtes de fin d'année alors autant la revendre avec une autre sauce. Tandis qu'en France ce genre de transposition serait réservé aux blasphémateurs plus ou moins libres penseurs et rationalistes, avec menaces de procès à la clé.

mercredi, 26 novembre 2008

Carpette anglaise 2008 : Pécresse élue !

Je suis déçu. Mon candidat n'avait même pas été sélectionné pour ce prix que je ne rate pas (tout comme les IgNobels ou le Prix du maire de Champignac).

Au premier tour de scrutin, par onze voix contre deux, le prix de la Carpette anglaise 2008 a été décerné, à Mme Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu'il fallait briser le tabou de l'anglais dans les institutions européennes, ainsi que dans les universités françaises, en rendant obligatoire l'enseignement intensif de cette langue au détriment de toutes les autres (ce qui est notamment contraire au traité de l'Elysée de 1963).

Je suis en revanche satisfait de voir la sélection de Xavier Darcos.

La Carpette anglaise.

lundi, 10 novembre 2008

Du nom des habitants de Chicago

Ô délicieux spectacle des lecteurs new-yorkais faisant la queue autour du siège du New York Times, pour s’arracher les journaux «historiques». Et les Chicagoyais, donc ! (On dit Chicagoyais ? Chicagoyotes ? Disons, les lecteurs de Chicago), prenant d’assaut le Chicago Tribune.

Voyons, Daniel, cela se trouve en deux coups de clic : les Chicagoans dans la langue originelle. On pourrait adapter la terminaison anglaise, mais nous avons déjà Parmesan, Pisan ou Toscan qui ont le même suffixe d'origine italienne cette fois (et le français ne s'en porte pas plus mal, on ne va pas assaisonner nos pâtes de parmesien ou de parmais ou de parmoïte ou de parmoyote). En outre, le nom de Chicago est prononcé à la française, avec un ch peu anglais, puisque le nom est passé de l'amérindien au français avant de devenir anglais ; d'autre part il n'est guère éloigné sémantiquement de celui de la rue Mouffetard. Cela me semble de nature à rassurer ceux qui voudraient voir là de l'exotisme. Bien sûr, cela aurait mal venu de consulter Wikipedia quand on en a dit tant de mal par ailleurs au sujet de sa notice, mais surtout cela aurait évité un effet de style : faire croire que les habitants de Chicago n'ont absolument pas d'ethnonyme, tout comme pour certains anti-Etatsuniens il faut nier les citoyens des Etats-Unis d'Amérique en déclarant que leur pays n'existe pas vraiment et qu'ils n'ont pas de nom de nationalité propre. Je suis passablement mal disposé, moi aussi, envers les délires franco-français au sujet d'un homme politique d'abord étatsunien plus que noir et surtout de droite que vaguement social-libéral ou social-démocrate ! Mais enfin... cet effet de style, ce n'est pas du meilleur goût, parce que l'on ne veut pas donner à l'autre un nom qu'il se donne et qui est facilement accessible. Cela peut rappeler des écrits d'un autre temps, même si ce n'est pas le cas. Bref, il y avait un mot français pour le dire, mais éviter le mot français est aussi une stratégie oratoire.

L'anglais au travail

La remarque de Claude Hagège est frappée au coin du bon sens :

« Quand ils travaillent en France, ces derniers, dans leur majorité, n'ont pas besoins (sic) de s'exprimer autrement qu'en Français (sic). Pensez-vous qu'un ouvrier doive savoir parler l'anglais ?  », interroge-t-il en fulminant contre cet anglais galopant qui envahit le français. Et de mettre en garde tous les employeurs qui feraient le tri de leurs salariés par le seul filtre de la maîtrise de cette langue.

Il s'agit en fait d'un phénomène fréquent dans les enquêtes d'opinion : les sondés ont répondu en fonction de la connaissance empirique de leur travail tel qu'il existe et non tel qu'on voudrait qu'il soit. En outre, une entreprise peut effectuer une partie de son chiffre d'affaire avec l'étranger, mais cela ne concernera qu'une partie limitée de son personnel en contact avec les fournisseurs, les prestataires de services ou les clients. Un emploi faiblement qualifié - manutention, bâtiment, entretien, gardiennage - ou alors seulement de production agricole, industrielle, artisanale ne place que rarement devant la nécessité de devoir affronter une autre langue. Cela peut s'imposer bien plus à ce niveau lorsque l'on travaille dans des zones frontalières de la Suisse, du Luxembourg et de l'Allemagne ou dans les départements ruraux dans lesquels on accueille les nouveaux envahisseurs godons, mais il est bien rare qu'ailleurs un boulanger ait à vendre ses produits à des personnes ne parlant qu'anglais.

Un autre biais de la même enquête au sujet de la nécessité de la connaissance de l'anglais dans le monde du travail apparaît lorsque l'on s'intéresse un peu à l'économie : si le commerce extérieur augmente, il ne faut pas négliger le fait que le premier partenaire économique de la France est d'abord l'Union européenne où l'on compte 24 langues officielles ! Et dans l'Union, le premier pays avec lequel nous échangeons est... l'Allemagne. Or l'enseignement de l'allemand est devenu totalement sinistré depuis une dizaine d'années. Ce qui est frappant dans ce sondage, c'est comment l'on passe vite de la connaissance d'une langue étrangère à la connaissance de l'anglais :

Un [salarié] sur deux estime que la pratique d'une autre langue que le français n'est pas indispensable dans le cadre de son travail.

Et juste après le chapeau :

Alors que Xavier Darcos fait de l'apprentissage de l'anglais au lycée une nécessité absolue pour que les bacheliers deviennent tous bilingues, cette préoccupation s'étiole singulièrement dans le monde du travail.

En fonction de quelle étude antérieure ? Elle n'est rappelée nulle part. Le bilinguisme de nos élèves qui parlent chez eux turc, arabe, amazigh, wolof, mandinque, vietnamien, serbe, albanais, créole, alsacien, corse, basque, breton,cela n'existe donc pas ?

On voit mieux l'orientation idéologique de l'article quand on lit cette affirmation :

Selon un récent sondage réalisé par le site de recrutement Monster, 51 % des salariés estiment en effet que la maîtrise d'une langue étrangère au travail n'est pas une priorité. Un taux particulièrement faible si on le compare aux résultats recueillis dans d'autres pays.

Il y a comme un problème de lecture des chiffres, parce que le résultat est de 50 % en Belgique, pays pourtant trilingue ! Et ce pays est cité dans la liste de ceux qui auraient un taux d'adhésion supérieur à la France après le Luxembourg, l'Espagne, la Suisse, l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche. Mais là où on ne s'interroge pas du tout, c'est sur le fait qu'un pays comme la Belgique manifeste moins d'intérêt pour les autres langues que la Suisse ou le Luxembourg alors que la question linguistique est au coeur de la politique nationale et locale. Heureusement, on se rattrape en disant quand même que 78 % des salariés étatsuniens ne voient pas la nécessité de parler une autre langue (on s'en doutait largement). C'est aux autres d'apprendre leur langue et de financer cet effort.

Manifestement, la présentation de ce sondage est orientée de façon à correspondre à un objectif : faire croire que l'anglais sera le sésame de tout emploi, construire une société de classes fondée sur la maîtrise de la langue dominante.

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