jeudi, 26 juin 2008
Elsass, mein Liebchen
Un élu bas-rhinois a annoncé qu’il ne s’exprimerait désormais qu’en alsacien, «pour bien montrer que cela ne met pas en danger la cohésion nationale», en signe de protestation contre le vote des sénateurs opposés à la reconnaissance constitutionnelle des langues régionales.
Seulement, la moitié au moins de ses collègues qui ne comprennent pas le dialecte (mais un peu l'allemand) et une autre moitié de la seconde moitié qui ne comprennent pas le dialecte d'une autre vallée que la leur demanderont parfois une traduction dans le dialecte de leur vallée à eux ou en bon allemand. Si cela ne met pas en cause l'identité nationale, cela peut mettre en péril l'identité régionale (mais qu'est-ce qu'il dit ?)
18:24 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alsace, alsacien, langues régionales, langue française, allemand
mardi, 11 décembre 2007
La recette de la quiche lorraine
C'est un lorrain un peu particulier, pas forcément celui que je connais et il m'a l'air parfois un tout petit peu trop alsaco-mosellan comme dans l'exemple ça gets ? ou picardo-champenois comme dans l'exemple de la chouille, ou argotico-gitan comme dans l'exemple se péter la tchave. Tout n'est pas du parler régional propre à une région et issu d'une région, mais peut parfaitement venir d'ailleurs : dans un cas, les têtes de Holtz de l'Est, dans un autre les cultivateurs de betteraves de l'Ouest, enfin les voyous parisiens qui reprennent des expressions roms ! Et je ne parle même pas de chouffe qui vient tout simplement de... l'arabe de banlieue ! Oui, des zivas du Neuf-Trois qui te font des breakdances sur fond de rap hardcore en pyjama blanc et à capuche... Ce n'est pas du folklore lorrain, tout ça, et il ne faut pas voir du patois dès lors qu'un mot est populaire dans des bars branchés et jeunes d'une préfecture de province.
21:42 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue française, alsace, alsacien, lorrain, lorraine
dimanche, 09 décembre 2007
De la manipulation du bilinguisme
Au sujet de l'abrogation du remboursement des professions de foi électorales en langue allemande :
Jusqu’à présent, les deux départements d’Alsace et les 19 cantons de Moselle bénéficiaient d’instructions qui prévoyaient la possibilité de produire des professions de foi bilingue français-allemand.
La Moselle ne comporte pas 19 cantons, mais 51. En fait, seulement une partie du département est ou était de langue francique ou alémanique. Les 19 cantons visés sont ceux qui se trouvent derrière la ligne de démarcation entre lorrain romand et lorrain germanique, les Fritz ayant raflé en 1871 aussi des terres romanes comme Metz pour consolider leur ligne de défense ! Que dire sur le fond ? Sinon que je trouve cette décision lamentable, même si je sais que les journaux régionaux qui titraient à plus de 50 % en allemand dans ma jeunesse doivent péniblement faire du 10 % aujourd'hui, et encore seulement pour les personnes âgées et à la campagne. Il faut dire qu'il ne doit plus rester grand-monde qui ne comprend pas un mot de français, comme je le voyais autrefois, mais cela n'empêche pas la presse allemande de se vendre très bien encore en Alsace. La question est d'abord symbolique, comme en témoignent les panneaux d'entrées de ville ou de noms de rues. Il faut d'abord manifester son appartenance locale. D'ailleurs, les candidats d'extrême droite prennent eux aussi un grand soin à se référer à cette identité, on ne trouvera strictement personne du MNR aux écologistes pour s'insurger contre une Alsace à la Hansi, il faut être un peu anarchiste ou communiste pour l'oser et c'est très très mal vu dans ces contrées. Mais cela peut conduire à des absurdités puisque certains villages et cantons romans comme dans la vallée de la Bruche ont été intégrés à l'Alsace, toujours au nom de la défense de la ligne des crêtes du Reich et que l'on y diffuse encore des professions de foi aux législatives ou aux présidentielles en allemand. Vous aviez trouvé que la Belgique était compliquée ? vous ne connaissiez pas l'Alsace-Moselle et les charmes de son droit local !
21:34 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : langue française, allemand, alsace, alsacien, politique
samedi, 13 janvier 2007
Hansi, réveille-toi, ils sont devenus fous !
Je vais pester cette fois contre un syndicat et contre certains de ses membres qui délirent de manière grave :
Le syndicat des enseignants Unsa et la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) ont signé samedi à Strasbourg une charte en faveur du développement du plurilinguisme dans les écoles du premier degré en Alsace.
Rien que de très normal, me direz-vous. Sauf que cela demande l'abaissement du taux d'enseignement en allemand dans une région directement frontalière, traditionnellement bilingue (avec un dialecte maintenu dans une plus forte proportion que dans les autres régions et des échanges constants avec les pays voisins). Mais voilà :
Dans un communiqué commun, l'Unsa et la FCPE craignent que l'allemand "prenne une place disproportionnée" dans le premier degré par rapport aux autres langues comme l'espagnol ou l'anglais.
Je rêve ou quoi ? L'allemand est en voie de disparition dans l'enseignement français et on veut militer en faveur de l'anglais en Alsace au nom de la diversité culturelle, alors que l'allemand dans cette région est encore une langue administrative (on n'y recevra pas de documents pour les élections en anglais, mais encore en français et en allemand) ? Ils sont tombés sur la tête ! Et c'est avec quelque pour cent d'élèves bilingues que cela menacerait le plurilinguisme alors que 97 % des lycéens en France auront étudié l'anglais !
22:50 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, allemand, alsacien, dialecte, enseignement, éducation, politique


