vendredi, 17 octobre 2008

Le cas rwandais

Le gouvernement rwandais a décidé, mardi 7 octobre, que l'anglais et non plus le français serait dorénavant la langue de l'enseignement. Le changement s'appliquera de l'école primaire à l'université. Les autorités françaises n'ont pas réagi à l'annonce de la décision.

Ce n'est pas seulement parce que le gouvernement rwandais reproche à la France son rôle lors des guerres qui se sont produites dans cette région qu'il faut se contenter de ses raisons, c'est aussi un choix plus profondément géopolitique. Les élites actuelles du Rwanda ont été formées durant leur exil en Ouganda, pays voisin et anglophone. Le Rwanda occupe une partie du Congo francophone et sa position peut être inconfortable pour le futur sommet de la Francophonie. Or le Rwanda est un pays enclavé. Les voisins kényan et tanzanais sont anglophones et appartiennent déjà au Commonwealth. Le président de Madagascar, formé aux Etats-Unis, a déjà agi de même en faisant reculer le français dans l'enseignement au profit de l'anglais. Il s'agit donc d'une décision qui est aussi d'ordre économique tellement l'anglais domine dans l'ouest et le sud de l'Afrique. La langue est instrumentalisée à d'autres fins que les conflits judiciaires.

mardi, 10 octobre 2006

Passerelle Senghor

Amusant. Il n'y a à cette heure que les sites africains qui parlent de son inauguration à Paris par Bertrand Delanoë et Abdou Diouf, pas un seul média européen, français, parisien... Pas même pour rappeler l'anniversaire de la naissance du père de la francophonie alors que c'est son année à lui aussi. La passerelle est coupée.

samedi, 29 juillet 2006

Histoire d'ex

medium_tintincongo.jpgCela fait près de 10 ans – depuis 1997 et la chute de Mobutu – que la république démocratique du Congo a repris son ancien nom, celui qu'elle portait entre 1960 et 1971. Mais en lisant la presse ou les sites d'actualité, je suis frappé d'une chose : le nom Congo est presque toujours suivi dans la titraille ou les premières lignes de l'expression ex-Zaïre. Comme si on ne s'y était toujours pas fait. Il est vrai que l'on peut confondre ce Congo et la république populaire du Congo, mais il existe des périphrases pour les différencier sans recourir au nom officiel : Congo-Brazzaville (230 dans Google actualité), Congo-Kinshasa (1 020), et avant Congo-Léopoldville (un exemple dans Libé du jour, un dans l'Express), Congo ex-belge. Ce dernier n'est d'ailleurs pratiquement plus employé que dans des textes historiques.

Mais enfin... je trouve considérable le nombre d'ex-Zaïre : 97 dans Google actualités. Certes, c'est lié d'abord aux premières élections démocratiques depuis quarante ans et aussi les derniers pillages des mines du Katanga, la guerre civile larvée du Kivu. Quand je regarde pour les autres pays, je ne trouve dans les actualités qu'un ou deux exemples d'ex-Dahomey, d'ex-Haute-Volta, d'ex-Rhodésie-du-Sud) et à titre historique seulement. Je ne vois pas d'autre pays qui soit aussi ex à part la Yougoslavie dont le nom entre dans un tribunal pénal international, dans le pseudo-nom de la Macédoine (FYROM), la RDA et bien entendu l'Union soviétique. Mais aucun de ces différents noms ne se superpose exactement au même pays : l'ex-RDA est une partie de la RFA maintenant.  

J'y vois un aspect pédagogique : rappeler, à l'aide de repères, au lecteur la géographie et l'histoire car il pourrait s'embrouiller dans les différents noms. Mais dix ans plus tard, est-ce toujours aussi utile ou pertinent ? C'est un peu comme si ce pays n'existait pas vraiment, était toujours dans un état provisoire.

jeudi, 27 juillet 2006

Le français en Afrique du Sud

L'Afrique du Sud se met au français afin de renforcer son rôle de guide économique et politique sur le continent et de pouvoir aussi rayonner en Afrique francophone. Mais ce n'est pas sans contradictions.

L'Alliance française, qui est confrontée à une pénurie de professeurs, ne parvient plus à faire face à la demande. Soucieux de lutter contre le chômage, le ministère sud-africain de l'Intérieur ne lui facilite pas la tâche. Il délivre au compte-gouttes des permis de travail à des étrangers, quels que soient les besoins des entreprises. L'Alliance française négocie ainsi depuis des mois la possibilité d'engager une vingtaine d'enseignants. Pour l'instant, en vain.

Les diverses Alliances françaises dans le monde sont des associations de droit local qui naissent de l'initiative personnelle des citoyens du pays. Elles sont soutenues financièrement, matériellement par le gouvernement français – de moins en moins, il faut le dire –, mais elles sont indépendantes et elles ne sont pas sur le même plan que les missions culturelles des ambassades.