jeudi, 15 mai 2008
Jean-Marc Sylvestre, ou le génie mathématique
L'immense économiste Jean-Marc Sylvestre a prouvé une fois de plus, ce matin, dans sa chronique ses admirables compétences, son sens aiguisé du raisonnement, la fiabilité extraordinaire de ses sources. Ecoutez le morceau suivant, le passage se situe à trois minutes du début. "Selon Xavier Darcos, 23 000 enseignants ne sont pas devant les élèves, parce qu'ils sont affectés à d'autres tâches, 23 000 enseignants sur 210 000, soit un sur quatre ! Vous vous rendez compte !" Nous savions déjà que notre ministre avait des difficultés avec la règle de trois, il n'aurait pas fallu lui demander de communiquer ses chiffres. En outre, deux autres contrevérités se sont glissées dans cet éditorial de la plus grande honnêteté : les enseignants détachés ne sont pas payés par l'Education nationale pendant ce temps, il y a environ 800 000 enseignants relevant de l'Education nationale, je ne sais d'où le brillant économiste tire son chiffre de 210 000 enseignants.
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mercredi, 14 mai 2008
Du chevalier de La Barre et de son supplice
Charlie-Hebdo vit depuis l'affaire des pseudo-caricatures de Mahomet sur une rente prospère : rappeler qu'il est par excellence le journal de référence en matière de blasphème, comme si le blasphème était une marque de qualité ou d'originalité ou de liberté. La petite boutique entend donc faire fructifier son capital accumulé lors des procès et elle nous offfre un publi-reportage sur le film réalisé par Daniel Lecomte C'est dur d'être aimé par des cons, qui sera présenté à Cannes, film qui concerne (vous l'aurez deviné, vous êtes malins), la fameuse affaire des pseudo-caricatures. Rien de très grave jusque-là. Charlie exploite tous les filons contestataires en produits dérivés, l'islamiste barbu comme le Sarkozy au Kârcher. De toute manière, l'auto-promotion est une règle de base dans la presse. Passons.
Seulement, je tique quand je lis la légende du dessin géant de Riss qui montre des personnages (Jean Hus, l'amiral de Coligny, pas des tendres, Theo Van Gogh, pas un démocrate, Daniel Pearl) montant le tapis rouge des marches : "Merci au chevalier de La Barre, écartelé pour blasphème". Le blasphème est là ! Dans l'erreur historique. On n'écartelait que les régicides ! Le dernier à avoir été écartelé était Damiens en 1757. C'était le crime suprême par excellence, puisque le roi était l'oint du Seigneur, le représentant de Dieu en son royaume et qu'il tenait sa souveraineté d'une source divine, comme par magie. Le chevalier de La Barre meurt en 1766. Il partage avec Damiens le triste privilège d'être un des derniers condamnés à mort, cette fois pour blasphème. La demande de condamnation était qu'il eût la langue tranchée, la main droite coupée, qu'on le fît brûler à petit feu avant de le décapiter. Pourquoi décapiter un corps mort ? Parce qu'il était gentilhomme malgré tout et que c'était la forme officielle d'exécution des nobles, or il n'avait pas perdu cette qualité. On commua la peine en petite et grande questions, c'est-à-dire une banale brisure des membres par serrements entre des étaux, et une simple décapitation à la hache - comme il se doit. D'un côté, l'on supprimait tous les châtiments liés au blasphème (les membres tranchés), ou à une hérésie, une apostasie, la sorcellerie (le bûcher), de l'autre on maintenait une condamnation à mort sous les formes civiles du temps mais pour des raisons religieuses. Il y avait là une contradiction insoutenable d'un point de vue juridique, tout comme celle de la fausse clémence que Voltaire a relevée.
Je m'étonne que dans le journal, dont l'éditorialiste vedette ne cesse de se réclamer de Voltaire à chaque paragraphe (quand ce n'est pas de Spinoza ou de Descartes ou de Montaigne, cela dépend des semaines et de son stock de citations), on ne se soit pas dit "mais l'affaire La Barre c'est un peu plus compliqué que ça" ! Il faut passer des heures à expliquer les détails du procès, sa sentence définitive. Et en fait, on continue la même confusion du politique et du religieux, comme lorsque les rois de France faisaient écarterler les régicides au nom de leur onction divine. Mais dire que La Barre avait été décapité pour blasphème, cela ne le faisait pas, cela ne collait pas aux représentations de l'Ancien Régime, c'est un cas unique, et cela aurait fait doublon avec Daniel Pearl. Et voilà comment on a un supplice réduit à peu de chose alors qu'il nous renvoie à une société aussi complexe que la nôtre.
17:17 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : histoire, culture, politique, presse, journalisme, littérature, droit
Lutraires
- Les trois éoliennes mesurent 95 mètres de hauteur avec des palmes de 35 mètres. L'Union-L'Ardennais, 23 avril.
- Madame K. endormie paisiblement entourée des seins. Dernières Nouvelles d'Alsace, 6 mai.
- L'amicale laïque organise une bouse aux plantes. Bol d'air, 26 avril.
- Je n'ai pas eu le coup de foutre. J'ai été touchée par ses marques de gentillesse. L'Aisne nouvelle, 29 avril.
- Lucienne Chessex est désormais sanctifiée par ce fils qui se repend. Le Figaro, 24 avril.
- La justice a tranché. Douze ans pour un sexe coupé. L'Union, 2 mai.
09:10 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française
dimanche, 11 mai 2008
Les ânes battus
Dans le supplément radio-télévision d'un célèbre journal du soir, à propos du film diffusé avec un DVD joint (les Chariots de feu) :
Au lieu de cela [s'entraîner à l'université de Cambridge], il [Harold Abrahams] s'adjoint les services d'un entraîneur étranger au sérail, un entraîneur mi-italien, mi-arabe, bâtant en brèche les fondements symboliques de l'une des plus nobles institutions de l'Empire britannique.
Décidément cette série de chroniques cinématographiques montre des capacités orthographiques dignes d'un âne. Mais comme on parle de sport, de jeux olympiques et d'éducation à l'anglaise, l'analogie allait sans doute de soi...
23:15 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française
samedi, 10 mai 2008
Abolition de l'abolition de l'abolition
Le président Nicolas Sarkozy a annoncé samedi lors d'une cérémonie à Paris que la traite des noirs, l'esclavage et l'abolition seraient "introduits dans les nouveaux programmes de l'école primaire dès la rentrée prochaine".
Outre la formulation plus que malheureuse, cela pose une vraie question : comment introduire un sujet qui figurait déjà dans les programmes de l'enseignement primaire depuis la loi Taubira, mais qui était menacé de disparition depuis avril 2007 (sous le ministère du fort réactionnaire Robien) ? Ou comment annoncer du nouveau sans rien faire, sauf annuler la suppression prévue par le ministère de l'Education nationale... C'est vraiment beau la réforme des programmes qui consiste à faire croire que ce n'était pas enseigné ! C'est vraiment beau la réinvention de l'histoire récente.

13:51 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : histoire, enseignement, éducation, profs, esclavage
mercredi, 07 mai 2008
Pitars
- Césaire a ainsi réuni autour de son cercueil un impressionnant aéropage politique. Midi libre, 21 avril. Cette erreur au sujet de la colline d'Arès est fréquente.
- Pour mieux vendre du blé et des Airbus à nos amis chinois, (Raffarin) n'avait pas craint de traverser le territoire infesté par une épidémie de strass. Sud-Ouest, 26 avril.
- Les grues poussent comme des petits pains. Corse matin, 27 avril.
- Une légende du music-hall sera sur la scène du Mac-Nab le jeudi 24 avril à 20 h 30 : Philippe Clay. L'information agricole du Cher, 18 avril. (Pour comprendre il faut savoir que Philippe Clay se produit désormais dans un autre monde depuis le 13 décembre dernier. Cela me rappelle l'histoire du membre de l'état-major de Ségolène qui voulait inviter James Tobin durant la campagne présidentielle, ou celle d'une amie qui voulait demander une conférence à Roland Barthes en 1988...)
-Epinal. L'autopsie du cadavre d'un homme lardé de 158 coups de couteau n'a pas permis d'exclure l'hypothèse d'un suicide. L'Est républicain, 25 avril.
- Un second molosse avait été capturé par le spécialiste de Chenil Service. Ce dernier sera prochainement euthanasié, indique le parquet de Nancy. Le Républicain lorrain, 15 avril.
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jeudi, 01 mai 2008
En plein congés scolaires
Quand on recopie la phrasélogie crétinisante du Front Haineux, on écrit n'importe quoi sans réfléchir ou sans donner de clés pour comprendre :
Mais de fait, ses militants remplissaient tout juste les lieux, même si M. Le Pen s'est félicité d'un "succès" en plein congés scolaires et "au début d'un long week-end".
1) La zone B est rentrée de vacances il y a près de dix jours. Je suis en plein dedans. Les lycéens de mon établissement se sont mis en grève dès leur retour, ce qu'ils n'auraient pas pu faire avant.
2) La zone A est rentrée de vacances au début de la semaine. Les routes étaient très encombrées en Lorraine vendredi.
3) La zone C (Aquitaine et Île-de-France seulement) rentre la semaine prochaine.
Où est la période de pleins congés scolaires et d'où sort cette formule inepte alors qu'il n'y a pas de congés communs et que les quatre cinquièmes des établissements scolaires ne sont pas en vacances ! Il existe aussi une vie en province, réduite certes, mais réelle. Et si le métingue du Pénible a été un échec (un de plus), ce n'est pas la faute des dates de vacances. En outre, c'est lui qui a voulu concurrencer le 1er mai des travailleurs après avoir voulu concurrencer la fête de la capitulation des armées allemande le 8 mai, autre date de sa sainte Jeanne d'Arc à chronologie variable. Les raisons du Front Haineux sont vaseuses une fois de plus, mais il ne fallait pas les reproduire comme si elles venaient de la rédaction et comme si cela allait de soi, le tout sans guillemets. Est-ce que l'AFP est au service du Front Haineux, je ne pense pas, mais il y a pas mal de maladresse dans les formulations.
17:34 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : fn, front national, politique, presse, journalisme, média, médias
mercredi, 30 avril 2008
Fasciollaires
-Déclaration à la préfecture du Morbihan : comité local de la Fédération nationale des anciens combattants en Allergie, Tunisie et Maroc. Le Journal officiel de la République française, 5 avril.
- Embarqué sur le "Ponant", il s'était lancé le "défi" de naviguer sur les plus belles mères du Monde. Le Progrès, 17 avril.
- Galop, trop attelé et jeux pour enfants à Callarelu. Corse-Matin, 24 avril.
- Le flair-play et l'esprit d'équipe ont été présents tout au long du tournoi. La Voix du Nord, 22 avril.
- L'appellation "gardien de la paie", défini (sic) parfaitement nos missions. La Marseillaise.
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mercredi, 23 avril 2008
Les nouvelles passionnantes de l'Oignon champignacien en ligne
Elles ont de quoi défriser :
ESCRIME / Encore une finale pour Champignac
FOOTBALL / 1re série : Champignac (B) forfait général
TENNIS DE TABLE / Critérium fédéral La perf d'Audoin
Tout cela est profondément passionnant. Vous ne lirez rien de plus sur ma belle cité, le reste n'existe pas. Ce sont pourtant les trois seuls titres publiés sur la Toile par l'Oignon de Champignac (quotidien issu de la Résistance, faut-il le rappeler ?) ce jour ! Et pourtant, ce matin, je voyais des affiches placardées annonçant en très gros que l'Ecole du Verbeau avait été nettoyée en 24 heures ! Mais à la rédaction de l'Oignon de Champignac, on ne veut plus publier en ligne les textes qui pourraient intéresser les Champignaciens, tout simplement parce qu'un certain comte se moque parfois du style des journalistes, et on suppose (à juste titre) qu'il se contrefiche du sport, encore plus du sport local. Cette auto-censure de la part de la rédaction champignacienne par rapport aux autres rédactions de l'Oignon n'est pas sans m'amuser : jusque quand les journalistes incompétents ou cacographes arriveront-ils à faire avaler à leur direction qu'ils ne mettent pas leurs textes en ligne parce qu'ils ne veulent pas être brocardés par de méchants blogueurs, sans aucune vraie éthique à Elkabbach ou à la Morandini, jusque quand pourront-ils lui faire croire qu'ils écrivent moins de textes que les rédactions de cantons de 5 000 habitants comme Sézanne et Montmirail et que l'actualité est bien moindre dans la ville-préfecture-capitale-de-région ? Cela finira par faire un peu bizarre à la fin qu'un tout petit blogue puisse empêcher les illustres journalistes de l'Oignon champignacien de s'exprimer en ligne et que la seule chose qui leur reste possible soit le sport ! Si la situation continue, je serai dans l'obligation de contacter la rédaction de Charlie-hebdo et surtout Cabu, Champignacien fort connu et ancien de l'Oignon, en expliquant comment un blogue au trafic fort modeste par rapport aux premiers de la classe peut faire plier un média Hersant sur la Toile. Ce serait bien marrant...
20:33 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, politique
Modioles
- Le poil à bois pour un confort durable à la maison. La Provence, 16 avril.
- Son bouc sous le bras, la petite styliste débarque à Paris. Le Pays de Franche-Comté, 4 avril.
- Marie-France Marchand-Baylet était hier après-midi à Carcassonne pour présenter la Fondation La Dépêche. Une inondation destinée à venir en aide aux jeunes du département. La Dépêche, 11 avril.
- Je résonne en revenu global sur la famille. Marie-Claire, mai 2008.
- Edition originale des Pensées de Pascal, le Jardin de la Santé ou deux incurables. Ouest France, 7 avril.
Je ne reprends pas parmi les perles du Canard celle sur les "arrhes de vigne". Elle a été citée et liée dans le billet précédent. Mais en voici une autre tirée de l'Oignon :
- Nous nous sommes rencontrés dans des circonstances particulières, au milieu d'une campagne électorale. Nos échanges ont toujours été emprunts de respect mutuel.
08:21 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française



