vendredi, 01 janvier 2010

Nouvelle année, nouveaux mots

Pour la nouvelle année, quoi de mieux que de nouveaux mots ? Je vous en propose sept, tous fort logiques et avec les références qui conviennent.

  • Insavoir. 1re attest. « Je tiens à insavoir ce que ce Mitterrand peut manigancer. » Charles de Gaulle, Mémoires secrets, s. d. et non communicable. Dérivé : « à l'insu de qq'un ».

  • Imboire. « Le comte de Charmes était quelqu'un de proprement à imboire. » Saint-Simon, Notes additionnelles inédites au journal de Dangeau, éd. crit. de Michel Delon. Mercure de France, 2010. Dérivé : « qq'un imbu de sa personne ».

  • Infoutre. « Le vidame de C*** n'était pas du genre à infoutre de quelque part qu'on le prît. » Marquis de Sade, Des vertus du vice, 1787, Jean-Jacques Pauvert 2010 avec une préface d'Annie Le Brun. Dérivé : « qq'un d'infoutu de faire qqch. »

  • Inouïr. « Savez-vous ce que j'ai pu inouïr de purpurescence ! » Arthur Rimbaud, la Quête du Snark, fragment retrouvé au dos d'un bordereau de commande d'outils agricoles à Aden par Jean-Jacques Lefèvre et annoté par André Guyaux, préf. d'Alain Borer. s.d. [300 p. dont 299 de critique du texte, tirage limité et numéroté à 50 ex. dont 10 en Japon, 10 en Lafuma doré à la tranche et 10 en crème satinée par héliogravure.] Dérivé : « qqch. d'inouï »

  • Innaître. « Pour les gens de ma qualité et de mon espèce, il suffit d'innaître afin de témoigner du génie national français et de la profondeur de ses racines. » Maurice Barrès, Correspondance avec Charles Déroulède, circa 1889. Publication prochaine dans la Revue des Deux Mondes. Dérivé : « qqch d'inné ».

  • Ingénuer : « La jouvencelle s'amusoit à s'ingénuer plus qu'il ne falloit pour parfaire son rôle. » Crébillon fils, Des dangers du voile dans les couvents, 1753, Amsterdam, chez Desiderius Erasmus Roterodamus libraire. Dérivé : « qq'un d'ingénu ».

  • Incréer : « La Poësie n'est pas la diplomatie ! Il n'est nul besoin de l'incréer puisqu'elle est déjà devant nous grâce à l'Eternel et au Maréchal dont nous suivons fidèlement les pas de manière vaillante. » Paul Claudel, Correspondance inédite avec Alexandre Jardin 1943, Cahiers des amis de la tombe de l'île d'Yeu, n° 14-18. Dérivé : « qq'un d'incréé ».


mercredi, 31 décembre 2008

Message obamesque

Fable express en rimes enchaînées

 

Pour cette nuit de réveillon

L"on sort chacun les cotillons,

L'on pose de grandes guirlandes.

Landaises ou bien de Guérande,

Rendons grâce à toutes ces co-

Quilles. Qu'il est bon pour l'écot !

Comme cuisine sans nulle aide,

L'est de rôtir le palmipède.

 

Morale à l'américaine comme le homard :

Liesse, huîtres, cane !

 

vendredi, 09 mai 2008

Impro-verbes (20)

C'est une suite un peu décousue et sans cohérence autour de Mai-68 et de sa célébration obligatoire. Cela part un peu dans tous les sens et cela tire à tout-va, car je me suis laissé porté par les mots, les sons ou les slogans.
 

Qui trop écoute André Glucksmann

Deviendra tôt un être monomane.

 

Tel se prend pour Cohn-Bendit,

Puis se connaît comme maudit.

 

Comme le dit Dany le rouge,

Il ne faut plus que ça bouge.  

 

Benni Levy, comme béni-oui-oui.

 

L'ange de Jambet nous fait

Une belle enjambée comme méfait. 

 

Alain Geismar, bonjour les dégâts,

Deux Geismar, y en a marre. 

 

Qui a lu Serge July se dit

Aujourd'hui qu'est-ce que je lis ? 

 

Alain Sauvageot, sauvageon mais pas trop.

 

Mai 68 : la police vous parle tous les soirs à 20 heures ;

Mai 2008 : la police vous parle sur LCI à toute heure.

 

La cote du Raymond Aron

Permet des comptes ronds.

 

Sous les pavés des faux révolutionnaires

La place des futurs best-sellers.

 

Un petit pavé dans la gueule

Et on se sent moins seul.   

 

Chez BHL, c'est comme au BHV,

Tout est à acheter et est achevé. 

 

Ne cours plus camarade, ta retraite à taux plein est derrière toi !

lundi, 07 janvier 2008

Papa pique et maman coud (6)

Papa boit et maman boite ;

Elle est toujours aux abois !

Parce que quoi il en soit :

Pourquoi se rend-il en boîte ? 

dimanche, 06 janvier 2008

Papa pique et maman coud (5)

Papa choit et maman choie ;

Il tombe parce qu'il boit,

Elle le prend sous ton toit

Pareille à ma Mère l'Oye. 

samedi, 05 janvier 2008

Papa pique et maman coud (4)

Papa tond et maman tonne ;
Il élève des moutons,
Elle file un mauvais coton,
Car des boutons, ils lui donnent.

vendredi, 04 janvier 2008

Papa pique et maman coud (3)

Papa pare, maman part ;
Il brode de la dentelle,
Elle dit : "On se sépare".
Il ne s'occupait pas d'elle.

jeudi, 03 janvier 2008

Papa pique et maman coud (2)

Papa paraît, maman pare ;
Il paraît aux faits-divers, 
Elle pare à ses revers
Comme comparse à la barre.

mercredi, 02 janvier 2008

Papa pique et maman coud (1)

Papa pique et maman coud
Sur le principe des parités oulipiennes, des petits quatrains construits sur deux verbes paronymes, mais plutôt l'un à terminaison féminine. Les parités associent le papa et la maman, puis l'on imagine le fiston avec un jeu de mots calamiteux. J'ai changé la règle en éliminant le rejeton, mais aussi en prolongeant les assonances et allitérations sur les autres vers. J'en ai composé quelques-uns durant ces vacances,  j'ai noté des idées, il y a aura donc du matériel pour une quinzaine de jours, et puis comme pour les limericks, chacun peut y aller du sien ! Le titre est de Charles Trenet.

Papa sert et maman serre ;
Il sert au café des verres,
Elle serre des pois verts
En conserves sans impair.

vendredi, 31 août 2007

Impro-verbes (20)

A l'occasion du Blog-Day, j'ai choisi plutôt de fabriquer des impro-verbes autour des blogues. Et comme cela tombe en même temps que les marronniers autour des dictionnaires de langue, eh bien ! j'ai pris quelques-uns des mots entrés dans ces ouvrages.

Celui qui podcaste ne peut être chaste.

Voir un podcast et dire peuh et bast !

Comme un iconoclaste qui podcaste.

Qui procrastine finit en podcasting. 

Tel fait un blogue et se prend pour Kylie Minogue.

Je blogue, je débloque. 

Bon blogueur n'a ni langueur, ni longueur. 

Tel croit bloguer et se voit logé. (Le mot possède un sens précis dans les services secrets et la police.)

Plutôt une pin-up qu'un pop-up ! Et plutôt un pop-corn que ces pauvres cornes. 

Qui prend les autres pour des truffes fait du kitesurf. (C'est un des mots nouveaux des dicos et cela a un rapport évident avec les blogues pour ceux qui comprennent.) 

 


Je pense que c'est la dernière série d'impro-verbes avant un bon moment.

samedi, 21 juillet 2007

L'aube d'un jour sinistre

 

L'aube d'un jour sinistre a blanchi les hauteurs.
Le camp s'éveille. En bas roule et gronde le fleuve
Où le gros peloton des cyclistes s'abreuve.
Partout sonne l'appel clair des téléviseurs.

Car malgré Floyd Landis, les contrôles menteurs,
Amaury débordé, et qu'il vente et qu'il pleuve,
Rasmussen à pois, fier de sa gloire neuve,
A fait lever la hache et marcher les lecteurs.

Rougissant le ciel noir de flamboiements lugubres,
À l'horizon, brûlaient les doses peu salubres ;
On entendait au loin barrir Michel Drucker.

 

Et là-bas, sur le pont, dressé dans sa voiture,
Sarkozy regardait les coups de son poker :
Le roulement sourd des élections bien sûres.

 

vendredi, 20 juillet 2007

Comme un vol de vélos

Comme un vol de vélos hors du quartier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
Du col de l'Iséran, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve époïque et vénal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que l'FFC mûrit dans ses courses lointaines,
Et les télévisions inclinaient leurs antennes
Au bord mystérieux et médicamental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de l'amer des toxiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;

Ou penchés à l'avant des belles bicyclettes,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond judiciaire des épreuves bien nettes.

dimanche, 15 juillet 2007

Impro-verbes (19)

Dans la Grande Boucle, tout le monde la boucle.

Sans EPO, pas de pôt.

Le pôt belge allège le vélo.

Qui est forçat de la route a le sort en doute.

Dopage un jour, name dropping demain.

Les champions de la Petite Reine comme des toreros dans l'arène morts à la traîne.

 

samedi, 14 juillet 2007

Impro-verbes (18)

Aller au défilé est un défi laid.

Qui assiste au 14-Juillet, qui s'attriste de cet ennui niais.

A la garden party, on garde son parti.

Au passage de la Patrouille de France, la trouille patriote n'est pas en errance.

Flon-flons de la fête et long feu des têtes. 

 

dimanche, 17 juin 2007

Impro-verbes (17)

Puisque le 18 juin, nous entrerons dans une période d'obscurité et de résistance, nous placerons ces impro-verbes sous le signe de Pierre Dac.

Ici, l'ombre ! les fantômes parlent au fandom du Bengale en feu !

Ici, l'omble ! les poissons du rayon frais parlent au frai !

Ici, le Londrès ! les cigares du pharaon parlent aux habaneras dans les kiosques à musique !

Ici, l'Onkr ! les hommes des cavernes parlent aux hommes des casernes !

Ici, l'hongre ! les castrats murmurent à l'oreille des mulets !

Ici l'ongle ! Eleanor ne parle pas de rugby ou de rubis ! 

Ici, l'onde ! la truite est vive et légère dans l'eau claire ; je répète : la truite est vive et légère dans l'eau claire.

Ici, l'once ! la panthère des neiges ne parle pas aux balances.

Ici, l'oeuf de lump ! le caviardage parle dans la presse.

Ici, la longe de veau ! la bavette ne bavassera pas.

dimanche, 27 mai 2007

Impro-verbes (16)

Qui se rend à la roche de Solutré en sort trop outré.

Toujours à la Pentecôte, Tonton se penche sur la côte.

Tel est sur le mont Beuvray, tel est sûr des mensonges vrais.

Voir Vézelay, voire vas-y là.

Courtisans-ci, courtisans-là, et de courir en se hissant ci et là. 

Comme on lit Jules Roy, comme on jure sur les toi(ts).

Au Vieux-Morvan, morgue et grands vents. 

jeudi, 17 mai 2007

Impro-verbes (15)

Palmarès du jury, pas mal de restes dans l'oubli.

Truffaut accroché aux rideaux et des crosses face aux idéaux. 

Palme d'or et on s'endort.

Telle une starlette à seins nus, telle en retard sur la bienvenue.  

À voir France Roche, on se rend et décroche.

Qui s'habille en pingouin sera traité de sagouin.

Monter les marches est charmant pour le monde de la télé.

Pas de jours ici sans tapis rouge. 

samedi, 12 mai 2007

Eurovision comme

Eurovision comme cette fort lisse image,
Ou comme cestuy-là qui cria sa chanson,
Et puis est retourné, plein d'usage et pognon,
Vivre entre ses parents la geste de ses gages !

Quand reverrai-je, hélas, de ma petite image
Venir le souvenir, et en quelle saison
Reverrai-je mes séances à la télévision,
Qui m'est une prébende, et beaucoup d'avantages ?

 

Pour la suite, je la laisse à la libre inspiration de tous. 

 

Impro-verbes (14)

— Qui perd l'eurovision épargne des millions.

— Malte dix points, pas mal de tintouin.

— Malta ten points, fin de ce round. 

— My télé is kitsch.

— Sans Marie Myriam on ne marie les âmes.

— Singing en anglais is easy for étrangler zi étrangers.

— Tel chante en yaourt, tel hante les yourtes.

— À mauvais globish, victoire au finish.  

lundi, 30 avril 2007

Impro-verbes (13)

Rituel chassé-croisé, virtuel copier-coller.

Dans le sens des retours, beaucoup de calembours ; dans le sens des départs, des blagues-carambars.  

Qui écoute Bison Futé ne doute de sa vision butée.

Ici Rosny-sous-Bois, l'ironie est au bout de soi.

Traditionnel pont, transition sans fond.

Muguet du premier mai et regrets d'autres mais.

Qui défile ne se défile. 

jeudi, 19 avril 2007

Tirelirier

Je viens de relire quelques histoires de la série Isabelle de Will, Delporte, Macherot et Franquin. Je retrouve dans l'un des premiers récits ce passage où Isabelle apporte sa tirelire en forme de maison à un antiquaire qui dit : « Savez-vous que c'est une pièce unique, signée, mademoiselle ? Elle a été créée par Macherot, le grand tirelirier de Louis-Philippe ? » (page 3).

J'avais donné autrefois une liste de petits métiers propres à Internet, sur le modèle des noms de petits métiers. Je me suis dit que pour beaucoup d'objets entrant dans l'univers d'une chambre d'enfant ou dans un univers domestique, il n'y avait pas de noms de métiers. Que serions-nous sans le serre-livreur, le signettiste, le coupe-papetier, le vide-pocheur, le pot-à-crayonneur, le terraglobiste, le buvardeur, le sous-manuellaire, le tapis-de-souricier ? Et combien d'autres noms de fabricants à trouver à partir des objets familiers ?

dimanche, 25 mars 2007

Impro-verbes (12)

— Heure d'été, heure délestée, heure délétée, heure du Léthé, heure détestée, pas d'heur.

— Qui touche à son horloge se déloge.

— Voir sa montre et se dire contre.

— Un soir qui ne peut plus seoir, une aube qui se dérobe.

— Heure d'hiver, tu envies ce que tu as été ; heure d'été, tu vis à l'envers.

samedi, 03 mars 2007

Limericks du métropolitain

Miss Yves qui me lie sur quelques-uns de ses nombreux blogues (ce dont je la remercie) — et qui appartient, me semble-t-il, à la liste OuLiPo où j'ai pu la lire déjà —, écrit des limericks ou plutôt para-limericks parisiens en prenant comme base le nom des stations de métro, suivant d'autres jeux oulipiens comme les anagrammes autour de ces noms. 

mercredi, 28 février 2007

Haïku voyageur (4)

De Baudelaire à Haddock,

Le bachi-bouzouk

Revient toujours en Belgique. 

mardi, 20 février 2007

Haïku voyageur (3)

Pour un bijou, un écrin

De blanche hermine

Ou semé de fleurs de lys.

 

Semaine de la langue française

vendredi, 09 février 2007

Impro-verbes (11)

Sur le mode du slogan tautologique “Il faut travailler plus pour gagner plus”.

Il faut manger plus pour grossir plus.

Il faut boire plus pour s'enivrer plus.

Il faut penser plus pour réfléchir plus.

Il faut dormir plus pour rêver plus.

Il faut voir plus pour regarder plus.

Il faut entendre plus pour écouter plus.

Il faut parler plus pour dire plus.

Il faut écrire plus pour lire plus.

Il faut rouler plus pour conduire plus.

Il faut produire plus pour consommer plus. 

jeudi, 08 février 2007

Impro-verbes (10)

Jour de grève, pas de trève.

Pas de grève qui ne s'achève. 

À beaux calicots, à bas les cals et les cors.

Qui s'époumonne ne couvre le mégaphone.

Journée d'action, fournée de factions, tournées de fractions. 

 

lundi, 05 février 2007

Haiku voyageur (2)

Voyager autour du monde

Sans Passe-Partout,

Ce serait perdre son temps. 

 

Les planches complètes ici.  

 

vendredi, 02 février 2007

Fable express (35)

Monseigneur de Latran était un sodomite,

Et il n'aimait rien d'autre dans le cul qu'une bite,

C'est pourquoi d'un trav', un beau soir il se défia.

Moralité :

Latran vit a.

 

Ce poème volontairement obscène a été écrit à la demande exprès de Stéphane De Becker et il joue sur les thèmes préférés de ce personnage : la religion et l'opéra (surtout l'opéra italien du XIXe s., le plus immonde que je connaisse et que je ne veux surtout pas écouter).

Rapportage (21)

L'ami Oung aime à tisser de belles soieries

Tout en divertissant par ses chants la voirie :

« Et bing ! et bang ! braoum ! schplouf ! wizz : schplaff ! koff ! psttt... et boung ! »

Chante Oung.