samedi, 12 juin 2010

Vu, lu, entendu

À l’institut Guessous, j’appris le français par le commencement : l’alphabet. Il était sous-développé. Comparé à notre alphabet à nous, il lui manquait plusieurs lettres, les sons “gh”, “ts”, “th”, “dz”, “a’”, et j’en passe. Notre professeur était très patient avec moi et répétait en souriant : “Ce n’est pas une traduction de l’arabe. C’est une autre langue.” Lorsqu’il me fallut allier les consonnes et les voyelles pour former des mots, ce fut l’incompréhension totale. Habitué à écrire de droite à gauche, j’écrivis de droite à gauche, en toute logique. Quelque chose comme : ssirD tse mon noM. Le professeur se montra habile devant ce cas de figure. Il se saisit d’un miroir et rétablit la phrase dans le bon sens. Mon nom est Driss. C’était simple. Le monde des Européens, à commencer par leur langage, était l’inverse du nôtre. La preuve, c’est que le planisphère accroché près du tableau représentait le globe terrestre à l’envers de la carte géographique d’Al-Idrissi : l’Europe en haut et l’Afrique en bas alors que ce devrait être le contraire, l’Orient à droite et l’océan Atlantique à gauche ! C’était insensé, mais c’était ainsi. Je devins gaucher du jour au lendemain. Et je crois bien que c’est à cette époque que ma tête a commencé à tourner.

Driss Chraïbi

lundi, 31 mai 2010

Nedjma, l'Étoile

J'ai eu envie de reprendre un livre de Kateb Yacine que je considère comme un immense écrivain et il m'a paru parler d'aujourd'hui :

Mustapha tourne le dos à Mourad, et s'assied sur un ponton... « Elle était revêtue d'une ample cagoule de soie bleu pâle, comme en portent depuis peu les Marocaines émancipées ; cagoules grotesques ; elles escamotent la poitrine, la taille, les hanches, tombent tout d'une pièce aux chevilles ; pour un peu, elles couvriraient les jambelets d'or massif (la cliente en portait un très fin et très lourd)... Ces cagoules dernier cri ne sont qu'un prétexte pour dégager le visage, en couvrant le corps d'un rempart uniforme, afin de ne pas donner prise aux sarcasmes des puritains... Elle m'a parlé en français. Désir de couper les ponts en me traitant non seulement comme un commissionnaire, mais comme un mécréant, à qui l'on signifie qu'on n'a rien de commun avec lui, évitant de lui parler dans la langue maternelle. Pas voulu que je l'accompagne en tramway... Le couffin n'était pas si lourd... J'aurais pu la suivre jusqu'à la villa, si elle ne m'avait vu au moment de descendre ; du tramway, je l'ai vue gravir un talus, disparaître ; puis mon regard s'est porté au sommet du talus. Elle avait ôté sa cagoule ; je l'aurais reconnue entre toutes les femmes, rien qu'à ses cheveux... » Mustapha interrompt sa rêverie, sans quitter le ponton, le regard attiré par l'eau. La nuit tombe ; Mourad n'a pas fini de parler ; il dit qu'il était le seul des trois à se trouver tantôt à la gare... Voyant Rachid s'approcher à son tour du ponton, Mourad gaffe encore, avec une sorte d'insistance :
— Je ne peux expliquer décidément ce que le voyageur avait de ridicule et d'attristant ; c'était peut-être, comme Mustapha, un collégien en rupture de ban...

Kateb Yacine, Nedjma

Qui est Nedjma, est-elle française ou maghrébine ? Fille d'un pays ou d'un autre ? Le monde a-t-il vraiment changé en soixante ans ? Quels sont les rêves de cette fille et comment ressemble-t-elle tant à la Nadja de Breton ou la Sylvie de Nerval ou à Yvonne de Galais du Grand Meaulnes ? En quoi cet univers nous rappelle-t-il tant de textes classiques, même si l'on parle d'un autre monde culturel apparemment si opposé ? Pourquoi est-ce un texte écrit en français par un Algérien afin de parler de cette réalité étrangère, de l'étranger ou de l'étrangère qui est en nous ? Quel est ce monde de faux-semblants et est-ce que la littérature peut dire le monde avant qu'il ne soit ? Comment dire que c'est un roman français s'inscrivant dans une vieille tradition française et qui pourtant n'a plus comme cadre la vieille France, son Valois, son Paris, sa Beauce ou sa Sologne. Nedjma, c'est le désir et l'interdiction de l'autre.

samedi, 13 mars 2010

La fuite du temps

Minuit vint ;
Minuit disparut.
Minuit dix parut ;
Minuit vingt !

André de Richaud

lundi, 22 février 2010

Des classiques en 140 caractères

J'ai découvert grâce à Calvero - du Post* - un compte Twitter intéressant twittclassic. Il vient à peine de commencer vraiment : il s'agit de résumer des classiques littéraires en 140 signes selon la contrainte de la longueur maximun des tweets**. Le style est en parler djeun's, avec du verlan, de l'argot, des abréviations, des anglicismes. La plupart des titres sont évidents, ils sont aisément discernables par le nom des personnages. Cela me rappelle un jeu que j'avais donné déjà ici et dans un forum, il fallait découvrir quels titres se cachaient dans mes résumés en une phrase, parfois en deux mots. C'est l'un de mes billets qui avaient le mieux marché : 86 commentaires, et cela sans aucune polémique.

* Oui, pour une fois, je peux dire du bien de quelqu'un du Post. J'apprécie les billets de Calvero qui se tient loin des pipoleries, des faits-divers sordides et de la politique des petites phrases à la petite semaine.

** Hier, Chantal Jouanno, ministricule de l'Environnement, aurait mieux fait de se taire, une nouvelle fois. Elle a déclaré : "Je me suis beaucoup interrogée de savoir si j'allais ou non utiliser Twitter. Twitter, c'est 120 signes écrits, donc c'est un SMS court. On ne peut pas dire grand chose." Eclat de rire général. On peut dire deux sottises en 169 caractères.

Post-scriptum :

Le lien vers ce billet sera l'objet d'un tweet bien entendu, Twitter cela sert aussi à donner des liens et à faire circuler une information. J''informe aussi que mon compte Twitter est en accès libre pour une période de deux ou trois semaines. Il s'agit d'une expérience, je verrai après si je le laisse en accès non protégé. Il faudra que je fasse régulièrement le ménage, parce que les pourrielleurs s'abonnent afin de se constituer des listes d'adresse, ils sont vite repérables ils ont des milliers d'abonnements et peu d'abonnés.

samedi, 09 janvier 2010

Camus, de nouveau trahi

Je découvre ce billet de l'avocat général près la cour d'appel de Paris :

Albert Camus a eu tort : il ne s'est jamais trompé. Pour un monde qui n'aime rien tant que les repentis, les anciens communistes recyclés, les gauchistes d'hier reconvertis, les nostalgiques encore frémissants de violence révolutionnaire et les manichéens fiers de l'être, Camus pâtit d'une tare indélébile.

J'ai un peu de mal à comprendre... Il faut croire que Philippe Bilger n'a lu aucune biographie du grand homme. Ancien communiste recyclé ? Camus l'a été ! Il l'est. Il a appartenu au Parti communiste algérien de mai 1935 à août 1937 (soit un peu avant et après le Front populaire), date à laquelle il fut exclu pour cause de son trop grand soutien dans Alger républicain et Oran républicain aux idées nationalistes des indigènes (comme on les nommait encore). Il faut dire que le Parti communiste algérien ne comprenait presque pas d'Arabes ou de Kabyles et qu'il n'avait rien contre les conditions de la colonisation, sauf celles des petits Blancs. Il faut dire aussi que le militantisme communiste de Camus fut fort discret et qu'il s'inscrivit dans les deux choses qui lui tenaient alors à coeur : le théâtre populaire et les reportages sur le terrain pour montrer la misère d'un peuple qui n'avait pas la nationalité française alors que l'Algérie était censée être la France. Il n'eut qu'un doux sourire en apprenant cette exclusion. On l'accusait alors de ne rien comprendre à la lutte de classes... Pas des mêmes classes que ses procureurs qui ne voyaient nullement l'intérêt de monter des pièces espagnoles anciennes et obscures ou de parler du salaire des travailleurs indigènes.  

Mais avant et après, Camus est resté très proche du mouvement anarchiste, au point de rendre visite au seul mouvement libertaire de Suède lors de la remise du Prix Nobel. Gauchiste, Camus l'était encore au moment de sa mort et ce serait une sorte de sage d'allure gaullienne que l'on voudrait nous vendre ! C'est une forme de retournement inattendu auquel on assiste, car si Camus condamnait le recours à la violence, à la peine de mort et aux luttes fratricides, cela voudrait donc dire qu'il n'aurait jamais été du côté de la révolte, mais bien de l'ordre établi. C'est pourtant bien un communiste libertaire que l'on tente d'incorporer tant bien que mal aux monuments de la Nation, tout simplement par l'effacement de tout ce qu'il aurait pu écrire qui ne serait pas dans l'ordre. Une figure lisse qui ne présente plus de questions. Un homme de droite, comme l'en accusaient ses détracteurs staliniens auxquels on donnera raison. Qu'elle est merveilleuse cette image de grand homme qu'il n'a jamais adoptée. Après le silence, la trahison.

Je suggère au divin président de faire entrer aussi dans le temple de la République bien d'autres auteurs anarchisants ou anarchistes. La panthéonisation d'Alfred Jarry ou d'Alphonse Allais, par exemple, me plairait fort. Et cela aurait autant de sens.

mercredi, 06 janvier 2010

Camus, de nouveau enterré

L'immense philosophe Bernard-Henri Lévy lance cette question au sujet de Camus : "Alors, philosophe pour classes terminales ? C'est la fâcheuse réputation qui poursuit Camus depuis, précisément, l'anathème jeté par Sartre et les sartriens."

Il ne dit pas qu'il reprend un titre d'essai de Jean-Jacques Brochier qui eut du succès un temps et qui est depuis oublié, sauf de ceux qui l'ont pris entre les dents et en gardent rancune, parce que l'on a connu pire. Pour nous prouver que Camus était un véritable philosophe, il écrit ensuite : "Et puis, secundo, une lecture, même cursive, de ses carnets, de ses notes, de telle lettre à Francine, ou à Brisville, ou à Claude de Fréminville, demandant l'envoi en urgence, à Lourmarin ou ailleurs, d'une édition de Hegel, ou de Spinoza, montre qu'il n'avait pas moins qu'un autre le souci d'en venir, toujours, aux textes mêmes."

Je tique à ce passage. Camus achète la magnagnerie de Lourmarin le 18 octobre 1958 et paye comptant avec l'argent du Nobel obtenu l'année précédente. Il décède le 4 janvier 1960. Il y séjourna moins de six mois parce qu'il était pris entre une série de représentations théâtrales, des festivals, des projets cinématographiques, des rencontres avec le Général ou Malraux, des invitations publiques à des conférences, des voyages en Italie ou aux Pays-Bas, et ses activités éditoriales chez Gallimard à Paris où il fait des allers et venues (on peut faire le détail si on veut du nombre de jours). C'est alors un homme public fort occupé et avec des revenants venus de toute part, qui se déplace énormément. Les livres de philosophie ne peuvent plus le suivre puisqu'il est déjà ailleurs. D'ailleurs, ils ne lui seraient d'aucune utilité : il veut finir son roman le plus personnel le Dernier Homme et adapter la Chute au cinéma. Le cinéma est son dernier désir et ce récit est aussi l'un des plus personnels.  Sa bibliothèque avait été déjà transférée à Lourmarin et à son âge il possédait déjà l'ensemble des textes philosophiques classiques, il n'avait plus besoin de les demander alors qu'il se trouverait dans un autre lieu le jour suivant, d'autant qu'il ne vivait pas au bout du monde et qu'il était à l'abri du besoin.

Que vient donc faire la référence "à Lourmarin ou ailleurs" ? Lourmarin, c'est le lieu de la tombe. Le philosophe dépoitraillé et à cheveux longs s'imagine que cela avait toujours été le séjour de Camus et il fait comme si Camus avait agi de la même manière qu'à d'autres époques de son existence. Mais Camus à Lourmarin a été peu présent, sauf depuis sa mort. Les ailleurs, le grand télésophe à chemise blanche ne peut les nommer au fil de sa lecture cursive : il ne reste que le symbole du lieu choisi. S'appuyer sur la dernière année de vie de Camus en ignorant tout de ce qu'elle était du strict point de vue historique, voilà le programme de celui qui est indigné par l'expression "philosophe pour classe terminale" et qui se sent visé par cette formule. Camus était un écrivain, ce que n'est pas l'histrion des concepts télégéniques. Il avait un sens de la rigueur et de la vérité qui ne se retrouve pas dans ce texte pro domo sua. On a affaire à une mythologie faite de bric et de broc avec un Camus éternel qui n'a jamais existé, mais qui permet de justifier l'existence de mauvaises tribunes du Monde pour le membre de son  prétendu conseil de surveillance. Lourmarin, c'est un symbole, ce n'est pas la vérité.  

samedi, 21 novembre 2009

Pour André Chénier

Oui, on peut maintenir la maison d'André Chénier à Paris, mais celle natale à Istanbul menace ruine et on n'y trouve qu'un atelier de fabrique de néons alors qu'elle serait peut-être une propriété de la France si elle voulait rétablir ses droits. Je trouve profondément ironique le fait que nous ne soyons pas capables d'honorer un de nos plus grands poètes après l'avoir guillotiné et que ce soient des Turcs - pas européens selon notre magistral président- qui y confectionnent des lumières qui manquent fort à notre régime. Ce n'est pas un billet d'actualité, il y a plus de deux cents ans que Chénier attend une reconnaissance et une réhabilitation, et on peut attendre encore. Mais enfin, cet écrivain né en Turquie serait-il suffisamment européen pour le divin président et au nom de quoi ? Comment peut-on dire qu'il aurait "vocation à" être panthéonisé ? Et d'ailleurs pourquoi ? Il n'a jamais écrit de textes romanesques ayant marqué le splendide président. Ce serait pourtant faire justice. Et puis une occasion de préserver les immeubles français à Istanbul, parce qu'ils menacent tous de s'écrouler.  

dimanche, 18 octobre 2009

Jonas

Je m'appelle Jonas Carex. J'ai cinquante ans. Je suis divorcé d'une femme intelligente, fille  de médecin, qui s'est remariée avec un médecin. Tout est bien. J'ai deux fils, un ingénieur et un chercheur en biologie. Ils sont heureux et beaux. Tout est encore mieux. Je ne les vois plus.
J'ai gagné assez bien ma vie dans le commerce des tableaux. N'en parlons plus. J'ai aimé, palpé. J'ai recherché tant de tableaux dans ma vie, et de gravures, de dessins, d'estampes et de sculptures - sans compter les pièces d'art nègre et polynésien, et les innombrables peintures sur bois que l'on m'a proposées pendant vingt-cinq ans - que j'en suis dégoûté à jamais. A l'heure qu'il est je puis passer devant la boutique d'un ancien confrère dans n'importe quelle ville de Suisse ou d'Europe, sans même tourner le regard vers les pièces qu'elle nous offre. Je ne vais plus aux vernissages ni aux expositions. Je jette sans les ouvrir les invitations et les catalogues des galeries, et au cours des années, j'ai débarrassé ma bibliothèque des livres d'art qu'elle contenait. Voilà qui est dit.

Jacques Chessex

samedi, 17 octobre 2009

Judas le transparent

Le temps pascal

Je ne sais pas comment le diable est entré en moi. Les rives du Rio verdoient. Aujourd'hui est née l'herbe fine. La preuve : un troupeau de moutons a dérivé dans la combe heureuse tandis que le ricanement habituel me secouait.
Les rives du Rio verdoient. L'air est doux, il y a des violettes sur les talus et des pervenches comme des regards d'ange autour de la faille des couleuvres. Un chat orange traverse le chemin. C'est bon signe : de gauche à droite. Le pays joue un grand rôle dans nos journées : l'air à neige, la rivière qui vire au torrent après les pluies, les faire-part mortuaires, les bûcheronnages de premier printemps, la laiterie, les permis de conduire retirés, les accouchements, la boucherie. Le passage de l'ombre et de la lumière sur les prairies. La chouette qui appelle derrière le cimetière. La pleine lune. La lune noire. Et les mois à deux lunes. Les suicides que l'on essaie de cacher. Les voitures pliées et les incendies. Les divorces. Les cancers. L'heure qui sonne. Qui peut se vanter de vivre ces saintetés comme un élu ? Le rire gagne.
Mauvais, le rire. Il monte en moi le matin. Il noircit l'air, il empoisonne le printemps comme l'odeur des charognes des suppliciés au bord des routes. Pourtant tout va pour le mieux.

Jacques Chessex

vendredi, 16 octobre 2009

La Trinité

Le promeneur qui remonte la côte de Montreux s'arrête inévitablement devant la clinique Valmont, aux trois quarts de la pente, saisi par la beauté de l'édifice et le mystère qui émane de sa masse élégante et silencieuse dans les arbres. C'est une bâtisse fin de siècle, du style des palaces composites qui font la gloire de la baie. Une longue bâtisse de trois étages à toit plat, au centre duquel surgit une sorte de kiosque, ou d'extravagant chalet. L'ensemble repose sur un rez-de-chaussée vitré, que termine une rotonde à colonnes garnie de vigne vierge et de lys.
A quoi tient le pouvoir que cette maison exerce immédiatement sur le passant ? A son emplacement dans la pente boisée d'arbres lumineux ? A sa légende ? Des hommes politiques, des musiciens, des écrivains y ont vécu. Rilke y a séjourné à plusieurs reprises. Mais cet empire inspiré, cette impression de lumière presque neigeuse, même en été, et à la fois d'étrangeté ?
Car nous sommes en juillet, le promeneur reprend sa marche en direction du village touristique, et Valmont garde son mystère.

Jacques Chessex


Jacques Chessex (prononcer Chèssè) est décédé samedi dernier, à 75 ans, d'une crise cardiaque lors d'une cérémonie de remise de prix. Il était le plus important écrivain suisse romand depuis Ramuz et Roud qu'il a fortement défendus par les rééditions, la publication d'inédits ou l'écriture de souvenirs. Poète, nouvelliste, romancier, il a aussi mis en avant l'oeuvre des autres, par exemple celle de Roger Vailland qui lui a inspiré un roman, L'Eternel sentit une odeur agréable. Dans Les livres ont un visage, Jérôme Garcin, qui avait fait sa première interview littéraire avec Chessex, racontait que celui-ci écrivait en voyant le cimetière de sa fenêtre face à son bureau. Je l'ai découvert à vingt ans, par hasard, parce que j'achetais systématiquement les 10-18 d'occasion et que la Confession du pasteur Burg en faisait partie. Il m'a conduit à découvrir d'autres écrivains suisses bien moins connus. Je donnerai de lui quatre débuts de romans.                  

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