lundi, 05 mai 2008
Né nulle part
Rendez-vous dans une banque pour ouvrir plusieurs comptes d'épargne. On m'ouvre aussitôt les grandes portes. Au moment de mon inscription, le logiciel refuse le nom de mon lieu de naissance : Saint-Dié. La ville n'existe pas selon lui. Pourtant, il y a forcément des agences locales de cette banque dans cette ville (c'est souvent l'une des rares institutions bancaires à rester dans les lieux les plus déshérités). Je demande alors si on peut faire apprendre au logiciel le nom de la localité. Impossible. Je suggère alors d'utiliser le nom nouveau de la ville depuis 1999 : Saint-Dié-des-Vosges (nom qui avait été refusé d'abord par le conseil d'Etat et qui ne figure pas sur ma carte d'identité ou mon acte de naissance). Miracle ! tout se débloque ! Le logiciel en question était crétin, il n'y a pas plusieurs Saint-Dié et il devrait proposer des solutions... Je suis donc né dans une autre ville que celle où j'ai vu le jour ; je frémis à l'idée que lors du renouvellement de mes papiers d'identité, mon lieu de naissance ne sera pas le même sur mes anciens papiers et sur mon attestation de naissance (d'autant que je dois prouver une nouvelle fois ma nationalité française alors que je l'avais déjà fait avant pour la carte sécurisée). J'emploie souvent le nom simple dans les formulaires administratifs, il est compris de tous les gens de l'Est, mais si ce nnm ancien n'est pas retenu dans des logiciels comment vais-je faire pour exister ? Alors qu'il existe des solutions informatiques fort simples qui permettraient de proposer différentes solutions lexicales ou graphiques. Et comment fait-on alors pour des noms exotiques aux orthographes les plus variables ? Je n'ose envisager le parcours d'un Sénégalais, d'un Algérien ou d'un Chinois.
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samedi, 03 mai 2008
68 Redux
Le soixante-huitard en chef déclare :
« Paris-Match voulait faire une photo de famille devant la Sorbonne de tous ceux qui étaient de 68. Je vois pas pourquoi j’ai besoin de faire n’importe quelle bêtise pour assumer . »
Mais j'y étais aussi en 68 ! Je disputais des parties de foot ou de billes avec mes copains de l'école primaire et je veux être moi aussi sur la photo des anciens de 68, j'ai participé à ce moment-là l'insurrection générale en refusant de me servir de la plume Sergent-Major et en exigeant d'écrire au stylo-plume ou au feutre ! J'ai révolutionné alors les rapports entre enseignant et élève quand j'ai dit que c'était idiot d'écrire encore à la plume et que j'ai envoyé le plumier alors dans le tableau noir. Cela avait passablement secoué mon instituteur qui m'a autorisé ensuite à titre exceptionnel à me servir d'un stylo tout en faisant mine de croire que cela ne deviendrait pas général et qui soupirait quand il devait aborder mon encrier désormais vide au contraire de celui de mes camarades. J'ai participé à cette aventure, alors que j'étais en culottes courtes, et je ne laisserai personne dire qu'il est plus de 68 (pour paraphraser mon cher Nizan). C'est un moment, mais il y a eu bien des histoires à côté et je ne vois pas pourquoi on capture mon enfance.
18:35 Publié dans Les mots de la vie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : 68, soicante-huit, politique, cohn-bendit
jeudi, 01 mai 2008
Mon Mai-68
Mes souvenirs de ce temps sont très confus, car j'étais encore petit. Je me souviens avec précision des illustrés que je pouvais lire à ce moment-là et je sais que j'ai lu le Naufragé du A à cette époque dans Pilote, je me souviens même de l'endroit exact, la maison de Lambert ! Peut-être était-ce à l'automne plutôt qu'au printemps. Mais si je le sais c'est parce que j'ai cherché à recouper les dates de mes souvenirs avec les dates objectives des publications. Je me souviens qu'en ce mois de mai, je me rendais à l'hôpital pour voir mon père malade du coeur (déjà) et que je ne savais pas très bien ce que nous deviendrions, ni même ce que supposerait son absence. Je n'étais qu'un tout petit enfant perdu dans les dédales de pavillons sorti d'un autre âge, je découvrais un monde nouveau, à la fois archaïque et très moderne, et tous les objets étaient trop grands ou trop hauts pour mes mains.
Et puis cet hôpital était comme une ville hors de la ville. Je n'avais de prise sur rien, je ne savais rien. Et ensuite, il y avait mon père allité. Je me suis demandé après s'il n'avait pas fait exprès d'avoir son premier malaise afin de ne pas avoir prendre parti dans la grève générale, mais je ne suis pas sûr non plus que celle-ci ait déclenché cet accident cardiaque. L'un dans l'autre, les deux partis se défendent et je ne me vois pas trancher pour l'un plutôt. De toute manière, j'étais dans une sorte de brouillard et je n'avais pas encore les mots pour dire ce que je vivais. Je voyais bien les bâtiments XIXe s. dans le parc arboré, les instruments de chirurgie dans les chambres blanches et immaculées, mais je découvrais cela et je me disais que c'était normal, tout comme la présence des fils électriques du tramway, la télévision en noir et blanc dans un placard, les Majorettes dans la vitrine du quincaillier, le dernier Walt Disney à l'affiche du cinéma de quartier. Oui, tout était normal, sauf que rien ne l'était.
Ce monde si sûr que l'on m'offrait comme un cadeau de naissance, ce monde était déjà fissuré : j'étais plongé dans une fiction que je ne comprenais pas. Une histoire sans début ou fin. Le truc poisseux. Et puis il y a un moment où on se dit que 68, c'est fini et bien fini. Parce qu'il existe d'autres choses importantes sur la planète et que là je ne peux plus être le petit enfant aux pantalons de Tergal et aux pulls en acrylique perdu dans les couloirs d'un hôpital qui semblerait post-moderne aujourd'hui. J'ai grandi et si je ne sais pas plus la vérité d'hier, je suis capable de dire celle que je crois d'aujourd'hui.
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dimanche, 20 avril 2008
Le jus de citron
Mais comment ! Tu as le rhume ? Je vais te le soigner. Et de deux pas vers le frigo pour trouver un demi-citron, de deux pas vers le lit afin de me placer le demi-citron en face du nez, c'était mon père. Il m'ouvrait le nez alors que je criais "non" et que j'agitais mes jambes dans tous les sens. Le jus de citron comme remède universel à toutes les maladies. On n'en voulait pas ? Mais ce n'était pas important, il fallait l'administrer quand même parce qu'on ne pouvait pas savoir, vu notre jeune âge, si c'était vraiment nocif, et puis de toute manière, cela était plus efficace que les médicaments si chers (sauf que l'on se relevait bien vite afin de ne plus avoir de jus de citron dans le nez et qu'on faisait semblant de ne plus être malades alors qu'on l'était tout autant, mais bon... cela passera avec le redoux). Remèdes imbéciles au même titre que les ventouses, les sangsues et les cataplasmes ! On se rétablissait comme on pouvait, et ce n'était pas le jus de citron qui avait agi.
16:55 Publié dans Les mots de la vie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : autobiographie, médecine
lundi, 03 décembre 2007
Jean-Henri Lambert
Jean-Henri Lambert fut mon cauchemar et en même temps mon salvateur durant des années. Je me suis rendu dans sa maison natale pour suivre des cours d'orthophonie ou tenter de parler avec des psychologues. Il n'y avait pas alors devant sa maison natale la colonne qui célébrait le digne enfant de la ville, elle se trouvait devant un lycée portant son nom et qui fut détruit quand j'étais adolescent, et l'on a déposé ensuite ladite colonne de Lambert devant la maison où je lisais dans un recoin afin que toutes les choses correspondent, le nom de la place, de la maison, la colonne astronomique. Mais pour moi, ce n'était pas ça : j'avais le souvenir des illustrés qui étaient comme volés au temps quand je m'asseyais dans un recoin en attente de mon rendez-vous. J'aimais les images et les mots, ce n'était pas bien dans la maison des chiffres.
00:12 Publié dans Les mots de la vie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, journal, autobiographie, écriture
dimanche, 21 octobre 2007
Amiante, mon amour
Voici une histoire qui m'est arrivée il y a un bout de temps. On ne reconnaîtra donc pas le lieu et les personnes, sauf si on connait les faits.
J'effectuais un remplacement dans un collège très rural et j'ai vu des choses étranges : la prof de musique n'avait plus le droit de faire cours. Pourquoi ? Le floquage de sa classe partait en lambeaux comme à peu près tout l'établissement non rénové depuis sa construction. Mais... surtout, sa salle était complètement amiantée ! Il y avait de la poussière d'amiante sur tout, le piano, les pupitres, les disques, la chaîne hi-fi, partout!
J'apprends ensuite qu'il y a de l'amiante en fait dans tout le bâtiment (décoré avec le ravissant goût pompidolo-giscardien tout en orange, marron ou caca d'oie et vert pomme si caractérisque des années septante sous le signe de l'infect Bernard Buffet). C'est moins grave que dans la salle de musique, mais enfin il y a des trous énormes dans le sol ou les murs.
Il y avait eu un premier rapport sur la présence d'amiante voilà dix ans, et il vient d'être sorti à la faveur d'un nouvel audit. Je crois rêver : un rapport commandé par un principal doit être communiqué en conseil d'administration puisqu'il a été budgété ! Comment le conseil d'administration, le conseil général et le rectorat ont-ils pu ignorer les faits qui devaient leur être communiqués ? Et puis exposer pendant plus de dix ans des élèves à l'amiante (au moins depuis la connaissance des faits), c'est un peu bizarre.
On nous demande de ne pas en parler autour de nous. Peine perdue : dans l'après-midi tous les élèves de troisième fantasmaient sur l'amiante et commençaient à en parler aux autres classes. Ben oui... il n'y a pas que les enseignants dans un collège et les nouvelles vont vite dans un milieu réduit.
On voit ensuite une journaliste de l'Oignon. Tagagada ! Et que croyez-vous qu'il arriva ? Elle recueillit de manière très consciencieuse les témoignages et les faits, mais son article ne parut jamais.
J'eus ensuite le plaisir de serrer la louche du président du conseil général et du député du coin, venus en catastrophe pour annoncer un plan de rénovation de ce collège, l'un des seuls à ne pas,avoir été réhabilité (normal : on est dans une région notoire d'alcooliques, d'incestueux et de meurtriers) . On se demande pourquoi... Et toujours aucun bruit en Champignacie autour d'une affaire qui montre des impasses énormes de la part des pouvoirs publics.
18:10 Publié dans Les mots de la vie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : éducation, enseignement, profs, école
mercredi, 17 octobre 2007
De la politesse
Ce billet m'est inspiré par une note récente de Marie-Dominique Arrighi. Elle parlait de la courtoisie dans la vie courante. J'ai vécu récemment une expérience un peu surprenante.
Je fais un remplacement. L'enseignante me conduit vers sa salle et puis chaque fois qu'un paquet d'élèves entre dans la classe, elle dit "bonjour" tandis que tous les élèves qui passent devant elle disent "bonjour". Cela semble mécanique, elle enchaîne les "bonjours" à la suite, toutes les dix secondes. Je vois ensuite l'entrée d'un autre cours, c'est le même "bonjour" répété par l'enseignant de la salle en face. Et quand je me retrouve face à la classe où je suis censé faire cours à la place de...,, ben... je dis moi aussi "bonjour" à chacun des élèves qui se présente, sur le même ton machinal que l'enseignante en question, mais d'abord en réprimant mon fou rire parce que cela me semble un peu idiot d'adopter des réponses à la chaîne. Pourtant... ce n'est pas idiot : le collège est en ZEP urbaine et c'est une manière de montrer les règles de politesse ordinaire à des élèves qui n'en ont pas l'habitude dans leur vie courante. Je dis alors une dizaine de bonjours à la suite. Pour ma part, j'ai l'habitude de dire bonjour à tout le monde (y compris les agents de service qui sont souvent méprisés par certains enseignants) et c'est la première parole que j'adresse à une clase, mais la répétition du mot bonjour devant tout le monde au fur et à mesure du défilé des élèves qui entrent dans la salle m'avait laissé une drôle d'impression. Ce n'est pas mauvais pour ancrer une habitude, mais est-ce que cela fait une réflexion sur le sens de la politesse ? Cela me fait plus songer à du domestiquage qu'à de l'éducation, parce que je ne vois pas l'explication dans mes discussions avec les collègues. La politesse sans automatisme, ce serait vraiment la vraie courtoisie. Ou la politesse expliquée, ce serait de l'éducation.
22:12 Publié dans Les mots de la vie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : éducation, enseignement, profs, prof, école, langue française
La liberté pédagogique, c'est l'esclavage pédagogique
Mon ministre adresse une lettre aux enseignants dans les pages débats du Monde. Il faut dire que l'affaire Guy Môquet commence à sentir drôlement le roussi et que les résistances sont de plus en plus nombreuses. Voici ce qu'il affirme :
Je veux lever cette vaine inquiétude : la liberté pédagogique sera, ici comme en toutes circonstances, respectée.
Le problème, c'est que cette liberté pédagogique ne porte que sur les textes ou les informations qui accompagneront la lecture de la lettre de Guy Môquet :
J'ai voulu que les modalités du déroulement de cette manifestation soient laissées à la libre initiative* des équipes pédagogiques et des chefs d'établissement. Ils auront toute liberté d'élargir leur lecture à d'autres témoignages portant sur le même thème : un poème de Louis Aragon, une strophe de Paul Eluard, un feuillet de René Char, un texte de Maurice Druon, etc. J'ai adressé aux enseignants une série de documents comprenant même le récit des dernières heures des jeunes résistants allemands Hans et Sophie Scholl. Naturellement, ces suggestions ne sont pas limitatives ou exhaustives. J'incite les professeurs à en élargir le choix, en accord avec leur projet et leur progression pédagogique**.
En clair, la liberté pédagogique est celle-ci : Guy Môquet suivant l'oukase présidentiel ou Guy Môquet suivant l'oukase présidentiel plus ce que vous voulez... On connaît de meilleures définitions de la liberté : l'une peut être de refuser de lire Guy Môquet et de commenter son message, une autre serait d'expliquer qu'il s'agit d'une figure destinée ensuite à cacher les mauvaises actions de la direction du Parti communiste au début de la guerre. Mais non, la seule liberté est celle de la lecture d'un seul message obligatoire. Orwell, reviens !
* Initiative tellement libre qu'elle sombre dans le ridicule à La Réunion.
** Quand on sait que la lettre était d'abord destinée à être lue aux élèves de seconde, on peut se poser des questions sur la progression pédagogique : c'est un type et un thème de texte qui n'appartiennent pas au programme de seconde, que ce soit en histoire ou en lettres.
18:07 Publié dans Les mots de la vie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, ps, royal, jeunes populaires, jeunes pops
dimanche, 14 octobre 2007
Mon oncle
Mon oncle n'était pas mon oncle. Il était la pièce rapportée dans notre famille, par son mariage avec une de nos petites-cousines qui était en fait une orpheline adoptée. Mais il est mon premier mort.
Nous allions en Provence, à quelques mètres de chez lui. Ma mère ne l'avait pratiquement jamais vu avant, car il avait eu une vie fort vagabonde. Il habitait une de ces demeures tout en hauteur, avec une pièce par étage, et qui donnait sur une rue passante. En été, il y avait le rideau de franges pour ne pas laisser les mouches et la chaleur, mais permettre aux humains et à la fraîcheur d'entrer, il y avait les bandes de rubans de colle pour prendre les mouches, et il s'activait à tuer les mouches avec sa tapette, tout en regardant les fesses des dorades dans la rue. Parce qu'il n'avait plus d'autre activité.
Il avait été très beau dans sa jeunesse, comme en témoignaient les photos, et malgré ou à cause de sa qualité de jardinier-chauffeur il fut l'amant d'une chanteuse et danseuse célèbre en son temps pour ses jolies gambettes. Il avait fait trente-six métiers, majordome ou garde-forestier, croupier ou bonimenteur, et c'était amusant de l'entendre parler d'hier ou d'aujourd'hui, des célébrités qu'il avait servies et des filles de la rue. Mais la guerre le rattrapa : il avait été gazé et il ne vivait plus à la fin qu'avec un demi-poumon. Notre avant-dernier séjour ne fut plus que pour l'hôpital militaire et non pour la plage. Et puis nous avons continué à jouer autour du cimetière bordé d'ifs.
Quand il mourut, ma mère voulut me conduire près de lui pour que je le voie une dernière fois. J'étais le seul auquel elle demandait cette démarche, parce que j'étais l'aîné. Je me souviens encore de la lente montée de toutes les marches, de tous ces étages, et puis du corps étendu dans une pièce obscure, après un escalier tortueux et obscur. Je n'ai pas osé m'approcher même si ma mère me poussait. "Tu dois lui dire au revoir". Je ne voulais pas toucher, voir, sentir. Ce mort allongé me faisait peur alors que j'aimais bien ses histoires auparavant. J'avais peur qu'il me prenne à jamais. Tout se passait dans une sorte d'obscurité avec les volets à moitié fermés. Je ne savais rien.
Quand j'ai regardé mon père mort, il n'y avait plus d'escaliers, plus d'ombres, plus de fantômes, mais un corps que je n'avais plus peur de toucher, alors qu'il me faisait peur aussi autrefois pour d'autres raisons. La raison ? Mais où ?
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vendredi, 05 octobre 2007
De tout temps
On va encore me dire que je tape bêtement sur la prose guainoto-sarkozyste et que je m'acharne sur plus faible que moi, mais enfin... je m'interroge beaucoup en lisant la sorte de brouet que l'on nous sert à nous autres éducateurs :
De tout temps la France a placé l'universalisme au coeur de sa pensée et de ses valeurs. De tout temps, la France s'est regardée comme l'héritière de toutes les cultures qui dans le monde ont apporté leur contribution à l'idée d'humanité.
On notera avec intérêt que la France a existé de tout temps. On notera aussi avec un non moindre intérêt qu'il existe des cultures antérieures à l'existence de la France. On notera encore que la France est l'héritière de ces cultures qui la précèdent, mais qui ne pouvaient exister aussi bien que la France puisque le concept de la France existe depuis de tout temps. Et on se rappellera alors les conseils de son professeur de philo : "Surtout n'écrivez jamais de tout temps et encore moins pour commencer un devoir". Parce que bon... l'universalisme, cela va bien un temps... mais c'est un temps rempli de massacres divers... Croisades finissant en massacre à Jérusalem, guerres civiles ou religieuses, génocides non avoués, expulsions ou exclusions des cathares, des juifs, des protestants, sans compter quelques personnes accusées de sodomie ou de sorcellerie... L'universalisme, c'est d'abord une conquête de tous les réprouvés et pas un fait inné ! Et la France n'a jamais existé de tout temps, elle s'est faite dans le temps, souvent contre ceux qui devaient lui appartenir. Quand on lit de telles âneries dans un texte destiné aux enseignants (pardon, aux éducateurs), les bras en tombent...
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