lundi, 13 mars 2006
Langage tangage (t)
tambour — bourru, il bat les temps.
Tamino — quand tu chemines sans masque ni domino, ta flûte élue t'assiste contre ennemis et animaux.
tandem — tendres amants, que vos membres se tendent et se détendent en même temps !
Tatiana — ni naine, ni titane...
tautologie — toton dont tout le lot est de girer, entortillage total.
téléphone (l'infini sonne... Et, zélé, tu l'empoignes).
tendresse qu'une cerise hante sans cesse.
terrifié, torrifié.
testament — est-ce que même là la tête se ment ?
texte (il se cite et excite).
Thanatos, oh Satanas !
théologie — joli Léthé !
théorie, ô terrible et traître tuerie !
tohu-bohu — tout bout : tôles, tuiles, bahuts...
tolérance sans transe et sans tollé.
toro — l'autre, rétif, traître et tueur, si trop tôt rodé...
tourisme — en meute qui reste à mi-route, il pourrit tout ce qu'il touche.
tourment — me troue mentalement.
tranquillisants (s'y enliser, tel est le grand risque du traué !)
travail trivial, à traverser vaille que vaille !
Tristan, que sa transe attise.
Troïlus — juvénile Troyen trahi et frustré.
trompette — de tous ses tons tendres ou tempétueux, elle pète.
tumulte — bruit brut de multitude.
turbulence — en toutes tubulures sa danses lance le trouble.
tutelle (est-elle tuée si, têtu, tu t'est tu ?)
Michel Leiris.
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dimanche, 12 mars 2006
Langage tangage (o)
Obéron — héros blond des belles rondes de l'aube.
Occident accidentel.
Océanie à mers et à îles, à eaux et à nids.
Œdipe au pied hideux, adipeux.
œuvre = verrou ?
ogre — ce gros se gorge, c'est sa drogue (ou son grog).
Olympe peint à l'eau.
opacité — épaisse peau de ce qui, trop tacite et trop roide, n'a pas droit de cité.
opéra — ses appeaux, ses oripeaux et son aura.
Ophélie et son lit fleuri de fée des eaux, affolée, affalée.
Oradour — orage qui dure encore et partout.
Oreste — tueur molesté, toréé par le remords, puis rituellement restauré.
orgueil — n'a d'œil que pour les grandes orgues.
Orphée — orfèvre aux feux oraux, héros offert (sans fer) aux fièvres de l'enfer.
ostracisme ou sot racisme ?
Othello telle l'eau qui dort...
outre-tombe — trou de bombe où toute ombre tombe en trombe.
ouverture (à l'orée de l'œuvre, tu sourds et avertis notre ouïe).
Michel Leiris
19:30 Publié dans Les hésitations du langage et de l'esprit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 11 mars 2006
Langage tangage (l)
lac au calme éclat de laque.
langage (engage au jeu, par élan).
lavabo — large et beau vase ouvert, où va l'oblation de l'eau.
Lear en délire.
lecture (fictif, Hector, Électre, Arthur ou héros élu s'active furtivement).
légiférer — ériger, ferrer, geler, figer.
lexique — quel Mexique !
librerairie
linguistique — y tinte et s'y aiguise ton plus antique et intime tictac.
lion que nous lions dans les zooset accueillons dans le zodiaque.
littérature — ton rit et ton rut, ton râle et ta lutte.
logomachie — mots gaulés, machinés, en hachis.
luminaire aux mille et une lanières.
luth à uts [sic] de tulle.
luxure — exalte les corps et fait que, nus, ils exultent.
Michel Leiris
19:09 Publié dans Les hésitations du langage et de l'esprit | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 10 mars 2006
Langage tangage (a)
abandon (inclus dans abondance)
abdomen : bas domaine
abracadabra pour hurluberlu
absurde — surapte à déboussoler
action — axe (par élision)
Afrique à affres épiques
âge — agite puis s'assagit ?
alimentaire, élémentaire
Amériques homériques
amitié — admet-elle jamais l'à moitié ?
amour — vous ment, vous moud, vous cloue, mais vous ouvre âme et corps
anarchie — acharnée, nie
Michel Leiris
19:40 Publié dans Les hésitations du langage et de l'esprit | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
vendredi, 18 novembre 2005
Pour un sacre
Le journaliste qui a réalisé cette revue de presse aurait mieux fait d'éviter un terme qui prête à confusion puisque la scène se déroule au Québec :
"Lorsque nous sommes unis, tout devient possible", a lancé Boisclair aux militants réunis pour son sacre.
16:35 Publié dans Les hésitations du langage et de l'esprit | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
mardi, 08 novembre 2005
L'orthographe brûle
Lu dans un journal de référence :
"Il était harassé, mais il en riait presque. Il voulait me prévenir que quatre mamans africaines, en voiture, venaient de se planter à un carrefour pour faire fuir des jeunes qui rodaient" , raconte l'élu.
Je me demande en quoi le fait de mettre au point, de mettre en état de fonctionner un moteur de voiture serait un délit.
16:44 Publié dans Les hésitations du langage et de l'esprit | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
dimanche, 06 novembre 2005
Soupe à la basilique
« Les portes vertes des chambres, le trou béant du grenier au-dessus, le mur du fond qui s'enfonçait légèrement où trônait autrefois l'antique métier à tisser de la grand-mère puis de la vieille tante, la fenêtre grillagée de la cuisine avec ses pots de basilique, tout, choses et lieux, marbre et plantes, jusqu'aux pierres, jusqu'aux fleurs, Nfissa s'en persuada dans un regard lent : ils l'accueillaient de leur fidélité imperméable. »
Assia Djebar, les Alouettes naïves, 10-18, p. 20. (Je me suis arrêté là pour l'instant dans ma lecture.)
Nous avons déjà évoqué le basilic comme un animal légendaire et comme lézard dans cette note. En effet, la bestiole est moins connue que la plante et le condiment, mais l'un et l'autre n'ont pas le même genre, ni la même orthographe que la basilique ou monument. Je précise qu'Assia Djebar a été élue récemment à l'Académie française.
10:55 Publié dans Les hésitations du langage et de l'esprit | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
jeudi, 03 novembre 2005
Poulet de Bresse
Du danger des ellipses maladroites :
Il reboit donc du petit-lait quand Montebourg dénonce à la tribune «les accompagnateurs mollissant d'un libéralisme de plus en plus dur» qui dirigent aujourd'hui le PS. Ou le «vote de classe du 29 mai» en faveur du non au traité constitutionnel européen.
Le rédacteur de cet article laisse supposer qu'Arnaud Montebourg dénonce les partisans du non au traité, alors que c'est exactement le contraire : il les défend !
11:59 Publié dans Les hésitations du langage et de l'esprit | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 31 octobre 2005
Hymne à la joie
Le grand quotidien de référence de Paris et du soir est une source de foi. Je veux bien croire en sa parole lorsqu'il m'assure que des évangéliques, pentecôtistes et apostoliques ont chanté en latin selon le rite catholique le plus traditionnel !
« Elles étaient là pour "louer le Seigneur" : "Même si les hommes ne voulaient plus chanter ta louange, les chants d'oiseaux s'élèveraient vers toi..." , proclamait une hymne. »
C'est une nouvelle qui réjouira le cœur d'un palmipède connu de quelques personnes fréquentant ce blogue.
Alleluiah !
17:48 Publié dans Les hésitations du langage et de l'esprit | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Retour au schibboleth
Un jour, par exemple, quelqu'un évoqua les diverses manières dont les agents se font prendre. untel, qui avait opéré en Hollande pendant la Deuxième Guerre mondiale, nous apprit que les Hollandais faisaient prononcer aux suspects le nom de lieu Scheveningen, et qu'aucun Allemand n'étant capable d'y réussir à la perfection, plusieurs avaient été en conséquence terminer leurs jours au fond d'un canal. Cela fit s'esclaffer un autre, qui avait travaillé en France contre l'Abwehr :
— Nous, on leur faisait prononcer vingt-deux. À tous les coups, avec un Fritz, c'était vingd-teux qui sortait. Vingd-teux une fois, vingd-teux deux fois, vingd-teux trois fois. Adjugé. Au poteau.
— C'est comme cet espion allemand, parachuté en Angleterre avec le chapeau melon, le parapluie et l'accent d'Oxford, et qui a voulu prendre le train. « Two and six », fait le préposé. L'Allemand donne deux livres et six shillings. Les bobbies accourent. C'était naturellement deux shillings et six pence... Ils l'ont pendu, conclut avec sobriété un troisième clubman.
— Il y a mieux, dit encore un autre. (J'ai horreur des gens qui disent « il y a mieux » ou « j'en connais une meilleure ».) Les Américains, avant l'opération Torch, avaient envoyé des agents en AFN. Parlant parfaitement le français, portant le béret basque et sachant réclamer une baguette de pain bien cuit. Des gars d'OSS, naturellement. Vous savez comment ils se sont fait ramasser ? À table, pour manger, ils gardaient l'avant-bras gauche sur les genoux comme de bons Yankees bien élevés. Si jamais j'avais fait ça devant mon père... Il paraît que c'est Darlan qui les a fait fusiller.
— Le procédé est ancien, dit le prince Commène, qui, sans appartenir au club, y venait quelquefois avec l'un de ses amis, lequel était de la partie. On appelle cela un shibbolet.
Nous voulûmes savoir pourquoi. Il s'étonna poliment de notre ignorance.
— Voyons, c'est dans la Bible ! Juges XII 6. Les hommes de Galaad avaient occupé le gué du Jourdain et coupé la retraite des hommes d'Éphraïm à qui ils faisaient la guerre. Si quelqu'un demandait le passage en affirmant qu'il n'était pas d'Éphraïm, ceux de Galaad lui faisaient prononcer shibbolet, qui veut dire rivière en hébreu. S'il disait sibbolet comme un Éphraïmite, il était égorgé sur le coup. L'Ancien Testament nous apprend que quarante-deux mille hommes périrent ainsi.
Vladimir Volkoff, le Berkeley à cinq heures
Notes :
1. J'ai consacré un autre texte au schibboleth (graphie allemande). Stéphane a rappelé le Schild en vried flamand dont est dérivé ce Scheveningen (nom d'un lieu flamand et non néerlandais).
2. Le vingt-deux germanique est un truc chez Volkoff. Un Alsacien se trahit ainsi dans Langelot agent secret.
13:42 Publié dans Les hésitations du langage et de l'esprit | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note



