mardi, 03 novembre 2009
L'identité nationale à travers le prisme de la poésie de Michel Sardou
Je reçois une lettre de Mariah-Samanthah, lectrice qui prépare son bac STG pour la quatrième fois et qui réclame mon assistance.
Au secours, cher comte, notre prof de français nous a donnés un devoir à rendre pour jeudi et je n'ai aucune idée pour commencer. Le sujet est : « En quoi cette chanson de Michel Sardou constitue-t-elle une contribution au débat sur l'identité nationale ? Vous vous appuierez sur des exemples tirés du texte et d'autres œuvres du même poète. » Comme jeune pop de gauche, je ne peux comprendre que les chansons d'Enrico Macias et de Carla Bruni, mais dans ce cas les paroles me semblent bien difficiles à comprendre.Je ne saisis pas toutes les références culturelles, serais-je donc une mauvaise Française ? C'est ce que me disent déjà mes amis d'extrême gauche qui militent au Modem, mais je ne peux suivre de tels anarchistes qui n'ont aucun sens de la modération.
Ils ont le pétrole
Mais ils n'ont que ça
On a le bon vin
On a le bon pain
Et cetera
Notons tout d'abord l'antithèse entre ils et on, deux pronoms dont les référents sont imprécis, car non désignés auparavant. Pour les identifier, il faut faire appel aux présupposés des destinataires du poème. On est bien entendu l'artiste et son public qui entretiennent les mêmes clichés. Ils représente les pays producteurs de pétrole, mais il n'est pas possible de les nommer plus pour l'instant.
Remarquons la construction des strophes qui seront toujours écrite avec le même schéma : un distique qui évoque ils et qui comprend un lien restrictif (mais), un tercet qui évoque on. Le distique présente les avantages et les inconvénients d'une situation, le tercet ne présente que des avantages. Autant dire que la balance est plus favorable pour on.
Ils ont le pétrole
Mais c'est tout
On a les cailloux
On a les bijoux
On a les binious
Comme il s'agit d'un texte qui se sert des lieux communs afin de défendre ses préjugés et sa supériorité nationale, le fin rhéteur qu'est Michel Sardou s'est servi de deux images convenues : le rappel à l'instruction publique par les mots cailloux et bijoux qui évoquent les règles de grammaire de l'école traditionnelle et l'évocation de la richesse du folklore français capable d'intégrer les joueurs de binious. Ce passage est particulièrement subtil, parce que le mot bijoux est lui-même d'origine bretonne, ce qui démontre la capacité de la France à faire de bons mots français à partir de langues étrangères. Notons encore un degré de lecture supplémentaire du fait du calembour au sujet des cailloux qui sont aussi des bijoux. Cela renvoie à la fréquentation de la place Vendôme par les riches représentant des pays pétroliers, mais on ne sait encore lesquels. Tout est en allusions subtiles et discrètes.
Ils ont les dollars
Et c'est bien
On a les man'quins
Les grands magasins
Le Paradis Latin
Ils ont les barils on a les bidons
Mais pour boire où vont-ils
Chez Dom Pérignon
Voici que se précisent les centres d'intérêt de ces ils étrangers qui viennent en France chez on. Les belles femmes des défilés de mode ou des revues de cabaret, la consommation de luxe où les pétrodollars peuvent être bien employés. La vision géo-économique de Michel Sardou repose sur une saine répartition des tâches selon les pays. Il est évident que François Pinault, Bernard Arnaud et Alain Bernardin contribuent hautement à la fondation de l'identité nationale, bien plus que de grands penseurs.
Ils ont le pétrole
Pour trente ans
On a du vin blanc
Des blés dans les champs
Pour au moins mille ans.
Dans cette strophe, nous trouvons une illustration parfaite trente ans plus tard de l'avis fort autorisé de notre admirable président selon lequel « La terre fait partie de l'identité nationale ». Relevons le don prophétique du poète, mage visionnaire tel Hugo ou Vigny, qui en 1979 a bien vu la disparition du pétrole cette année alors que les cours du blé se situent à un niveau jamais égalé auparavant, sans aucun problème de surproduction.
Ils ont le pétrole
Mais ils n'ont que ça
On a des idées
Un gaspy futé
Un Martel à Poitiers
Le poème suit une progression par des implicites de plus en plus explicites. Lee barde fait ici allusion à deux campagnes publicitaires de son temps : le slogan « En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées » et le thème de la chasse au gaspi dont le personnage fétiche Gaspy a été accolé à celui de Bison futé, l'idée commune étant l'automobile. Notons que l'actualité d'époque est mise en perspective de manière historique par le rappel de la bataille de Poitiers qui a permis de chasser les Arabo-musulmans de France. Doit-on penser qu'il s'agit d'abord de justifier l'expulsion des étrangers ? Le texte est plus nuancé que cela, comme on le verra.
Ils ont les dollars
C'est très bien
Nous des têtes de lard
De gaulois grognards
Et chauvins
Voici exposés trois caractéristiques fondamentales de l'identité nationale : d'abord elle est nationaliste (le Français est chauvin), attachée à son histoire nationale (les grognards font allusion aux soldats de Napoléon dont faisait d'ailleurs partie le soldat Chauvin, nos ancêtres les Gaulois sont cités), à ses traits de caractère (la gauloiserie ou le goût pour les plaisanteries égrillardes, la grogne et l'entêtement représenté par la tête de lard). Remarquons d'ailleurs que le lard ne peut pas faire partie des traditions culturelles d'ils.
Quand ton puits s'ra sec ... plus d'jus dans l'citron
Plus personne à La Mecque
Viens à la maison
On boira mon vin
De bon cœur
Admirons la manière par laquelle le poète a su repousser à la fin de son œuvre l'identité des ils de manière à susciter l'intérêt de l'auditeur. Admirons aussi la manière par laquelle il conçoit l'intégration des immigrés d'origine musulmane : par l'abandon de leurs spécificités culturelles et de leur religion. C'est ainsi que l'identité nationale française peut devenir universelle et peut se permettre d'accueillir des réfugiés économiques qui ont su s'adapter aux valeurs républicaines grâce à leurs dollars, sans passer par la case de la valeur travail.
Tu mangeras mon pain
J'demand'rai la main
De ta sœur
Quand ton puits s'ra sec
Viens à la maison
On boira cul-sec
En vieux compagnons
Ce poème appartient à un genre très bien déterminé du XXe s. : l'œnodie ou chanson à boire dans laquelle se sont illustrés d'immenses artistes comme les Charlots ou le Grand Jojo et les Joyeux Bituriers ou Bézu ou surtout ces extraordinaires et talentueux chanteurs que furent les Musclés. Elle est une variante du grand genre comique troupier qui entend faire l'unité d'un ensemble disparate de personnes en utilisant leur plus bas rire et en figeant les participants dans une caricature dans un jeu de rôles totalement éloignés de ce qu'ils sont. Reprendre ces airs en chœur est un signe certain d'acceptation de l'identité nationale, plus que le fait d'entonner le Temps des cerises ou la Chanson de Craonne.
14:03 Publié dans Lectures méthodiques, analytiques et pataphysiques | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, chanson, humour, satire
jeudi, 15 octobre 2009
Ethique du sarkozysme
Je reçois un nouvel appel à l'aide de Mariah-Samanthah, la fameuse umpiste de gauche qui passe son bac STG pour la quatrième fois.
Très cher comte adoré, je vous adresse le texte qui figure au programme et que notre professeur, encore malade, dépressif ou en stage, a totalement refusé de nous expliquer parce que je crois qu'il doit être membre de l'ultragauche qui nous attaque sans arrêt comme le dit si bien monsieur Hortefeux. Comme sarkozyste de gauche, je ne peux dire que mon indignation devant un tel comportement qui nous pénalise gravement pour notre égalité des chances et la discrimination positive. Ce n'est pas parce que le programme de cette année, "sardouïsme et sarkozysme", lui déplaît qu'il doit ne pas faire face à ses obligations légales. Je vous demande de m'expliquer ce texte représentatif de la culture française, comme vous avez su si bien le faire jusqu'à présent.
Dans les villes de grande solitude
Moi le passant bien protégé
Par deux mille ans de servitude
Et quelques clous sur la chaussée
Interrogeons nous d'abord sur les deux mille ans de servitude. Que veulent-ils dire ? Cela nous renvoie à la période de colonisation complète de la Gaule par l'Empire romain. Mais les villes dites de grande solitudes existaient-elles avant que Rome ne gouverne la Gaule ? C'est ce que suggère le texte, comme si les Gaulois n'avaient jamais su créer de villes et de chemins. Que veut dire le mot servitude au juste ? C'est à la fois le fait d'être assujetti à quelqu'un pour lui accorder un service et puis le fait d'accorder le passage à quelqu'un sur son propre terrain dont on est propriétaire. Ce que dénonce Michel Sardou, c'est l'existence du droit romain qui permet d'emprunter un chemin au milieu d'un champ ou d'un pré appartenant à quelqu'un d'autre au mépris du droit de propriété !
Dans les villes de grande solitude
De nouvel-an en nouveaux nés
Quand j'ai bu plus que d'habitude
Me vient la faim d'un carnassier
Notez l'anaphore qui sert de refrain, puisque de refrain il n'y a pas, c'est presque du Guaino. On a affaire à un personnage imaginaire qui envisage des actions absurdes. Il se compare donc à un "carnassier" qui peut être aussi bien rat, loup, chat, vautour, tellement c'est vague comme vocabulaire. Mais cela a été préféré à "prédateur" qui ne rimait pas vraiment et puis il fallait évoquer l'idée de la bidoche que l'on débite.
L'envie d'éclater une banque
De me crucifier le caissier
D'emporter tout l'or qui me manque
Et de disparaître en fumée
Ce qui est remarquable sur le plan stylistique dans ce quatrain, c'est le fait de "se crucifier quelqu'un". On n'avait jamais crucifié quelqu'un pour son seul plaisir auparavant ou alors on ne le disait pas. C'est cela qui est décomplexé dans le sarkozysme et qui fait qu'on apprécie ses interventions dans le régime bancaire, notamment pour la Banque populaire-Caisse d'épargne où il a crucifié le caissier.
Mais dans les villes de grande solitude
Tous les héros se sont pollués
Aux cheminées du crépuscule
Et leurs torrents se sont calmés
Ce passage ne veut strictement rien dire. Il a été sponsorisé à la fois par Nicolas Hulot, Yann Arthus Bertrand, Cécile Duflot, Daniel Cohn-Bendit et Jean-Louis Borloo qui a vidé toute sa cave pour l'occasion. Je vous déconseille absolument de tenter de l'expliquer à l'oral. C'est aussi idiot qu'un devoir de droit remis par Jean Sarkozy pour son admission en deuxième année de DEUG.
J'ai envie de violer des femmes
De les forcer à m'admirer
Envie de boire toutes leurs larmes
Et de disparaître en fumée
Nous arrivons au passage le plus difficile qui a légitimé l'inscription de ce texte exemplaire au programme du bac. Michel Sardou encourage-t-il le viol, oui ou non ? Notez qu'il ne parle pas de viols d'hommes ou de mineurs, il a des délicatesses insoupçonnées. Il reste un pur hétérosexuel respectant la loi. Vraiment, comment a-t-on pu accuser Michel Sardou de légitimer le viol alors qu'il ne parlait pas de s'attaquer à une mineure de treize ans qui posait nue pour Vogue ou de forniquer contre argent avec de jeunes Thaïlandais qui ressemblaient à Tony Leung plus jeune ?
17:31 Publié dans Lectures méthodiques, analytiques et pataphysiques | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, politique, ump, enseignement, éducation
samedi, 03 octobre 2009
Archéologie du bac G
Je reçois un courrier affolé de Mariah-Samanthah, Umpiste de gauche, qui me demande de l'aide :
Très, très, très cher comte adoré et chéri,
Je me présente au bac STG pour la quatrième fois (oui, j'ai encore échoué, mais ce n'est pas de votre faute, ma mini-jupe ne devait pas être encore assez courte et mon décolleté assez ouvert pour l'examinateur) et j'ai absolument besoin de votre aide, parce que cette année le programme porte sur la transmission des valeurs citoyennes, éthiques et compatibles avec le développement durable, respect de la biodiversité et lutte contre la bulle financière à travers l'oeuvre de Michel Sardou ! Il paraît que les Lacs du Connemara sont une oeuvre obligatoire, par la volonté de notre président ô combien béni. Je ne comprends strictement rien à ce que cela veut dire. Je vous donne le premier texte à étudier, notre prof qui doit être un peu fou nous a dit qu'il fallait que cela évoque notre vécu, mais je ne comprends pas pourquoi, je passe un bac STG (j'ai commencé il y a quatre ans un bac STS, mais on me l'a supprimé au mauvais moment et j'ai dû me réorienter en STG dont je n'avais pas entendu parler), pas un bac G dont je n'ai jamais entendu parler ! Expliquez-moi ce que tout cela veut dire ! Comme vous le savez je suis toujours fortement engagée dans les sarkozystes de gauche du Haut-Cantal-Maritime et nous allons promener, à nous trois, bientôt, notre mascotte Alf (la même que dans l'émission télévisée, on croirait que c'est la vraie) dans les rues de la ville pour montrer que l'on peut être sarkozyste, de gauche, sympa et drôle !
Vous aviez quoi ?
Dix-sept ans, dix-neuf ans ?
Dans le commantaire, il faudra rappeler le poème de Rimbaud "On n'est pas sérieux à dix-sept ans", cela paraîtra tout de suite plus sérieux, car Rimbaud est le prototype du cancre génial et sans aucun bac.
Vous me l'avez écrit mais je n'm'en souviens pas.
On hésite, on remet, on attend
Notez la gradation du second vers, on appelle cela une procrastination. C'est destiné à mettre en relief un fait en le répétant. Votre enseignant songe sans doute que cela doit vous interpeller au niveau de votre vécu.
Et la lettre se perd, mais vous savez tout ça.
Vous passiez un bac G,
Notez le jeu de mots entre la lettre comme caractère et la lettre comme écrit. On a un pseudo-énonciateur totalement fictif qui est en quelque sorte un futur employeur, lequel ne sait pas ce que veut dire la lettre du nom du bac en lisant la lettre de demande d'emploi. Dites alors que G ! est une des interjections préférées du Concombre masqué. Vous marquerez un point culturel.
Un bac à bon marché,
Dans un lycée poubelle,
L'ouverture habituelle
Des horizons bouchés.
Votre question était : "Faut-il désespérer ?"
Développez sur le développement durable, le tri sélectif qui repose sur un geste citoyen et la nécessité de recycler tous les déchets, y compris vous, afin de pouvoir sauver enfin la planète qui est en grave danger de mort imminente, d'autant plus que la grippe A et le Sida risquent de s'attaquer bientôt à la couche d'ozone. Il faut sauver la planète avant les hommes !
Vous aviez un prénom mais je n'm'en souviens pas
J'aurais dû, j'aurais pu, certainement
On change d'énonciation ici, il ne s'agit plus d'un futur employeur, mais d'un enseignant. Bien entendu, vous devez dire qu'il était trop accaparé par ses tâches syndicales, associatives pour se rappeler le prénom des dix mille élèves qu'il peut croiser en dix ans. Dites que s'il avait travaillé plus pour gagner plus, il aurait pu se souvenir plus aisément des noms d'élèves qu'il ne voit que par hasard danz un couloir et qu'il n'a pas en cours ou pour peu de temps.
Vous renvoyer dix lignes. Je n'l'ai pas fait voilà
J'étais je n'sais plus où,
Enfoncé jusqu'au cou
Dans ma vie personnelle,
Cette angoisse éternelle
Du déclin qui rend fou.
Remarquez ici qu'on ne sait plus qui est le locuteur, le professeur, l'employeur, le bachelier. Le texte est totalement confus, mais cela participe sans doute d'une volonté esthétique afin de dire que le sort de tous est identique. On ne sait jamais qui parle clairement ici, même s'il y a un vous et un je. Tout est dans le brouillage des références que l'on ne comprend plus.
18:18 Publié dans Lectures méthodiques, analytiques et pataphysiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, enseignement, profs, politique, humour
jeudi, 21 mai 2009
Poésie épidictique et policière
Je reçois une nouvelle demande de Mariah-Samanthah, cette charmante militante UMP de gauche :
Au secours comte adoré ! mon affreux prof de français barbu et binoclard, écologiste, socialiste ou trotskyste, nous a encore donné un texte incompréhensible à analyser dans le cadre de la séquence "Mitterrandisme et lyrisme" qu'il veut nous infliger pour le bac STG : "Hôtel Commissariat". Je n'y comprends strictement rien. P.-S. : après m'être inscrite au Parti radical, je fais maintenant partie de la Gauche moderne, mais mon paternel Jean-Claude me fait la tronche, car même s'il comprend un peu ma sensiblité de gauche il n'aime pas du tout l'adjectif "moderne" qui lui paraît déplacé.
Chère Mariah-Samanthah, cet hymne glorifie l'action glorieuse de nos vaillants et lucides agents de la force publique contre les forces du Mal et de l'Anarchie (réunies) et nous allons démontrer qu'il s'agit d'un texte d'un registre épidictique - ou pour parler plus simplement laudatif.
Moi j'aime cette maison
Près de la mairie en pleine ville
Parking plein, drapeau bleu blanc rouge qui scintille
Relevez le symbole significatif dans ces vers. Comment peut-il scintiller à votre avis ?
Cette bâtisse qui nous a vu grandir
Ça représente notre passé
Notre présent et peut-être ton avenir
A qui s'adresse l'énonciateur ? Pensez-vous que le gardé à vue peut avoir lui aussi un avenir dans la police ? Comment ? Pourquoi ?
Le sale, le vaincu, l'alcool et la douille
Les uniformes se bousculent, se frottent a la rouille
C'est chez nous et quand on vous arrête, c'est chez vous
Y a des jouets, des matraques, des bottins et tout
Qu'est-ce qui rend humble, sympathique et familière cette description d'un intérieur ordinaire ? Comparez-la à celle d'un intérieur de marin par Victor Hugo ou de payssn par Francis Jammes. Quels sont les objets qui vous rendent les lieux tout de suite attachants ?
A l'accueil, y a toujours des collègues pour te sourire
Et quand t'arrives en G.A.V., y a toujours des fous rires
Et quand tu mens trop, y a toujours une main tendue
Pour t'aider à retrouver la mémoire que t'aurais perdue
Montrez à l'aide des pronoms personnels le souci de solidarité qui anime les personnages. De quelles qualités font-ils preuve ? Comment ?
Je te regarde te plaindre, gémir à mourir
Et moi derrière la vitrine, j'ai trop le sourire
Des souvenirs, l'ambiance, la fraternité
Tous soudés, tous bourrés
Expliquez les jeux de mots du dernier vers : vous partirez soit de l'énonciateur, soit du destinataire du texte pour montrer que lui aussi est soudé et bourré.
Dans la salle de réunion, les pauses
On y parle d'injustice, devant un camembert, tranquille, on cause
Des fois sur un tox. on joue aux fléchettes
Entre deux interventions, y a toujours moyen de faire la fête
En quoi cette scène rustique montre-t-elle une scène pittoresque que l'on pourrait comparer à un tableau impressionniste montrant de braves paysans en train d'accmplir leur travail ordinaire ? Aurait-elle pu être représentée par Millet ou plutôt par Courbet ou Cézanne ?Justifiez.
Regarde c'est l'émotion qui parle mais ça tu t'en balances
Vas-y parle vite, et t'auras peut-être de la chance
Ouais franchement, je te lâche ma carte postale (franchement!)
Sache que toi et moi, on n'est pas nés sous la même étoile (la vie est belle!)
En quoi ce passage est-il profondément lyrique et traduit-il un état d'âme intérieur profondément sensuel et sentimental ? Quels sont les thèmes lamartiniens et chateaubriandiens que vous pouvez relever dans le dernier vers ?
{au Refrain}
C'est toujours les mêmes plaintes
Les mêmes vieilles qui reviennent
Ce téléphone qui sonne sans arrêt dans nos têtes
Les jeunes qui nous insultent, personne ne nous respecte
Le pire le rapport à écrire, à couvrir les collègues
Les juges qui la ramènent
Les avocats qui se la pètent
Les journalistes, les rappeurs, les familles qui rouspètent
Heureusement après le terrain, y a la détente
Un lieu de vie où on se soutient tous ensemble
Comment le monde vénal et temporel empêche-t-il les poètes-policiers d'accéder à l'Idéal absolu et intemporel ? Relevez ce qui appartient en fait à une inspiration baudelairienne où l'esthète est victime de la vile plèbe incapable de comprendre son effort vers un univers meilleur où ensemble tout serait possible.
20:55 Publié dans Lectures méthodiques, analytiques et pataphysiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française; politique, ump, chanson
mercredi, 13 mai 2009
Métaphores lorraines
Nous répondons à une demande de Mariah-Samanthah, la fille de Jean-Claude et Monique, cadres de l'UMP du Cantal-Maritime.
Au secours, comte chéri et adoré ! Mon abominable prof de français marxiste, chevelu et barbu est encore une fois en grève à l'approche des examens et pendant les ponts ! Comme il sait que je suis une sarkozyste de gauche, il m'a tendu un piège avec sa séquence "La prétérition et l'ineffable dans le mitterrandisme". Vous seul pouvez m'aider, parce que je ne comprends strictement rien au texte de Patricia Kaas qu'il nous avait photocopié avant de partir en congé maladie peu avant les vacances. Vous savez que j'ai absolument besoin de ce bac STG que je présente pour la troisième fois afin d'être acceptée en BTS Force de vente !
Jaloou-ou-ouse !
Jalouse de tout !
Je soupçonne toooouuuu-ou-ou-out !
Casse-cou !
Posons la problématique d'abord : Patricia Kaas, cette chanteuse exemplaire des années Mitterrand, est d'abord la voix de la France et surtout d'une région plus admirable que toutes les autres, d'autant qu'il faudra la soutenir pour cette admirable épreuve de l'Eurovision : j'ai nommé la Lorraine. Patricia Kaas est la Lorraine par excellence. On peut donc dire que toute la chanson sera une allégorie de l'histoire de cette région martyre.
Grâce à cette métaphore, nous pouvons établir que les responsables de la jalousie sont François Mitterrand et le père Chérèque qui ont revendu à bas prix les outils de la sidérurgie lorraine (représentée par Patricia Kaas). Cela fait évidemment allusion aux manifestations de l'époque.
Jalou-ou-ouse !
Tu n'imagines pa-a-aaas
Je hurle tout baaaa-a-a-aas
Et je me noooiiie
Relevez d'abord l'antithèse du troisième vers qui définit tout l'art de la chanteuse (mais évitez surtout de dire que Carla ne pourrait jamais hurler trop bas). Développez ensuite sur la métaphore du dernier vers en imaginant un parc d'attraction en Lorraine à la place des usines et des mines.
Je fouille tes poches, je lis tes lettres
J'écoute aux portes, oui je te guette
J'ai mal, je pleurs, je vérifie
Non, je n'crois pas tout c'que tu m'dis
T'avais qu'à pas mentir !
Imaginez donc la Lorraine trahie qui attend toujours les promesses faites à Rombas et Pompey par Mitterrand en 84, comme aujourd'hui votre héros à Gandrange.
Et quand tu mens, je r'ssens là-dedans
Mon cœur, mon cœur qui fout le camp
Je crois que j'vais mouriiiir
Mais je meurs pas, non je suis là
Je veux pas m'arracher de tooii
J'm'en fous, j'aime mieux souffriiiiii-i-i-i-ir
Représentez-vous le dilemme de la personne qui veut croire et ne peut croire. Rappelez-vous de vos notions de la tragédie classique. Nous avons affaire à une héroïne racinienne de pure race.
Jalou-ou-ouse ! (Jalouse )
Jalouse de tout !
Je soupçonne toooouuuu-ou-ou-out !
Casse-cou !
Jalou-ou-ouse ! (Jalouse )
Tu n'imagines pa-a-aaas
Je hurle tout baaaa-a-a-aas
Et je me nooooiiiie
Et je me nooooiiiie
Et je me nooooiiiie
Et je me nooooiiiie
Et je me nooooiiiie
Je me nooooooiiiiiiiiiiie
Je me nooooooiiiiiiiiiiie
Concluez en disant que cet hymne aurait pu triompher à l'Eurovision si le jury avait été moins corrompu, dissolu et incompétent.
Ah zut ! je viens de m'apercevoir que je contreviens à Hadopi.
22:55 Publié dans Lectures méthodiques, analytiques et pataphysiques | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : ump, ps, sarkozy, mitterrand, politique, langue française, chanson
samedi, 22 novembre 2008
Diététique du mitterrandisme
Dans le cadre de nos cours de remédiation pour Jean-Steevyn et Mariah-Samanthah qui passent leur bac de français, nous proposons un texte exemplaire de la poésie de l'époque mitterrandienne par une auteure aussi inspirée que Sappho et Louise Labbé : Sabine Paturel !
T'es tout petit, t'es tout mignon
caché dans ton papier luisant
c'est doux, moelleux quand je te touche
mais toi si tu fonds dans ma bouche
t'es toujours tout dur dans ma main
Explique comment ces métaphores peuvent s'appliquer à François Mitterrand et à Nicolas Sarkozy. Quels sont les termes qui peuvent s'appliquer à l'un et à l'autre ?
j'te prends, je roule des billes gourmandes
un jour caresse, je te veux tendre
croquant, craquant le lendemain
Lis le dernier éditorial de Claude Askolovitch ou de Philippe Val, puis dis comment ces vers ont un rapport avec leur propos.
Go out de ton emballage
brillant, glacé sur ton nappage
tes bouts tout prêts à consommer
j'décolle ta marque de société
En quoi est-ce une allusion au bling-bling ou à la gauche caviar ? Penses-tu que tout doit être dans l'emballage ?
p'tit délice doré, confisé
caramel mou, caramel dur
p'tit délice doré, confisé
pourvu qu'ton goût ça dure, ça dure
Recherche sur Wikipedia la seule parole attribuée à Laetitia Buonaparte. Quel est le rapport avec ce refrain ? Comment comprends-tu son sens politique ?
Je te dérobe, je te déballe
avec toi, qu'est-ce que j'me régale
et quand j't'ai dans ma paume à nu
j'te mords très fort, j't'adore tout cru
tu m'enveloppes tout le palais
Quels sont les autres sens du mot palais ? Quels palais envahissent les présidents de la République ?
tu m'fais sucré, goût vanillé
j't'ai dans la peau, j'peux plus m'passer
de c'carré caramélisé
Quel rapport fais-tu avec la chanson de cette autre chanteuse aphone, asthmatique et aphasique ?
Je te suce tout l'acidulé
je passe ma langue doucement
qui glisse la surface mouillée
et je te garde entre mes dents
Aimes-tu les réformes de l'enseignement par Xavier Darcos ou de la retraite par Xavier Bertrand ? Explique pourquoi à partir du texte.
Oui mais à force de te croquer
de te tourner, de te mâcher
de te casser par petits bouts
attention l'amour du dégoût
tu me lasses, tu deviens collant
marre de toi, j'en ai plein les dents
terminé, j'te fiche au panier
bobo au cœur, te v'la jeté
Comment te situes-tu comme citoyen-consommateur-spectateur ? Explique en te référant à la fois aux oeuvres de Guy Debord et à ta collec de Paris-Match.
12:18 Publié dans Lectures méthodiques, analytiques et pataphysiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, langue française, humour, chanson, ps, sarkozy
dimanche, 26 octobre 2008
AB Production comme entreprise de recyclage du socialisme
Poursuivons notre grande opération de révision de textes littéraires fondamentaux pour Jean-Steevyn et Mariah-Samanthah dans le cadre de l'opération Ecole ouverte ! Au programme, une chanson engagée et militante d'Hélène qui illustre à merveille le socialisme en vigueur durant les années 80 !
Hélène
Je m'appelle Hélène
Je suis une fille
Comme les autres
Hélène
Si mes nuits sont pleines
De rêves, de poèmes
Je n'ai rien d'autre
Compare ces paroles avec celles-ci :
Tandis que moi qui ne suis rien
Qu'une petite fille de Français moyens
Quand je travaille oui je me sens bien
Et la fortune viendra de mes mains
Quelles différences constates-tu ?
Je voudrais trouver l'amour
Simplement trouver l'amour
Que penses-tu du rôle poétique de la répétition dans les textes d'Hélène ? En quoi est-il suggestif et particulier de son art comme tu pourras le voir par un autre de ses titres immortels ?
Je m'appelle Sarah,
On dit que je suis bien trop sage,
Mais je n'aime pas
Les autres garçons de mon âge.
Ça va sans doute vous faire sourire,
Je n'ai pas grand chose à leur dire,
Ça me fait drôle de vous écrire,
Ça me fait drôle de vous écrire.
Compare ce couplet avec les paroles de cet autre air impérissable. Penses-tu qu'Hélène a introduit une révolution musicale et poétique ? Pourquoi ?
Chaque soir, je veux chanter
Pourtant je ne suis pas vraiment loin de toi
Tu n'es pas tout à fait abandonnée
Et tu sais bien que je n'aime que toi
Un p'tit peu de joie dans le cœur
Compare le passage suivant avec celui de l'extraordinaire poète Claude François qui suit :
Et même
Si j'ai ma photo
Dans tous les journaux
Chaque semaine
Personne
Ne m'attend le soir
Quand je rentre tard
Mal aimé
Je suis le mal aimé
Les gens me connaissent
Tel que je veux me montrer
Mais ont-ils cherché à savoir
D'où me viennent mes joies ?
Et pourquoi ce désespoir
Caché au fond de moi ?
Penses-tu qu'Hélène aurait pu avoir un destin aussi tragique que Claude François ?
Compare ce couplet avec les paroles de cet autre air impérissable. Penses-tu qu'Hélène a introduit une révolution musicale et poétique ? Pourquoi ?
Et même
Quand à la télé
Vous me regardez
Sourire et chanter
Personne
Ne m'attend le soir
Quand je rentre tard
Serais-tu prêt à consoler Hélène, toi aussi, comme sur un Skyblog en lui disant tous les mots d'amour qu'il faut ? Que penses-tu de son importance culturelle dans l'évolution de la chanson engagée sous l'époque socialiste ? En quoi Hélène annonce-t-elle les temps révolutionnaires que nous connaissons par l'avènement du bling-bling égocentrique et narcissique, de la compassion universelle et du mélange de tout et n'importe quoi ? Comment sous Hélène s'annonçait le régime en vigueur, explique !
19:30 Publié dans Lectures méthodiques, analytiques et pataphysiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : musique, chanson, ps, éducation, enseignement
mardi, 21 octobre 2008
L'antiracisme et le féminisme sous l'ère mitterrandienne
Nous continuons notre série de cours afin d'aider Jean-Steevyn et Mariah-Samanthah à obtenir leur bac STG et nous leur proposons de travailler sur ce superbe poème humaniste dû à quelqu'un qui ne peut être que socialiste du fait de son enfance pauvre et malheureuse : Jean-Luc Lahaye ! Il ne fait aucun doute que Jean-Luc Lahaye était profondément empreint de la pensée mitterrandienne et qu'il avait compris les nouveaux enjeux du monde actuel dans la lignée de SOS-Racisme en remplaçant la question de l'économie ou du social par celle de l'identité et du divertissement comme nouvel horizon. Jean-Luc Lahaye, sympathique balladin à la vie pleine d'accidents, se penche sur un douloureux problème de société : celui des adolescentes d'origine musulmane et il le fait avec une sympathie fort pressante qui est fort sympathique.
Djemila des Lilas, frêle gazelle des ruelles
Met du bleu sur ses yeux
De la fièvre sur ses lèvres
Pourquoi une capitale aux Lilas ? A quoi cela peut-il bien correspondre ? Qu'est-ce que ce nom t'évoque ? Cherche ensuite ce nom sur une carte du métro et du RER. Que constates-tu ?
A ton avis, quelle femme politique habite aux Lilas ? Christine Lagarde, Rachida Dati, Carla Bruni, Rama Yade, Arlette Laguiller, Christine Boutin, Nathalie Kosciusko-Morizet, Christine Albanel, Fadela Amara, Cécilia Sarkozy, Anne Sinclair, Laurence Ferrari, Arlette Chabot, Lorie ? Pourquoi ?
Quel continent est connoté par l'emploi du mot gazelle ? Connais-tu un autre sens de ce nom dans un contexte plus guerrier ? Lequel ? Vois-tu un rapport de sens entre toutes ces acceptions ?
Et loin de Khomeiny elle imite Adjani
Recherche au CDI une photo de chacun de ces deux personnages historiques, colle-les sur ta feuille et dis celui que tu trouves le plus sympathique, avenant ou agréable, puis justifie. Sur quelle figure de style est construite cette phrase ?
Djemila a quinze ans
L'âge soie, l'âge faon
Dans un short en satin
Qu'elle porte le matin
Elle va faire son jogging
A ton avis, à quel public est destiné cette chanson ? Relève les indices qui te permettent de le dire. Aimais-tu toi aussi faire des joggings alors que tu avais quinze ans et apprécies-tu de le faire sous la direction de ton prof de sport ? Crois-tu que la soie et le satin soient les meilleures matières pour suer efficacement afn de conserver son corps de quinze ans ? Quelle idée est alors suggérée par ces noms de tissus ? Penses-tu que si Djemila avait eu douze ou treize ans la chanson aurait pu être enregistrée ou diffusée sur les ondes ? Pourquoi ce choix de quinze ans ? Explique ce que cela peut avoir comme conséquences.
Sous un walkman qui swingue
L'Algérie, le croissant
Loin d'ici, pas le temps pas le temps
Trouve dans ce passage des mots que tu n'emploierais pas, aujourd'hui en 2008. Explique pourquoi.
Sa mini d'chez Tati
La dévoile sensuelle
Ces regards qui la frôlent
Ça l'égare, ça l'affole
Est-ce que tu irais aussi chercher tes tissus aussi chez Tati ? Pourquoi ? Justifie et dis alors si tu es toi aussi maghrébine comme Djemila. A ton avis, pourquoi l'auteur a-t-il choisi le nom de cette chaîne de magasin ? Que cherche-t-il à suggérer au sujet des femmes d'origine maghrébine ?
Le Coran, en c'moment
Elle l'aimerait tolérant
Elle l'aimerait moins austère
Moins collant moins colère moins amer
Explique les jeux de mots ou d'assonances dans ce passage et montre l'opposition des mots. Vois-tu un rapport entre les idées de ce passage et celles qui sont véhiculées aujourd'hui au sujet des immigrés clandestins ?
Et loin de Khomeiny elle imite Adjani
Djemila, Djemila, Djemila, Djemila, Djemila
Djemila, Djemila, Djemila
Djemila, Djemila, Djemila, Djemila, Djemila
Djemila, Djemila, Djemila
Montre la profondeur poétique de cette répétition.
Djemila ne lit pas
Elle échappe à ses frères
Elle s'en moque, y a le rock
Qu'est plus fou
Bien plus fou elle s'en fout
Quelle évasion est permise à Djemila par le poète ? Qu'est-ce qu'elle ne veut surtout pas connaître ? Penses-tu toi aussi qu'il est mauvais de lire et que tout le malheur vient de là ? Crois-tu que la seule libération puisse venir de la musique écoutée à s'assourdir ?
22:35 Publié dans Lectures méthodiques, analytiques et pataphysiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chanson humour, littérature, enseignement, éducation, profs, politique, racisme
samedi, 18 octobre 2008
La continuité dans le changement apparent
Nous continuons cette série de cours sur le contenu politique des chansons des années octante qui permettent de décrypter (comme on dit dans les médias qui parlent des médias) les intentions et les engagements des artistes majeurs de cette période fort obscure et troublée. Notre thème principal, cette année, est le mitterrandisme : qu'est-il, d'où vient-il, comment s'exprime-t-il ? Pour cela, nous avons convoqué les artistes principaux de cette époque afin de permettre à Mariah-Samanthah et à Jean-Steevyn d'obtenir leur bac STG à la quatrième tentative. Au programme, nous avons inscrit Daniel Balavoine, dit le Saint ou le Pur, depuis son tragique décès lors du rituel Paris-Dakar qui permettait fort heureusement d'abréger les souffrances de pauvres Africains en les écrasant sur la route plutôt que de les laisser mourir de faim ou du fait de la guerre, Daniel Balavoine agissait dans des conditions qui ne devaient strictement rien à l'argent et on ne peut pas le suspecter d'avoir prêté son nom à de mauvaises opérations télévisuelles sous un couvert humanitaire. Nous donnons un texte très inspiré par l'actualité la plus directe et puis avec des prédictions.
Au revoir au revoir
Au revoir au revoir
S'en aller de la ville
Sans autre envie
Qu'un peu de réconfort
Tranquille
Compare ce texte avec celui des adieux de Valéry Giscard d'Estaing en 81. Quelles différences observes-tu ? Lequel te semble le plus mis en scène ? Pourquoi ? Penses-tu que la reconversion de Valéry Giscard d'Estaing s'est faite a) chez Bricorama b) avec la constitution européenne c) chez Castorama d) à Vulcania e) chez Mr. Bricolage f) à l'Académie française g) chez E. Leclerc Bricolage h) au Conseil constitutionnel ? Justifie ton choix.
Emporté par le style
D'une chanson sans effort
Où la vie est cachée par des mots inutiles
En quoi est-ce une allusion aux 35 heures qui figuraient dans les 101 propositions de François Mitterrand et qui n'ont pas été réalisées en entier, contrairement à ce que ressasse Attali ? Penses-tu que tu devrais travailler plus de 35 heures, que tu ne devrais pas avoir de RTT, que tu devrais accepter des heures supplémentaires payées moins bien que les heures ordinaires, qu'il y a des privilégiés qui ont des horaires réduits de leur seul fait, et enfin que penses-tu du slogan du PS de 1981 "Changer la vie" (d'un sinistre rimbaldisme). Crois-tu qu'il soit encore applicable aujourd'hui ? Et si oui dis quels sont tes demandes en matière de salaire, d'horaires, de rapports hiérarchiques et de demandes d'objectifs. Est-ce que tu serais prêt à mourir pour ton entreprise ?
Au revoir au revoir
Au revoir au revoir
Pouvoir laver le ciel
Tout effacer
Ne rien recommencer
Explique comment il s'agit d'une allusion explicite au fait que l'auteur du Coup d'Etat permanent n'a jamais assumé ses déclarations au sujet d'une constitution indigne et ne s'est jamais expliqué à ce sujet, même après son départ.
Ou peut-être
Essayer de trouver
Pour s'éloigner de l'enfer
Un bateau rose et vert qu'on enterre dans la mer
Pourquoi le thème écologiste devient-il un élément fondateur d'une sorte de nouvelle union de la gauche qui ne doit pas survivre à François Mitterrand ?
Au revoir au revoir
Au revoir au revoir
Faire la part des choses
Se dire que l'on ose
Tout remettre en cause
Et partir
Au revoir au revoir
Au revoir au revoir
Retrouve ici une phrase que Bernard Tapie (grand patron de gauche s'il en est) aurait pu prononcer. Recopie-la et dis pourquoi tu lui la attribues.
13:08 Publié dans Lectures méthodiques, analytiques et pataphysiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ps, politique, humour, langue française, éducation, enseignement, profs
samedi, 04 octobre 2008
La dimension rimbaldienne du mitterrandisme
Nous poursuivons notre programme de révision des grands textes poétiques de l'ère mitterrandienne afin d'aider Mariah-Samanthah et Jean-Steevyn à obtenir enfin leur baccalauréat. Aujourd'hui, nous abordons un texte qui nous présente le mitterrandisme d'avant la prise de pouvoir, il est dû au Rimbaud du rock français : Jean-Pätrick Capdevielle, aux paroles toujours inspirées et intelligibles.
Moi je traîne dans le désert depuis plus de vingt-huit jours et
Déjà quelques mirages me disent de faire demi-tour
La fée des neiges me suit tapant sur son tambour.
Explique comment le poète fait allusion ici à la période d'absence au pouvoir de la gauche entre 1958 et 1981, sachant que la chanson date de 1979. Par quelle image se traduit l'opposition du mitterrandisme au pouvoir en place ?
Les fantômes du syndicat, les marchands de certitudes
Se sont glissés jusqu'à ma dune, reprochant mon attitude,
C'est pas très populaire le goût d'la solitude.
Montre que l'auteur fait allusion ici à l'ascension de la roche de Solutré le jour de la Pentecôte et à sa transformation en course d'influence pour faire partie de la cour du futur président.
refrain:
Quand t'es dans le désert, depuis trop longtemps,
Tu t'demandes à qui ça sert
Toutes les règles un peu truquées du jeu qu'on veut t'faire jouer,
Les yeux bandés.
En quoi est-ce un résumé du programme commun que le futur président se refusera à appliquer et qui était devenu caduc ?
Tous les rapaces du pouvoir menés par un gros clown sinistre
Plongent vers moi sur la musique d'un piètre accordéoniste
J'crois pas qu'ils viennent me parler des joies d'la vie d'artiste.
Recherche deux photographies de Valéry Giscard d'Estaing (ancien président de la République) et de Raymond Barre (ancien Premier ministre de l'époque), deux hommes politiques du siècle dernier qui sont depuis longtemps décédés. Par quel aspect de leur personnalité le poète les a-t-il caractérisés ?
De l'autre côté voilà Caïn toujours aussi lunatique
Son œil est rempli de sable et sa bouche pleine de verdicts
Il trône dans un cimetière de veilles pelles mécaniques.
Cherche dans la Bible qui était Caïn et dis ensuite quel rôle est alors attribué au mitterrandisme dans l'histoire. Pourquoi s'agit-il d'une allusion explicite au rôle de Michel Rocard qui venait d'adhérer au PS avec une partie du PSU ?Dis quel jugement est posé sur lui.
Les gens disent que les poètes finissent tous trafiquants d'armes
On est cinquante millions de poètes,
C'est ça qui doit faire notre charme
Sur la lune de Saturne mon perroquet sonne l'alarme
C'est drôle mais tout l'monde s'en fout !
Pourquoi le poète se montre-t-il ici visionnaire ? Cherche aux mots Angolagate, frégates de Taïwan et Françafrique. Comment les mots d'ordre du marxisme (changer le monde) et du rimbaldisme (changer la vie) sont-ils finalement rejetés ?
Vendredi tombant nulle part, y'a Robinson solitaire
Qui m'a dit : "J'trouve plus mon île, vous n'auriez pas vu la mer ?"
Va falloir que j'lui parle du thermo-nucléaire".
Ce passage est aussi une anticipation digne d'Elisabeth Teissier, la sociologue qui guidait les décisions du futur président. Cherche aux mots Rainbow Warrior et Génération écologie ce qui peut se rapporter à des événements futurs.
Hier un homme est venu vers moi d'une démarche un peu traînante
Il m'a dit : "T'as t'nu combien d'jours ?" J'ai répondu : "Bientôt trente"
J'me souviens qu'il espérait tenir jusqu'à quarante.
Quand j'ai d'mandé son message il m'a dit d'un air tranquille
"les politiciens finiront tous un jour au fond d'un asile"
j'ai compris que j'pourrais bientôt regagner la ville.
Ecriture : penses-tu comme l'auteur que la quête du pouvoir rend obligatoirement fou ? Pourquoi à ton avis ?
12:54 Publié dans Lectures méthodiques, analytiques et pataphysiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : chanson humour, littérature, enseignement, éducation, profs, politique, rock


