lundi, 05 octobre 2009
Pour une réforme radicale de l'orthographe
Je republie ici ce que j'ai écrit dans fllf, parce qu'il me semble que cela peut intéresser un autre public.
- suppression de toutes les doubles consonnes lorsque cela ne touche pas à la prononciation (par exemple, "bone" au lieur de "bonne", mais "baisser" reste inchangé) ;
- suppression de toutes les lettres grecques (y, ph, rh, th), sauf si le y note la semi-voyelle yod ("ritme", mais "payer") ;
- alignement de tous les pluriels de noms et d'adjectifs en -s, sauf pour les mots qui finissent déjà par un -x ou un -z au singulier (prix, riz).
La vidéo dure seize minutes, elle n'a pas d'URL propre, elle est sur la page d'accueil de Cap Canal.
Le deuxième point est un fait que j'ai toujours défendu. Pourquoi contrairement à toutes les autres langues latines devrions-nous nous embarrasser encore des lettres grecques qui ne traduisent que la rranslittération en latin (et encore, pas toujours) ? Cela ne permet pas de mieux savoir le grec qui est écrit dans un autre alphabet, cela ne dit rien sur l'étymologie qui est souvent fausse contrairement à ce que dit son nom.
23:24 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, orthographe, éducation, enseignement, profs
vendredi, 11 septembre 2009
De quoi devenir chèvre
François Bourgeon dit des sottises sans en dire tout en disant :
La Louisiane, pays francophone malgré un demi-siècle passé sous administration espagnole, se prêtait bien à ce modelage langagier. J’aime la musicalité savoureuse et rurale de la langue cajun. J’ai choisi d’indiquer la traduction des dialogues à la fin du livre pour ne pas casser la cadence de lecture. Et puis c’est amusant ! Avec un peu d’attention, on peut deviner la signification des dialogues en cajun. On apprend au passage que les « chevrettes » sont des langoustines – ce qui a donné le mot crevettes –
Le terme chevrette pour crevette ou écrevisse est toujours présent en français contemporain et hexagonal, on peut le trouver ainsi tel quel en Provence ou en Lorraine par exemple. Il veut dire alors crevette ou tout petit crustacé ! Ce n'est d'ailleurs même pas particulier aux patois de l'ouest qui ont fourni la base des français américains; Le même mot latin capra a donné l'allemand Krebs avec la même métathèse bien plus tôt. C'est une grande découverte d'apprendre que le cajun emploie exactement les mêmes mots que le français avec exactement la même prononciation et le même sens; Il fallait bien un lexique à la fin pour l'expliquer à tous ceux qui n'ont jamais entendu ces mots exotiques parlés à cent mètres de chez eux.Je me dis que Bourgeon en fait des tonnes pour prouver le sérieux de son projet et qu'il n'y réussit pas trop bien...
20:41 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : patois, dialecte, cajun, francophonie
lundi, 07 septembre 2009
Caméo
En lisant le dernier numéro de Période rouge, le magazine en ligne consacré à l'histoire de Vaillant-Pif gadget, je tombe sur ce passage.
Un caméo est un terme qui désigne l’apparition éphémère d’un personnage dans une oeuvre fictionnelle où il n’est pas censé se trouver. Arnal lui-même a pratiqué très tôt ce petit jeu en faisant figurer dès 1949 le pilote Bob Mallard dans une aventure de Placid et Muzo.
Cela m'intrigue. J'ai vu la veille dans une filmographie d'acteur le mot caméo que je n'avais jamais rencontré auparavant, mais je n'avais pas songé à creuser plus. D'pù cela peut-il bien sortir ? Comment peut-on avoir une définition aussi sûre alors que le mot ne figure dans aucun dictionnaire franças. Comment ai-je pu passer à côté alors que je crois maîtriser un peu le lexique technique de la bédé ?
L'explication vient par Wikipedia, troisième lien de la recherche avec le seul mot. Quand on jette un coup d'oeil sur l'historique, on s'aperçoit que le terme est entré dans l'encyclopédie en mars 2005. Et bien entendu, il s'agit d'un anglicisme, pour cameo appearance. Soit. Je n'ai rien contre le terme en soi, ni contre son origine, je ne conteste même pas son utilité afin de le distinguer de l'invité. Je m'interroge.
Wikipedia est pris par beaucoup comme une autorité aussi valide que les autres (je ne tiens pas à discuter du bien-fondé de cette opinion). Un terme nouveau ou fort confidentiel ou exotique peut ainsi acquérir un statut, une reconnaissance sans passer par le stade des dictionnaires traditionnels. Sa présence dans Wikipedia va jouer sur l'usage qui en sera fait, il y aura démultiplication des occurrences du mot du simple fait qu'il est présent dans une source encyclopédique. Il entrera donc dans le français usuel, un peu à la manière dont le mot pitch est entré par le biais des discours d'animateurs de télévision. Après quoi, il ne restera plus qu'à avaliser l'usage dans les dictionnaires usuels. Wikipedia permet de contourner l'obstacle des mentions dans la presse imprimée, les livres imprimés afin de créer un usage : le mot y aurait été perdu dans une masse d'autres informations. Il accélère la reconnaissance et surtout la diffusion des néologismes, sans doute autant que peut le faire la télévision ou la radio.
Pourtant, dans la notice de Wikipedia, on n'a strictement rien au sujet des personnages fictifs de bédé, cela ne parle que de théâtre et surtout de cinéma. Il faut aller voir alors la version de Wikipedia en anglais qui nous parle par exemple des personnages de la firme Marvel qui changent d'histoire (le Surfeur d'argent par exemple chez les Quatre Fantastiques). Mais la notice Wikipedia française sera complétée en ce sens à partir de cet exemple et ainsi le mouvement sera enclenché, puisqu'il y aura eu une référence en français pour la bédé. Il faut en prendre son parti : Wikipedia construit les dictionnaires de langue à venir et l'usage est une question d'influence.
11:43 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bd, bande dessinée, cinéma, langue française, néologie, wikipedia
samedi, 06 juin 2009
Qualités de candidats
J'ai examiné les professions de foi et les bulletins afin de me préparer à l'élection de demain. Les qualités dans les bulletins de vote pour les européennes sont un peu rigolotes quand on les compare.
- Au PS, on n'indique que sa région administrative et son âge. Catherine Trautmann, 58 ans. C'est avec cela que l'on va conquérir les masses travailleuses... L'âge est aussi indiqué pour Europe Ecologie, le NPA, Libertas, le Front national. En revanche on n'indique dans tous les cas le département d'origine que sur la liste des Ecologistes indépendants et celle d'Europe écologie.
- La liste majorité présidentielle n'indique les professions que pour les non-élus et elle ne donne pas les étiquettes (UMP, Nouveau centre, Gauche moderne). Mais DLR agit de même et on peut penser que c'est un trait de droite.
- Au NPA, on n'est pas chômeur ou rmiste ou rsaste ou demandeur d'emplo, mais "privé d'emploi", "informaticienne sans emploi", "travailleur sans emploi". Cela doit être plus proche du langage de la rue.
- A l'UMP, le chef de cabinet d'un président de conseil général et responsable départemental de jeunes pops se cache sous la dénomination "collaborateur d'élu". Soyons vague afin de ne pas faire de vagues. Apparatchik aurait mal sonné.
- Les "mères de famille" abondent à l'extrême droite, chez Libertas, au Front national, alors que l'on évoque d'autres raisons comme "militante pacifiste" au Front de gauche, "associatif" aux Ecologistes indépendants. Au MoDem, on combine les deux formes "mère au foyer, bénévole associatif" (le féminisme a encore du chemin à faire dans ce parti...) Le MoDem est décidément bien centriste et ramasse-tout...
- La prime du ridicule revient, bien entendu, au Front national qui exhibe toutes les breloques de ses militants : "Conseiller régional, Retraité militaire, Croix de guerre, 6 citations, Médaille militaire, Chevalier de la Légion d'Honneur" (on aime énormément les capitales au FN, cela vous distingue tout de suite).
19:57 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, langue française
samedi, 30 mai 2009
Midi le juste
Euh oui, si l'on veut considérérer que Malaga est aussi bien le sud de la France que de l'Espagne :
Les deux Méridionaux se ressemblaient aussi par la volonté de briser les cadres classiques, le tempérament rebelle, la virilité conquérante.
Pour Picasso, Cézanne devait être un septentrional ou un boréal.
De quoi parle-t-on au juste ?
18:17 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : peintre, langue française
jeudi, 28 mai 2009
Mélanges journalistiques, littéraires et langagiers
Voici une petite série de brèves (dont l'actualité est déjà un peu altérée) :
Peuples.net nous apprend que la Princesse de Clèves, dénigrée à plusieurs reprises par le magique président, est au programme provisoire du concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure de 2010. La première fois que notre Kennedy français en avait parlé, c'était justement à propos d'un concours administratif.
On découvre par Facebook les lectures présidentielles (le Rouge et le Noir, Pierre et Jean, Françoise Sagan), mais lorsque le génie de Neuilly évoque de vive voix son admiration pour Zola, il parle des Rougeon-Macquart. On voit sa familiarité avec cette fresque sociale. Source Bibliobs.
Des journalistes en ligne s'indignent de l'article de Xavier Ternisien au sujet des conditions de travail déplorables dans ces rédactions qui servent de robinets à dépêches à peine récrites ou croisées. D'autres s'interrogent sur l'utilité de l'emploi de l'expression "forçats du Web" qui ne se trouvait pas dans le texte de l'édition papier, mais bien comme titre dans la version du Monde.fr. Eric rappelle qu'Albert Londres avait fait un reportage en 1923 à Cayenne sur les bagnards et forçats, et il y voit un renversement ironique*. Je rappelle en commentaire qu'en 1924 le même Albert Londres faisait un reportage sur le Tour de France et évoquait les "forçats de la route". Si Londres lui-même - ce modèle du grand journalisme - a employé la même analogie dès l'année suivante, c'est qu'il voyait une justification par les conditions de vie et de travail. Quoiqu'outrancière, la métaphore n'est pas déplacée ou incorrecte : elle est juste accrocheuse.
Restons sur le même sujet. Martin Vidberg montre par le dessin comment les journalistes en ligne rédigent leurs papiers : toutes les informations, vraies ou fausses, sont mises au conditionnel - ce qui évite de les vérifier, de les croiser et de les recouper.
Hier, dans son émission sur France-Inter (9h 30-10 h), Colombe Schneck a dénoncé le fait que les suggestions de recherche par Google Search associent des noms propres de journalistes aux mots "juif" ou "homosexuel". Ces suggestions sont faites automatiquement sur la base de recherches antérieures par l'ensemble des utilisateurs de Google. Or, ce genre de colocation (occurrence simultanée de deux mots) ne se produit qu'en France, comme si on voulait voir s'il y a un lobby derrière un journaliste. Pierre Haski s'en fait l'écho. Petite précision, il s'agit d'un module de Google Search : Google Suggest qui apparaît sous la forme d'une petite fenêtre avec un déroulant.
* Ne pas hésiter à ouvrir les liens en commentaire chez Eric pour voir les différentes facettes d'une discussion qui se tient à différents endroits.
15:32 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, sarkozy, littérature, éducation, politique, langue française
vendredi, 22 mai 2009
Bon courage !
Simple petit sondage informel : j'ai été étonné de constater ces derniers temps que les gens ne se souhaitent plus "bonne journée" ou "au revoir" ou "à tantôt" en se quittant, mais "bon courage" (quand bien même l'autre ne va pas travailler). Constatez-vous un tel fait autour de vous ? D'où peut bien provenir cette épidémie de "bon courage" dans la France profonde ?
16:31 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française
samedi, 21 mars 2009
De la moyenne en statistique
La durée moyenne d'attente d'un mot entre son attestation dans les textes et son entrée dans le dictionnaire est de 16,9 ans.
Ce qui serait plus intéressant serait de savoir quel était l'écart durant les siècles précédents (disons depuis le début du XIXe s. pour ne pas avoir affaire à tous les néologismes de la Révolution qui ont été enregistrés la plupart du temps avant même sa fin) et s'il s'est réduit au cours des cinquante dernières années où tout se serait emballé. Est-ce que l'on accepte plus vite un mot qu'au temps d'Etiemble ? Autre chose serait de connaître aussi la médiane des mots acceptés, parce que certains régionalismes ont pu attendre plus d'un siècle dans leur forme écrite et ils faussent la moyenne qui est tirée alors vers le bas par les multiples anglicismes et les mots techniques plus vite acceptés. Après, il faudrait voir la répartition de ces entrées par date d'ancienneté dans les textes, et si cela concerne une catégorie de mots plus précisément. Parce qu'une moyenne, cela ne veut rien dire d'autre qu'une moyenne. C'est une statistique parmi d'autres qui ne peuvent se prévaloir d'une vérité individuellement. Tous les mots dits nouveaux ne sont pas égaux.
22:18 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, mathématiques, statistiques
jeudi, 05 mars 2009
Vies sociales nouvelles
Glups. Cela veut dire quoi ?
Secrétaires généraux [de l'UMP]
Alain Milon : Famille et vies sociales nouvelles.
Vies sociales nouvelles, voilà de quoi faire bondir un pingouin, un Villiiers et une Boutin jusqu'à la stratosphère ! Au fait, Alain Milon est-il marié en premières noces et a-t-il des enfants de ce seul lit, parce qu'il devient fort suspect de bien d'autres choses comme la légitimation de ce que nous ne pouvons pas dire vu qu'on est élus par des réacs finis...
21:02 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, langue française, homosexualité
lundi, 23 février 2009
Propaganda
De qui se moque-t-on ?
Guidés par 10 mots de la langue française (retenus par la Drac) : clair de terre, perenne (sic), genôme (re-sic), vision, transformer, clic, compatible...., les participants ont donc manipulé, chahuté tous ces termes pendant plusieurs heures.
Ces mots n'ont pas été retenus par la Drac de ma région, mais par l'OIF pour la semaine de la langue française qui interviendra le mois prochain. Comment peut-on vouloir ainsi travestir la réalité ou ne pas tenter de la comprendre ?
16:23 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, journalisme, presse, média, médias, langue française


