samedi, 07 novembre 2009

Lire Twitter

Comment entrer dans un compte Twitter alors que la personne que vous voulez suivre est en accès privé ? Je me suis posé la question, puisque je protège mes données. 

Repérez d'abord les personnes qu'elle suit, c'est aisément accessible par Google même si le profil est protégé, vous avez aussitôt accès au dernier Tweet publié en cliquant sur la liste des Following. Bien sûr, vous ne pouvez suivre les discussions en entier, mais vous savez ce qui a été dit dans les dernières minutes. Autant dire que c'est frustrant, sans aucun compte personnel.

Une autre bonne source serait de servir des listes Twitter, mais justement elles ne reprennent pas les messages des comptes en accès protégé à la différence des profils qui peuvent les afficher. C'est un peu bizarre cette différence de traitement. La seule liste, celle d'Irène, qui m'inscrit comme twitterien ne reprend pas du tout mes messages diffamatoires envers des élus de la République. Heureusement pour elle ! Je me pose des questions sur la responsabilité de la personne qui accepte des flux qu'elle ne contrôle pas.

On peut aussi compter sur les RT (ou re-tweets), mais c'est aléatoire et tout dépend de qui l'on suit. Il est possible de savoir ce qui est écrit par quelqu'un en privé alors, mais cela nécessite une énergie énorme pour un résultat ridicule. On peut aussi lire des textes ou des images, des vidéos publiés dans un format plus large, sans la barrière du compte Twtter, lorsque l'utilisateur a voulu se servir d'une autre plateforme tout en faisant un lien, mais il faut savoir quand il les a écrits. C'est beaucoup de temps gaspillé. 

J'en viens à l'essentiel. Twitter protège des données et ne les protège pas. Un compte protégé ne l'est pas absolument, tout peut être accessible en temps réel si l'on trouve la bonne porte d'entrée ou si le message a été repris, puisque c'est la règle de base de ce réseau. Il est donc totalement faux de croire que ce soit totalement privé lorsque l'on protège ses données, cela ne prémunit que contre les pourrielleurs. Le système est poreux à la base et c'est ce qui fait son efficacité.

Ce qui est le gros problème, c'est l'articulation entre privé et public. Un compte privé comme le mien n'est pas totalement privé puisque tout peut se retrouver ailleurs, tout peut s'échapper de mon compte, il n'y a que la confiance pour les personnes que j'accepte qui permette la tenue de ce compte. J'ai déjà vu des blogoguerres chez Embruns à partir de messages Twitter où public et privé étaient mélangés et c'est bien le problème de Twitter, non des blogues ou des forums Usenet. Il y a une réflexion à commencer.

mercredi, 21 octobre 2009

La rubrique impérative

Je n'avais pas encore fait attention à ce mot introducteur dans les titres du Point en ligne, mais il est récurrent :

REGARDEZ

On signale une vidéo dans le corps d'un article rédigé, parfois suivie d'autres images arrêtées. Pourquoi mettre en évidence et même avant le titre ce mot ? D'abord, parce que l'on n'a pas de petits gadgets qui signalent la présence d'un son ou d'un film, comme cela se fait dans d'autres médias en ligne. Ensuite, parce que l'on est dans une croyance ancienne qui consiste à s'imaginer que si l'on dit aux gens "Regardez" ils vont regarder forcément. Puis, on peut se dire que cela peut dispenser du nom de rubrique, il est inutile de classer le texte qui accompagne la vidéo du moment que celle-ci est annoncée par le mot "Regardez". Jamais un lecteur sur la Toile ne peut avoir une lecture intuitive à partir d'un signe codifié. Le lecteur va suivre automatiquement, car dans l'imaginaire de certains dirigeants de journaux il attend avant tout des images et de préférence animées. Enfin, ce qui est le plus comique, c'est que cette forme singe celle du journal télévisé : "Regardez donc nos superbes images filmées avec beaucoup de talent par notre grand reporter Schmuck".

L'impératif est la forme privilégiée du journal télévisé (sachez encore, voyez donc, écoutez ce que dit Schmoll, passons à un autre sujet) alors que l'infinitif est la forme préférée des journaux quotidiens et des magazines pour leurs titres de rubrique parce que plus générique. On a juste ici affaire à une forme de télévisualisation de journaux qui publient sur la Toile. Comme s'il ne devait pas y avoir d'écriture propre à la Toile, mais une adhésion à des modèles totalement dépassés. Cela me rappelle plus les réclames des années soixante qu'un véritable passage à l'ère numérique. Un singulier retour en arrière.

 

vendredi, 18 septembre 2009

La pompe à purin du Post : comment orienter le lecteur vers le tas de fumier

Comment faire de l'audience à n'importe quel prix et alimenter la pompe à commentaires (conçue sur le mécanisme de la pompe à phynances chère au Père Ubu) ?

Prenez déjà un pipole. Tout le monde connaît les pipoles grâce à ces magazines d'information ces bouses informes que sont Voici, Gala, Public, Closer, France-Dimanche, Entrevue, Choc, Guts, Ici-Paris et Grazia. (Il me semble que je dois en oublier quelques-unes, mais on n'est pas dans Wikipedia.) Or, cela tombe bien, quand on lit Le Post, on se retrouve confronté à peu près au même genre d'étrons emballés dans un torchon, sauf que c'est plus moderne, puisque c'est en ligne, avec plein de vidéos marrantes autour et même que l'on peut donner son avis.

Or, ce qui est intéressant au sujet d'un pipole, c'est d'abord que tout le monde a un avis circonstancié et argumenté au sujet de sa personnalité profonde, de son psycnisme, de son état physique surtout s'il est question de drogues, de dépendances ou de dopage, sur son histoire dans sa petite enfance, ses drames intimes qui sont toujours pudiquement cachés en étant étalés à la une desdites déjections ou dans les émissions de témoignage. Donc même Ginette qui est femme de ménage à Franprix ou Kévin qui est doctorant en étruscologie à la Sorbonne ont forcément entendu parler des pipoles. Pourtant, l'une sait à peine lire les titres tandis que l'autre décrypte une langue mystérieuse. Autant dire que le pipole n'est pas segmentant et que cela intéresse fort les publicitaires qui aiment les programmes fédérateurs.

Le second intérêt du pipole, c'est qu'il est toujours prêt à dire ou à faire une couennerie quand il ne vit pas un drame intime (le mieux, c'est les deux à la fois). Prenons des pipoles types et bons vendeurs au hasard (Britney Spears, Lindsay Lohan, Paris Hilton), ils semblent avoir été conçus par leurs parents afin de commettre le maximum de couenneries dans le temps le plus rapproché et de préférence en public, parce que sinon ce ne serait pas des pipoles. Le pipole n'existe que parce que l'on parle de lui : Loft Story l'a compris, qui a fait accéder au statut de pipole des personnes n'ayant jamais rien fait dans leur vie ou ne sont pas fils de. Mais il y a une sous-catégorie de pipoles qui non contente de se faire voir au cinéma ou à la télévision veut avoir un avis sur la marche du monde. Le pipole intellectuel en quelque sorte. Celui-là est un bon client pour les émissions de débats de pugilat. Mathieu Kassovitz appartient à cette sous-catégorie.

Il rentre dans un sujet polémique avec un avis que l'on pourrait qualifier de candide : le 11 septembre 2001 (pas le 11 septembre 1973 qui ne lui dit rien et qui ne dira rien aux téléspectateurs ou aux commentateurs du Post). Cela tombe fort bien, il y a eu d'autre pipoles aussi capables de fines analyses que lui à avoir eu des positions identiques : Marion Cotillard et Bigard, ce grand humoriste fort catholique. On rentre alors dans le processus de recyclage des informations anciennes qui est si cher au Post. A partir d'une information, il est possible de faire une foule de  pages nouvelles avec les mises à jour, les mises en perspective, les appels à débat. Ce qui devrait tenir en deux lignes devient un flux d'informations d'âneres qui ne disent rien de plus.

Mais quand on tient un bon sujet de polémique, il ne faut surtout pas le lâcher. Il doit y avoir les pour et les contre. Cela tombe bien, les avis sont tellement opposés que l'on va obtenir un excellent débat de haute tenue morale une bagarre de saloon. D'un côté les complotistes traités de négationnistes, de l'autre des partisans de la raison qui en viennent à des rapprochements insensés. Le but, c'est de faire de l'audience, on le rappelle, donc il faut que le sujet attire le plus possible de trolleurs, de propos dignes du point Godwin et de faire monter la sauce afin que n'importe qui intervienne en disant n'importe quoi sur ce qu'il n'a pas lu ou vu. On le rappelle, le but du Post n'est pas d'informer ou de permettre une discussion : il est d'abord d'attirer des commentaires qui vont déclencher de nouvelles lectures de pages et donc de nouvelles rentrées publicitaires.

J'en viens à l'essentiel après ces prolégomènes de haute volée. Voici un extrait d'un article de la rédaction du Post (pas d'un des blogueurs invités ou d'un posteur) :

Si l'on parle de dérapage pour Mathieu Kassovitz, l'attitude de Frédéric Taddéï n'est pas non plus passée inaperçue.

À l'origine du débat, Frédéric Taddéï aurait "laissé dire" Mathieu Kassovitz, accuse le journaliste Renaud Revel, de L'Express.

Mais le journaliste n'est pas le seul, "un éminent spécialiste de la télévision, François Jost, s'effare que Kassovitz ait pu parler 'sans la moindre contradiction'", selon Arrêt sur Images.net.

Ce qui attire mon attention, c'est la dernière phrase. J'ai lu la brève d'@si auparavant et je donne une autre partie du billet qui n'a visiblement pas été lu ou qui a été intentionnellement été mal lu :

Mais Taddei n'est pas Ardisson. Et ses accusateurs n'ont sans doute regardé que l'extrait de l'émission posté sur Dailymotion. S'il laisse parler Kassovitz, c'est pour mieux le laisser déchiqueter ensuite posément, gentiment, avec compassion (on est en famille) par le reste du plateau. L'écrivain Hélène Cixous s'étonne tranquillement de l'impunité dont bénéficient les plus gros bobards complotistes anti-américains (Kasso : non non non, chuis pas complotiste). Tout aussi tranquillement, Ismaïl Kadaré raconte comment une vie entière sous la dictature albanaise l'a définitivement immunisé contre les énormités de la propagande anti-américaine (Kasso ne répond rien. Pas révisé le Wikipedia sur l'Albanie, sans doute). Seul l'autre pipeul présent, Marin Karmitz, fonce dans la muleta, et remporte le point Godwin, en assimilant Kassovitz aux négationnistes ( véhémente protestation de Kasso : faut pas tout mélanger, Auschwitz, c'est prouvé, tandis que New York, c'est pas prouvé).

Ce que je lis, c'est une ironie à l'égard de François Jost, puis dans la phrase suivante envers Renaud Revel qualifié de "non moins éminent journaliste-médias". Tous les deux n'ayant pas regardé l'émission en question, mais un extrait accessible en ligne. Ce sont deux journalistes issus de la presse écrite qui sont mis au banc des accusés par le procédé traditionnel en rhétorique de l'antiphrase. Cette figure disparaît complètement dans la version du Post qui laisse croire qu'@si décerne à François Jost son onction. Quel est donc le but de cette citation fallacieuse ?

Il s'agit d'abord d'évacuer l'idée qu'il ait pu y avoir une ou plusieurs contradictions en public. Si même Schneidermann déclare qu'il n'y a pas eu de contradiction, c'est donc que cela doit être vrai. Croire à une citation mensongère, ce serait trop compliqué à penser pour le commentateur moyen du Post qui y voit le seul lieu de son expression libre et entière, même s'il dit autant d'âneries que Cindy Lauper tout en se croyant supérieur à elle puisqu'il peut se moquer de sa personne qu'il connaît mieux que tout le monde. Ensuite, il faut bien recentrer le message sur ce qui permet de déclencher un débat une bataille rangée : le 11 septembre a-t-il vraiment eu lieu ? Les gens, enfin les posteurs, ne comprendraient pas les subtilités d'une analyse trop intellectuelle qui consisterait à dire qu'il y a eu une discussion après. Enfin, on jette aux lions deux noms : celui de Kassovitz certes déjà, mais aussi celui de Taddei qui peut devenir coupable de ne pas avoir censuré interrompu l'invité comme l'aurait fait un autre journaliste. Le titre de l'article est éloquent à ce sujet : "Bigard : la liberté de penser est menacée". Bigre ! Bougre ! Foutre ! Fichtre ! Fouchtra ! Et biouchtragueries ! La liberté de penser de monsieur Bigard, ce grand catholique si fervent, me paraissait se situer au niveau le plus fondamental : celui sur lequel il s'assied. Si l'on ne veut pas orienter les discussions algarades ainsi.

Le vrai débat au sujet de ce que lisent ou voient des journalistes issus de la presse écrite (qui écrivent par ailleurs sur la Toile en disant portnawak comme sur le papier) est éliminé donc et réduit à la liberté de penser est-elle ou non en danger ? La réponse est dans le titre, heureusement ! Le Post vous donne la parole ! et vous permet de dire ! tout ce que vous pensez ! même sur ce que vous ne connaissez pas (et n'économisez jamais les points d'exclamation à son sujet). Les censeurs, ce sont les autres, les méchants, les pas beaux. Et pendant ce temps, la marmotte enrobe les clics dans du papier alu qui plaira beaucoup aux publicitaires grâce à un débat à deux balles.

samedi, 05 septembre 2009

13 raisons de mort d'un blogue

Il y a dans la vie des blogues un sujet récurrent, mais que l'on n'aborde que lorsqu'il arrive une nouvelle fois : la mort d''un blogue. Pourquoi un blogue doit-il s'arrêter ? Il a ses commentateurs réguliers, ses abonnements à des flux, son trafic en progression, son classement Wikio ou Technorati en hausse, et puis plus rien. Parfois l'auteur s'exprime dans un dernier billet, parfois dans un commentaire chez quelqu'un d'autre, parfois il ne dit rien, parfois c'est un sujet de polémique. Je recense les diverses raisons en donnant les pseudos de blogueurs ou le nom de leur blogue, mais sans aucun lien. Comment mettre fin à un blogue de manière convaincante ?

1. Vous êtes mort et vous envoyez votre avis de décès d'outre-tombe. C'est le cas de Dominique Autié. Mais la mort est une excuse un peu facile pour les gens qui attendaient leur manne quotidienne. Mais si vous voulez revenir, il faut trouver autre chose pour être pris au sérieux. La mort est de toute manière impardonnable.

2. Votre hébergeur vous dit que vous avez atteint le maximum de l'espace disponible. Vpis devez prendre un abonnement payant ou alors payer encore plus de bande passante. Là, on peut se dire que l'hébergeur a été mal choisi ou que le sujet du blogue n'était pas adapté.

3. Variante du précédent ; votre hébergeur vous dit que votre blogue n'existera plus d'ici trois ou six mois et que vous pouvez transférer tous vos fichiers sur une autre solution payante qu'il propose : c'est le cas des anciens U-blog et Tooblog. Mais comme vous ne comprenez rien aux manipulation, vous perdez des fils de commentaires, des images, etc. ou vous ne pouvez rien récupérer parce que vous ne comprenez rien aux explications très simples de guiques qui se la jouent.

4. Version différente du précédent ; vous avez décidé de passer à un autre logiciel et vous constatez qu'il est incompatible avec le précédent comme Jules de Diner's Room. Que faire ? Ecraser le blogue précédent ou créer un nouveau nom de domaine ?

5. Vous avez perdu vos identifiants tellement vous avez de comptes différents sous une foule de pseudos. Ce n'est pas grave, il vous reste encore plein d'autres blogues, mais ceux-ci sont peut-être moins bien classés que le premier.  

6. Votre patron ou votre hiérarchie vous cherche des ennuis après avoir découvert votre blogue (cas de Bereno inspecteur du travail, d'Un blog de flic, de Garfieldd, du Blog de prof de ZEP, de Petite Anglaise, etc.) Comme vous êtes sous le coup ou sous la menace d'une sanction disciplinaire, voire d'une révocation ou d'un licenciement, vous supprimez le blogue ou le placez en accès restreint. Mais en tout cas, vous recevrez un soutien formel de tous.

7. Au contraire, vous êtes promu comme M. KA de la Boîte à images ou Alain Birenbaum du blog NRV en passant à une plus grosse boîte comme Arrêt sur images ou Le Post. Vous avez le choix entre laisser des archives disponibles pour tous pendant un temps limité et des archives accessibles à certains. Mais vous avez su monnayer votre passage à une sphère un peu moins amateur que les blogues.

8. Vous partez à San Francisco ouvrir une jeune pousse afin de réaliser un nouveau défi qui licencie la moitié de son personnel un an plus tard et cherche une nouvelle capitalisation et un nouveau plan bizness. Modèle Loïc Le Meur. C'est risqué et il faut avoir déjà beaucoup d'argent au départ. Ce n'est pas avec un Skyblog que l'on y arrive, même s'il est plus lu que le blogue dit influent.

9. Vous dites que la pression publique est insupportable, vous ne voulez plus répondre aux questions piégées et bolcheviques du Monde ou participer aux petits déjeuners infernaux de France-Culture ou être invité face aux impertinents du Médef ou devoir justifier votre place de premier des classements, et vous jouez votre diva en annonçant votre arrêt du blogage, mais non du commentaire. Puis vous publiez des billets chez les autres comme invité, puis un nouveau blogue comme Meilcour, puis vous rouvrez votre blogue Versac. Et vous jouez à cache-cache afin de vous faire désirer.

10. Vous comprenez que votre entourage immédiat (parents, collègues, voisins, amis) vous lit. Vous avez de plus en plus de mal à faire la part des deux identités et l'une empêche l'autre de s'exprimer, cas de Pascal de Finis Africae.

11. Vous n'avez plus rien à dire, du moins sous cette forme. Il est temps de passer à une autre identité, cas de Narvic de Novövision. Variante : vous n'avez plus rien à dire ou vous avez l'impression de vous répéter, quelle que soit la forme. Un conseil : faites des listes, comme celle-ci, ou des chaînes afin de prolonger l'agonie.

12. Vous attirez trop de trolls et il se distribuerait des paniers entiers de points Godwin dans chacun de vos fils de commentaires. Votre blogue ressemble à un grand portnawak et vous ne voulez plus avoir à censurer des gens ignobles (surtout si vous êtes contre toute censure). C'est ce que l'on pourrait nommer les blogues Calimero.

13. Vous avez bu trop de Guinness à République des blogs ou aux raouts de Vendredi et vous avez fait une fausse manipulation en voulant parler en bien de cette dernière rencontre constructive ou du mal des gens que vous avez vus.


Je me suis arrêté à un chiffre impair, parce que la liste n'est pas limitative. Elle peut être complétée.

dimanche, 23 août 2009

Pourquoi donc un écureuil ?

Le nom même de la bestiole qui occupe les squirrelizers n'est pas déterminé avec précision. En français, cela pourrait correspondre en effet à une marmotte, mais on a préféré calquer l'anglais Columbian Ground Squirrel (l'écureuil de terre colombien) plutôt que de chercher son équivalent en français. On connaît déjà ces faux amis au sujet du chameau, du pingouin ou du renard roux.


Il y a pour cela d'autres raisons sous-jacentes : la marmotte est considérée comme l'animal qui hiberne par excellence. On dit dormir comme une marmotte, réagir comme une marmotte. La marmotte est passive dans l'imaginaire français (tout comme le loir que beaucoup n'ont jamais entendu mener une sarabande dans un grenier durant la nuit). La marmotte appartient plus à l'imaginaire américain qui guette son réveil pour attendre la nouvelle année. Rien de tel en France. Je ne parle même pas de la marmotte qui "met le chocolat dans le papier alu" ou "qui pousse", parce que cela peut devenir très vulgaire (en gros homophobe et scatologique).


En revanche, l'écureuil possède des qualités positives en français. Il est synonyme d'épargne et de prévoyance en France, puisqu'une célèbre banque l'a pris comme emblème et comme surnom. Il est synonyme d'espièglerie, de vivacité d'esprit et de débrouillardise en Belgique où il a donné son nom wallon à un célèbre groom-reporter que je ne présenterai pas (et qui est d'ailleurs affublé d'un compagnon animal du type écureuil roux européen). Les célèbres Tic et Tac de Walt Disney n'étaient déjà pas des écureuils, mais des tamias et ils ont été acclimatés en France comme tels parce que cela les valorisait et les rapprochait des lecteurs.

On a deux idées contraires, d'un côté la marmotte qui surgit de terre quand vient le soleil et qui reste là dressée sur ses deux pattes. De l'autre, l'écureuil qui apparaît à l'improviste n'importe quand, pour s'évanouir en vitesse l'instant d'après. Le calque lexical de l'anglais a permis d'éviter toutes les connotations négatives attribuées à un rongeur afin de prendre les connotations positives d'un autre rongeur.

samedi, 25 juillet 2009

Je twitte en bloguant

Et en peu de mots.

twitter.png

dimanche, 31 mai 2009

Féminisme, mon erreur !

Ben, je ne suis pas si sûr que Mademoiselle, il y a l'Huma et Mediapart depuis deux heures avec son seul mot clé.

Vous connaissez les alertes "Google" ? Vous collez un mot et le grand manitou repère directement, dans la mââsse d'informations, les endroits ou ce mot est cité. Moi j'ai mis "féminisme", autant vous dire que ma boîte mail n'est pas envahie d'alertes.

Mais il faudrait utiliser d'autres mots clés et d'autres sources pour cibler mieux, au lieu de se livrer à un dragage primaire dans la presse imprimée qui est reprise par Google News et pas des autres sources possibles.

mardi, 12 mai 2009

4999

Ceci est une note de service de pure forme afin d'avertir que la prochaine note - forcément des perles du Canard - sera la 5000e de ce blogue-ci qui avait commencé son aventure le 21 mai 2005 chez Monblogue, plateforme québécoise un peu bancale et à l'heure québécoise. Les chiffres sont approximatifs puisque je n'ai pas repris toutes les anciennes notes. Ce sera aussi le quatrième anniversaire ou presque. Il y a pour l'instant 21 400 commentaires (mais je ne sais si monsieur Hautetfort compte aussi les commentaires supprimés du fait de ma cenSSure bolchevo-fachisse envers les pubeux et les injurieux). Je deviens donc non un blogueur influent, mais un blogueur avec de gros chiffres pour affirmer son ancienneté, son expérience et sa production (car l'activité principale d'un blogueur doit être de commenter ses statistiques d'audience, de classement, de publication de classement, de production de billets et un billet sur un anniversaire ou un nombre rond cela fait toujours un billet de plus, alors autant fractionner le plus possible toutes les annonces de nombres à venir). Je ne vous certifie pas l'exactitude des nombres, mais on peut faire comme si et déboucher le champignac !

samedi, 09 mai 2009

Par la barbe de Rackham le Rouge !

licorne.jpgSi vous avez vu cette image, c'est que vous êtes forcément un pirate de l'Internet à votre propre insu !

 

En effet, j'ai reproduit ici une image publiée sur la Toile à partir d'un blogue qui lui même reprenait cette image d'un album pirate (et fort mal imprimé) de Tintin en chinois numérisée je ne sais trop où. Certes, les couleurs sont atroces et peu conformes à l'original ou aux versions ultérieures, certes on ne comprend strictement rien au texte quand on n'est pas sinophone, mais votre propre piratage est parfaitement avéré puisque vous avez téléchargé cette image en même temps que vous avez voulu lire mon blogue. La Fondation Moulinsart par son représentant Nick Rodwell à l'éthique reconnue de tous les bédéistes, Denis Olivenne (avec la caution de Jean Daniel et dee installations sanitaires de Claude Perdriel), Christine Albanel munie de son pare-feu pour OpenOffice, Maxime Le Forestier et son parachutiste, Juliette Gréco en compagnie de Belphégor...  vont vous poursuivre comme les Erynies ou l'œil dans la tombe pour avoir bafoué les droits patrimoniaux et non moraux de leurs productions indispensables,

Pour éviter une telle mésaventure, il ne vous reste plus qu'à installer chez vous un mouchard payant, non interopérable qui espionnera tous vos faits et gestes sur vos PC et portables et qui vous désignera comme un criminel si vous lisez encore ce blogue. qui est aussi simple, claire et lucide que le geste du capitaine Haddock !
C'est possible maintenant grâce à la loi Hadopi.

vendredi, 27 mars 2009

Vendredi, ou la vie des coupeurs-colleurs sauvages

Ces deux notes de bas de page d'un billet de LSP n'ont pas été reprises dans la une de Vendredi (l'hebdomadaire qui n'avertit pas les blogueurs qu'ils seront recopiés, coupés, réécrits, retitrés, émasculés de leurs liens ou de leurs attendus, mais qui se félicite de leur offrir une vitrine incomparable afin de leur faire de la publicité en toute gratuité et qui leur demande de ne plus lire d'autre journal) :

* Cette déclaration bouffonne, très comparable à celle attribuée à Marie-Antoinette sur la brioche, sera peut-être considérée plus tard comme la marque de la déconnexion définitive des “élites” par rapport au bas peuple.

* Ce qui est quand même bien plus élégant que “né avec une cuiller en argent dans la bouche”. Le grec porphura signifiait “pourpre”, cette matière colorante rouge vif extraite d’un mollusque, le murex, et qui servait à teindre les habits des hauts dignitaires. Ce mot a donné aussi porphyre (roche rouge foncé).

Ce qui est plaisant, c'est que l'on perd alors tout ce qui est plaisant. La première note en noir était motivée par ce passage : "et l’auteur de la fameuse phrase sur les montres Rolex*" qui désignait un célèbre publicitaire. La deuxième en rouge par celui-ci : "Si un héritier, mâle de préférence, naissait pendant son quinquennat, il serait porphyrogénète (du grec porphurogenêtos, “né dans la pourpre”*)".

Or, que je sache, Vendredi est imprimé en couleur. On aurait pu conserver la plaisanterie au sujet de la couleur rouge, manifestée par la typographie. Cela aurait pu être considéré comme une incidente au cours d'une phrase, mais non, pas du tout... Il faut couper le sujet même dans sa forme ou lorsque la forme parle du fond et dit les possibilités métalinguistiques et poétiques d'un blogue. Il est particulièrement cocasse de voir que l'appel de note en noir disparaît totalement, que celui en rouge passe en noir, et que l'on perd tout ce qui fait le jeu de l'écriture au sujet des couleurs sur la Toile par cette mise à plat.

Couper des notes ne serait pas un acte grave quand elles ne disent rien de sérieux, pensera-t-on. Mais qu'est-ce que cela veut dire lorsque l'on ne voit pas le rapport étroit et ludique entre le corps du texte et la note ? Lorsque l'on reproduit malgré tout un appel de note en noir et non en rouge, sans note afférente, parce que l'on ne maîtrise pas le couper-coller ? La subtilité littéraire ou typographique serait-elle donc impénétrable à la rédaction de Vendredi ? Certes, la plaisanterie est mineure et facile, mais il y avait un jeu qui n'a pas été vu parce que l'on s'est focalisé - plus d'un mois après la publication du texte ! - sur l'érudition et le mot rare (porphyrogénète) sans regarder le détail du texte et la motivation des notes qui peut justement être dans les notes de bas de page...

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