mercredi, 18 novembre 2009
Guainoterie : Vichy n'a jamais existé !
Cela m'avait échappé. Voici ce que notre digne et extraordinaire président a déclaré dans la Drôme, lorsqu'il est allé s'adresser aux culs-terreux qui osent déclarer qu'on les prend pour des bouseux un peu niais.
Rien n’est moins dangereux pour la démocratie et pour la liberté que la République, fût-elle une et indivisible. Depuis deux siècles, à part l'expérience de la Terreur, nul totalitarisme n'a menacé nos libertés. C’est que la culture française est irréductible au totalitarisme.
Le Canard dans lequel je lis cette déclaration attribue l'origine des propos à Henri Guaino et cela ressemble en effet à une nouvelle guainoterie. BHL, pour lequel je ne manifeste pas la plus haute estime tant s'en faut, parlait à son sujet de maurrassisme et je crois qu'il avait un peu raison. Parce qu'enfin... comme le relève le Canard, c'est non seulement oublier un triste épisode entre 1940 et 1944, mais aussi les deux empires qui n'étaient pas des "havres de démocratie", or les deux empires ont été établis comme la continuation des deux premières républiques. Les pouvoirs spéciaux au gouvernement en Algérie ne sont pas mal non plus dans le genre de dictature dans une forme démocratique. Il l faudrait également parler des droits et libertés accordées aux "indigènes" de nos colonies, par exemple comment on manifesta le sens de la démocratie à Sétif ou Madagascar au moment de la libération du territoire français en Europe, comment les Martiniquais peuvent apprécier le jour de la Saint-Valentin. Et combien d'autres épisodes... L'armée tirant en rangs serrés contre des ouvriers, des femmes et des enfants à Fourmies, est-ce la meilleure preuve de la défense des libertés ? La Terreur aurait donc été le seul épisode totalitaire de notre pays ? Comme c'est étrange... Il n'y aurait donc pas eu de Terreur blanche au retour des émigrés, au moment de la Restauration ? Pour un fervent lecteur du Rouge et le Noir, cela peut sembler un peu bizarre cette dénégation. Le seul mal aurait donc été la Terreur et pas du tout les divers manquements aux principes de la Déclaration des droits de l'homme qui ont pu survenir ensuite ? Mais qui espère-t-on convaincre ainsi en ne donnant comme seule vraie faute l'époque de Robespierre ? Serait-ce parce que la comparaison avec d'autres époques et une en particulier serait un peu déplacée et inconvenante ? Dans l'opération de récupération de l'électorat d'extrême droite, on a connu plus subtil.
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lundi, 16 novembre 2009
Fiat Lux !
Je commence à être légèrement excédé par la campagne sur les ondes nationales au sujet des lampes usagées. Certes, je suis partisan du tri et du recyclage des déchets et je me suis inquiété auparavant du sort des ampoules basse consommation qui n'est pas sans poser de problèmes. Mais je suis consterné que l'on parle de lampes dans un sens classique pour le récipient qui contient le combustible, alors que le terme lampe désigne aujourd'hui dans le langage courant et en rapport avec l'habitat le support qui peut accueillir des recharges diverses comme des ampoules, des tubes et comme chez moi des torches. Or ce sont ces derniers objets qu'il convient de rapporter chez un distributeur au lieu de le jeter bêtement à la poubelle, non pas ce qui vous sert à envelopper ou à soutenir l'ampoule ou le tube (que ce soit le pot, la vasque, la toupie, le cube, et toutes ces choses que l'on désigne couramment comme lampes dans les magasins d'ameublement parce que l'on peut y placer une ampoule).
Il est parfaitement exact de parler de lampes au sujet de ces recharges. C'est le sens technique et ancien. En revanche, c'est un peu risqué, parce que l'on risque de ne pas être compris : la lampe, pour la plupart des personnes, n'a que le sens de l'objet qui s'illumine. C'est le lumignon de salon ou la suspension de salle-à-manger (en papier crépon et sous forme sphérique chez les babas cools, dans une citrouille pour les américonaïaques) ou l'encadrement du tube au dessus de l'évier de la salle de bain ou de la cuisine. Pas l'objet qui contient le combustible. La métonymie est passée par là et les marchands de lampes design sans aucune ampoule ont fait passer ce nouveau sens. Il faudrait rappeler d'abord le sens premier de lampe pour les plus mal comprenants qui ne savent pas lire les logogrammes ou ne savent pas les voir (et cela se recrute dans toutes les couches de la société), parce qu'ils ne voudront pas se déssaisir de la lampe en bois achetée à Emmaüs ou héritée de la tante Hermentrude, et il jetteront leurs ampoules basse consommation dans le bac commun puisque ce n'est pas vraiment une lampe selon eux. Que l'on commence à voir quelles sont les représentations des gens auxquels on parle, il y a énormément de non techniciens ou non érudits dans la population française, ce n'est d'ailleurs pas de leur faute. L'écologie doit être sociale, ou elle ne sera jamais !
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dimanche, 15 novembre 2009
Le copier-coller de Kennedy en dégradé de plus en plus gris
« Vous qui, comme moi, êtes Américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis peuvent faire pour le monde, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le monde. » John Fitzgerald Kennedy, discours d'investiture du 20 janvier 1961.
Le discours est ensuite décliné ainsi en France (je passe les versions étatsuniennes, dont celles obamesques) :
« Rassemblez-vous, mobilisez-vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour notre pays ». Ségolène Royal, le lendemain de sa victoire aux primaires socialistes dans un appel aux militants et sympathisants, le 19 novembre 2006.
« On ne peut pas vouloir bénéficier des droits sans se sentir obligé par les devoirs. On ne peut pas vouloir bénéficier de la Sécurité sociale sans jamais se demander ce que l’on peut faire pour son pays. » Nicolas Sarkozy au sujet de l'identité nationale, 12 novembre 2009.
C'est un peu bizarre, mais je crois qu'il y a une très grosse différence entre le discours de Kennedy et puis le dernier qui exprime le rétrécissement de la citoyenneté. Je me sens pris d'une sympathie incongrue pour Kennedy par rapport à son avatar dégénéré et franchouillard qui croit bon de reprendre la phrase de Kennedy face à la Porte de Brandebourg et où il confond Brüher (bouillon) et Brüder (frères) dans son texte. Cette différence, c'est celle d'une époque où l'on pouvait parler de rêve américain, mais peut-on parler de rêve français quand on demande d'accomplir des devoirs sans rien au delà de ce que l'on possède déjà ou que l'on veut vous retirer ce que vous avez déjà péniblement gagné ?
Revoyons les mots de Kennedy : citoyens du monde. C'est tout ce que l'on veut sauf un débat au sujet de la présence de la burqa afin de complaire à son électorat le plus raciste, c'est tout ce que l'on veut sauf un discours évoquant les fraudes aux assurances sociales afin de satisfaire les discussions poujadistes de bistrot, c'est tout ce que l'on veut sauf un discours nationaliste. C'est un discours noble, peut-être insincère vu la politique suivie après, mais noble malgré tout parce qu'il demandait un dépassement personnel, un engagement. Et cette noblesse, je ne la trouve pas dans les restrictions de 2009. Bien au contraire.
19:16 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, kennedy
lundi, 09 novembre 2009
La rhétorique qui travestit l'histoire et la géographie
«On veut prendre un avion. Tous les vols commerciaux sont pleins, alors on loue un avion privé (...), poursuit Philippe Martel. De la mairie, nous sommes allés porte de Brandebourg, il faisait nuit. Il y avait du monde, continue-t-il. Là, on croise François Fillon qui était tout seul. On n'a pas été étonnés de le voir, car il était un grand spécialiste de défense et de relations internationales. On est partis à Check point Charlie et là, on a rencontré une famille allemande qui, en nous entendant parler, nous a abordés - c'était des francophones, un couple avec enfant - et nous a dit: "la liberté est en marche, n'ayez pas peur de la réunification allemande".
Le gros problème de ce genre de déclaration, c'est que la Porte de Brandebourg était à... Berlin-Est, dans le secteur soviétique ! Elle était entourée d'une sorte de no man's land et jamais Kennedy ne s'est adressé à la foule berlinoise sous la porte de Brandebourg ou sur la Pariser Platz, puisqu'il était en face dans le monde dit libre. C'était le lieu le plus fortifié et le plus désert de l'ex-Alllemagne de l'Est. Si Philippe Martel, Alain Juppé et notre splendide président ont d'abord visité ce lieu, c''est qu'ils s'étaient rendus en RDA d'abord, puis qu'ils sont passés à l'Ouest par le fameux Check Point Charlie. Le RPR avait-il des liens privilégiés avec le Parti socialiste unifié d'Allemagne, le SED (ou le vrai nom du PC allemand de l'Est) ? Cela ne m'étonnerait guère, vu les liens que Xavier Bertrand a établi entre l'UMP et le Parti communiste chinois (en attendant le coréen du Nord ou la junte birmane). La Porte de Brandebourg était invisible de l'Ouest, non seulement à cause du mur, mais aussi de tentures qui avaient été placées devant afin qu'il n'y ait pas d'images de l'édifice entier. Quand on voit les images de Kennedy en 63, il est sur une estrade, en hauteur, face à la Porte, mais on ne voit rien d'elle, il n'y a aucune photo de Kennedy devant cette porte. C'est par un effet rhétorique et purement textuel que l'on parle de son discours devant la Porte de Brandebourg, parce que ce lieu lui était interdit tout comme aux Allemands de l'Ouest et de l'Est. La Porte de Brandebourg n'existait plus que dans les textes, pas dans les images ou alors celles du passé. Elle était la figure de l'interdiction et comme telle elle ne pouvait être représentée puisqu'elle n'était pas vue. Mais quand on veut mythifier l'histoire, on est prêt à transformer une figure de style en réalité politique.
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dimanche, 08 novembre 2009
Notre prestigieux président dans les textes qu'il signe
Notre divin et admirable président ne sait vraiment pas s'exprimer en français alors qu'il tient absolument à l'identité nationale :
Nous filons ensuite vers Check Point Charlie pour passer du côté est de la ville, et enfin confronter [sic] ce mur dans lequel nous avons pu donner quelques coups de pioche.
Dire qu'il est ridicule une fois de plus serait superfétatoire. Il devrait engager de meilleurs nègres pour tenir ses comptes 2.0.
Je republie ce texte qui avait déjà été édité le 8 novembre. Le texte était inaccessible et il renvoyait aux commentaires d'un autre billet.
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mercredi, 21 octobre 2009
L'affaire Emile Zola
Il faut le lire pour le croire, c'est dans le Figaro (lu sur la suggestion du Canard, parce que le Fig n'accompagne pas mon café matinal). Cela concerne une commune qui est passée à gauche aux dernières élections ! Il ne s'agit même pas des affidés de Le Pénible ou des identitaires du maire de l'Orange amère ou des sectaires de l'Agité du bocage, voire de vulgaires sarkozystes.
La littérature peut provoquer des dommages pour l'équilibre psychique des enfants. Sans doute va-t-il falloir obliger les éditeurs à intégrer cette mention sur la couverture des ouvrages. La crèche Émile-Zola accueille depuis quarante ans les bambins d'un quartier de Carpentras. Mais le conseil municipal, pour cet anniversaire, vient de décider de débaptiser la crèche. Le motif ? Le «misérabilisme» associé au nom de l'écrivain «démoraliserait» les personnels.
Réduire le nom de Zola à ses seuls romans se déroulant en milieu ouvrier (en gros l'Assommoir, Germinal et la Bête humaine qui n'est d'ailleurs plus une peinture sociale) c'est vraiment manifester une connaissance sommaire de son oeuvre. Tous les milieux sociaux sont évoqués dans les Rougeon-Macquart que decouvre notre divin président ; paysans, commerçants grands ou petits, financiers, nobles, prêtres, militaires, artistes, politiciens. Son oeuvre parallèle, avant, pendant et après sa grande série montre quelqu'un qui peut se révéler fort sentimental et fleur-bleue qui pourrait faire passer Daudet comme un modèle de sadisme. Il suffit de se pencher sur les contes par exemple.
Que l'on invoque son explication des comportements par le déterminisme, c'est peut-être pertinent. Mais Zola s'est justement battu contre le déterminisme qu'il avait découvert dans les idées de Claude Bernard. Le Docteur Pascal est précisément la manifestation d'une croyance en avenir meilleur. Que ce soit naïf, que ce soit aventureux, soit. Mais Zola - qui n'était en rien un scientifique - ne connaissait pas l'ADN à son époque, ne savait pas que l'on pourrait décrypter des génômes, tout juste connaissait-il quelques notions de sélection génétique ou d'hybridation propres à son époque. Il est le reflet de cette époque, des connaissances de son temps, et cependant il refuse totalement de déterminer quelqu'un par son origine lorsqu'il prend parti dans l'affaire Dreyfus et se retrouve condamné à la prison pour outrage au chef de l'Etat.
Le Zola qui est honoré partout en France, ce n'est pas l'écrivain. Ou sinon nous aurions plus de rues Virgile ou Homère dans nos villes. On ne voit pas de cénotaphes de Molière ou de Rabelais ou de Montaigne au Panthéon. Il rivalise avec Pasteur, de Gaulle, Jules Ferry et la grande star Léon Gambetta pour les noms de lieux. C'est le républicain défenseur des valeurs de la République, lors de l'affaire Dreyfus, qui a été célébré. Donner un nom de rue ou de crèche, c'est un acte politique. Débaptiser un lieu nommé Emile Zola est un acte politique qui se sert de la littérature comme prétexte. Un acte anti-républicain et anti-littéraire.
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mardi, 13 octobre 2009
Du haut de ces pyramides, 23 ans vous contemplent
Au sujet du Prince Jean, un godillot ose cette comparaison :
Ainsi, Jean-Christophe Lagarde, député (NC) de Seine-Saint-Denis rappelle à l’AFP qu’à l’âge du jeune homme - 23 ans -, «Bonaparte était général d’armée et il devait être en Egypte. C’est une tare typiquement française, où l’on considère que si on n’a pas 50 ans on n’est pas capable de faire quoi ce soit.»
Je ne sais si le député carpette est nul en arithmétique ou plutôt en histoire. Mais Napoléon est né en 1769 ; quand il a eu 23 ans, la République venait juste d'être proclamée ; de simple lieutenant, il se fait élire lieutenant-colonel de la garde nationale cette année par la menace ; mais l'année suivante, il n'est plus que simple capitaine d'artillerie, puis chef de bataillon (commandant) et se retrouve soudain sans affectation, car en disgrâce politique. C'sst en décembre 1793 qu'il est nommé général de brigade du fait de ses amitiés politiques et de son sens de l'intrigue auprès du parti au pouvoir, soit à 24 ans. Il ne commence la campagne d'Egypte qu'en décembre 1797, soit à 28 ans. A force de vouloir prouver à tout prix les absurdités présentes, on profère aussi des absurdités sur le passé. Parler de Bonaparte pour vanter les "généraux de vingt ans", c'est négliger le fait qu'il a dû d'abord sa carrière à sa fréquentation des salons et des cafés autant qu'à la répression des insurrections et qu'il a mené d'abord une stratégie de courtisan. Ensuite, parler de Napoléon présent en Egypte à 23 ans, c'est vouloir un peu trop prouver son opinion par des images d'Epinal. Et surtout prendre les électeurs pour des imbéciles qui ne connaissent que celles-ci.
20:42 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, histoire
jeudi, 01 octobre 2009
Le mensonge qui obscurcit la vérité
Trouvé chez Pascale Robert-Diard*, cette phrase enflammée du Poëte-Premier ministre coupable dans une affaire qui est loin d'être un cours d'eau tranquille et limpide** :
Je suis heureux d’apporter ma contribution à l’émergence de la vérité dans une affaire où les mensonges et les manipulations ont obscurci la vérité.
Diantre ! Ou bien la vérité est évidente, manifeste, et donc claire, ou bien elle n'est pas une vérité et donc il s'agit... d'un mensonge. Le premier but d'un mensonge, c'est justement de taire, de dissimuler, de travestir la vérité, mais l'obscurcir ce serait bien plus difficile, puisque le mensonge devient la vérité présentée. Comme tout le monde déclare que l'affaire est obscure, le Voleur de Feu présidentiable se place du côté de tous ceux nombreux qui déclarent n'y comprendre que pouic et peau de saucisson. Cela vous est obscur ? Je vous révèle pourquoi ! Ce qui est intéressant dans la posture adoptée, c'est que notre héritier de De Gaulle et de Rimbaud (associés dans une maison commune) ne prétend pas parler en son seul nom comme s'il avait déclaré seulement qu'on l'a sali, blessé, calomnié, humilié, mais qu'il semble prendre une posture supérieure en parlant d'une vérité supérieure et transcendantale à laquelle on n'aurait pas eu droit comme les prisonniers d'une caverne platonicienne. Et cette vérité serait de la plus haute importance pour la bonne marche du pays, voire du monde. Le seul problème dans ce genre de rhétorique fort démonstrative et maladroitement cicéronienne, c'est que l'on tombe vite sur la tautologie et les raisonnements en rond avec comme présupposé des faits ou des concepts non prouvés, mais seulement clamés comme des assertions. Et pire... sur des lapalissades comme le mensonge qui obscurcit la vérité ! Les émules des 2be3 l'avaient déjà dit, le feu ça brûle, l'eau ça mouille.
* PRD confirme sa réputation de meilleure chroniqueuse judiciaire de la blogosphère, ses comptes rendus du procès publiés au fur et à mesure sont plus savoureux et cohérents que les autres.
** Je ne retiens que celle-ci pour l'occasion, le procès en question est un festival oratoire assez consternant et fort réjouissant à la fois dont on pourrait tirer dix billets linguistiques par jour.
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jeudi, 17 septembre 2009
Le discours GPS dans la pub
Une chose me casse particulièrement les oreilles sur les ondes nationales et publiques : les publicités qui adoptent un discours et une diction de GPS. Déjà, lorsque l'on écoute un GPS, c'est particulièrement ennuyeux et pénible puisque toutes les petites séquences sonores sont préenregistrées afin de correspondre à des situations standard selon un modèle autoroutier qui ne correspond pas vraiment au schéma routier secondaire ou à celui des rues villageoises. Le français de mon GPS laisse aussi à désirer puisqu'il me demande par exemple de continuer "zéro virgule cing kilomètres" comme c'est écrit sur les cartes.
Depuis peu donc, une mutuelle d'assurances présente un petit programme qui consiste à guider l'auditeur vers son siège, le tout à l'aide de verbes à l'impératif et d'indications de direction par une voix de robot. Auparavant, c'était un organisme gouvernemental qui voulait prévenir du danger du cancer colo-rectal et de la nécessité d'un dépistage, mais là on se rendait... aux toilettes. Sympathique au petit déjeuner On imagine deux créatifs d'agence de pub qui se demandent comment présenter une nouvelle annonce d'intérêt général sur une chaîne publique qui paye mal, ils ne vont pas se casser la tête en inventions.
Quel peut bien être l'intérêt de telles formes de discours ? D'abord, la publicité partage un trait stylistique avec les messages de GPS : elle est injonctive pour une large part. Mais les incitations peuvent sembler des agressions pour beaucoup et il convient de les noyer derrière des artifices, par exemple un complément qui fera passer l'ordre comme cool, sympa, agréable (le plus magnifique exemple est le "Think different" d'Apple qui dit exactement son contraire). La diction GPS sous son apparence synthétique avec des groupes de mots détachés, prononcés leeennteeemeeent et en gommant toute accentuation donne une sorte de garantie de neutralité : on ne vous dicte pas votre conduite, mais on vous montre quand même le bon chemin, la vraie voie à suivre. Ensuite, il y a l'idée que le GPS, c'est un objet ordinaire qui fait désormais partie du quotidien de chaque famille (et là, j'ai un gros doute...) C'est donc une voix familière, au même titre que la sonnerie de portable idiote que votre collègue oublie toujours d'éteindre et qui vous chante par exemple 'les Lacs du Connemara" à tue-tête. On le prend comme une mascotte, une sorte de démon familier et non pour ce qu'il est, un outil qui peut être asservissant. Nous sommes loin des publicités à la mode Terminator des années 80 qui reproduisaient des sortes d'images de guerre électronique avec viseur et coordonnées écrites dans l'écran, mais le but n'a pas changé.
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jeudi, 10 septembre 2009
De la récup'
J'adore Christophe Ginisty. Ses déclarations, toutes frappées au coin du bon sens de ma grand-mère atteinte d'Alzheimer, toutes remplies de clichés vieux comme mes robes, sont écrites dans un charabia invraisemblable que l'on n'enseigne guère que dans les écoles de RP (relations publiques, autre nom des pubeux qui ont honte de la réalité de leur métier). Si l'on ajoute le fait qu'il milite comme dissident Modem, le portrait est complet et on comprend pourquoi il ose des phrases comme :
Nous sommes face à un pouvoir décomplexé qui est entre les mains des "théoriciens du karcher". Ils n'ont jamais caché leurs inclinaisons à pratiquer un populisme douteux, surfant sur la peur de l'autre et le rejet de la diversité.
Le gouvernement français actuel penche en effet du même côté raciste que le gouvernement italien du clown transalpin. Mais il n'a rien à voir avec la tour de Pise ! Le problème des pubeux, c'est qu'ils n'ont jamais ouvert un livre de français ou un dictionnaire, quand bien même seraient-ils inscrits au Modem afin de faire oublier qu'ils s'expriment aussi mal que les gens qu'ils dénoncent prétendument et qui sont issus des mêmes écoles qu'eux; Frédéric Lefebvre aurait pu s'exprimer exactement dans les mêmes termes pour dire le contraire !
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