vendredi, 19 juin 2009

La parole conative de notre divin président

Les paroles présidentielles peuvent être expliquées de bien des façons, il est possible de voir la fonction métalinguistique à l'oeuvre comme Olivier qui s'interroge sur les manifestations de sincérité, mais moi après coup, je me suis demandé quel était l'interlocuteur réel de notre divin président :

Réponse de Nicolas Sarkozy, après un léger rire: "C'était pas la peine de vous mettre à ma droite pour parler de ça, franchement.

Pourquoi la position du journaliste changerait-elle quelque chose au sens du propos ? Serait-ce une allusion à l'apologue des deux brigands qui entourent le Christ ?  Le mauvais bandit était bien sûr à gauche...

Enfin écoutez c'est ridicule. Franchement, monsieur, franchement c'est ridicule.

Là, il interpelle clairement le journaliste, mais il le fait comme si celui-ci était un juge ou un procureur qui avait livré ses arguments à charge.

Pas vous, hein, je me permettrais pas, je vous respecte mais enfin écoutez.

Pourquoi "pas vous" ? Parce qu'il a dit "c'est ridicule" et qu'il a peur que l'on confonde l'attaque sur les soupçons et puis une attaque sur la personne qui pose des questions sur ces soupçons ? Er on glisse vers le public plus général après la prise à partie d'un seul qui ne rapportait pas son opinion.

Soit il y a des éléments, donnez-les nous. (Balbutiements).

Le journaliste en question n'a que les éléments établis par les juges d'instruction et répercutés par les associations de victimes. Il n'est pas un juge ou un procureur ou un avocat et il ne peut se substituer à eux. Mais on fait comme si l'on se trouvait devant un tribunal.

C'est grotesque, voilà, c'est ma réponse. Alors qu'est-ce que vous voulez que je vous dise. Raisonnement: Pour son financement Monsieur Balladur aurait accepté des commissions qui n'auraient pas été payées ensuite et ça a donné Karachi… Mais enfin, respectons la douleur des victimes. S'il vous plaît mais qui peut croire à une fable pareille. Qui peut croire à une fable pareille. Et puis si vous avez des éléments donnez-les à la justice et demandez à la justice qu'ils [sic] enquêtent.

C'est exactement ce que la justice a fait et ce sur quoi le divin président était interrogé. Le journaliste en question n'a pas enquêté afin de détenir une autre vérité que celle détenue par les juges d'instruction dont il relaye les éléments.

Mais enfin franchement qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Mais, honnêtement, qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Y a 14 ans, de surcroît. On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d'Etat n'existe plus.

Première nouvelle que l'absence de secret d'Etat. Notons ici que le vous s'adresse plus au public ici qu'au journaliste.

14 ans après vous venez me poser la question: 'est-ce que vous êtes au courant de rétrocommissions qui auraient pas été versées à des Pakistanais dans le cadre de la campagne de Monsieur Balladur'. Et vous, vous étiez pas au courant non plus, non ? Vous, vous, vous étiez peut-être journaliste à cette époque, peut-être à ce moment là je vous aurais… non, mais je ne vous en veux pas mais enfin écoutez franchement. (Soupir).

Encore une fois une implication du journaliste à l'aide d'un argument particulièrement tordu, il repose sur l'implication de l'interlocuteur dans ce qu'il aurait dû forcément connaître comme son interlocuteur (puisqu'il doit être assez âgé pour avoir connu cette période). Si lui n'a pas entendu parler de commissions à ce moment-là, donc personne n'a pu en entendre parler. On apprécie le syllogisme.   

Enfin, si y a un braquage à Bruxelles aujourd'hui, j'y étais… (rires dans le public) c'est incontestable."
Nicolas Sarkozy se met alors à rire avant de reprendre: "Non pardon, hein, je ris pas du tout parce que Karachi c'est la douleur de familles et de trucs comme ça… mais… qu'est-ce que vous voulez
que j'aille répondre là-dessus."

Et on finit par s'adresser au public en général en feignant de répondre au journaliste.

Que retenir de tout cela ?

1) Le magnifique président tente de déstabiliser ses interlocuteurs en mettant en cause d'abord leur position. C'est une réaction primaire qui devient plus complexe ensuite avec de fausses implications.

2) Il les implique dans la fiction de son récit, même si celui-ci est totalement déconnecté de la réalité (la fable de l'absence de secret d'Etat est particulièrement cocasse et digne d'un ancien régime de l'Est).

3) Il confond le journaliste qui pose des questions légitimes et le juge qui enquête et dont le journaliste reproduit certaines conclusions provisoires. Il faut faire sortir la question du débat en confondant les personnes.

4) Il jongle sans cesse sur les pronoms comme vous (l'interlocuteur et la foule) ou on (lui ou la foule). La fonction conative est extrêmement forte dans cet extrait et je l'ai soulignée. Elle doit s'adresser à la fois au perturbateur et puis à l'audience plus générale

5) Il essaye de se mettre néanmoins l'interlocuteur dans la poche en l'exonérant d'une faute (pas vous) après l'avoir vertement admonesté, tout en pratiquant le système de la douche écossaise.

6) Il finit par une séquence émotion devant laquelle chacun doit s'incliner comme il se doit. On est sommés de se taire.

Mais répondre à des questions de journalistes sur des affaires d'Etat ne signifie pas se livrer à de pénibles effets d'avocat de tribunal correctionnel de sous-préfecture de province en croyant avoir les gros rieurs de son côté.

mardi, 16 juin 2009

DSK en futur président

Je dois supposer que la case élection présidentielle avec premier et deuxième tours est totalement superflue pour un homme d'une telle stature morale que DSK :

« Si l'on me demande de quitter Washington pour devenir président, je prends ; si c'est pour être investi par le PS, je viens aussi ; mais si c'est pour disputer une primaire, non merci, j'ai déjà donné... »

Comment un homme que l'on prétend si intelligent et si démocrate peut se révéler aussi stupide et si peu soucieux des institutions ? Il y a là un mystère qui me dépasse, mais comme les fois précédentes il dira qu'on l'a piégé.

Comment déchiffrer le petit-nègre

Note spéciale à nos amis africains qui ne sont jamais entrés dans l'histoire et qui ne savent pas s'exprimer dans un français aussi correct et soutenu que celui de notre splendide président lorsqu'il lit du Guaino ou qu'il improvise.

En français petit-nègre de sous-développés culturels, on dit : "On ne veut plus de vous, partez !" Voilà qui traduit l'inculture manifeste des Noirs au delà de l'outrage à notre divin président.

En français de France (mère des arts, des armes et des lois), on dit en langage soutenu ceci afin de montrer son lien direct avec le bas peuple en s'exprimant comme est supposé le faire un sous-prolétaire alcoolique ou un marginal sous l'emprise de stupéfiants.

Notons que le Noir, qui est bête par essence (surtout au Gabon), ne sait s'exprimer envers ses supérieurs qu'en employant le vouvoiement lorsqu'il veut montrer son mépris envers ses maîtres naturels. C'est bien la preuve qu'il est incapable d'accéder à la raison, puisque la langue française est d'une logique proprement cartésienne (la preuve en est que Descartes était français). Il montre ainsi sa soumission à la juste mission que s'est fixé notre admirable président puisqu'il respecte encore des formes de politesse et de civilités devenues totalement dérisoires et archaïques pour nos dirigeants français.

Bien entendu, dans cette affaire, ce sont les médias qui sont à l'origine de cette protestation maladroite des Gabonais : ""Ce n'est pas la personne du président qu'on huait (...) c'est l'image qu'on a donnée de ce pays (le Gabon), la nouvelle du décès annoncée de façon prématurée, cela a été très mal ressenti", a ensuite commenté devant des journalistes français l'ambassadeur de France à Libreville Jean-Didier Roisin."

Il est évident que les Gabonais s'en prenaient de manière fort maladroite (ils ne savent pas lire, ni écrire) aux médias de l'ultra-gauche française comme le Point.fr (auxquels ils n'ont pas accès d'ailleurs) qui avaient osé attenter ainsi à la mémoire de l'immense président Bongo, cet humaniste qui a su oeuvrer afin de devenir plus riche que son pays. Il est évident qu'il n'était jamais question de Françafrique, de pillage des ressources de ce pays, d'exploitation par quelques compagnies comme Total, Bouyghes et Bolloré. Mais les Noirs sont bêtes de naissance et par atavisme, bien entendu, et ils ne savent donc pas s'exprimer aussi clairement qu'un représentant du pays de Descartes et d'Elf. Il importe à nous autres occidentaux, détenteurs de valeurs aussi fondamentales que le cours des actions du Cac40, leur apportions enfin la lumière et permettions enfin de replacer leurs propos dans leur sens réel.

samedi, 13 juin 2009

Parti-pris

Le social-traitre Manuel Valls n'en rate pas une dès qu'il y a une sottise à énoncer. Le voici qui déclare au sujet du nom du PS :

Parti renvoie à la lutte d’une classe contre une autre et socialisme renvoie à un projet hérité du XIXe siècle. Ils nous enferment l’un et l’autre dans des conceptions dépassées.

Robert Solé ironise à ce sujet :

Cherchons. D'abord, qu'est-ce qui pourrait remplacer "parti" ? Les mots "union", "mouvement", "rassemblement" ou "front" sont déjà pris. Mieux vaut éviter "milice" ou "phalange", qui rappellent de mauvais souvenirs. "Secte" est exclu. Il reste "club" ou "chapelle", à condition de ne pas être trop nombreux.

Mais enfin...moi, ce qui me surprend le plus c'est que les deux principaux partis des Etats-Unis continuent encore à se nommer Parti républicain et Parti démocrate depuis plus d'un siècle et demi ! Or que je sache ils ne prônent ni l'un ni l'autre la rupture avec le capitalisme, la lutte des classes, la révolution finale ou l'épanouissement de cent mille fleurs. Mais les Etatsuniens sont en fait des communistes et des socialistes qui s'ignorent selon le raisonnement de Valls.  


mercredi, 10 juin 2009

Mon pied vers l'Aisne

Les cellules communication des conseils généraux se distinguent en général par leur mauvais goût. Celui de l'Aisne s'était déjà illustré par une campagne pour vanter ce département comme territoire anglophone et anglomane avec des jeux de mots stupides et recherchés comme Rock'Aisne Roll ou Fish'Aisne Chips et Bed'Aisne Breakfast. Maintenant, on a affaire à la même opération, sauf que l'on remplace les terminaisons par la lettre N.

- Passez à l'heure méditerrané'N.

- Revivez l'époque mérovingie'N.

- La musique se déchai'N.

La sottise des slogans va de pair avec l'absence de réflexion sur la lecture de la lettre : il n'était pas besoin de redonder dans les deux derniers cas la lettre N par la voyelle e ou par le digramme ai. Mais il fallait conserver des lettres pour que le public imbécile puisse comprendre l'astuce qui consistait à donner l'épellation de la lettre.

Dans l'opération de 2009 par rapport à 2005, on fait comme avant, mais seulement à l'envers puisqu'on emploie cette fois systématiquement le "n abréviatif anglais qui avait été ôté au profit du nom du département. On sait se montrer inventif...

Ce qui tient lieu de slogan général ne vaut guère mieux :

L'attitude Ecocitoy'N, un choix abordable et durable !

Passons sur le mot attitude qui, pour une fois, n'est pas postposé, mais les arguments ne valent pas tripette :

* Moins loin et donc moins de carburant et de carbone.

Moins loin d'où ?

* Des opportunités chaque semaine.

Vous multipliez les occasions de venir dans l'N.

Je croyais qu'en français courant l'anglicisme opportunité se disait occasion.

Nous avons affaire à une opération de marquetingue à coloration écologiste pour être dans la couleur de l'époque (le tout sur fond de déploration culpabilisante et de crise économique) et puis d'anglomanie pour faire branchouille et citoyen du monde. Avec en prime des apostrophes de coiffeur. 

lundi, 01 juin 2009

Hardiment, élançons-nous vers le prix du maire de Champignac !

chiffon rouge agité par la droite

une partie de la gauche fonce à nouveau sous les banderilles

tomber sous le sabre du torero

certitudes de l'âge des tranchées

regagner les abris

enfiler les vieux uniformes

la tunique de Nessus

la violence de l'état de nature

nous élancer hardiment hors des tranchées et des sentiers battus

Personne au PS n'a donc eu le courage de dire à Manuel Valls qu'il s'exprime comme un pied en accumulant les pires poncifs d'une prose digne d'un discours de comices agricoles ? Les métaphores les plus grotesques et rebattues se retrouvent dans son propos ! Ce n'est pas en accumulant les clichés langagiers que l'on devient un tribun populaire. Bientôt, il pourra égaler Raffarin en charabia et phraséologie inepte (le tout pour masquer une idéologie assez peu ragoûtante malgré les contorsions mentales).

mercredi, 13 mai 2009

Power to the Ingalls Family !

La SNCF a mis en place des rames familiales baptisées TGV Family. Outre une tendance à l'entre-soi, Bruno de Baecque de l'Amateur d'idées, y voit l'adaptation à une société peuplée de gens qui veulent ne plus vivre avec les autres.

Moi, j'y vois d'abord un concept à la noix issu d'un marqueteur cocaïné qui prend les gens pour des idiots ! Famille ou familial, c'est absolument ringard dans le langage de cette profession de la force de vente qui vit déjà entre soi, alors que family, c'est funny, punchy, trendy, groovy, etcetery. C'est parce que le nom est idiot et pas français qu'on doit pouvoir le vendre mieux : tous les Français sont des veaux qui aiment les noms anglais sans chercher à les comprendre, se dit l'auteur de l'étude de marché. D'ailleurs, on a fait une étude sur les blogues familiaux français (avec toutes les photos du petit dernier) : la majorité se baptisaient Family, ce qui prouve que ce mot leur est familier et qu'il convient à leur univers conçu à la manière de la télévision.

samedi, 09 mai 2009

Y a-t-il un grammairien à l'Elysée ?

Les anaphores idiotes et lassantes de la prose pompière d'Henri Guaino continuent de jouer des tours à la syntaxe présidentielle lors des discours officiels :

Les troupes coloniales montrent un courage admirable. Tout le temps qu'ils participeront à l'épopée de la 1ère Armée, ils se battront pour la France comme s'ils se battaient pour leur mère-patrie. Ils ne seront économes ni de leur peine, ni de leur sang. La France n'oubliera jamais leur sacrifice.

 

lundi, 04 mai 2009

Le CSA me les casse grave...

Comment prononcer ? Je préfère laisser le choix au locuteur, mais je sais qu'il est impardonnable d'écrire le oe ou e dans l'o sans la ligature œ quand elle est exigée par l'histoire et que l'on se pique de lettres classiques ou d'une prononciation académique. 

Comment prononcer les syllabes contenant un « oe » suivi d’une consonne, tels « Œdipe », « oenologie » ou « oecuménisme » ?

Au lieu de se prononcer en matière de prononciation, le CSA devrait penser d'abord à balayer devant sa porte et à se poser des questions d'orthotypographie de base ! En outre, on appréciera l'absolue incohérence de ces articles entre les capitales et les bas de casse...

mercredi, 22 avril 2009

La capuche, voilà l'ennemi !

Hervé Chabaud le réclame haut et fort, et pour une fois je ne peux qu'approuver ses propos vigoureux :

Si les magistrats sont circonspects face à cette initiative sécuritaire cautionnée par Nicolas Sarkozy, les policiers et les gendarmes réclament des moyens et estiment que des encagoulés ou des encapuchonnés qui s’en prennent à un individu doivent être jugés responsables de leurs actes collectivement.

Il est plus que temps de bannir de nos villes des bandes de voyous encapuchonnés ! En voici un exemple fort exemplaire :

cape01.JPGQu'est-ce que l'on attend pour embastiller ces salopards anarcho-autonomes de moines franciscains qui osent défiler avec des capuches dans nos rues en bande organisée et de manière consciente ? Il serait temps de mettre fin à un tel déréglément et une telle violence, parce que non... les capuches, cela ne peut être très catholique. Vivement le retour de la sainte Inquisition, je vous assure et débarrassons-nous des hérétiques...

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