jeudi, 31 décembre 2009

Sur les chemins aux sentiers qui bifurquent

Une chose amusante lorsque l'on ne dispose pas de son propre ordinateur hors de chez soi, c'est de découvrir certaines ressources que vous auriez négligées chez vous. Ainsi de la saisie semi-automatique dans Google. On cherche un blogue, on commence à taper son nom dans la fenêtre et des suggestions s'affichent par un menu déroulant. Or, ces propositions viennent des résultats de la base de données de Google Trends : plus une série de caractères a été demandée auparavant, plus elle sera aisément mise en avant. Je parle de chaîne de caractères et non pas de mots, de noms, de locutions ou de phrases, parce que cela peut ne pas être quelque de sémantiquement ou syntaxiquement fondé. Parfois, il suffit de deux lettres pour qu'une suggestion soit offerte, la séquence Tw- me donne le choix entre tous les Twitter et tous les Twilight, mais non les nombres twelve ou twenty que l'on aurait pu croire plus fréquents. Ils sont juste moins demandés dans cet enchaînement (Twenty year girl devrait pourtant bien fonctionner, mais il faut sans doute écrire twenty en entier pour qu'un nouvel embranchement se crée). Parfois, c'est au bout d'un seul mot ou deux que la machine devine ce que vous auriez pu écrire et qui est en réalité ce que les autres ont écrit. L'algorithme peut se révéler totalement muet, ou bien se déchaîner presque à chaque mot si vous écrivez une phrase. C'est un outil fort capricieux. 

J'avoue que chez moi, je déteste la saisie semi-automatique qui me transformerait en une sorte de robot de ma machine avec des phrases ou des mots déjà enregistrés. En outre, cela a le don de briser tout élan de la phrase lorsque l'on tape un texte ou toute démarche volontaire lors d'une requête. Néanmoins, si on l'applique aux noms de certains blogues et sites participatifs un peu longs ou complexes, on a des surprises. Voici donc ce que je trouve en cherchant certains d'entre eux. Le vrai nom du blogue ou du site a été volontairement effacé. C'est à vous de retrouver le nom caché, c'est souvent facile.

Vous voyez  tout est bien  South Park  la page au lieu du site attendu

Crise dans  le couple  le couple que faire  le bâtiment  un couple  le notariat  les transports  le monde  le BTP

En attendant  Godot  minuit  bébé  l'or

Langue   de boeuf  blanche  de bois  de but  de boeuf sauce madère des signes

La boîte  à pizza  à chansons  à musique  à merveille  à outils  à outils  à scrap

Arrêt maladie  Nicolo  Blanco  de principe  Perruche  Arcelor  Arrighi  maladie sortie autorisée

Rue  Sésame  du commerce  Montgallet  des écoles  du commerce soldes  de la fête

Journal d'un  vampire (2, 3, film, sortie)  chat (assassin)

Les mots sont des fenêtres  ou des murs  des pistolets chargés  des planches  des armes  des êtres  vains  les passants mystérieux de l'âme

Le chasse  marée   spleen Grenoble  montagne les Gets  montagne  spleen  marée Auray Grenoble Saint-Vaast Gisors


Pour tous ces sites, il ne s'agit pas du tout de pages confidentielles avec dix lecteurs qui s'autofélicitent en rond, certains des blogues ont en outre été cités ici et puis je n'ai choisi que des pages écrites par des gens que j'estime ou que j'apprécie. Certaines locutions ne fonctionnent pas toujours même si le nom est fort développé ou assez courant, les requérants n'ont sans doute pas employé le début de la construction en assez grand nombre : les embranchements commencent au millier de résultats dans Google Trends. Il faut un terme un peu significatif pour que commencent des suggestions vous concernant. Le début "le petit" (sans guillemets) donne ainsi : Nicolas, Prince, Journal, Marmiton, paumé, Chaperon rouge, Robert, mais aucun Champignacien, pas assez illustre dans ce cas. Les requêtes concernant le nom de mon blogue ne procèdent pas ainsi, elles n'incluent que rarement l'article ou l'adjectif. Le nom de l'auteur, le titre, le sous-titre ou slogan, l'adresse URL sont autant d'entrées, et parfois un mot est plus clé qu'un autre. Nous sommes dans un étrange labyrinthe où chacun devient le minotaure des autres. 

samedi, 20 décembre 2008

Toute ma vie, j'ai rêvé d'être hôtesse de l'air

natacha.gifPour mon petit jeu langagier et imagier, je ne vous demanderai pas de retrouver seulement la langue dans laquelle s'exprime la fort belle Natacha, mais aussi le titre de l'album original et puis la traduction du titre de la langue présentée. Ensuite, vous expliquerez pourquoi certaines expressions sont plus acceptables en un français régional que dans le français standard (et pourquoi les décolletés de Natacha sont plus profonds et prononcés ou son nombril plus visible dans un langage régional que dans le français international, vu la différence notable des couvertures).

Lamkyre ou Zolurne est exclue du jeu avant la première réponse.

samedi, 13 décembre 2008

Casse-tête pour Gaston

gaston.jpgJ'avais promis de tenir un nouveau jeu à la fois langagier et illustré par semaine, je tiens ma promesse dans des limites acceptables, puisque la semaine n'est pas finie (cela aurait été un peu de mauvaise foi pour tous demain dimanche).

Il faut trouver ici, non seulement la variété de français que parle Gaston Lagaffe, mais en outre la ville dont il semblerait originaire.

Vu le manque d'indices dans le texte - fort succinct -, il ne vous reste plus qu'à vous mettre en marque dans vos Google respectifs. Et cette fois-ci, c'est vraiment gouglable...

Question éliminatoire : l'onomatopée est-elle traduite elle aussi ? Pourquoi ?

lundi, 01 décembre 2008

Lés jonnaus de teurtos lés pays

bijoux.jpgJe me suis trouvé un nouveau jeu à la fois linguistique et iconographique (j'ai arrêté un temps trop long les Arts et les Gens). Il s'agit cette fois de trouver le parler dans lequel s'expriment des personnages célèbres de la bédé franco-belge (et de préférence plus belge que franco de port), de le traduire sans regarder l'album. Puis on pourra commenter leurs expressions et voir si cela diffère vraiment avec la version en français standard ou si l'on se reconnaît dans ce parler au cas où l'on serait originaire de la région en question. C'est aussi une manière de réunir les fils de ce blogue qui parle de langue, de littérature et aussi d'arts plastiques comme langage. Comme les devinettes sont aisément gouglables, l'intérêt sera dans la forme des réponses. Je tenterai de tenir un rythme hebdomadaire pour cette rubrique.

dimanche, 25 mai 2008

Du micro-trottoir

J'ai écrit chez Eric de Crise dans les médias le mal que je pense de cet exercice journalistique particulièrement imbécile : le micro-trottoir. L'Oignon y a fréquemment recours, parce que c'est le journalisme low-cost et que cela fait croire au lecteur que lui aussi peut s'exprimer dans la feuille de chou locale. Le micro-trottoir n'est pas seulement une imposture journalistique, mais aussi sociale, politique qui joue sur la mode des émissions télévisées de confessions publiques ou de pseudo-débats. C'est un des signes de la société du spectacle dans laquelle nous vivons.

Prenons dans l'Oignon une de ces opinions. Julie, 21 ans, Reims. (Le texte des dossiers de l'Oignon n'est pas disponible en ligne.)

Déjà l'intitulé nous renseigne sur la fabrication de ce type d'article. Il s'agit de trouver quatre personnes appartenant chacune à une commune différente de l'aire de publication afin de faire croire que l'on reste proche des vraies gens, il faut au moins une personne par département.

La question en rapport avec le dossier est : "Consommez-vous ce type de boisson ?" (sous-entendu énergisante). On trouve bien sûr un non, deux oui clairs et puis Julie qui semble ne rien avoir compris du tout. Il faut juste avoir un petit mélange qui permet de ménager la chèvre et le chou. Dans tout bon micro-trottoir, il faut obligatoirement un opposant afin que cela ne semble pas orienté.

J'ai déjà consommé une boisson énergisante gazeuse nommée Red Bull, qui est paraît-il interdite en France.

Bon... Elle a déjà tout faux, le Red Bull n'est plus interdit en France, mais ce n'est pas la lecture de l'Oignon qui va l'aider parce que ce journal affirme sans rire qu'il vient d'être autorisé par le ministère de la Santé, alors que c'est par le ministère de l'Economie et que Roselyne n'est pas contente.

J'avais découvert ce produit sur internet et j'en avais entendu parler par des copains. Je n'ai pas aimé le goût, c'était trop sucré, ni constaté d'effet spécial. On m'a parlé aussi d'une boisson à base de taurine, je ne sais pas ce que c'est, mais il paraît que c'est nocif pour la santé.

La boisson qui contient de la taurine, c'est le Red Bull, justement !

Quel est le travail journalistique dans un tel type d'exercice ? Proche du néant. Trouver la personne susceptible de répondre (ici des jeunes puisque les consommateurs de boissons énergisantes sont d'abord jeunes). Poser la question et retranscrire fidèlement une opinion idiote et injustifiée sans aucune précision ou sans rectification, même au cours du pseudo-entretien. En fait, la personne (de la rue réelle, de la vraie vie, de tous les jours) interrogée n'est pas à mettre en cause, elle ne sait pas et ce n'est pas son métier de savoir tout sur tout. Mais le journaliste qui l'interroge, lui, a une responsabilité qu'il n'exerce pas. Un tel document aurait dû être passé à la trappe ou bien recadré. Mais non... Il n'y a pas de censure, on publie les avis tels quels. Il n'y a pas d'ntermédiaire entre vous lecteur et cette personne ordinaire qui ressemble à vous, lecteur. Vous aussi, vous pouvez exprimer votre avis dans nos colonnes, sans aucune réécriture, voilà ce que suggère le micro-trottoir. Autant dire que c'est une douce illusion.



mercredi, 05 mars 2008

Droite-gauche, haut-bas, fragile

Sur mon micro, j'ai une application (Windaube propriétaire, faut-il le préciser ?) qui me permet au choix de :

- faire pivoter [une image] dans le sens des aiguilles d'une montre ;

- faire pivoter [une image] vers la droite. 

Je cite textuellement le menu de la fenêtre. 

Or cela me déroute. Parce que le sens des aiguilles d'une montre va aussi de la gauche vers la droite ! Cela dépend de l'endroit où se trouve l'aiguille, en bas ou en haut. Je connais bien ma droite (hélas !) et ma gauche (bien entendu), donc si on me dit droite et gauche, je comprends. Je vois bien la rotation des aiguilles d'une montre aussi et le sens inverse, je peux m'y exercer en serrant un écrou avec une clé de 12 ou en manipulant un compteur électrique. Mais je ne comprends strictement plus rien lorsque deux systèmes de référence incompatibles et concurrentiels sont utilisés en même temps !  

samedi, 06 octobre 2007

La fatalité du destin

Notre sublime président a déclaré :

Le destin n'est fatalité que pour celui qui se résigne à le subir.

Mais il y a quand même un gros problème sémantique, à mon modeste avis. Parce que le mot destin a des sens plus stricts et plus exacts.

Et comme l'écrivait Flaubert à la fin de Madame Bovary : C'est la faute de la fatalité !