dimanche, 13 juin 2010
Où en est la Belgique ?
Aujourd'hui, les Belges votent — enfin, disons que les Flamands et les Wallons votent — afin de trouver un hypothétique gouvernement qui mettra autant de temps à être formé qu'à gouverner. La Belgique est un pays très compliqué : les francophones se nomment communauté française, mais ils sont Flamands, Bruxellois ou Wallons, les Flamands ont comme langue officielle le néerlandais, mais ils parlent en fait le flamand occidental ou oriental, le brabançon ou le limbourgeois et la région flamande a comme capitale Bruxelles qui n'est pas en Flandre et qui est bilingue. Il y a encore une communauté germanophone, mais on ne va pas s'embêter avec ça, c'est déjà assez compliqué si l'on parle des communes à facilités, alors les cantons rédimés...
Pour comprendre un peu la Belgique, voici une vidéo dont le lien a été donné par lamkyre sur un forum. Êtes-vous prêts pour votre première leçon de néerlandais ? À la fin de ces explications, vous serez capables de faire comme TF1 qui ne sait plus où placer Flandre et Wallonie, ni dessiner leurs contours (mais en indiquant bien les Fourons ce qui n'est pas un mince détail quand on sait ce que cela a provoqué avant BHV).

07:49 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : belgique, langue française, politique, néerlandais
mardi, 11 août 2009
Montréal-sur-Langue
Oh ! enfin un blogue québécois sur la langue, universitaire, mal-pensant et médisant (merci à François Bon). Enfin ! de l'air frais...
C'est de toute manière d'un autre niveau que la future émission sur la langue française de Julien Courbet (rien que le castigne et les premières questions promettent pour le niveau des échanges culturels).
23:00 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, québec
samedi, 09 mai 2009
Traitrise des éditeurs
Via Twitter et notre reportrice d'outre-Meuse Zolurne, cette histoire au sujet d'une grande tradition belge :
Je lui [à Jean-Marie Klinkenberg] en ai fait directement le reproche, il m'a aussitôt répondu ceci :
Tu as mis le doigt sur une plaie, là : le texte dit bien "friture", et j'y ajoute même une note que voici : " Jusqu’à ma mort, je me refuserai à dire friterie. Seules les fritures me garantissent la frite coupée main et déjà lourde de moutarde à venir. "
Cette traitrise de la page 4 est due à l'éditeur, sans doute pressé d'adhérer au gastronomiquement correct, ou désireux de vendre en France.
08:20 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : belgicisme, belgique, langue française, wallonie
mardi, 14 avril 2009
Pour Pierrre Etaix (one more time)
Je ne peux que répondre favorablement à cette invitation de demander à voir (ou revoir comme dans mon cas puisque cela a été un de mes enchanteurs d'enfance) enfin les films de Pierre Etaix."Le 28 novembre 2008 à notre grande surprise, les auteurs se voyaient refuser le droit de procéder à la restauration de leurs films (une restauration pourtant jugée urgente et dont le financement était assuré)." Depuis Christine Albanel a été sourde et aveugle, tellement elle était occupée par la loi imbécile d'Hadopi condamnée par des socialistes dissimulés derrière des rideaux et des colonnes dans des couloirs. Comment peut-on interdire l'accès à l'un des plus grands clowns, scénaristes et cinéastes français alors même que se déroule une rétrospective Tati à la Cinémathèque ? Les auteurs de la pétition demandent que l'on invite au moins deux personnes afin d'obtenir 50 000 signatures afin de peser un peu plus que les 16 000 actuelles, cela n'est pas inaccessible et il faut qu'Etaix rentre enfin dans le patrimoine culturel et que cesse le scandale d'un auteur qui ne peut plus être vu alors qu'il est simplement humain. Je trouve honteux qu'on interdise en France au nom de raisons marchandes et contre son gré l'un des plus grands auteurs d'images de ce pays (au fait, il n'a pas sa Légion d'honneur et il ne porte pas de Rollex, cet Etaix inconnu ?)
22:22 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : film, cinéma, politique, cirque, dessin
jeudi, 05 février 2009
Encore un grand malentendu avec le Québec
Quand un député français (et UMP bien entendu) commet un autre impair que celui du mirifique président auprès des Québécois :
S'inquiétant du niveau d'épuisement du premier ministre québécois lors de son passage à Paris, mardi, le député Pierre Lasbordes, président du Groupe d'amitié France / Québec, a lancé tout de go : «J'espère que vous n'avez pas la plotte à terre», provoquant un léger malaise parmi les invités québécois.
M. Lasbrodes s'est expliqué en disant qu'un «ami québécois» lui avait appris cette expression «rimouskoise» et qu'il n'aurait jamais cru que c'était vulgaire ou que cela provoquerait autant de réactions.
Selon Mario Bélanger, lui-même Rimouskois et auteur du Petit Guide du parler québécois, publié chez Stanké, il est fort probable que le député ait été victime d'une blague.
On trouvera chez Laurent d'autres liens sur les réactions québécoises au sujet de cette expression et une explication de son sens.
J'y vois surtout un fait plus sociologique : ce député qui se veut le chantre de l'amitié franco-québécoise estime que le Québec est forcément exotique (peuplé de rudes bûcherons et trappeurs à chemises à carreaux qui sacrent tout le temps), que les expressions québécoises sont forcément toutes savoureuses et anciennes, que pour s'adresser à des Québécois il faut établir la complicité par l'emploi des savoureuses et anciennes expressions québécoises, comme lorsque les colons s'efforçaient de parler petit-nègre face aux Africains, car c'était se mettre à la portée de compréhension de ces grands enfants, ou comme certains hommes politiques français emploient un faux verlan pour s'adresser aux populations de banlieue. Peu importe qu'on lui ait joué un mauvais tour ou qu'il révèle son ignorance du parler québécois : ce qui est plus important, ce sont les présupposés à la base de ce genre de discours. Vouloir faire couleur locale à tout prix par le discours quand on est face à quelqu'un d'ailleurs, c'est le renvoyer à son étrangeté, nier qu'il ait lui aussi des codes sociaux aussi hiérarchisés que les siens, s'imaginer que l'autre s'exprime en toutes circonstances dans une langue familière unique, qu'il comprend alors bien mieux que si on lui parle en français standard et qu'il attend une certaine dignité ou une forme de respect par le niveau de langue utilisé. Réduire l'autre à ce qu'il a de pittoresque et de prétendument charmant dans son parler est une manière de le méconnaître.
17:20 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : québec, francophonie, langue française, ump, politique
mardi, 03 février 2009
Franc succès du divin président au Québec
Notre splendide président parvient à susciter la gêne, voire l'hostilité à ses propos jusqu'au Québec, et ce même chez les libéraux !
La députée péquiste de Rosemont, Louise Beaudoin, estime que le président Sarkozy fait preuve d'une méconnaissance profonde du Québec.
En cause, ce passage :
« Pour vous aimer [les Québécois], je n'ai pas besoin de détester les voisins [le reste du Canada], pour prouver qu'on aime les autres, on n'a pas besoin de détester leurs voisins ». Il a ajouté que ceux qui ne comprenaient pas cela « ne comprennent pas le refus du sectarisme, le refus de la division, le refus de l'enfermement sur soi-même et le refus de cette obligation de définir son identité par opposition féroce à l'autre ».
Or, cette déclaration ressemble à un total désaveu de sa propre politique d'immigration et d'identité nationale, fondée sur la chasse au faciès, à l'arrestation des enfants dans les écoles, à la traque de clandestins fabriqués par l'administration, au refus du statut de réfugiés politiques pour des personnes venues de pays dictatoriaux, en instrumentalisant les pires organisations confessionnelles musulmanes, en traquant le prétendu terroriste en Afghanistan hors du mandat confié par l'ONU, à la stigmatisation des origines différentes, à la diffamation de victimes de bavures policières un peu trop basanées, aux camps de rétention, aux menottages musclés dans les avions, à la gabegie financière de retours dans le pays d'origine, en imposant une connaissance préalable de la langue française seulement aux personnes qui ne sont pas venues du monde occidental, à la dénonciation du mouton dans la baignoire ! Si cela ne ressemble pas à une opposition féroce à l'autre...
Aller donner des leçons en matière d'immigration ou d'identité nationale aux Québécois est plus que malvenu : c'est une faute politique, une hénaurme sottise puisque ledit ministère français de l'indignité nationale avait prétendu s'inspirer explicitement de l'exemple québécois (sans les moyens pour des cours de français, mais avec la matraque et les menottes en plus), un tête-à-queue invraisemblable où la politiqué d'affirmation du fait français en Amérique du Nord se voit stigmatisée après avoir été érigée en exemple lors de la campagne présidentielle. Mais nous n'en sommes plus à une contradiction près de la part de quelqu'un qui entend s'ériger en éternel donneur de leçons, même si pour cela il doit fabriquer à présent une sorte de Québécois afin de rendre encore plus illisible l'intolérance et la détestation véhiculées par son propre régime.
17:23 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, québec, canada, politique, ump, sarkozy
vendredi, 23 janvier 2009
Le taureau rouge fait voir rouge et de travers
Au Québec, on n'aime pas le Red Bull et le nom des événements qu'il parraine :
Le MMF, comme la Société Saint-Jean-Baptiste, en a contre le nom de l’événement, et réclame sa francisation. L’Office québécois de la langue française a déjà réagi en ce sens également. «Red Bull crache sur le français», soutient la présidente du MMF, Sophie Beaupré, ne se privant pas d’un jeu de mot au passage. Elle fait également valoir qu’en Italie, la compagnie a traduit le nom de son écurie de F1. Red Bull devient ainsi Toro Rosso.
En Europe, c'est plutôt la composition du Red Bull ou de ses imitations qui soulève l'indignation. Que je sache, le scandale est plutôt là et réclamer une francisation, c'est accepter que son existence va de soi. Fallait pas l'inviter ! comme on dit...
19:51 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : québec, francophonie, langue française
vendredi, 16 janvier 2009
Les cours sont rares
Dans cet article sur le brusseleer, pourquoi le titre de ce paragraphe est-il devenu incompréhensible à un non-Bruxellois, pourquoi évite-t-on de l'expliquer et pourquoi convient-il quand même au sujet ?
Les cours sont rares
Certains restaurants vous proposeront une carte qui vous permettra de vous initier au bruxellois culinaire, mais il est difficile d'apprendre le bruxellois autrement que par les énervements d'une grand-mère ou les réclamations d'une tante qui ne trouve pas ses boulettes assez marolliennes à son goût lors d'une sortie gastronomique familiale. Certes, de nombreux cafés de la capitale vous permettront de parfaire votre zwanze, mais au final, rien ne vaut un match du Fc Brussels (ex-RWDM) ou de l'Union Saint-Gilloise pour jouir en echte brusseleir de la chaleur bruxelloise caractéristique des buvettes sportives.
20:00 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bruxelles, brusseleer, marolles, langue française, belgique
mercredi, 26 novembre 2008
Carpette anglaise 2008 : Pécresse élue !
Je suis déçu. Mon candidat n'avait même pas été sélectionné pour ce prix que je ne rate pas (tout comme les IgNobels ou le Prix du maire de Champignac).
Au premier tour de scrutin, par onze voix contre deux, le prix de la Carpette anglaise 2008 a été décerné, à Mme Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu'il fallait briser le tabou de l'anglais dans les institutions européennes, ainsi que dans les universités françaises, en rendant obligatoire l'enseignement intensif de cette langue au détriment de toutes les autres (ce qui est notamment contraire au traité de l'Elysée de 1963).
Je suis en revanche satisfait de voir la sélection de Xavier Darcos.
18:47 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, francophonie, enseignement, éducation, profs
jeudi, 20 novembre 2008
Coloc en stock
«Jusqu'à maintenant, les traductions de Tintin ont été faites dans des langues étrangères ou des dialectes, ajoute le spécialiste des langues. Or un Tintin en québécois va donner l'impression que la langue qui se parle ici est un dialecte ou une langue étrangère au français. Ce qui n'est pas le cas. Le québécois, ce n'est pas une langue régionale, c'est une variété nationale du français [au même titre que le français de Suisse, de Belgique ou du Sénégal] et cet exercice d'adaptation va encore répandre des préjugés épouvantables.»
Ben... On trouve quand même quelques belgicismes discrets - parfois corrigés - dans le français dit international de Tintin et certaines des insultes de Haddock sont du pur marollien...
21:16 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, québec, québécois, bande dessinée, bd
lundi, 10 novembre 2008
L'anglais au travail
La remarque de Claude Hagège est frappée au coin du bon sens :
« Quand ils travaillent en France, ces derniers, dans leur majorité, n'ont pas besoins (sic) de s'exprimer autrement qu'en Français (sic). Pensez-vous qu'un ouvrier doive savoir parler l'anglais ? », interroge-t-il en fulminant contre cet anglais galopant qui envahit le français. Et de mettre en garde tous les employeurs qui feraient le tri de leurs salariés par le seul filtre de la maîtrise de cette langue.
Il s'agit en fait d'un phénomène fréquent dans les enquêtes d'opinion : les sondés ont répondu en fonction de la connaissance empirique de leur travail tel qu'il existe et non tel qu'on voudrait qu'il soit. En outre, une entreprise peut effectuer une partie de son chiffre d'affaire avec l'étranger, mais cela ne concernera qu'une partie limitée de son personnel en contact avec les fournisseurs, les prestataires de services ou les clients. Un emploi faiblement qualifié - manutention, bâtiment, entretien, gardiennage - ou alors seulement de production agricole, industrielle, artisanale ne place que rarement devant la nécessité de devoir affronter une autre langue. Cela peut s'imposer bien plus à ce niveau lorsque l'on travaille dans des zones frontalières de la Suisse, du Luxembourg et de l'Allemagne ou dans les départements ruraux dans lesquels on accueille les nouveaux envahisseurs godons, mais il est bien rare qu'ailleurs un boulanger ait à vendre ses produits à des personnes ne parlant qu'anglais.
Un autre biais de la même enquête au sujet de la nécessité de la connaissance de l'anglais dans le monde du travail apparaît lorsque l'on s'intéresse un peu à l'économie : si le commerce extérieur augmente, il ne faut pas négliger le fait que le premier partenaire économique de la France est d'abord l'Union européenne où l'on compte 24 langues officielles ! Et dans l'Union, le premier pays avec lequel nous échangeons est... l'Allemagne. Or l'enseignement de l'allemand est devenu totalement sinistré depuis une dizaine d'années. Ce qui est frappant dans ce sondage, c'est comment l'on passe vite de la connaissance d'une langue étrangère à la connaissance de l'anglais :
Un [salarié] sur deux estime que la pratique d'une autre langue que le français n'est pas indispensable dans le cadre de son travail.
Et juste après le chapeau :
Alors que Xavier Darcos fait de l'apprentissage de l'anglais au lycée une nécessité absolue pour que les bacheliers deviennent tous bilingues, cette préoccupation s'étiole singulièrement dans le monde du travail.
En fonction de quelle étude antérieure ? Elle n'est rappelée nulle part. Le bilinguisme de nos élèves qui parlent chez eux turc, arabe, amazigh, wolof, mandinque, vietnamien, serbe, albanais, créole, alsacien, corse, basque, breton,cela n'existe donc pas ?
On voit mieux l'orientation idéologique de l'article quand on lit cette affirmation :
Selon un récent sondage réalisé par le site de recrutement Monster, 51 % des salariés estiment en effet que la maîtrise d'une langue étrangère au travail n'est pas une priorité. Un taux particulièrement faible si on le compare aux résultats recueillis dans d'autres pays.
Il y a comme un problème de lecture des chiffres, parce que le résultat est de 50 % en Belgique, pays pourtant trilingue ! Et ce pays est cité dans la liste de ceux qui auraient un taux d'adhésion supérieur à la France après le Luxembourg, l'Espagne, la Suisse, l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche. Mais là où on ne s'interroge pas du tout, c'est sur le fait qu'un pays comme la Belgique manifeste moins d'intérêt pour les autres langues que la Suisse ou le Luxembourg alors que la question linguistique est au coeur de la politique nationale et locale. Heureusement, on se rattrape en disant quand même que 78 % des salariés étatsuniens ne voient pas la nécessité de parler une autre langue (on s'en doutait largement). C'est aux autres d'apprendre leur langue et de financer cet effort.
Manifestement, la présentation de ce sondage est orientée de façon à correspondre à un objectif : faire croire que l'anglais sera le sésame de tout emploi, construire une société de classes fondée sur la maîtrise de la langue dominante.
16:54 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, anglais, éducation, politique, enseignement
samedi, 08 novembre 2008
Idiome, idiotie et idiotisme
De la part d'un correcteur journalistique :
Ceux qui nous disent que l’anglais est facile oublient également les verbes irréguliers, fort nombreux. Et les nombreux idiomes dont le sens est si opaque pour les non-anglophones.
D'habitude, Paul Roux écrit simplement, clairement et nettement. On ne distinguerait guère ses textes de ceux d'un honnête journaliste français. Mais ici, il commet un anglicisme lexical. En effet, un idiome est en français un parler ou la forme régionale, sociale d'une langue, mais non une expression particulière. Le terme exact est idiotisme :
Forme ou locution propre à une langue, impossible à traduire littéralement dans une autre langue. Ex: « Ne pas avoir sa langue dans sa poche » est un idiotisme.Traduite mot à mot en anglais, cette expression ne voudrait rien dire.
On peut d'ailleurs remarquer aussi qu'un idiotisme est une forme figée qu'on ne peut modifier.
« Ne pas avoir sa grande langue dans sa poche » ne veut plus dire grand chose.
Autrefois synonyme de idiotie, arriération mentale.
On comprend que le rapprochement avec l'idiotie puisse rebuter certains, alors que le terme est bien apparenté à idiome. Mais surtout, en anglais, on dit idiom pour idiotisme :
an expression in the usage of a language that is peculiar to itself either grammatically (as no, it wasn't me) or in having a meaning that cannot be derived from the conjoined meanings of its elements (as Monday week for “the Monday a week after next Monday”)
Or, comme Paul Roux est Québécois et en contact avec l'anglais, il a pris le terme anglais plus fréquent et moins connoté que le mot français. C'est typiquement le genre d'anglicisme qui passe presque inaperçu.
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samedi, 25 octobre 2008
Le québécois dans le dico
Le bleuet, par exemple, est une « plante à fleurs bleues » pour le Larousse, puisqu'il s'agit en France d'une plante bien différente de nos petits fruits, célèbres au Lac-Saint-Jean. Dans le nouveau dico québécois, le bleuet sera décrit comme « une baie comestible, produite par des espèces indigènes de l'est de l'Amérique du Nord ».
Et, dans ce dictionnaire, pour les synonymes donnera-t-on en plus de myrtille les beaux noms de brimbelle ou de blue comme dans les Hautes-Vosges où cette baie est fort appréciée et fait partie de la culture locale ? Bon... la brimbelle québécoise est un peu plus grosse que la lorraine, mais elle est de la même espèce.
J'aime bien cette mention :
Les anglicismes, comme les peanuts ou le bowling, sont précédés d'une croix et leur usage est déconseillé.
Vaste problème, comme dirait l'autre, vu l'état du québécois...
21:58 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, québec, francophonie, éducation, enseignement
vendredi, 17 octobre 2008
Le cas rwandais
Le gouvernement rwandais a décidé, mardi 7 octobre, que l'anglais et non plus le français serait dorénavant la langue de l'enseignement. Le changement s'appliquera de l'école primaire à l'université. Les autorités françaises n'ont pas réagi à l'annonce de la décision.
Ce n'est pas seulement parce que le gouvernement rwandais reproche à la France son rôle lors des guerres qui se sont produites dans cette région qu'il faut se contenter de ses raisons, c'est aussi un choix plus profondément géopolitique. Les élites actuelles du Rwanda ont été formées durant leur exil en Ouganda, pays voisin et anglophone. Le Rwanda occupe une partie du Congo francophone et sa position peut être inconfortable pour le futur sommet de la Francophonie. Or le Rwanda est un pays enclavé. Les voisins kényan et tanzanais sont anglophones et appartiennent déjà au Commonwealth. Le président de Madagascar, formé aux Etats-Unis, a déjà agi de même en faisant reculer le français dans l'enseignement au profit de l'anglais. Il s'agit donc d'une décision qui est aussi d'ordre économique tellement l'anglais domine dans l'ouest et le sud de l'Afrique. La langue est instrumentalisée à d'autres fins que les conflits judiciaires.
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dimanche, 05 octobre 2008
Mon candidat pour la carpette anglaise : Bernard Kouchner
Est-ce que l'on peut m'expliquer la nécessité pour un ministre des Affaires étrangères de la France de s'exprimer en anglais lors d'une interviouve pour un journal d'un pays dont la langue offficielle n'est pas l'anglais, mais qui est par ailleurs candidat à'l'Organisation internationale de la francophonie et qui posséde au moins un dixième de francophones sur son sol ?
« Le ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, tient à préciser que, durant son interview en anglais avec les journalistes du Haaretz publiée ce jour, il a utilisé le mot « hit » et non « eat » à propos d’une hypothétique réaction israélienne s’agissant de l’Iran.
Il évoquait, en effet, l’éventualité d’une frappe israélienne destinée à empêcher l’Iran de se doter d’une arme nucléaire.
Il regrette le malencontreux quiproquo que cette confusion phonétique a provoqué. »
Au delà de cette lamentable bourde entre locuteurs non anglophones de naissance (native tongue speakers), comme on peut s'y attendre dans un pidgin dont on ne maîtrise pas tous les phonèmes, c'est quand même une certaine idée de la France qui est en jeu. Est-ce que le Quai d'Orsay ou Haaretz (le journal de référence en Israël) sont trop pauvres pour avoir recours à des traducteurs du français et de l'hébreu ? Quelle idée cela donne-t-il de la diplomatie actuelle de la France et de son rayonnement ? Je sens déjà que tous les souverainistes sont en train de s'étouffer et ils ont raison face à tant de déraison. Notre grand donneur de leçons humanitaires avec brushing impeccable et coup de menton en avant est mûr pour une bonne nomination au prix de la carpette anglaise. On peut être rassurés au sujet de notre divin président, son anglais est tellement catastrophique et indigne d'un bachelier qu'il lui faut obligatoirement un traducteur afin de ne pas provoquer des éclats de rire. Et je me demande comment on peut laisser passer une interviouve non relue et corrigée au ministère des Affaires de plus en plus étranges alors que la communication est strictement contrôlée pour des ministères bien moins importants ou vitaux qui exigent le texte avant parution. Ce n'est plus de l'amateurisme, c'est de la désinvolture complète.
17:09 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, ump, sarkozy, langue anglaise
jeudi, 10 juillet 2008
De la pratique du golf en français
Selon Gérald Pelletier, le Québec souffre toutefois moins de ce problème [les anglicismes] que la France.
«Le golf reste un sport plutôt élitiste en France. Et chez ces élites, maîtriser l'anglais est valorisé.»
Je connais une excellente manière de pratiquer le golf sans anglicisme et sans risque de perdre : jeter le manuel à la poubelle et jouer comme on le souhaite, avec ses règles et ses mots que l'on invente au fur et à mesure. Bien sûr, on n'est plus très bien considéré socialement, mais cela permet d'éliminer une foule d'ennuyeux ou de prétentieux de son carnet d'adresse en très peu de temps. D'ailleurs, s'ils se déclarent choqués, c'est qu'ils ne vous méritaient pas et non l'inverse.
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mardi, 08 juillet 2008
Entame, phasage, accommodement, caucus, grivèlerie, putsch, biocénose, wagage
Entame, phasage, accommodement, caucus, grivèlerie, putsch, biocénose, wagage. Ce ne sont pas les mots entrés dans le Petit Larousse ou dans le Petit Robert, mais ceux qui ont été un peu observés depuis le 30 juin par le quotidien suisse Le Temps. Comme chaque été, depuis cinq ans, Nicolas Dufour brode autour de mots un peu étranges ou parfois bien ordinaires qui proviennent de tous les coins de la francophonie. J'avais déjà signalé les séries précédentes, on peut les lire en archives du journal dans la rubrique Dossiers, puis Saveurs du français. C'est simple, c'est frais, c'est léger, c'est l'été. Il y en a pour deux mois.
11:33 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie
lundi, 30 juin 2008
Eucharistie
La semaine dernière, la médiatrice du Monde inventait un mot québécois : clabaudage au lieu de clavardage. Elle n'a pas corrigé ses propos malgré les commentaires publiés à la suite de sa chronique. Puis ce fut le rédacteur en chef de Paris-Match qui célébra les 400 ans du Québec au lieu de Québec, mais qui fit preuve aussi de créativité en matière de lexicologie québécoise :
La journaliste [de la Presse] s'amuse toutefois que Gilles Martin-Chauffier ait inventé un juron québécois en citant dans une chronique "Eucharistie" parmi les blasphèmes favoris des Québécois comme "tabernacle", alors que personne "même pas un ouvrier qui vient de s'aplatir le doigt avec un marteau ne profère un tel juron".
On ne retombe pas seulement dans l'ignorance, mais aussi dans le cliché comme la fois précédente. Un mot sonne québécois, semble typique et pittoresque même si on ne le vérifie pas (les dictionnaires de français québécois existent, sont disponibles en poche et en France ! voire sont en ligne). Ici, le cliché, c'est tous les Québécois profèrent des jurons liés aux sacrements et aux objets du culte comme hostie ou ciboire, ils ne peuvent donc sacrer que par l'eucharistie. C'est ainsi que l'on fabrique une sorte de québécois un peu imaginaire à l'usage des francophones d'Europe (l'inverse n'est pas moins vrai d'ailleurs). Mais cela paraîtra vraisemblable dans l'Hexagone puisque cela correspond à une certaine image du québécois (cette langue si savoureuse qui n'a pas changé depuis Clovis, Dagobert et Charlemagne).
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dimanche, 22 juin 2008
Clabaudage
La médiatrice du Monde écrit dans sa chronique :
A leur décharge, les journalistes ne sont pas linguistes, et le recours aux dictionnaires a des limites : on peut, éventuellement , traduire "chat" par "causette", comme le recommande le Larousse, mais "clabaudage", suggéré par le Grand dictionnaire québécois (à la pointe de ce combat), paraîtrait encore plus étrange.
Er se fait reprendre dans les réactions des abonnés du journal vespéral :
Le grand dictionnaire Québécois traduit "chat" par "clavardage". Et comme il peut être consulté en ligne gratuitement, tout Le Monde peut vérifier.... http://www.granddictionnaire.com/btml/fra/r_motclef/index800_1.asp
Résidant au Québec je n'ai jamais entendu le mot clabaudage, il n'est pas en usage. Par contre le mot clavardage pour traduire {chat} est couramment utilisé. Il signifie discuter à partir d'un clavier et le verbe est bien sûr clavarder. Ce sont des mots qui expriment exactement ce qu'ils veulent dire puisque dérivés du mot clavier.
Mais certains auparavant pensaient que le mot était bien employé au Québec :
J'aime bien clabaudage...
Chat est plus photogénique que causette et clabaudage,comme le lob naturalisé français à côté de la chandelle québécoise.
Quant à la traduction de "chat" par "clabaudage", je l'adopte absolument comme parfaitement savoureuse et appropriée !
On se demande où Véronique Maurus a été chercher son clabaudage informatique qui n'est pas du meilleur goût pour désigner une conversation, vu ses connotations péjoratives. Je n'ai pour ma part, en dix ans d'exploration de la Toile québécoise, jamais vu le moindre clabaudage pour désigner une discussion électronique en direct*. Une recherche gouglesque me montre que cela n'a jamais été le cas. Alors pourquoi assure-t-elle que c'est un terme québécois ? Parce qu'elle cite de mémoire un mot (clavardage) qu'elle a entendu ou qui lui a été rapporté mais qu'elle a mal enregistré, ou un mot qu'elle a lu mais sans retenir sa forme (la variante claviardage, par exemple, est fréquente, par association avec le caviardage qui est une censure). Ensuite, elle a commis la faute journalistique par excellence : ne pas vérifier ses sources, d'autant plus qu'elle les indique... Venant de la part de la médiatrice, cela ne pardonne pas.
Quant aux réactions des premiers abonnés, elles illustrent bien des préjugés et des ignorances : 1) je fais confiance à mon journal de référence et je me contente de donner mon opinion pour ou contre sans réfléchir, ni chercher 2) le mot a des sonorités un peu savoureuses (ou un aspect peu "photogénique"), donc c'est du québécois, parce que seuls les Québécois ont ces mots si typiquement français... On pourrait monter un canular avec de prétendus néologismes québécois, la majorité des lecteurs français marcheraient, parce qu'ils ont une représentation de la langue québécoise (officielle ou populaire) très éloignée de la réalité : ils ne lisent pas les forums québécois, les journaux québécois et sont pour la plupart incapables de citer un romancier (je ne parle même pas d'un poète) québécois. Pour eux, le Québec est un monde étrange avec des inventions forcément savoureuses ou inesthétiques (au choix) et puis l'état de la langue française du Moyen Âge conservé tel quel dans la glace de ce pays froid (mais à la population chaleureuse). Juste un Etat où l'on projette ses fantasmes identitaires, comme dans un miroir déformé. Le Québec doit être bizarre ou ne pas être.
* La notion de discussion en direct est plus que discutable pour les journaux en ligne : j'ai ainsi découvert récemment ce que je soupçonnais depuis longtemps. Les "chats" de Libé, par exemple, sont non seulement filtrés par des journalistes-retranscripteurs qui écrivent à la place de l'invité (je connaissais la pratique), mais en outre l'invité peut répondre par téléphone à des questions qui ont été sélectionnées et il ne voit pas l'ensemble des questions qui sont arrivées, ne fait pas le tri, ajoute sa réponse une demi-heure après. Daniel Schneidermann l'a avoué dans un des derniers "chats" de Libé. On pourrait parler plutôt de discussion à partir de questions pré-enregistrées.
12:04 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, québec, internet, web, presse, journalisme
lundi, 16 juin 2008
L'Académie française joue au Conseil constitutionnel
Quand j'ai lu ça :
L'Académie française demande le retrait d'un texte, adopté par l'Assemblée nationale, qui inscrit la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution, et porte, selon les académiciens, "atteinte à l'identité nationale".
Je me suis dit que l'Académie qui s'est passablement couvert de ridicule ces dernières années (il n'y a guère que l'affaire Robbe-Grillet qui soit amusante dans la suite des accidents académique) aurait mieux fait de ne rien dire du tout, parce qu'elle achève de se discréditer. C'est un des corps consultatifs de l'Etat, elle est placée sous la protection du président, soit. Mais en quoi serait-elle compétente en matière législative ou plus encore constitutionnelle ? Comment une institution fondée sur la cooptotation serait-elle plus légitime que la représentation nationale ou le peuple souverain ? Il n'existe qu'un seul organe pour dire si ce texte est constitutionnel : la conseil constitutionnel où siège justement un ancien président de la République, académicien français, accordéoniste et fort talentueux romancier pornographique. Que l'Académie exprime ses réticences, sa réprobation, sa différence, je le comprends, c'est normal. Cela aurait pu se faire par un simple avis, comme à l'habitude. Qu'elle demande aux deux seules chambres élues et compétentes en matière constitutionnelle de légiférer en fonction d'une idée de l'identité nationale dont elle serait la seule dépositaire, cela me dépasse ! Cette noble assemblée n'a pas à donner d'ordres aux vrais pouvoirs élus. Comme il s'agit de toute manière d'une sorte de sommation rédigée de manière grotesque, il ne fait guère de doute que les députés et les sénateurs se feront un plaisir de ne pas aller dans le sens du Quai Conti, parce qu'ils sont soucieux de leur indépendance dans certains cas. Le résultat sera donc nul. En outre, cette petite mesurette va un peu plus cristalliser la défiance des indépendantistes de tout poil et de toute langue qui avaient accueilli la chose avec défiance. Ou bien, sentant que le projet de réforme de la constitution avait fort peu de chances d'aboutir en l'état, les académiciens se sont-ils senti pousser des ailes au point de se prendre pour une institution politique ? Mais il n'y a donc pas un seul homme politique dans ce cénacle pour dire que cette motion une sombre imbécillité juridiquement sans valeur ? Ah si ! il y a un ancien président...
14:45 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, langues, francophonie, politique, droit
mercredi, 11 juin 2008
Blogosphère adorée, chérie, mon amour
Revoici l'un des marronniers préférés du mois de juin avec les épreuves du baccalauréat : les mots entrés dans LE dictionnaire. ici, le Petit Robert 2009.
Après blog (hélas !), la blogosphère. En attendant les blogues, la blogoliste et la blogobulle. Notons que le Parisien a un an de retard lorsqu'il écrit "leurs « blogs» aussi pourront se jouer au Scrabble", ils pouvaient déjà être écrits selon le Robert. Mais il était plus que temps pour le podcast, en attendant de savoir si l'équivalent baladodiffusion figure dans la définition.
Comme il y a 370 mots nouveaux, il faut attendre un peu avant que les journalistes lisent le dossier de presse tout prêt.
Mise à jour de 17 h 50 : sur France-Info et sur Europe 1, on s'imagine aussi que le mot blog n'était pas présent dans le Petit Robrt 2008 (donc de l'an passé). Alors que c'est blogosphère qui est intégré cette année ; mais on a mal lu le titre de cette partie du dossier de presse où on dit que "le blog est moderne".
13:24 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie
samedi, 24 mai 2008
Superdupont ize baque
IL revient et IL s'attaque à la Toile !
Attention, les français (sic) ne savent plus écrire !!! Tout (sic) les journaux, les rééditions des livres, les dictionnaires ... tout est rempli de fautes d’orthographes (sic) ! C’est la catastrophe ! Superdupont va t-il trouver un moyen de sauver la langue française ? Il va s’en remettre à l’Academie Française (sic) ! Symbole et gardienne de notre langage chéri. Une Académie très étrange... où siègent entre autre (sic) : Philippe Bouvard ou encore Christine Bravo !
Le tome 6, Superdupont contre l'ignoble, est paru.

Il était temps, vu le nombre de pourriels écrits avec un mauvais traducteur automatique qui me parlent d'avoir parfait sexe jour et nuit ou de dysfonctionnement érectile et me proposent d'enlarger mon pénis. Je ne parle même pas des dissertations en écriture SMS... Ou des blogues de l'Anti-France qui se complaisent à détruire notre patrimoine commun : les ancêtres gaulois, la démocratie, Europe 1, la langue française, le camembert, le steak-frites, Paris-Match, les charentaises, TF1, la baguette de pain et le beaujolais nouveau !
Osons (comme disait feu Jean-Pierre Elkabbach), osons dénoncer les dérives de la Toile et leur rôle dans la désinformation générale : le mauvais français sert l'Anti-France, il est d'abord représenté dans les blogues qui sont le Mal absolu.
20:24 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, bande dessinée, bd
mardi, 06 mai 2008
La voix de la France et la voix des francophones
La confusion a atteint un sommet lorsque le président de la République a affirmé, le jour même de la fête de la Francophonie, le 20 mars dernier, en évoquant notamment le rôle de TV5 Monde: «Je veux renforcer les moyens de diffusion de la culture française dans le monde.» Cette phrase en dit long: pour beaucoup de Français, et notamment pour le premier d'entre eux, la Francophonie c'est la France; la langue française c'est la France.
Je partage entièrement, quoi que je sois Français, cette analyse de Louise Beaudoin sur le traitement ubuesque de la francophonie par mon pays. Louise Beaudoin est l'ancienne ministre péquiste chargée des affaires francophones, de la culture et des relations internationales au Québec. Une femme qui n'a pas sa langue dans sa poche, comme elle l'a prouvé quand elle était aux affaires. A quoi sert de défendre une culture franco-française (ou plutôt hexagonale) en anglais auprès de pays qui ont adhéré à l'Organisation internationale de la francophonie et où le français tient une place plus que marginale ? Le traitement du dossier France-Monde est ahurissant par le mépris ou l'ignorance exprimés envers nos partenaires vraiment francophones. Mais ce n'est qu'une partie d'un lourd contentieux.
07:42 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, médias, média, télévision
jeudi, 17 avril 2008
L'anglais vu comme langue régionale de France, ou comment se sortir du piège de l'Eurovision
«Depuis 52 ans qu’existe le concours, les candidats représentant la France ont toujours chanté en langue française», a souligné Alain Joyandet [secrétaire d'Etat à la Francophonie depuis que le traitre Jean-Marie Bockel a été victime d'Omar Bongo,TotalElfFina et Vincent Bolloré réunis].
Ah bon ? Affirmation un peu rapide, parce que l'on peut appeler ça du français ? Oh ! excusez-moi, c'est une des langues régionales de France, ce que n'est pas l'anglais, malheureusement. Donc ça reste français malgré tout... Il y a pourtant une solution très simple pour se sortir de ce guépier : décréter que l'anglais ne sera plus considéré que comme une des langues régionales et minoritaires de France et ne sera alors enseigné que dans les territoires abritant une population qui refuse de s'exprimer dans une autre langue. Comme cela on pourra chanter aussi en anglais à l'Eurovision. On peut lancer une option langue et culture régionale anglaise dans les départements du Gers et de la Dordogne (si chère à Xavier Darcos, mon estimé ministre) à titre expérimental, en attendant la suppression de l'anglais comme matière de langue vivante 1 au collège et au lycée. Ainsi l'anglais ne sera plus considéré comme une langue étrangère, mais comme une composante de l'identité française au même titre que le basque, le picard, l'alsacien, le flamand, le corse... Juste un truc folklorique limité à quelques départements et communes bien délimitées. Une option facultative en 4e et seulement s'il y a une demande des parents anglophones qui devront prouver le besoin d'un tel enseignement et surtout garantir le nombre d'élèves nécessaires pour l'ouverture d'une section.
17:56 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, anglais, langue anglaise, eurovision, breton
mardi, 15 avril 2008
Scandale à l'Eurovision
Un candidat au prix de la carpette anglaise est déjà tout désigné. La ministre de la Culture a été interpellée :
"Pour la première fois" depuis 1956, "la France sera représentée par un chanteur, Sébastien Tellier, qui interprétera une chanson en anglais", explique-t-il [le député UMP François-Michel Gossot] dans un communiqué.
Jusqu'à présent, la France était en effet le seul pays (avec le Royaume-Uni, Malte, l'Irlande) à ne pas avoir renoncé à sa langue nationale, ne serait-ce qu'une fois (même s'il y eut un joli mélange anglo-français avec Joëlle Ursull). Cela va faire un joli scandale pour les associations et les mouvements souverainistes. D'autres diront que le scandale, c'est que la France figure le plus souvent au bas du classement depuis Marie Myriam. Certes... mais l'Eurovision est une compétition où chaque pays tente de ne surtout pas remporter le prix, afin de ne pas avoir à accueillir la compétition suivante. Le vrai scandale, c'est l'existence de l'Eurovision qui est d'abord un monument du kitsch, avec à chaque fois un monstre particulier, des groupes pseudo-folkloriques mélangés à des tribus modernes, des paillettes et des girls en petite tenue comme au bon vieux temps des guyluxeries. Ce n'est en tout cas pas demain que l'on pourra y entendre du kobaïen.
10:14 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, anglais, musique, eurovision
samedi, 29 mars 2008
Les Québécois dictent leurs mots aux maudits Français
Les Québécois vont pouvoir proposer indirectement les québécismes d'usage courant qui entreront dans le Petit Larousse et le Petit Robert. Quand je dis Québécois, j'entends l'homme de la rue, le premier venu et non un lexicographe ou un universitaire, comme c'est déjà le cas. Ce sont donc des Québécois ordinaires qui feront remonter les mots qu'ils voudraient voir figurer dans les ouvrages de ces maudits Français. Il y aura cependant un double tri, d'une part avec un jury composé d'autorités linguistiques du Québec, d'autre part au niveau des maisons d'édition françaises qui conservent leur contrôle éditorial.
Si les équipes des dictionnaires français ont accepté aussi facilement (le Multidictionnaire est lui un produit purement québécois quoique traitant du français standard), c'est qu'il existe un enjeu financier important : il se vend 100 000 PLI par an au Canada sur environ 800 000 à 1 000 000 d'exemplaires. C'est le marché francophone le plus important après celui de la France, il représente 10 à 15 % des ventes et il assure la plus-value. Les gains seraient plus minimes en Suisse ou en Belgique, vu la taille des populations respectives. Pour d'autres dictionnaires courants comme le Flammarion ou le Hachette, voire le Nouveau Littré, la lutte n'est pas égale.
D'un côté, l'on a une promotion de la langue française et de l'usage des dictionnaires par cette sorte de concours. Mais d'un autre, l'on a aussi une valorisation de ses particularismes (qui peuvent parfois être bien particuliers). C'est donc ambigu, à la fois ouverture à l'autre pour être reconnu comme autre et puis expression populaire qui peut être prise par certains comme un exercice démagogique. Il y a aussi le risque de l'incompréhension : pourquoi tel mot que j'emploie fréquemment n'a-t-il pas été retenu ? Ce n'est donc pas du français, comme on me l'a souvent répété* ? Le mode de sélection des termes dans un dictionnaire d'usage n'est souvent pas très bien compris et il y a un risque de dispute langagière -- une de plus -- au Québec à ce sujet. La seconde ambigüité tient au fait que ces maisons d'édition sont avant tout des entreprises commerciales et que ce n'est pas simplement un intérêt pour la langue du pays de l'hiver qui dictera l'introduction de mots ou de sens québécois : il faut une petite dose de régionalismes pour contenter un peu toutes les clientèles, mais trop de chacune les mécontenterait toutes. Or, cette opération ouvre les vannes et peut faire croire qu'un dictionnaire n'est pas d'abord un choix opéré dans la réalité bien plus multiple. Si cela se déroule de manière pédagogique, les avantages seront supérieurs aux inconvénients, mais cela peut aussi se retourner.
* Je n'ai pas envie de m'étendre sur le sujet de la norme québécoise (en fait des normes québécoises) par rapport au français standard ou français européen débarrassé des particularismes régionaux, y compris ceux de l'Île-de-France.
17:18 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, dictionnaire, larousse, québec, québécois
vendredi, 14 mars 2008
Stop ou Arrêt ?
La guerre des panneaux de signalisation au Québec : les panneaux Arrêt sont devenus obligatoires et ont commencé à remplacer les panneaux Stop ou bien les deux mentions ont été indiquées à la fois (Arrêt-Stop), puis le panneau Stop a été proscrit, enfin la double mention a été interdite mais en maintenant la possibilité du Stop. Tout cela en moins de vingt ans ! Si bien que cela cafouille d'une municipalité à l'autre ou dans une même ville. Ils sont fous ces Québécois ! Ils en viennent à avoir une signalisation plus absurde que celle de la Belgique et ils se battent toujours pour un mot sans que l'on sache qui a raison, mais l'affaire est aussi politique...
15:43 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, francophonie, québec
mercredi, 12 mars 2008
L'ONU contre le gouvernement flamand
Un comité des Nations unies chargé de lutter contre la discrimination raciale a épinglé le gouvernement régional de Flandre (nord de la Belgique) pour avoir limité l'attribution de logements sociaux aux seules personnes néerlandophones.
Et voilà... Bientôt une résolution, un embargo et une force d'intervention ?
16:45 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : flandre, belgique, francophonie, langue française
lundi, 10 mars 2008
Le français vu de Suisse
Lucie a encore beaucoup de progrès à faire en français hexagonal :
«Chaque semaine j'en découvre de nouveaux: le 'croque' pour dire la 'morce' ; garer la voiture au lieu de la parquer; 'guigner' n'existe pas en France», raconte Lucie Marcoz, une Valaisanne venue étudier à Paris, il y a deux ans.
Le croque n'existe que dans un langage commercial, par métonymie pour désigner certains produits de la restauration rapide, et il n'est pas synonyme de la morce ou collation, goûter. On peut parquer sa voiture et même la stationner à la québécoise, et puis guigner est un verbe bien français, bien connu, bien attesté dans les ouvrages de références, mais sans doute avec un autre sens comme désirer ardemment, regarder avec intérêt et pas simplement guetter, regarder. C'est qu'il existe beaucoup de français en France et qu'ils ne sont pas tous de Paris, il y a même des régions françaises où l'on parle de nonante, de cornets de supermarchés, de foehn, de déjeuner pour le premier repas de la journée, de panosse, mais bon... C'est toujours si bon de taper sur l'autre et de faire croire qu'il parlerait partout le même langage, en tout temps et devant toutes les personnes. Il existe aussi des régions avec des accents, si si ! Exactement comme en Suisse, en Belgique et au Québec... Bizarre, non ?
23:18 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, suisse
samedi, 08 mars 2008
Tout nouveau, tout beau
Tout droit venu de la semaine de la francophonie. Un nouveau site institutionnel à propos de la terminologie officielle française. Comme si les précédents (que ce soit la DGLF ou l'Académie ou l'OIF) ne suffisaient pas. Je comprends mal le but du jeu.
18:42 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française


