dimanche, 13 juin 2010

Où en est la Belgique ?

Aujourd'hui, les Belges votent — enfin, disons que les Flamands et les Wallons votent — afin de trouver un hypothétique gouvernement qui mettra autant de temps à être formé qu'à gouverner. La Belgique est un pays très compliqué : les francophones se nomment communauté française, mais ils sont Flamands, Bruxellois ou Wallons, les Flamands ont comme langue officielle le néerlandais, mais ils parlent en fait le flamand occidental ou oriental, le brabançon ou le limbourgeois et la région flamande a comme capitale Bruxelles qui n'est pas en Flandre et qui est bilingue. Il y a encore une communauté germanophone, mais on ne va pas s'embêter avec ça, c'est déjà assez compliqué si l'on parle des communes à facilités, alors les cantons rédimés...

Pour comprendre un peu la Belgique, voici une vidéo dont le lien a été donné par lamkyre sur un forum. Êtes-vous prêts pour votre première leçon de néerlandais ? À la fin de ces explications, vous serez capables de faire comme TF1 qui ne sait plus où placer Flandre et Wallonie, ni dessiner leurs contours (mais en indiquant bien les Fourons ce qui n'est pas un mince détail quand on sait ce que cela a provoqué avant BHV).

TF1 redessine la Belgique.jpg

mardi, 11 août 2009

Montréal-sur-Langue

Oh ! enfin un blogue québécois sur la langue, universitaire, mal-pensant et médisant (merci à François Bon). Enfin ! de l'air frais...

C'est de toute manière d'un autre niveau que la future émission sur la langue française de Julien Courbet (rien que le castigne et les premières questions promettent pour le niveau des échanges culturels).

samedi, 09 mai 2009

Traitrise des éditeurs

Via Twitter et notre reportrice d'outre-Meuse Zolurne, cette histoire au sujet d'une grande tradition belge :

Je lui [à Jean-Marie Klinkenberg] en ai fait directement le reproche, il m'a aussitôt répondu ceci :

Tu as mis le doigt sur une plaie, là : le texte dit bien "friture", et j'y ajoute même une note que voici : " Jusqu’à ma mort, je me refuserai à dire friterie. Seules les fritures me garantissent la frite coupée main et déjà lourde de moutarde à venir. "


Cette traitrise de la page 4 est due à l'éditeur, sans doute pressé d'adhérer au gastronomiquement correct, ou désireux de vendre en France.

mardi, 14 avril 2009

Pour Pierrre Etaix (one more time)

Je ne peux que répondre favorablement à cette invitation de demander à voir (ou revoir comme dans mon cas puisque cela a été un de mes enchanteurs d'enfance) enfin les films de Pierre Etaix."Le 28 novembre 2008 à notre grande surprise, les  auteurs se voyaient refuser le droit de procéder à la restauration de leurs films (une restauration pourtant jugée urgente et dont le financement était assuré)." Depuis Christine Albanel a été sourde et aveugle, tellement elle était occupée par la loi imbécile d'Hadopi condamnée par des socialistes dissimulés derrière des rideaux et des colonnes dans des couloirs. Comment peut-on interdire l'accès à l'un des plus grands clowns, scénaristes et cinéastes français alors même que se déroule une rétrospective Tati à la Cinémathèque ? Les auteurs de la pétition demandent que l'on invite au moins deux personnes afin d'obtenir 50 000 signatures afin de peser un peu plus que les 16 000 actuelles, cela n'est pas inaccessible et il faut qu'Etaix rentre enfin dans le patrimoine culturel et que cesse le scandale d'un auteur qui ne peut plus être vu alors qu'il est simplement humain. Je trouve honteux qu'on interdise en France au nom de raisons marchandes et contre son gré l'un des plus grands auteurs d'images de ce pays (au fait, il n'a pas sa Légion d'honneur et il ne porte pas de Rollex, cet Etaix inconnu ?)

jeudi, 05 février 2009

Encore un grand malentendu avec le Québec

Quand un député français (et UMP bien entendu) commet un autre impair que celui du mirifique président auprès des Québécois :

S'inquiétant du niveau d'épuisement du premier ministre québécois lors de son passage à Paris, mardi, le député Pierre Lasbordes, président du Groupe d'amitié France / Québec, a lancé tout de go : «J'espère que vous n'avez pas la plotte à terre», provoquant un léger malaise parmi les invités québécois.

M. Lasbrodes s'est expliqué en disant qu'un «ami québécois» lui avait appris cette expression «rimouskoise» et qu'il n'aurait jamais cru que c'était vulgaire ou que cela provoquerait autant de réactions.

Selon Mario Bélanger, lui-même Rimouskois et auteur du Petit Guide du parler québécois, publié chez Stanké, il est fort probable que le député ait été victime d'une blague.

On trouvera chez Laurent d'autres liens sur les réactions québécoises au sujet de cette expression et une explication de son sens.

J'y vois surtout un fait plus sociologique : ce député qui se veut le chantre de l'amitié franco-québécoise estime que le Québec est forcément exotique (peuplé de rudes bûcherons et trappeurs à chemises à carreaux qui sacrent tout le temps), que les expressions québécoises sont forcément toutes savoureuses et anciennes, que pour s'adresser à des Québécois il faut établir la complicité par l'emploi des savoureuses et anciennes expressions québécoises, comme lorsque les colons s'efforçaient de parler petit-nègre face aux Africains, car c'était se mettre à la portée de compréhension de ces grands enfants, ou comme certains hommes politiques français emploient un faux verlan pour s'adresser aux populations de banlieue. Peu importe qu'on lui ait joué un mauvais tour ou qu'il révèle son ignorance du parler québécois : ce qui est plus important, ce sont les présupposés à la base de ce genre de discours. Vouloir faire couleur locale à tout prix par le discours quand on est face à quelqu'un d'ailleurs, c'est le renvoyer à son étrangeté, nier qu'il ait lui aussi des codes sociaux aussi hiérarchisés que les siens, s'imaginer que l'autre s'exprime en toutes circonstances dans une langue familière unique, qu'il comprend alors bien mieux que si on lui parle en français standard et qu'il attend une certaine dignité ou une forme de respect par le niveau de langue utilisé. Réduire l'autre à ce qu'il a de pittoresque et de prétendument charmant dans son parler est une manière de le méconnaître.

mardi, 03 février 2009

Franc succès du divin président au Québec

Notre splendide président parvient à susciter la gêne, voire l'hostilité à ses propos jusqu'au Québec, et ce même chez les libéraux !

La députée péquiste de Rosemont, Louise Beaudoin, estime que le président Sarkozy fait preuve d'une méconnaissance profonde du Québec.

En cause, ce passage :

« Pour vous aimer [les Québécois], je n'ai pas besoin de détester les voisins [le reste du Canada], pour prouver qu'on aime les autres, on n'a pas besoin de détester leurs voisins ». Il a ajouté que ceux qui ne comprenaient pas cela « ne comprennent pas le refus du sectarisme, le refus de la division, le refus de l'enfermement sur soi-même et le refus de cette obligation de définir son identité par opposition féroce à l'autre ».

Or, cette déclaration ressemble à un total désaveu de sa propre politique d'immigration et d'identité nationale, fondée sur la chasse au faciès, à l'arrestation des enfants dans les écoles, à la traque de clandestins fabriqués par l'administration, au refus du statut de réfugiés politiques pour des personnes venues de pays dictatoriaux, en instrumentalisant les pires organisations confessionnelles musulmanes, en traquant le prétendu terroriste en Afghanistan hors du mandat confié par l'ONU, à la stigmatisation des origines différentes, à la diffamation de victimes de bavures policières un peu trop basanées, aux camps de rétention, aux menottages musclés dans les avions, à la gabegie financière de retours dans le pays d'origine, en imposant une connaissance préalable de la langue française seulement aux personnes qui ne sont pas venues du monde occidental, à la dénonciation du mouton dans la baignoire ! Si cela ne ressemble pas à une opposition féroce à l'autre...

Aller donner des leçons en matière d'immigration ou d'identité nationale aux Québécois est plus que malvenu : c'est une faute politique, une hénaurme sottise puisque ledit ministère français de l'indignité nationale avait prétendu s'inspirer explicitement de l'exemple québécois (sans les moyens pour des cours de français, mais avec la matraque et les menottes en plus), un tête-à-queue invraisemblable où la politiqué d'affirmation du fait français en Amérique du Nord se voit stigmatisée après avoir été érigée en exemple lors de la campagne présidentielle. Mais nous n'en sommes plus à une contradiction près de la part de quelqu'un qui entend s'ériger en éternel donneur de leçons, même si pour cela il doit fabriquer à présent une sorte de Québécois afin de rendre encore plus illisible l'intolérance et la détestation véhiculées par son propre régime.

vendredi, 23 janvier 2009

Le taureau rouge fait voir rouge et de travers

Au Québec, on n'aime pas le Red Bull et le nom des événements qu'il parraine :

Le MMF, comme la Société Saint-Jean-Baptiste, en a contre le nom de l’événement, et réclame sa francisation. L’Office québécois de la langue française a déjà réagi en ce sens également. «Red Bull crache sur le français», soutient la présidente du MMF, Sophie Beaupré, ne se privant pas d’un jeu de mot au passage. Elle fait également valoir qu’en Italie, la compagnie a traduit le nom de son écurie de F1. Red Bull devient ainsi Toro Rosso.

En Europe, c'est plutôt la composition du Red Bull ou de ses imitations qui soulève l'indignation. Que je sache, le scandale est plutôt là et réclamer une francisation, c'est accepter que son existence va de soi. Fallait pas l'inviter ! comme on dit...

vendredi, 16 janvier 2009

Les cours sont rares

Dans cet article sur le brusseleer, pourquoi le titre de ce paragraphe est-il devenu incompréhensible à un non-Bruxellois, pourquoi évite-t-on de l'expliquer et pourquoi convient-il quand même au sujet ?

Les cours sont rares
Certains restaurants vous proposeront une carte qui vous permettra de vous initier au bruxellois culinaire, mais il est difficile d'apprendre le bruxellois autrement que par les énervements d'une grand-mère ou les réclamations d'une tante qui ne trouve pas ses boulettes assez marolliennes à son goût lors d'une sortie gastronomique familiale. Certes, de nombreux cafés de la capitale vous permettront de parfaire votre zwanze, mais au final, rien ne vaut un match du Fc Brussels (ex-RWDM) ou de l'Union Saint-Gilloise pour jouir en echte brusseleir de la chaleur bruxelloise caractéristique des buvettes sportives.

mercredi, 26 novembre 2008

Carpette anglaise 2008 : Pécresse élue !

Je suis déçu. Mon candidat n'avait même pas été sélectionné pour ce prix que je ne rate pas (tout comme les IgNobels ou le Prix du maire de Champignac).

Au premier tour de scrutin, par onze voix contre deux, le prix de la Carpette anglaise 2008 a été décerné, à Mme Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu'il fallait briser le tabou de l'anglais dans les institutions européennes, ainsi que dans les universités françaises, en rendant obligatoire l'enseignement intensif de cette langue au détriment de toutes les autres (ce qui est notamment contraire au traité de l'Elysée de 1963).

Je suis en revanche satisfait de voir la sélection de Xavier Darcos.

La Carpette anglaise.

jeudi, 20 novembre 2008

Coloc en stock

«Jusqu'à maintenant, les traductions de Tintin ont été faites dans des langues étrangères ou des dialectes, ajoute le spécialiste des langues. Or un Tintin en québécois va donner l'impression que la langue qui se parle ici est un dialecte ou une langue étrangère au français. Ce qui n'est pas le cas. Le québécois, ce n'est pas une langue régionale, c'est une variété nationale du français [au même titre que le français de Suisse, de Belgique ou du Sénégal] et cet exercice d'adaptation va encore répandre des préjugés épouvantables.»

Ben... On trouve quand même quelques belgicismes discrets - parfois corrigés - dans le français dit international de Tintin et certaines des insultes de Haddock sont du pur marollien...

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