mardi, 11 août 2009
Montréal-sur-Langue
Oh ! enfin un blogue québécois sur la langue, universitaire, mal-pensant et médisant (merci à François Bon). Enfin ! de l'air frais...
C'est de toute manière d'un autre niveau que la future émission sur la langue française de Julien Courbet (rien que le castigne et les premières questions promettent pour le niveau des échanges culturels).
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samedi, 09 mai 2009
Traitrise des éditeurs
Via Twitter et notre reportrice d'outre-Meuse Zolurne, cette histoire au sujet d'une grande tradition belge :
Je lui [à Jean-Marie Klinkenberg] en ai fait directement le reproche, il m'a aussitôt répondu ceci :
Tu as mis le doigt sur une plaie, là : le texte dit bien "friture", et j'y ajoute même une note que voici : " Jusqu’à ma mort, je me refuserai à dire friterie. Seules les fritures me garantissent la frite coupée main et déjà lourde de moutarde à venir. "
Cette traitrise de la page 4 est due à l'éditeur, sans doute pressé d'adhérer au gastronomiquement correct, ou désireux de vendre en France.
08:20 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : belgicisme, belgique, langue française, wallonie
mardi, 14 avril 2009
Pour Pierrre Etaix (one more time)
Je ne peux que répondre favorablement à cette invitation de demander à voir (ou revoir comme dans mon cas puisque cela a été un de mes enchanteurs d'enfance) enfin les films de Pierre Etaix."Le 28 novembre 2008 à notre grande surprise, les auteurs se voyaient refuser le droit de procéder à la restauration de leurs films (une restauration pourtant jugée urgente et dont le financement était assuré)." Depuis Christine Albanel a été sourde et aveugle, tellement elle était occupée par la loi imbécile d'Hadopi condamnée par des socialistes dissimulés derrière des rideaux et des colonnes dans des couloirs. Comment peut-on interdire l'accès à l'un des plus grands clowns, scénaristes et cinéastes français alors même que se déroule une rétrospective Tati à la Cinémathèque ? Les auteurs de la pétition demandent que l'on invite au moins deux personnes afin d'obtenir 50 000 signatures afin de peser un peu plus que les 16 000 actuelles, cela n'est pas inaccessible et il faut qu'Etaix rentre enfin dans le patrimoine culturel et que cesse le scandale d'un auteur qui ne peut plus être vu alors qu'il est simplement humain. Je trouve honteux qu'on interdise en France au nom de raisons marchandes et contre son gré l'un des plus grands auteurs d'images de ce pays (au fait, il n'a pas sa Légion d'honneur et il ne porte pas de Rollex, cet Etaix inconnu ?)
22:22 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : film, cinéma, politique, cirque, dessin
jeudi, 05 février 2009
Encore un grand malentendu avec le Québec
Quand un député français (et UMP bien entendu) commet un autre impair que celui du mirifique président auprès des Québécois :
S'inquiétant du niveau d'épuisement du premier ministre québécois lors de son passage à Paris, mardi, le député Pierre Lasbordes, président du Groupe d'amitié France / Québec, a lancé tout de go : «J'espère que vous n'avez pas la plotte à terre», provoquant un léger malaise parmi les invités québécois.
M. Lasbrodes s'est expliqué en disant qu'un «ami québécois» lui avait appris cette expression «rimouskoise» et qu'il n'aurait jamais cru que c'était vulgaire ou que cela provoquerait autant de réactions.
Selon Mario Bélanger, lui-même Rimouskois et auteur du Petit Guide du parler québécois, publié chez Stanké, il est fort probable que le député ait été victime d'une blague.
On trouvera chez Laurent d'autres liens sur les réactions québécoises au sujet de cette expression et une explication de son sens.
J'y vois surtout un fait plus sociologique : ce député qui se veut le chantre de l'amitié franco-québécoise estime que le Québec est forcément exotique (peuplé de rudes bûcherons et trappeurs à chemises à carreaux qui sacrent tout le temps), que les expressions québécoises sont forcément toutes savoureuses et anciennes, que pour s'adresser à des Québécois il faut établir la complicité par l'emploi des savoureuses et anciennes expressions québécoises, comme lorsque les colons s'efforçaient de parler petit-nègre face aux Africains, car c'était se mettre à la portée de compréhension de ces grands enfants, ou comme certains hommes politiques français emploient un faux verlan pour s'adresser aux populations de banlieue. Peu importe qu'on lui ait joué un mauvais tour ou qu'il révèle son ignorance du parler québécois : ce qui est plus important, ce sont les présupposés à la base de ce genre de discours. Vouloir faire couleur locale à tout prix par le discours quand on est face à quelqu'un d'ailleurs, c'est le renvoyer à son étrangeté, nier qu'il ait lui aussi des codes sociaux aussi hiérarchisés que les siens, s'imaginer que l'autre s'exprime en toutes circonstances dans une langue familière unique, qu'il comprend alors bien mieux que si on lui parle en français standard et qu'il attend une certaine dignité ou une forme de respect par le niveau de langue utilisé. Réduire l'autre à ce qu'il a de pittoresque et de prétendument charmant dans son parler est une manière de le méconnaître.
17:20 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : québec, francophonie, langue française, ump, politique
mardi, 03 février 2009
Franc succès du divin président au Québec
Notre splendide président parvient à susciter la gêne, voire l'hostilité à ses propos jusqu'au Québec, et ce même chez les libéraux !
La députée péquiste de Rosemont, Louise Beaudoin, estime que le président Sarkozy fait preuve d'une méconnaissance profonde du Québec.
En cause, ce passage :
« Pour vous aimer [les Québécois], je n'ai pas besoin de détester les voisins [le reste du Canada], pour prouver qu'on aime les autres, on n'a pas besoin de détester leurs voisins ». Il a ajouté que ceux qui ne comprenaient pas cela « ne comprennent pas le refus du sectarisme, le refus de la division, le refus de l'enfermement sur soi-même et le refus de cette obligation de définir son identité par opposition féroce à l'autre ».
Or, cette déclaration ressemble à un total désaveu de sa propre politique d'immigration et d'identité nationale, fondée sur la chasse au faciès, à l'arrestation des enfants dans les écoles, à la traque de clandestins fabriqués par l'administration, au refus du statut de réfugiés politiques pour des personnes venues de pays dictatoriaux, en instrumentalisant les pires organisations confessionnelles musulmanes, en traquant le prétendu terroriste en Afghanistan hors du mandat confié par l'ONU, à la stigmatisation des origines différentes, à la diffamation de victimes de bavures policières un peu trop basanées, aux camps de rétention, aux menottages musclés dans les avions, à la gabegie financière de retours dans le pays d'origine, en imposant une connaissance préalable de la langue française seulement aux personnes qui ne sont pas venues du monde occidental, à la dénonciation du mouton dans la baignoire ! Si cela ne ressemble pas à une opposition féroce à l'autre...
Aller donner des leçons en matière d'immigration ou d'identité nationale aux Québécois est plus que malvenu : c'est une faute politique, une hénaurme sottise puisque ledit ministère français de l'indignité nationale avait prétendu s'inspirer explicitement de l'exemple québécois (sans les moyens pour des cours de français, mais avec la matraque et les menottes en plus), un tête-à-queue invraisemblable où la politiqué d'affirmation du fait français en Amérique du Nord se voit stigmatisée après avoir été érigée en exemple lors de la campagne présidentielle. Mais nous n'en sommes plus à une contradiction près de la part de quelqu'un qui entend s'ériger en éternel donneur de leçons, même si pour cela il doit fabriquer à présent une sorte de Québécois afin de rendre encore plus illisible l'intolérance et la détestation véhiculées par son propre régime.
17:23 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, québec, canada, politique, ump, sarkozy
vendredi, 23 janvier 2009
Le taureau rouge fait voir rouge et de travers
Au Québec, on n'aime pas le Red Bull et le nom des événements qu'il parraine :
Le MMF, comme la Société Saint-Jean-Baptiste, en a contre le nom de l’événement, et réclame sa francisation. L’Office québécois de la langue française a déjà réagi en ce sens également. «Red Bull crache sur le français», soutient la présidente du MMF, Sophie Beaupré, ne se privant pas d’un jeu de mot au passage. Elle fait également valoir qu’en Italie, la compagnie a traduit le nom de son écurie de F1. Red Bull devient ainsi Toro Rosso.
En Europe, c'est plutôt la composition du Red Bull ou de ses imitations qui soulève l'indignation. Que je sache, le scandale est plutôt là et réclamer une francisation, c'est accepter que son existence va de soi. Fallait pas l'inviter ! comme on dit...
19:51 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : québec, francophonie, langue française
vendredi, 16 janvier 2009
Les cours sont rares
Dans cet article sur le brusseleer, pourquoi le titre de ce paragraphe est-il devenu incompréhensible à un non-Bruxellois, pourquoi évite-t-on de l'expliquer et pourquoi convient-il quand même au sujet ?
Les cours sont rares
Certains restaurants vous proposeront une carte qui vous permettra de vous initier au bruxellois culinaire, mais il est difficile d'apprendre le bruxellois autrement que par les énervements d'une grand-mère ou les réclamations d'une tante qui ne trouve pas ses boulettes assez marolliennes à son goût lors d'une sortie gastronomique familiale. Certes, de nombreux cafés de la capitale vous permettront de parfaire votre zwanze, mais au final, rien ne vaut un match du Fc Brussels (ex-RWDM) ou de l'Union Saint-Gilloise pour jouir en echte brusseleir de la chaleur bruxelloise caractéristique des buvettes sportives.
20:00 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bruxelles, brusseleer, marolles, langue française, belgique
mercredi, 26 novembre 2008
Carpette anglaise 2008 : Pécresse élue !
Je suis déçu. Mon candidat n'avait même pas été sélectionné pour ce prix que je ne rate pas (tout comme les IgNobels ou le Prix du maire de Champignac).
Au premier tour de scrutin, par onze voix contre deux, le prix de la Carpette anglaise 2008 a été décerné, à Mme Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu'il fallait briser le tabou de l'anglais dans les institutions européennes, ainsi que dans les universités françaises, en rendant obligatoire l'enseignement intensif de cette langue au détriment de toutes les autres (ce qui est notamment contraire au traité de l'Elysée de 1963).
Je suis en revanche satisfait de voir la sélection de Xavier Darcos.
18:47 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, francophonie, enseignement, éducation, profs
jeudi, 20 novembre 2008
Coloc en stock
«Jusqu'à maintenant, les traductions de Tintin ont été faites dans des langues étrangères ou des dialectes, ajoute le spécialiste des langues. Or un Tintin en québécois va donner l'impression que la langue qui se parle ici est un dialecte ou une langue étrangère au français. Ce qui n'est pas le cas. Le québécois, ce n'est pas une langue régionale, c'est une variété nationale du français [au même titre que le français de Suisse, de Belgique ou du Sénégal] et cet exercice d'adaptation va encore répandre des préjugés épouvantables.»
Ben... On trouve quand même quelques belgicismes discrets - parfois corrigés - dans le français dit international de Tintin et certaines des insultes de Haddock sont du pur marollien...
21:16 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, québec, québécois, bande dessinée, bd
lundi, 10 novembre 2008
L'anglais au travail
La remarque de Claude Hagège est frappée au coin du bon sens :
« Quand ils travaillent en France, ces derniers, dans leur majorité, n'ont pas besoins (sic) de s'exprimer autrement qu'en Français (sic). Pensez-vous qu'un ouvrier doive savoir parler l'anglais ? », interroge-t-il en fulminant contre cet anglais galopant qui envahit le français. Et de mettre en garde tous les employeurs qui feraient le tri de leurs salariés par le seul filtre de la maîtrise de cette langue.
Il s'agit en fait d'un phénomène fréquent dans les enquêtes d'opinion : les sondés ont répondu en fonction de la connaissance empirique de leur travail tel qu'il existe et non tel qu'on voudrait qu'il soit. En outre, une entreprise peut effectuer une partie de son chiffre d'affaire avec l'étranger, mais cela ne concernera qu'une partie limitée de son personnel en contact avec les fournisseurs, les prestataires de services ou les clients. Un emploi faiblement qualifié - manutention, bâtiment, entretien, gardiennage - ou alors seulement de production agricole, industrielle, artisanale ne place que rarement devant la nécessité de devoir affronter une autre langue. Cela peut s'imposer bien plus à ce niveau lorsque l'on travaille dans des zones frontalières de la Suisse, du Luxembourg et de l'Allemagne ou dans les départements ruraux dans lesquels on accueille les nouveaux envahisseurs godons, mais il est bien rare qu'ailleurs un boulanger ait à vendre ses produits à des personnes ne parlant qu'anglais.
Un autre biais de la même enquête au sujet de la nécessité de la connaissance de l'anglais dans le monde du travail apparaît lorsque l'on s'intéresse un peu à l'économie : si le commerce extérieur augmente, il ne faut pas négliger le fait que le premier partenaire économique de la France est d'abord l'Union européenne où l'on compte 24 langues officielles ! Et dans l'Union, le premier pays avec lequel nous échangeons est... l'Allemagne. Or l'enseignement de l'allemand est devenu totalement sinistré depuis une dizaine d'années. Ce qui est frappant dans ce sondage, c'est comment l'on passe vite de la connaissance d'une langue étrangère à la connaissance de l'anglais :
Un [salarié] sur deux estime que la pratique d'une autre langue que le français n'est pas indispensable dans le cadre de son travail.
Et juste après le chapeau :
Alors que Xavier Darcos fait de l'apprentissage de l'anglais au lycée une nécessité absolue pour que les bacheliers deviennent tous bilingues, cette préoccupation s'étiole singulièrement dans le monde du travail.
En fonction de quelle étude antérieure ? Elle n'est rappelée nulle part. Le bilinguisme de nos élèves qui parlent chez eux turc, arabe, amazigh, wolof, mandinque, vietnamien, serbe, albanais, créole, alsacien, corse, basque, breton,cela n'existe donc pas ?
On voit mieux l'orientation idéologique de l'article quand on lit cette affirmation :
Selon un récent sondage réalisé par le site de recrutement Monster, 51 % des salariés estiment en effet que la maîtrise d'une langue étrangère au travail n'est pas une priorité. Un taux particulièrement faible si on le compare aux résultats recueillis dans d'autres pays.
Il y a comme un problème de lecture des chiffres, parce que le résultat est de 50 % en Belgique, pays pourtant trilingue ! Et ce pays est cité dans la liste de ceux qui auraient un taux d'adhésion supérieur à la France après le Luxembourg, l'Espagne, la Suisse, l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche. Mais là où on ne s'interroge pas du tout, c'est sur le fait qu'un pays comme la Belgique manifeste moins d'intérêt pour les autres langues que la Suisse ou le Luxembourg alors que la question linguistique est au coeur de la politique nationale et locale. Heureusement, on se rattrape en disant quand même que 78 % des salariés étatsuniens ne voient pas la nécessité de parler une autre langue (on s'en doutait largement). C'est aux autres d'apprendre leur langue et de financer cet effort.
Manifestement, la présentation de ce sondage est orientée de façon à correspondre à un objectif : faire croire que l'anglais sera le sésame de tout emploi, construire une société de classes fondée sur la maîtrise de la langue dominante.
16:54 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, anglais, éducation, politique, enseignement


