mercredi, 21 juillet 2010

Comment réinventer l'histoire

L'Oignon et l'office du tourisme de Champignac racontent des balivernes au sujet de Louis XVI et Marie-Antoinette.

Clou de cette visite, l'oratoire avec son portrait de Saint-Louis et ses vieux sièges. Louis Capet et Marie-Antoinette, lors de leur retour sous bonne garde vers Paris, devaient passer la nuit à l'hôtel de l'intendant. Le dîner était déjà prévu.
Mais les Rémois, plus fanatiques que les Châlonnais, sont venus les arracher à la chapelle pour les conduire sous bonne garde à Reims. On pénètre dans la pièce, et on imagine les Sans-culottes débarquant là, hostiles et menaçants.

La famille royale a passé la nuit en ville et est repartie seulement le lendemain en milieu de journée : la messe interrompue a eu lieu le 23 juin au matin, le jour de la Fête-Dieu, et non le 22 juin en soirée. D'ailleurs, vu l'heure tardive d'arrivée, il était difficile de faire autrement. Louis XVI a été acclamé par la population au balcon de l'hôtel de l'intendance lorsqu'il est apparu. Le voyage de retour a été fort lent par rapport à l'aller et le roi n'est pas passé par Reims, mais par Épernay, Dormans où il s'arrête encore pour passer la nuit, Meaux avec un nouvel arrêt. Les faits sont très contradictoires : il est beau d'imaginer des sans-culottes sans pitié qui viendraient prendre soudain le roi afin de l'exécuter au plus vite, mais ce n'est pas la réalité.


dimanche, 14 février 2010

Munéraire

Une école munérique, ce doit être une école dans laquelle on doit se battre pour étudier :

Charleville, nouvelle école munérique rurale dans le Sud-Ouest marnais Quand les clics remplacent les craies

 

lundi, 18 janvier 2010

Dons en tout genre

Les journalistes de l'Oignon ont du mal à faire la différence entre des homonymes. Voici le titre d'un article :

Don Michel était l'un des trois « gothiques » de la communauté Saint-Martin

On retrouve cette forme dans le chapeau et le corps de l'article :

Don Michel, de la communauté Saint-Martin, a demandé à être relevé de toutes ses missions sacerdotales, un peu avant Noël. Surprise dans le milieu ecclésiastique.

Or il existe deux orthographes différentes de titres différents : don et dom. Le premier est un titre de politesse espagnol désignant des nobles ou supposés tels. Mais c'est aussi un titre accordé en Italie à certains religieux, à des grands propriétaires et puis à... des chefs de la Mafia. En revanche, le second dom est un titre de politesse portugais pour des nobles et aussi un titre pour certains moines en France, par exemple certains bénédictins, trappistes ou chartreux.

Tout semblerait simple. Mais non... Don a aussi été la forme ancienne de dom en moyen français et on peut le trouver dans les livres en édition savante. Ensuite, le français a procédé à une réfection étymologique. En outre, il existe une pièce de théâtre française écrivant dom et non don pour désigner un hidalgo : Dom Juan, ou le Festin de pierre. Alors, pourquoi ce titre don et non dom afin de désigner le prêtre qui se défroque soudainement ? Sans doute parce que sa communauté est d'origine italienne. Mais en revenant en France, c'est le titre français qui aurait dû s'imposer pour nos corbeaux traditionalistes.

Ajoutons à la confusion générale : le mot dom a été aussi écrit dam. On trouve ainsi des noms de lieux comme Dampierre ou Dammartin qui signifient simplement Saint-Pierre, Saint-Martin. Or il ne faut pas confondre ce formant avec dam dans à son grand dam (à prononcer comme dans ou dent et non comme dame). Ce dernier vient de damnum (dommage, préjudice) et n'a pas de rapport avec dominus (maître, seigneur). Précisons encore que les toponymes des régions excentriques de la France ont suivi des évolutions différentes et parfois étranges : Dannemarie par exemple était Dammekirch en allemand ou l'église de la Madone. Il s'agit là d'une sorte de pléonasme caché.

jeudi, 14 janvier 2010

Le vrai cauchemar à la Hitchcock

Un article de l'Oignon a retenu mon attention par son titre.

Un vrai cauchemar à la Hitchcock.

Cela fait peur, hein ? Avouez que cela vous fiche la trouille... Vous n'en menez pas large en lisant cela ! Qu'a-t-il donc bien pu se passer pour que le maître du suspense soit ainsi convoqué ?

La lecture de l'article vous apprendra qu'un paisible village champignacien de 60 habitants est cerné par des nuées de centaines de milliers d'étourneaux. Si l'étourneau peut en effet former exceptionnellement des bandes de cent mille volatiles, il me semble difficile que celles-ci puissent en compter plusieurs centaines de milliers au dessus d'un petit village. On ne compte en effet que trois millions et demi de couples en France, selon une estimation moyenne. Ce qui doit faire, rapporté à la superficie du territoire, quelque chose comme cent mille couples (le double dans l'hypothèse haute) pour toute la Champignacie. Cela voudrait dire que toute la population de sturnidés champignacienne s'est regroupée dans ce seul village viticole. L'étourneau est aussi classé comme nuisible dans bien des départements, je pense que ce doit être le cas ici du fait du grand pouvoir des vignerons et des céréaliers dans la région... L'étourneau du nord de la Loire est aussi normalement un animal migrateur au contraire de celui du sud qui est nicheur, il est donc rare d'en voir autant durant la froide saison. On comprend donc le cri d'alarme d'un maire en détresse et pour cela on emploie les grands moyens de l'emphase.

D'abord, qui dit nuées d'oiseaux dit Hitchcock. C'est un cliché presque inévitable dans un tel cas. On aurait dit assassinat dans une douche, on aurait aussi dit Hitchcock. Et si l'on doit parler d'une intrigue à suspense vaguement policier ou d'espionnage, on dira également "à la Hitchcock". L'expression étant entendue comme un compliment pour exprimer une forme de perfection du genre. "À la Hitchcock" est un terme superlatif en soi. On pourrait en trouver de similaires dans d'autres genres : un humour à la Marx Brothers, de la magie à la Méliès, un salmigondis à la Marguerite Duras.

Vient ensuite le cauchemar, et surtout le vrai cauchemar. Un cauchemar simple ne saurait frapper suffisamment les esprits. Tout le monde a connu en rêve des cauchemars, certains ont vécu des drames qu'ils nomment alors cauchemars sans que ce soit totalement épouvantable. C'est une sorte de métaphore hyperbolique afin de souligner sa détresse. Mais le vrai cauchemar indique d'abord que cela se passe dans la vie réelle et non en rêve, ensuite que ce cauchemar est encore plus cauchemardesque que les autres cauchemars réels. Que ledit vrai cauchemar soit en fait les prédations et les déjections de la gent ailée importe peu, ce qui va se superposer à l'esprit du lecteur c'est l'image des bandes d'oiseaux du film The Birds qu'il a sûrement vu. Parce que le spectateur du film l'a vu comme un cauchemar permanent ou un film censé susciter de mauvais rêves. Les trois locutions (vrai, cauchemar, à la Hitchcock) s'enchaînent d'autant mieux que cela semble correspondre au sujet (une invasion d'oiseaux sur le territoire des humains), mais c'est plaqué sur une réalité que l'on tente d'adapter dans le texte en évoquant les centaines de milliers d'oiseaux qui doivent être nettement moins nombreux et surtout qui sont moins meurtriers que ceux du film. Pourtant, c'est cette image qui peut rester du titre et de l'illustration.

jeudi, 03 décembre 2009

L'horreur acceptable : un squelette près de chez vous

Halloween est passé et pourtant l'Oignon fait encore dans le gore comme d'hab' !

Voici d'abord le titre :

Il vient réclamer des loyers, il découvre_un_squelette !

On lit un peu interloqué ce qui suit. Le squelette devient plus précis.

Le mauvais payeur entre guillemets était même si bien mort que l'homme de loi, accompagné du serrurier, a découvert le locataire en question réduit à l'état de squelette, avec lunettes sur le nez et montre au poignet, mais sans plus de chair sur les os.

Je ne sais pas qui était le professeur de biologie du journaliste en question, mais pour faire un squelette parfait il faut des années même avec une exposition à la lumière ! La décomposition d'un corps ne peut se produire entièrement en sept ou huit mois. C'est déjà assez difficile et long pour des corps simples comme des feuilles mortes qui ne s'évanouissent pas du jour au lendemain (on ne parle même pas de cuir ou de plastique parce que cela devient vite compliqué). Si le journaliste s'était un peu intéressé au recyclage des objets, il aurait pu constater que la chair humaine ou non se maintient fort longtemps puisque c'est de la chair. Un organisme complexe, très inventif et résistant. L'image du squelette dans un appartement est une absurdité totale : elle vient des images de vesternes où l'on nous présente des squelettes sous un soleil de plomb en plein désert de la mort qui tue avec quelques vautours aux alentours. La réalité est plus sordide : un corps en liquéfaction et semblant sortir de la Nuit des Morts-Vivants ou d'un autre film de Romero, des résidus de la chair partout autour, une odeur de puanteur infinie. Bref, c'est horrible.

Mais il existe l'horreur acceptable, et ainsi le cadavre devient squelette. Un squelette, c'est plus présentable qu'un vrai mort avec son odeur épouvantable. C'est plaisant, un squelette. On en a tous croisé un que l'on surnommait Arthur en salle de biologie, comme dans les Disparus de Saint-Agil. On peut l'aimer, le squelette. Alors que le cadavre, c'est la mort totale. Dans la rédaction de l'Oignon, on se demande comment frapper le lecteur sans trop le choquer quand même et on se dit que cadavre serait trop brutal (même si l'on ne néglige pas les articles sur les faits divers les plus sordides) alors qu'un bon vieux squelette des familles est propre, lisse et surtout sans aucune trace de vie puisque ce ne sont que des os ! Le squelette est une métaphore parfaite de la mort complète et achevée que ne peut être le cadavre. Mais il est dommage que cette mort de l'organisme dure pendant des années et ne soit pas achevée en six mois selon un schéma de pensée idéal. D'ailleurs, comment aurait-on pu dater le décès sans aucun élément de chair ?   

mercredi, 07 octobre 2009

La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)

Je félicite hautement et chaudement l'élu qui a émis ces propos :

Et l'adjoint de préciser : « il s'agit aussi de préserver l'écosystème : il n'est pas question que les cygnes, les canards ou les ragondins souffrent des conséquences de cette opération ».

Pourquoi épargner le ragondin ? Il est bien classé dans la catégorie des nuisibles par certains départements, mais il a bien sa place dans cette zone marécageuse précise, seulement on ne le voit pas dans l'endroit prétendument envahi par les rats ou alors durant la nuit.

Si on veut ne tuer que la population de rats qui a colonisé les abords du canal, cela va être un peu difficile de leur trouver des aliments empoisonnés que n'ingurgiteraient pas aussi les ragondins lors de cette opération de dératisation :

Laquelle consistera en la pose de boîtes spécifiques, chargés d'attirer les rats, et uniquement eux, et qu'ils meurent du produit intérieur qu'ils ingurgiteront.

Le régime alimentaire du ragondin est certes exclusivement herbivore et frugivore à la différence de celui des rats, ces boîtes ne vont pas plus attirer les rats qui ne sont pas gourmands de quelques rares quignons de pain abandonnés alors qu'il y a des quantités d'ordures ailleurs. Je n'ai d'ailleurs jamais vu un seul vrai rat dans cet endroit que j'ai photographié et parcouru avec attention en particulier cet été, et d'ailleurs pas un seul ragondin qui doit se cacher bien plus dans un lieu éloigné de la foule. Je m'y promène fréquemment, je ne vois pas un seul rat.

Notons la paranoïa manifeste du texte :

« Au jard, il est aisé en ce moment de voir une dizaine de ces rats d'un seul coup d'œil ».

« Quand on en voit un, c'est qu'il y en a vingt à proximité »

« les rats peuvent être porteurs de maladies, notamment par leurs urines et leurs déjections. Ils représentent un risque pour la santé des enfants qui jouent dans l'herbe, des gens assis sur des rondins ».

Ou le retour aux peurs médiévales en temps de peste (maintenant, c'est la grippe A avec des gens qui se frottent les mains avec du gel sans aucune raison avant de se rendre au self-service). Mais eux... ces rats doivent bien traverser les rues, habiter quelque part puisque leur habitat naturel n'est pas les bords de rivières, pas les bords marécageux d'un canal qui est trop fréquenté par les joggeurs, les pêcheurs, les acteurs de festivals, les coureurs cyclistes, les randonneurs, et on en passe. Mais le ragondin peut être bon et le rat mauvais selon les préjugés auxquels on se réfère.

Et on continue par la recommandation stupide habituelle :

Et l'on pourra de nouveau redonner des morceaux de pain aux cygnes…

Ce qui signifierait que l'on pourrait encore encourager la prolifération de ces rats hypothétiques sans se poser la question du ramassage des ordures ménagères de plus en plus différé ppur cause de tri sélectif ? Donner des morceaux de pain à des cygnes est absurde et malveillant ! Cela ne fait pas partie de l'alimentation de cet animal.  C'est de la fausse protection animale et cela nuit au régime alimentaire naturel de cette bestiole.

La peste, c'est ce qui se trouve d'abord dans des cervelles.

samedi, 12 septembre 2009

La tradition et l'histoire ont beau dos

L'Oignon fait une fois de plus dans le charabia des communicants de la municipalité formés à l'école Frédéric Lefebvre en recopiant tel quel les documents mal écrits qu'on lui adresse :

Outre ces nouveautés, d'autres institutions traditionnelles donneront gracieusement de leur temps : Prévention routière, police (démonstrations radar mobile, dépistage des stupéfiants), office des seniors, prévention de la délinquance, associations des transports.

Depuis quand une institution ne serait-elle pas traditionnelle ? Je veux bien reconnaître la police comme une institution (hélas nécessaire et hélas tout aussi souvent nuisible), mais je ne vois pas pourquoi elle serait aussi traditionnelle que l'office des seniors (le nom poli pour parler des personnes âgées). En fait, on a affaire à une énumération totalement décousue qui rappelle simplement que les intervenants de ces différentes associations ou institutions participent de manière traditionnelle (sous-entendu depuis que la mairie est UMP) à ce genre de journées. C'est traditionnel parce que cela revient chaque année et que cela n'avait pas lieu lorsque la municipalité était communiste. Je ne crois pas que Prévention de la délinquance soit une institution ou una association ou un service départemental, du moins avec ce nom.

Dans le même genre d'énumération idiote, on a dans le même texte :

Au parking des Viviers, on retrouvera les partenaires historiques institutionnels : direction départementale de l'Equipement, service départemental d'incendie et de secours, mission locale, Croix-Rouge française, SNCF, association Alcool, écoute, joie et santé, et quelques auto-écoles.

Voilà ! historique et traditionnel ont exactement le même sens. Dire qu'il s'agit d'organismes qui sont présents de manière ancienne (l'ancienneté remontant à dix ans). Mais on ne voulait pas se répéter. Et on peut fabriquer de l'histoire ou de la tradition à peu de frais. On les vend survend sans aucune réflexion dans des listes.

mercredi, 09 septembre 2009

De la bombe !

Diable ! Je découvre par l'Oignon que nous nous livrions en tant que Français à des expériences nucléaires en Bavière comme on pouvait le faire en Algérie dans le sud saharien ou en Polynésie. Non ! on faisait ces expériences dans des territoires peuplés de gens bronzés, pas vraiment comme nous, que l'on considérait comme des demeurés sans aucune civilisation digne de ce nom, à la différence des Allemands. Si on me trouve la moindre bombe atomique qui ait explosé souterainement en Forêt Noire ou en Souabe, je suis prêt à payer toutes les tournées de bière lors de l'Oktoberfest ! Il n'y a eu que le déploiement de missiles tactiques au début des années 80, mais aucun n'a été essayé in situ. Et ce sont encore les Algériens et les Polynésiens qui demandent réparation, pas les culottes de peau bavaroises. 

Quant aux arguments économiques, ils passent au second plan. Je pense avant tout à l'aspect santé et qualité de vie » poursuit l'ancien militaire, qui durant son cantonnement à Munich, a été choqué par les expériences nucléaires auxquelles il a assisté de par ses fonctions.

Le premier travail d'un journaliste, ce serait de ne pas reproduire des propos imbéciles tels quels quand on voit qu'ils sont incohérents. Quand on prend la peine de se renseigner un tout petit peu, on se rend compte que München n'a jamais fait partie de la zone d'occupation française en Allemagne, tout comme l'ensemble de la Bavière, et que ledit cantonnement devait appartenir à des forces de liaison avec l'état-major étatsunien qui ne procédait pas à des essais nucléaires aussi près des soviétiques.

mardi, 25 août 2009

Mangeons du prêtre !

« Le chapon a une croissance lente ce qui permet d'avoir une volaille finie bien persillée, avec une chaire imprégnée de gras qui donne de la douceur à la viande », souligne Isabelle C***.

Je supppose que ce chapon doit être un grand prédicateur aux paroles onctueuses.

samedi, 08 août 2009

Histoire galante

« Je viens d'en acheter, car il semblerait qu'il y ait une épidémie de galle », confie Caroline, une cliente.

Elle doit se prendre pour une belle plante et non une personne.

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