lundi, 10 décembre 2007

Du discours présidentiel

Jean-Claude nous écrit : 

Quand je demande de multiples manières un discours du président de la République, est-il normal que l'on me sorte un texte de Jacques Chirac ? J'ai eu beaucoup d'admiration pour l'oeuvre fantastique, le sens de la gratuité et surtout l'absence totale de profit personnel de Jacques Chirac, mais je trouve inadmissible que Google me ramène cet homme du passé parmi les deux premiers résultats et que je ne trouve ensuite le président Sarkozy que dans des articles le diffamant de manière horrible ! Comment faire, mon cher comte, pour optimiser le président Sarkozy et ses si beaux discours comme celui de Dakar ?

Mon cher Jean-Claude, Google est très bête, mais il possède aussi une capacité d'oubli, on peut donc espérer que dans un mois ou un semestre, ces malheureux textes chiraquiens seront vite oubliés si on ne les remet pas à jour. Le mieux serait qu'ils ne soient plus mis en archives, il semble que les ouaibemestres du site de l'Elysée se soient un peu plantés et aient permis un meilleur affichage sur Google des textes anciens de Jacques Chirac que de ceux de Henri Guaino Nicolas Sarkozy. La meilleure solution serait de déposer une plainte judiciaire contre le site de l'Elysée ou contre Google qui continuent à mettre plus en évidence une personne n'ayant jamais existé et qui sera de toute façon en prison. Vous pourriez aussi demander de licencier la bande de nullité qui gère le site de l'Elysée et qui a fait remplacer le site du président par celui du candidat sans songer aux conséquences sur le référencement. Au royaume de l'absurde, tout est possible, comme on dit à l'UMP. Je vous en prie, déposez plainte ! Je suis persuadé qu'un juge d'instruction non gauchiste vous suivra si vous lui exposez clairement vos griefs.    

mercredi, 10 octobre 2007

Ça veut dire quoi "dégueulasse" ?

Mariah-Samanthah nous demande conseil.

Bien cher comte, vous savez que comme sarkozyste de gauche, je kiffe trop grave Fadela Amara, une meuf qui déchire à mort. Mais je suis embêtée maintenant qu'elle a dit que l'amendement sur l'ADN était "dégueulasse". J'avais pigé quand vous m'aviez dit que l'expression "zéro tolérance pour la glandouille" était vulgaire et qu'un ministre ne devait pas s'exprimer ainsi, parce qu'il stigmatiste toute une population en parlant de quelques individus et que ce n'est pas le langage qui est attendu d'une personne ayant une telle fonction. Alors comme je dois rédiger un post pour le blog des Jeunes sarkozystes modernes de gauche, je voudrais connaître votre avis : il y a eu des sarkozystes blessés par ses propos. Comment est-ce que je peux la défendre ?

Chère Mariah-Samanthah, le terme "dégueulasse" est aussi vulgaire que celui de "glandouille". Certes, un ministre ne devrait pas s'exprimer ainsi, mais l'exemple vient de haut, de celui qui a osé parler de "racaille" et qui encourage Fadela Amara à s'exprimer "à donf", "sans tabou" et "de manière décomplexée". Elle reste donc sarkozyste par la forme, vulgaire, simpliste et primaire, puisqu'elle n'aborde pas du tout les enjeux et c'est cela le plus important : il faut tout noyer dans des querelles de forme afin de sauver le sarkozysme qui est d'abord un spectacle permanent pour amuser la galerie. Les députés qui se sont sentis insultés par le terme n'ont pas réagi différemment des petits voyous de banlieue au mot "racaille" ou au mot "glandouille" : ils ont feint que tous les membres de leur groupe étaient concernés par le terme et ils  ont grossi le propos en faisant appel à une solidarité de bande (comment elle me parle ? comment elle me traite ? t'as vu comme elle me manque de respect ? elle a pas le droit de nous injurier comme ça, ça se fait pas !) Exactement comme dans les teucis. Les députés qui ont répondu pouvaient peut-être avoir des choses à se reprocher comme leur origine d'extrême droite dans le cas de Devedjian et de Goasguen, anciens membres du groupe Occident et fins manieurs de barres à mines. Ils ont senti qu'on allait encore leur reprocher leur passé facho alors qu'ils ont tout fait pour s'intégrer en apparence à la vie démocratique française, et tout ça parce qu'ils ont défendu un amendement d'un député qui est élu dans une circonscription d'extrême droite et qui défend depuis des années des projets d'extrême droite. Et en plus cela venait d'une Arabe, et une femme qui plus est ! Or on sait que pour Devedjian une femme qui ne pense pas comme lui et n'est pas du même parti est forcément une "salope". Les femmes du même parti ne doivent pas valoir mieux à son avis si elles prennent les places qu'il veut ; il s'interdit encore des réflexions sur Rachida Dati, mais le moment de la curée viendra... Pour l'heure, l'ouverture n'est pas encore tout à fait à l'extrême droite malgré les signes, même si cela viendra et si Fadela Amara partira pour être remplacée avant les présidentielles par Marine Le Pen qui possède aussi son langage cru et original. Une image après l'autre. Un langage vulgaire après un autre.    

samedi, 22 septembre 2007

Remarquable et extraordinaire

Jean-Claude nous écrit.

Mon cher comte, j'ai besoin de vos lumières au sujet de l'intervention de notre sauveur national. Je dois rédiger le texte pour le bulletin des amis de l'UMP du Haut-Cantal. Bien entendu, j'ai décidé en toute liberté de citer les passages où il félicite les ministres méritants, ceux qui se lèvent tôt et qui travaillent plus pour gagner plus. Cependant, je suis un peu ennuyé par le fait que l'adjectif remarquable apparaît onze fois. Cela risque d'être remarqué si je cite à la suite chaque ministre avec le bon point présidentiel. Comment me sortir de ce piège stylistique qui me ferait apparaître comme ridicule ? P.-S. : même remarque au sujet de l'adjectif extraordinaire.  

Mon cher Jean-Claude, dites-vous bien que personne n'y verra rien si vous utilisez dix fois la même formule dans la même phrase. Ce qui est important dans le marketing politique de notre phénoménal président, c'est de marteler un seul message afin de le faire entrer dans la tête des gens. Répétez vous aussi remarquable et extraordinaire le plus souvent possible. Dites-vous qu'il s'inspire d'un exemple célèbre et que lui sait parler aux vraies gens dans le vrai langage qui est le leur.    

samedi, 15 septembre 2007

Ainsi font, font, font...

C'est Monique qui nous écrit.

Mon cher comte, c'est avec une grande tristesse et une profonde douleur que j'ai appris le décès de Jacques Martin. Certes, je lis Ici Dimanche et France Paris, je savais donc qu'il n'allait plus très bien, mais je l'avais encore entendu il y a un an ou deux dans les Grosses Têtes que Jean-Claude écoute pour se cultiver (je n'écoute pas la radio autrement). J'ai vraiment souffert quand j'ai appris qu'il laissait huit pauvres orphelins. Comme membre de l'union féministe des femmes UMP, je me dois de rendre hommage aux femmes qui l'ont accompagné, mais je me trouve face à un problème de rédaction : comment puis-je dire que Cécilia est l'une d'entre elles ?

Ma chère Monique, ma réponse est très simple : surtout n'en parlez pas ! Les filles de Jacques Martin ne sont pas les siennes, Cécilia n'a jamais rencontré Jacques Martin et ce serait vraiment très impertinent de le supposer. D'ailleurs, notre immense président qui se fend d'un communiqué officiel à chaque décès n'a strictement rien dit au sujet de Jacques Martint je suppose qu'il va faire des remontrances à Christine Albanel pour avoir pris une initiative déplacée. On doit pouvoir parler de tout, mais il faut aussi respecter le chagrin de notre colossal couple présidentiel, lequel ne peut être que muet.

samedi, 08 septembre 2007

Tout cash

C'est Mariah-Samanthah, la fille de Jean-Claude et Monique, qui nous écrit.

Très cher comte, je suis vénère en ce moment. Je dois écrire un papier pour le zine des jeunes sarkozystes de gauche et je suis trop dans la merde, parce que j'avais prévu de parler de Fadela Amara et de son langage qui arrache. Je la kiffe trop cette nana ! Mais mon daron m'a dit que des phrases comme "Il y a une mesure qui est résumée par un concept, c'est tout simplement tolérance zéro pour la glandouille", ça le faisait pas trop au niveau de la correction de l'expression comme il dit, le vioque. Il m'a dit que "glandouille" n'était pas un mot français, puisqu'il ne le trouvait pas dans son vieux Larousse tout pourri et que de toute manière c'était vraiment très vulgaire, on ne peut pas s'exprimer comme la caillera ou sinon on lui ressemble. Qu'en pensez-vous ?

Chère Mariah-Samantha, je vous le dis "tout cash" comme dirait Fadela Amara, votre père a raison et il est la voix de la sagesse. Le mot glandouille est vraiment horrible : il rime avec des tas de mots mal sonnants, il est formé sur une métaphore obscène, et il n'y a vraiment là rien qui illustre le génie de notre langue universelle et intemporelle. Vous devriez plutôt dénoncer le prétendu parlé branché en verlan, par exemple en stigmatisant l'emploi d'une citation comme "T'es un pauvre petit rebeu qu'un connard de flic fait chier". Le terme est dans un dictionnaire connu pour sa propension à accepter tous les termes non français et les citations gauchistes. Mais franchement... rebeu ne peut pas être français puisqu'il est employé par des immigrés, alors que flic lui me semble indubitablement posséder une origine purement française, exempte de tout élément étranger à nos valeurs. Au lieu de mettre en avant le parler branchouille de Fadela Amara, prenez de vraies positions de gauche afin de condamner le verlan qui enferme dans un milieu social. Mettez en avant Rachida Dati, elle n'a qu'une phrase sans arrêt à la bouche, et ce n'est pas "Portnawak !", mais "N'importe quoi !" Elle ne dit rien de plus et n'argumente pas plus, mais comme son langage est fort soigné, elle a pu sortir de son milieu défavorisé et aller faire ses courses chez Prada et non chez Tati.

lundi, 03 septembre 2007

Soyons rigoureux

Jean-Claude vient encore nous demander des conseils :

Mon très cher comte, je m'apprêtais à écrire dans le bulletin des amis de l'UMP du Haut-Cantal que désormais on devrait faire preuve de rigueur pour les dépenses de pizzas et de coca-cola de nos jeunes pops blogueurs (parce que bon.. on ne va pas leur payer un abonnement à Pizza Hut à vie...), mais on m'a fait savoir en haut lieu que ce dernier terme était totalement déplacé et que si je l'employais on entamerait contre moi des sanctions si je conservais le mot. Pourtant, il me semble qu'il fut un temps où le mot rigueur n'était pas malvenu, sauf dans les cercles communistes. Détrompez-moi, car je ne sais plus que penser.

Mon cher Jean-Claude, il faut bien comprendre qu'il existe une rigueur et une rigueur. La première est socialo-communisto-trotsko-anarchisse et elle signifie que le pauvre peuple sera affamé, saigné, éviscéré, pendu aux crocs de boucher ! C'est la rigueur selon Pierre Mauroy, ce dangereux terroriste dont nous nous sommes enfin défaits avant qu'il amène les chars soviétiques sur les Champs-Elysées. Mais il existe une autre rigueur, plus correcte et respectueuse des personnes, c'est la rigueur de la gestion qui doit être revendiquée par notre glorieux gouvernement qui travaille très dur. Aucun des deux mots ne doit être confondu. Afin d"éviter toute ambiguïté, je vous propose d'appeler revalorisation la rigueur : vous déclarez que dans le cadre de la revalorisation des pizzas des jeunes pops blogueurs, vous leur fournirez désormais un jambon-beurre-cornichon. Cela passera très bien auprès d'eux si vous leur parlez d'un sandwich revalorisé et vous ne confondrez plus les deux sens différents du mot rigueur !

dimanche, 26 août 2007

Bourrelé de complexes

Jean-Claude nous écrit.

Mon cher comte, je suis de retour de villégiature, je reviens de l'emplacement de camping-car que j'occupe depuis trente ans à Palavas-les-Flots. L'an dernier, j'avais eu beaucoup de plaisir à enfiler les tongs UMP et à tracer le sigle sur le sable vite recouvert par la mer, mais je dois avouer que cette année j'ai du mal à rentrer dans les préservatifs qu'offre la caravane des Jeunes Pops. Il y a une évolution que je ne comprends pas. Et puis voilà, les affaires nous reprennent. Je voulais publier un article sur les vacances de notre président bien aimé dans le Bulletin des amis de l'UMP du Haut-Cantal. Cela aurait fait un bon pendant avec les miennes. Et puis j'ai découvert que l'hebdomadaire socialo-communiste l'Express mettait en doute la vérité d'une photographie du président, photographie que je comptais reproduire afin de montrer un homme au coeur de l'action. Comment  rendre compte de la manipulation honteuse opérée par l'anarcho-trotskyste Christophe Barbier (je ne vois pas comment je pourrais faire confiance à quelqu'un qui porte en permanence une écharpe rouge !) sans lui donner raison en employant ses mots ? Je ne peux décemment pas parler de bourrelets du président, pas plus que de protubérance ou de poignées d'amour (ce dernier terme m'est d'ailleurs insupportable, car Monique me taquine souvent à ce sujet quand je lui parle de manière badine et sans méchanceté de sa cellulite).

Mon cher Jean-Claude, la meilleure défense n'est pas la dénégation qui serait l'acceptation des arguments de l'adversaire.  Il faut faire comme si c'était la seule vraie photographie possible et surtout ne pas vous livrer à la moindre allusion à cette polémique sur les retouches faites par PhotoShop. Vous évitez donc toute explication et si jamais quelqu'un évoque les mots bourrelet, poignée d'amour ou protubérance, vous pouvez l'accuser soit de dénigrement envers les Français moyens comme vous, soit de malveillance liée à l'aspect physique d'une personne et peut-être à son origine ethnique, voire de manipulation puisque la photographie a été faite selon Paris-Match afin de corriger ce qui était juste une exagération pour des raisons techniques. La règle, c'est : on n'en parle pas et on fait comme si c'était vrai ; si on en parle, on crie à l'indignation devant les mots employés, parce que poignée d'amour c'est une accusation grave et indigne d'un Etat républicain, elle peut disqualifier l'adversaire visant au dessus de la ceinture. On ne doit pas admettre la mise en cause permanente de nos moyens de propag d'inform de communication par une bande de casseurs qui se réclament des chefs révolutionnaires bolcheviks Giroud et Servan-Schreiber.

mercredi, 18 juillet 2007

Quel petit vélo à guidon chromé au fond des discours

C'est Mariah-Samanthah qui nous écrit :

Très cher comte, j'ai beaucoup de doutes au sujet des derniers événements festifs voulus par notre grand président. Je ne le trouve pas présent durant la journée de commémoration des victimes de la déportation et du génocide, mais il se trouve le lendemain le long du Tour de France. Comment dois-je comprendre ce message ? Moi, qui suis sarkozyste de gauche, j'ai du mal à comprendre comment il peut négliger la Shoah à ce point. J'aimerais tellement croire que je ne deviens pas ségoléniste.

Ma chère Mariah-Samanthah, il faut comprendre que notre immense président a décidé de célébrer les vrais héros et les vraies victimes : s'il était allé rendre hommage aux victimes de l'extermination par les nazis et aux justes qui les ont sauvés, cela aurait amoindri l'effet qu'aurait pu produire la vision sur TF1 d'un petit handicapé en chaise roulante ou d'un pompier volontaire rescapé du feu. Il fallait laisser passer un peu de temps afin que l'émotion repose, et puis on pouvait enchaîner alors dans le plan communication sur une étape de montagne du Tour de France car les cyclistes dopés sont à la fois des héros et des victimes, sans que l'on ait besoin d'expliquer quoi que ce soit à leur sujet. Il vaut mieux l'enthousiasme populaire des foules parmi les senteurs de Ricard 51 et de merguez sur le barbecue au bord de la route plutôt que les mauvais relents d'un,passé mal admis, le 16 juillet - date retenue pour la rafle du Vel'd'Hiv'- était donc une date à bannir du calendrier présidentiel. Il faut bien admettre que Jacques Chirac nous a fait énormément de mal en reconnaissant la responsabilité de la France dans la solution finale et que pour rétablir enfin l'identité française telle qu'elle a été depuis la préhistoire il nous faut ne pas commémorer la rafle du Vel'd'Hiv, mais nous rendre sur le Tour de France, seule garantie d'une France éternelle et pure de tout soupçon !   

dimanche, 01 juillet 2007

Saloperie décomplexée

C'est Samanthah-Mariah qui écrit :

Mon cher comte, je suis fort embarrassée pour justifier en tant que sarkozyste de gauche le qualificatif de salope envers Anne-Marie Comparini par Patrick Devedjian. Je ne doute en aucun cas des opinions profondément progressistes, pacifistes et féministes de Patrick Devedjian qui avait su s'engager dans des mouvements humanistes et humanitaires comme Occident, a su défendre ses idées à coups de battes de base-ball, de manches de pioche ou de barre à mine. Mais comment puis-je répondre aux salopards, enfoirés et merdeux de gauchistes du MoDem ou du PS qui m'interpellent à ce sujet ?

Chère Mariah-Samanthah, la réponse est fort simple : il suffit de dire qu'il s'agissait d'une qualification affectueuse et d'une forme de reconnaissance des capacités de battante d'Anne-Marie Comparini. Seuls des abrutis de gauche ou du centre ne peuvent pas reconnaître une forme d'allusion flatteuse telle qu'il en existe souvent dans les stades de football que fréquente souvent ce grand intellectuel décomplexé qu'est Devedjian : lorsque des supporters crient enculé ! ou taffiole ! ou bamboula ! ou à mort les melons ! ce sont aussi des épithètes on ne peut plus flatteurs, et on montre alors son estime aux joueurs en leur lançant des bananes comme marque de respect. Vouloir voir un autre sens dans ces propos est à mon avis un contresens et illustre à quel point nous sommes victimes de la pensée unique, laquelle est hélas trop diffusée sur la Toile remplie de pornographes, de pirates et de néo-nazis. Non mais ! pourquoi ces putes, ces tarlouzes et ces bougnoules voudraient-ils nous faire chier sur notre second degré et notre humour à nous qu'on a à l'UMP ?

samedi, 23 juin 2007

Cours, compagnon, le vieux monde est devant toi

Je reçois un message, et oh ! surprise... Jean-Claude est de retour.

Cher et estimé comte, j'ai été fort occupé ces derniers temps par les élections et je vous suis reconnaissant d'avoir pris soin de ce crétin de Jean-Steevyn et de cette gourde de Mariah-Samanthah qui ressemblent un peu trop à leur mère (je n'ai fait qu'une connerie dans ma vie, mais je la paye encore). L'affaire qui m'amène à demander vos lumières ô combien ! éclairantes et lumineuses, c'est l'orthographe du verbe correspondant au jogging. Je m'explique : j'ai rédigé un article pour La lettre du Cantal-Maritime, le périodique local de l'UMP, et j'y explique que le goût de l'effort, de l'application, de l'énergie, de l'endurance, du maintien, de la réussite, de la bonne forme ne peut venir que par une pratique régulière et assidue du jogging, suivie et précédée bien entendu de la consommation de Pepsi-Cola. Il faut que chaque Français accomplisse son jogging au moins deux fois par semaine, c'est aussi simple que la poule au pot d'Henri IV. Je me suis d'ailleurs remis au jogging avant les élections et cela fait mal aux côtes comme aux chevilles, cela ne m'était plus arrivé depuis que j'avais été au IIIe Zouave Marsouin de Haute Montagne, mais je sais qu'il faut que je souffre pour que la France se redresse enfin et retrouve son rang. Ma question est celle-ci : doit-on écrire je jogue, je joggue ou je jogge ? Nous sommes très divisés à la section locale de l'UMP, les plus jeunes et les plus libéraux penchent pour jogger, mais on trouve encore des gaullistes historiques qui s'étouffent et qui demandent la forme la plus francisée en joguer, les radicaux eux sont pour la troisième forme qui permet de concilier tout le monde disent-ils, je passe sur un extrémiste tenant de Villiers qui réclame à tout prix je djogue. Qu'en pensez-vous ? Comment mettre tout le monde au pas ? Il y a même quelqu'un qui m'a conseillé de remplacer cela par runner parce qu'il avait lu ce terme sur le blog de Loïc Le Meur, c'est dire si je suis dépassé...

Cher Jean-Claude, le verbe jogger est comme le verbe blogger : ces deux verbes n'existent pas en anglais. La double consonne note le son dur dans jogging ou blogging, mais alors c'est les règles graphiques de l'anglais. En revanche, quand on passe au français et qu'on ajouter une terminaison en -er française sans rapport avec le verbe anglais, est-ce qu'il faut encore suivre l'exemple anglais ? Est-ce qu'il faut redonder, comme vos radicaux, en écrivant blogguer, sachant que le u modifie déjà le son du g en français ? Ces graphies sont absurdes. Mais je vous conseillerais plutôt d'employer le vieux verbe français courir qui exprime si bien l'action de se dépenser dans le vide pour rien du tout. Cela a l'air un peu moins moderne, mais vous pourrez quand même faire allusion au jogging ou aux runners dans le fil du texte.  

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