samedi, 07 novembre 2009
Krys, ou la misogynie du second degré
Les publicités de Krys, l'opticien, s'affirment comme décalées. Avant, j'avais les oreilles décollées, avant, j'étais tatoué, avant, j'étais chauve, avant, avant, j'étais petit, j'étais maigre ou gros, etc. Tout cela peut sembler un peu anodin, mais quand je lis "Avant, j'étais blonde" et qu'une femme blonde tente de lire sans lunettes un livre intulé Logique signé par Kant, tout en ricanant de manière sotte, je me dis qu'il y a un gros problème. Le livre existe, même s'il est peu reconnu parmi les écrits majeurs de Kant.
Pourquoi le choix de Kant comme auteur d'une logique et non Aristote par exemple ? Eh bien ! sans doute par une lecture de Kador par les pubaux qui se sont dit que Kant faisait sérieux, puisque personne ou presque ne le lit et qu'il est synonyme d'écrits très compliqués à comprendre. Kant, cela fait tout de suite plus rigoureux que tout autre nom de philosophe (sauf Spinoza pour Philippe Val et Lévinas pour Alain Finkielkraut). On vend donc avec le nom de Kant sans chercher à savoir ce qu'il a dit.
Ensuite, on a affaire au phénomène de la blonde forcément idiote qui ricane bêtement lorsqu'elle ne porte pas de lunettes et puis qui peut enrichir son esprit une fois qu'elle les porte. Cela me pose des questions, parce que le mot blonde veut dire ici cruche, crétine, débile, abrutie. Ce n'est plus une simple caractéristique physique comme petit ou gros, mais bien une définition de ce que serait une femme totalement stupide (et non un homme, on ne parle jamais de la pensée de blonds).
Enfin, je ne comprends pas du tout comment de telles publicités discriminatoires ont pu être acceptées par le BVP et surtout celle-ci qui est d'une rare misogynie et qui véhicule des clichés d'un autre temps même si on prétend au second degré en reprenant de mauvaises blaques.
00:24 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : publicité, langue française, marques
vendredi, 06 novembre 2009
Le P'tit McDo à l'assaut du monde
Je suis depuis plus d'un an étonné par les campagnes publicitaires de McDonald's, je me disais que je devais écrire sur le sujet et puis j'ai reporté sans arrêt le billet. La firme considérée comme la principale responsable dans la malbouffe a entrepris de se recentrer et elle développe un argumentaire assez efficace pour prouver qu'elle achète des produits locaux, qu'elle vend de la verdure et des légumes, qu'elle baisse les graisses et les sucres et qu'elle entend fournir des menus équilibrés ou participer à l'éducation alimentaire. Tout cela est de bonne guerre et McDonald's qui jouait avant sur d'autres créneaux comme l'hygiène, la simplicité du service, la transparence des prix ou l'expression d'un mode de vie décontracté s'est reconverti dans une nouvelle rhétorique publicitaire, qui sans être vraiment bio ou écolo, joue sur les tendances présentes dans l'opinion publique.
Super Size Me avait dénoncé les méfaits d'une alimentation fondée seulement sur les produits McDonald's. Tout ce qui était Big et mis en avant est désormais proscrit dans les publicités de la marque ou juste noyé parmi d'autres publicités qui illustrent la nouvelle ligne. On a donc des P'tit Moutarde (sauce moutarde à l'ancienne, s'il vous plaît), P'tit Wrap, P'tit Tandoo (poulet tandoori), P'tit Chicken, P'tits plaisirs et j'en passe. Ce qui m'intéresse alors n'est pas simplement le fait de passer au small is beautiful. Il y a plusieurs effets simultanés dans l'emploi du mot P'tit.
D'abord, McDonald's est vue en France comme une entreprise étrangère et surtout étatsunienne, or il existe en France une très grande défiance et dans le même temps une fascination pour les EU. Les deux sentiments peuvent coexister chez les mêmes personnes. Les pires anti-étatsuniens pouvant être les plus américanisés de manière inconsciente. La marque a donc développé un terme plus français pour la France, alors qu'un Lil' l'aurait enfermée dans son identité étrangère. Cela va avec son opération de communication sur l'achat de produits locaux, elle flatte le sentiment national du pays où elle se localise.
Puis, cela n'empêche pas McDonald's de mettre en avant son multiculturalisme en faisant suivre le mot P'tit de noms de plats étrangers abrégés à sa sauce. Il y a un signe pour ceux qui veulent de la francitude et un autre pour ceux qui veulent de l'exotisme et de l'étatsunien. On joue sur les deux tableaux à la fois.
Ensuite, le terme P'tit est de plus en plus utilisé dans la publicité, les noms de marques et les raisons sociales. McDonald's ne roule pas seul, c'est une tendance de fond générale. Pourquoi ? Il existe une connotation affectueuse à tout ce qui est petit. En français, cela peut vouloir dire sympathique, familier, gentil, agréable, sans manières affectées, bon marché, etc. Le titre de ce blogue joue justement sur cette valeur. Le Petit Nicolas de Goscinny et Sempé n'aurait jamais connu un tel succès s'il n'avait pas été justement petit. Mais on peut renforcer ce sens en l'abrégeant de manière populaire par la syncope et l'apostrophe, ce qui nous rapproche du langage enfantin Dire P'tit, c'est placer l'emphase sur un sentiment d'innocence propre à l'enfance. La consommation impulsive doit être déculpabilisée et ramenée à un niveau plus acceptable pour le public cible (les prospects des marquetingueux).
Enfin, le terme petit était totalement banni par les gens du marquetingue il y a à peine cinq ans. Parce que cela voulait dire vouloir faire un petit prix pour un produit et donc offrir des possibilités de marchandage. Il ne fallait pas parler d'un petit café quand on était commercial, cela tenait lieu de dogme. L'époque a changé depuis la crise économique, la prise de conscience vaguement écologiste, les révoltes d'agriculteurs, les nouvelles réglementations au sujet de la restauration. McDonald's, qui est une entreprise mondiale, sait s'adapter à des marchés locaux en parlant le langage des autres entreprises du même lieu et elle est l'un des meilleurs révélateurs de ce qui est la pensée dominante.
20:41 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : publicité, marques, écologie, alimentation, langue française
jeudi, 05 novembre 2009
Hommages à Claude Lévi-Strauss
Le jour et le lendemain de la mort du grand homme, je me suis un peu défoulé dans Twitter en imaginant les réactions officielles. Twitter est le média le plus pertinent pour cela : économie de signes, réactivité, second degré, emploi de mots clés. Comme dans le cas du décès de Michael Jackson, l'annonce avait été faite sur Twitter deux heures avant les premières dépêches d'agence. J'ai donc commis une série de textes brefs que je donne ici après une réécriture, puisque la forme Twitter est incompatible avec celle d'un blogue. Ce sont deux styles différents, deux situations différentes, le blogue offre le recul nécessaire dans le temps et de l'espace pour exposer ses idées, alors que Twitter favorise l'invention et la spontanéité. Mais l'un peut s'articuler avec l'autre, et puis il me semble que les formes brèves (aphorismes, proverbes, maximes, ex voto, dédicaces, graffitis, slogans, sentences) sont assez mal reconnues alors qu'elles dominent notre vie quotidienne. Parodier ces formes, c'est aussi un peu se les réapproprier et c'est pourquoi il y a eu un grand succès du hashtag #jeansarkozypartout. Je crois à la valeur intrinsèque des formes brèves, à leur efficacité, mais en même temps je me dis qu'il faut aussi les reprendre dans un cadre plus général, comme celui d'un blogue ou d'un site.
Brice Hortefeux, Auvergnat aimant se moquer des autres Auvergnats, est convaincu qu'une récitation de paragraphe de Lévi-Strauss avant un bon coup de matraque donnera une image positive de la police.
MAM, experte en complots de l'ultra-gauche, se dit qu'une lecture par des acteurs de Lévi-Strauss auprès des prisonniers réduirait le nombre de suicides.
Eric Besson, traitre de profession, se demande comment expliquer les expulsions de réfugiés en se servant de la pensée de Lévi-Strauss.
Alain Finkielkraut, radiosophe : n'oublions surtout pas que Lévi-Strauss n'a jamais reconnu la supériorité de son esprit, cela le condamne à mes yeux.
Alexandre Adler, espion : je suis prêt à révêler comment Lévi-Strauss a abrité des nazis au Brésil après avoir été subventionné par le KGB.
Nicolas Hulot, hélicologiste : je regrette la mort de ce savant qui n'a pas pu être aussi conscient que moi des dangers que court la planète, vu qu'il refusait de monter dans un ULM.
Christine Angot, autofictionneuse : il n'a pas pu supporter le fait que j'allais relater notre passion torride dans mon prochain roman.
Johnny Halliday, chanteur engagé et citoyen : Levi-Strauss, je suis pour que le Panthéon vende tous ses jeans quand il sera privatisé.
Jean-Pierre Pernaut, journaliste provincial : nous avions en projet une série sur le dernier sabotier de Lozère pour montrer l'ethnologie de manière concrète et vivante.
Roselyne Bachelot, pharmacienne haute en couleurs : Claude Lévi-Strauss avait refusé de prendre le vaccin contre la grippe A et voyez ce qui arrive !
David Douillet qui n'est pas une tapette : si j'avais pu le conseiller pour son jogging matinal, cela ne serait jamais arrivé !
VGE, Michel Rocard, Jack Lang, Jacques Attali et Claude Allègre, grosses têtes : hélas ! je suis le suivant sur la liste des disparus illustres à venir. La pensée sera morte après moi.
NKM, guiquette familiale : j'allais lui montrer comment appuyer sur Power et cliquer, heureusement il n'est pas mort à ce moment-là.
Nadine Morano, poissonnière : 'reusement qu'il a crevé le vioc, i r'mettait en cause le modèle familial et universel de mon m'nistère.
Eric Besson, Ganelon de naissance : il a pu échapper au débat sur l'identité nationale , mais nous pourrons toujours le récupérer.
Bernard Tapie, sans compte bancaire fixe : rien à branler, je me suis déjà démerdé de l'affaire Adidas, alors Levi-Strauss pas pour moi.
Jacques Séguéla, collectionneur de Rolex : s'il avait voulu que je le conseille, il aurait eu au moins deux prix Nobel et il a raté sa vie !
Yann Artus Bertrand, marchand d'images pour les écoles : c'était un homme malveillant et écologiquement irresponsable, il refusait d'être photographié par moi !
Jacques Chirac, locataire des palais de la République ; j'ai pu lui signaler une erreur de traduction d'un texte taki-taki, il m'en a été reconnaissant.
Christian Estrosi, bac moins quinze : je préfère Lee Cooper ou Denim's.
Guillaume Musso, tête de gondole : cette mort inopportune et malveillante nuit à la campagne de pub pour mon dernier livre.
Frédéric Beigbeder, rebelle barbu et chevelu : on devait se faire un rail ensemble et j'allais lui faire un plan média pour le rajeunir.
Jean-Pierre Raffarin, inventeur de slogans pour Jacques Vabre : désolé que l'inventeur du blue-jeans soit mort, mais je reste rock'n'roll comme Johnny.
Henri Guaino, péguyste plus légitime que Finkielkraut : je vais avoir du mal à trouver des anaphores dans ses textes et cela s'annonce comme très ennuyeux.
Laurent Joffrin, spécialiste en contorsions verbales : nous à Libé, on est embêtés, certains ne veulent pas gommer le visage de Sartre à côté de lui, mais le débat a été très transparent comme toujours à Libé.
BHL, intellectuel décolleté : un lâche ! Il ne m'a jamais accompagné en Bosnie ou en Géorgie devant les balles des pires dictateurs. Un intellectuel de bibliothèque sans caméra autour de lui.
Alain Finkielkraut, prof de français à l'ancienne : c''est un intellectuel mineur qui n'a jamais voulu me répondre sur France Culture contrairement à Péguy qui me visite tous les jours et qui me fait entendre sa voix ainsi que le faisait saint Michel pour Jeanne d'Arc.
Marc Lévy, autre tête de gondole : j'espère que l'on ne nous confondra pas !
Alain Minc, déontologue : Je suis le Lévi-Strauss de la Bourse, je représente les sociétés que j'ai mises en faillite !
Jacques Attali, savant universel ; aujourd'hui une seule personne peut lui succéder à son fauteuil et je sais qui elle est.
Jean-Marie Colombani, multicartes : il devait écrire un texte important pour Slate.fr et je peux vous livrer le premier mot de cet article qui aurait fait événement : "Euh".
11:57 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour
L'art de ressembler à un Russe sans l'être
Cela a vachement plus l'air russe avec un n à l'envers qui signale alore une voyelle russe et non une consonne, vous ne trouvez pas ? C'est si facile de dire que le sujet est russe, il faut juste un signe exotique pour le signaler même si le reste du texte est totalement incohérent avec cette autre graphie. Et pourquoi a-t-on choisi cette lettre plutôt que les autres ? Parce qu'elle reste lisible dans notre alphabet latin avec sa valeur alors que le C aurait posé plus de probèmes. Faut faire russe, mais pas totalement et pas absolument.
00:28 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : orthographe, publicité, film, cinéma, langue
mercredi, 04 novembre 2009
Pour un Grenelle de la pétanque
Je reçois une lettre de Jean-Claude, le père de Mariah-Samanthah et de Jean-Steevyn.
Très cher comte, je suis l'objet d'agressions totalement grotesques de la part des gauchistes de l'UMP senior qui refusent d'inscrire la pratique de la pétanque parmi le patrimoine national français qui fait partie de notre identité nationale. Comme dirigeant de l'UMP senior du Cantal-Atlantique, je me dois de lutter contre cette idée fausse qui consisterait à dire que la pétanque serait un sport estranger et j'espère que vous m'apporterez votre soutien.
Cher Jean-Claude, la pétanque fait partie des ciments de notre nation et elle est permet d'intégrer les éléments allogènes qui n'auraient jamais découvert la civilisation sans voir ses règles complexes hors de votre village. Vous avez raison de vous insurger contre ce qui menace votre identité locale. Je transmets votre message à Henri Guaino afin qu'il exécute un discours présidentiel sur les vertus de la pétanque devant un public choisi et bien sélectionné. Il est totalement inadmissible que la pétanque soit ainsi dénigrée et il faut l'inscrire dans les programmes scolaires de manière urgente, avec évaluation obligatoire. Comment pourrait-on douter du sens eschatologique de la pétanque dans la constitution de notre identité nationale ? Il nous faut lancer un Grenelle à son sujet afin d'aboutir à nos conclusions sur le fait de pointer ou tirer
20:28 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, humour
mardi, 27 octobre 2009
[Publicité] L'identité nationale vue de mon kebab
Comme tout blogueur influent parmi bien d'autres, je suis invité à parler de nouveaux produits innovants et novateurs afin de faire bénéficier de nouvelles entreprises de ma notoriété et de mon influence. C'est pourquoi Mehmet et Kemal qui tiennent le kebab de la grand-rue de Champignac m'ont demandé de dire ce que je pense de leur jeune pousse. Je vous livre mes impressions en vrac, comme elles me sont venues pendant que je disputais le bout de gras.
J'apprécie particulièrement l'apparition d'une choucroute hallal dans la carte des menus. Le premier turc, pardons truc qui me vient à l’esprit quand je regarde la série des nouveaux plats comme le petit salé kebab, la quiche lorraine sucuk, c’est Wow ! en voilà un turc, pardons un truc qui va déménager. Ensuite je cherche à comprendre un peu la recette, et là c’est vrai que ça se corse légèrement.
Je dois avouer qu'il est assez dépaysant de déguster de tels produits et j'ai donc décidé de les interroger.
LPCI : N'avez-vous pas l'impression de vous attaquer à l'identité nationale en proposant une choucroute hallal ?
Mehmet : Mais la choucroute n'est pas un plat d'origine française ou alsacienne, elle vient de Chine via l'Egypte et les marins grecs !> Kemal : La choucroute peut être faite avec toutes les viandes, même le poisson, et n'importe quel légume en saumure.
LPCI : Est-ce que ce ne serait pas trop provocateur de proposer une choucroute sans porc ? Est-ce compatible avec le fait d'être français ! Mehmet : Je ne vois pas du tout pourquoi la choucroute serait une marque identitaire ou comment il pourrait y avoir une choucroute plus française que les autres>Kemal ; Notre choucroute est garantie d'origine, puisque nous respectons les traditions millénaires de sa confection pour les navires méditerranéens.
LPCI : Soit, mais votre choucroute va heurter les sensibilités régionales qui ne peuvent concevoir de choucroute qu'alsacienne et donc française.
Mehmet : C'est le lot de tous les jeunes investisseurs qui ont du mal à apporter du cash-flow et ne peuvent mettre en avant leur branding.
Kemal : On doit développer plus notre plan de développement et on doit trouver des business-angels afin de nous permettre de développer notre business-plan, mais tout cela est à l'étude.
LPCI : Mais enfin, vous vous attaquez à l'identité nationale et aux valeurs de la République !
Mehmet : Business is business.
Kemal : Je dirais même plus, business is business.
Note. Mehmet et Kemal ne ne nous payent pas en kebabs pour que nous disions du bien de leur kebab, mais pour que nous en parlions.
16:59 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, web, blog, internet
samedi, 24 octobre 2009
Rio 2016
Je découvre le logo pour les jeux olympiques de 2016 via le Petit Musée des marques.
Ce qui me frappe d'emblée, ce n'est pas le choix d'un point d'exclamation à la place d'un chiffre, ni la forme du pain de sucre plus proche d'un iMac que d'une montagne dans une baie, ni l'inversion des deux points colorés censés représenter les deux hémisphères, ni la forme coupée des anneaux afin de représenter deux parties du monde, mais le choix des couleurs.
D'habitude, les logos olympiques reprennent plus ou moins le motif et les couleurs du drapeau olympique qui symbolisent les cinq continents (selon la géographie européenne et non américaine).
On regarde les couleurs, bleu clair, vert, jaune, rouge, noir. Là, on a du bleu profond, du vert clair et profond, du blanc et surtout... de l'orange !
Cela ressemble furisusement à cela ;
Le drapeau brésilien lui-même ! Il a juste fallu décliner le vert en deux teintes différentes pour donner l'impression qu'il y avait quand même les cinq continents. Notez dans le drapeau brésilien l'étoile unique de l'hémisphère Nord, juste à la limite de l'équateur et puis la devise inspirée d'Auguste Comte : "Ordre et progrès'.
Notons que Londres avait déjà dérogé à la règle en se présentant comme ville avec une représentation de son périmètre , mais en conservant les anneaux tous en blanc. Dans le cas du Brésil, on a clairement un logo nationaliste, ce que n'avait même pas osé la Chine.

13:54 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : publicité, sport, graphisme, brésil
samedi, 17 octobre 2009
Ma conversation de blogueur avec Laurent Joffrin
Aujourd'hui, le Petit Champignacien interroge Laurent Joffrin, le directeur de Libération, au sujet du prochain numéro à paraître de ce journal.
LPCI : Bonjour, monsieur Joffrin, je suis content de voir que vous reconnaissiez l'existence de la blogobulle dont je suis un éminent représentant. Je serais heureux de mettre mon talent reconnu et salué par tous au service de votre plateforme.
LJ : Attention ! nous à Libé, nous avons un cahier des charges très précis au sujet des blogues que nous hébergeons et les règles que nous édictons sont assez sévères parce que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser passer n'importe quoi sous le couvert de l'anonymat. Nous à Libé, nous sommes avant tout soucieux de notre indépendance et de notre code de déontologie que nous avons fait approuver par un vote solennel. Nous à Libé, nous ne pouvons pas laisser passer n'importe quel type de commentaire !
LPCI : Certes, mais enfin... quand on lit les réactions au bas de certains articles du journal papier, on peut se dire que les blogues sont bien mieux surveillés et contrôlés.
LJ : Détrompez-vous ! Nous à Libé, nous fermons les commentaires des articles dès lors que l'on parle de la vie interne de Libé. C'est un processus parfaitement démocratique que j'assume entièrement comme directeur mandaté par le principal actionnaire. Nous à Libé, nous sommes très attentifs à la liberté d'expression et il est hors de question que l'on remette en cause le sens de notre indépendance par des commentaires malveillants au bas de mes éditos. Mais pour le reste, tout le monde peut dire ce qu'il veut au bas des autres articles non payants. Nous ne sommes quand même pas au Figaro, nous à Libé, et nous pouvons accepter l'irrespect qui est la marque de fabrique de notre titre. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si nous à Libé avons repris un titre issu de la résistance.
LPCI : Soit, mais j'ai du mal à comprendre votre stratégie Web 2.0. Vous avez des blogues en nombre réduit qui sont tous modérés soit par leur auteur ou par un modérateur, des articles qui sont ouverts à des commentaires qui sont mal modérés depuis l'Inde ou Madagascar et puis des articles sur lesquels vous ne voulez pas de réactions.
LJ : Nous à Libé, cela se discute de manière démocratique, donc si tout le monde ne demande pas que j'ouvre les commentaires sous mon éditorial, eh bien ! on ne les ouvre pas, surtout si cela pourrait mettre en cause ma gestion.
LPCI : On m'a dit que vous prépariez un grand coup pour lundi. Pourriez-vous nous en dire plus ?
LJ : Oui, nous à Libé avons décidé de faire de Pal Sarkozy le directeur artistique et le rédacteur en chef de notre édition. Je peux déjà vous montrer la photo de Une d'un numéro de cent pages avec couverture glacée.

LPCI : C'est impressionnant, mais pourquoi ?
LJ : Nous à Libé, nous avons une tradition de donner des numéros à illustrer ou commenter par des personnes qui ne sont pas des journalistes de formation, c'est notre combat démocratique afin de nous ouvrir à la société civile. On a eu ainsi des numéros dirigés par des rédacteurs en chef exceptionnels comme Ben, Buren, Calvin Klein, Isabelle Adjani, Kent Hutchison, Spencer Tunick, Carla Bruni. Nous à Libé, nous sommes très attachés à la liberté d'expression et nous avons pensé qu'il était bon d'apporter un regard différent sur le sarkozysme, grâce à ce discours décalé.
LPCI : J'ai un peu de mal à comprendre. Vous voulez dire que Pal Sarkozy va illustrer tout votre journal au nom de l'antisarkozysme ?
LJ : Attention ! Je n'ai jamais dit cela, nous à Libé nous ne sommes pas dans l'antisarkozysme, mais nous estimons nécessaire de donner la parole à tout ce qui fait la vie culturelle contemporaine et de témoigner de notre indépendance totale. Nous à Libé, nous l'avons choisi parce que c'est un grand artiste et non simplement pour son nom. ll n'est pas question d'exclure Pal Sarkozy sous le prétexte qu'il serait le père du président actuel ! Nous à Libé, nous ne voulons pas faire ce genre de discrimination.
LPCI : Mais enfin ! ses peintures sont nulles à chier et je reste poli. On croirait un tableau patriotique de la Corée du Nord ! Pourquoi lui et pas un autre ?
LJ : Nous à Libé, nous pensons qu'il n'a pas plus de droits qu'un autre et pas moins qu'un autre. Il est normal qu'un peintre universellement reconnu puisse s'exprimer dans nos colonnes, parce que c'est cela l'exercice démocratique de la république. Pourquoi devrions-nous le bannir sous le prétexte qu'il serait le père de son fils ?
LPCI : Mais vous faites un journal antisarkozyste d'après ce que je peux lire parfois ?
LJ : Pierre Marcelle ou Gérard Lefort n'expriment pas ce que nous pensons, nous à Libé. Ils sont libres, puisque notre fonctionnement à nous à Libé est démocratique, mais comme la décision de confier un numéro entier à Pal Sarkozy a été prise sans qu'ils disent quoi que ce soit puisqu'ils étaient absents lors de l'assemblée générale, c'est le processus démocratique qui s'applique. Je ne vois pas du tout où est le problème. Nous ne pratiquons aucun favoritisme lié au nom puisque Pal Sarkozy nous a fait un prix pour ses services.
LPCI : C'est juste très moche comme style et puis l'apologie de Sarkozy par son père.
LJ : Nous à Libé, nous estimons qu'il faut rester équilibrés dans les critiques du nouveau régime. On peut donc autoriser, toujours de manière démocratique, des articles contre le petit-fils puisque nous mettons en avant le grand-père.
LPCI : Cela dit, dans tout entretien de blogueur qui se respecte il doit y avoir une choucroute, où est-elle ?
LJ : Ce n'est pas de la choucroute, mais de la goulasch que j'ai préparée pour notre futur invité.
LPCI : Argh !
P.-S. J'avais commis jeudi un Tweet où je disais en gros : "Pal Sarkozy, peintre du dimanche, déclare : si l'on attaque le président, c'est moi qui suis visé". Puis j'avais promis une interview de Pal Sarkozy avec un fort accent hongrois pour le lendemain, interview que je n'ai jamais écrite. Rimbus s'est donc emparé de mon idée (sans l'accent hhhongggrrrois dont je voulais l'affubler). Je ne le lui reproche pas, je ne sentais pas du tout l'idée d'une interview de Pal et cela me semblait limité. Puis, l'idée de l'interview de Joffrin suggérée avant par JBB (le Charançon libéré) me laissait un peu en panne parce que je ne voyais pas d'angle précis. En reprenant mon idée, Rimbus m'a permis de savoir ce que je pouvais écrire en m'évitant de développer. Je ne lui en veux donc pas de me copier puisqu'il m'a déchargé d'une tâche. Pas plus qu'à JBB, qui m'avait confronté à un délicat problème de style que j'ai du mal à saisir tellement il est gluant. Ils sont les coauteurs indirects de ce texte, je n'aurais pas fait le rapprochement sans eux.
16:53 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, sarkozy, presse, média, humour
mercredi, 14 octobre 2009
Ma conversation de blogueur avec Guy Gilbert
Le Petit Champignacien ne reculant devant aucun sacrifice a décidé d'interroger le curé-loubard préféré des médias, le père Guy Gilbert pour lui poser des questions au sujet de la position de la Sainte Eglise apostolique, catholique et romaine.
LPCI : Bonjour mon père.
GG : Putain de bordel de merde ! Ne commence pas comme ça, Ducon, tu dois me dire Guy comme tous mes potos ! On est tous frères, on est tous égaux devant Jésus-Christ ! Merde-chiotte, quoi ! Evoé !
LPCI : Que pensez-vous...
GG : Tu vas pas me vouvoyer durant toute cette interview chiante comme la mort ? Qu'est-ce que c'est que ce truc d'un autre âge ! Y faut évoluer avec son temps ! Figure-toi mon pote que je tutoie Dieu, c'est révolutionnaire non ?
LPCI : Je ne sais pas, j'ai eu une éducation religieuse protestante et j'avoue que cela se pratique depuis quelques siè...
GG : Mais foutre de merde ! Je suis partisan du dialogue œcuménique, interconfessionnel, intergénérationnel, international et interplanétaire depuis des lustres ! Je me fais chier à le dire depuis des années, donc tu vas pas m'emmerder en me disant que les protestants tutoient Dieu depuis plus longtemps que moi. L'important, c'est que l'on avance dans la même direction, quoi ! et on passe le balai de chiottes ! Hosannah !
LPCI : Je voudrais d'abord que l'on commence par évoquer la réception de la dignité de chanoine du Latran par notre admirable président. Qu'en pensez-vous ?
GG : Tu continues à me tutoyer, hein Dugland ? Tu me cherches vraiment ? Tu vas voir ta tête si tu continues... Putain ! Alleluiah ! Je trouve cela très courageux de la part de quelqu'un qui n'a jamais ouvert la Bible auparavant et qui a dû sécher toutes les séances de catéchisme vu la façon dont il se comporte. Il faut avoir des couilles pour déclarer, je cite : "Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance." Là, c'est vraiment du texte couillu ! Putain de chiotte ! Que faut-il de plus ? C'est vrai qu'un instituteur ne pourra jamais avoir la grandeur d'âme qui est la mienne ! Putain ! Evoé !
LPCI ; Et que pensez-vous de la présence de Jean-Marie Bigard lors de cette cérémonie ?
GG : Tu continues à me vouvoyer comme le premier con que je rencontre, cela va mal finir. Bigard, c'était normal, putain ! c'est un croyant, donc il a toute sa place dans la seule église authentique, véritable, réelle et il a parfaitement le droit de rencontrer Notre Très Saint Père, Benoît XVI, béni soit son nom prédestiné et putain de chiottes ! Il n'a jamais dit un seul texte qui offenserait notre Sainte Eglise et il se prosterne ou prie trente fois par jour, putain ! plus qu'un islamiste pratiquant et fondamentaliste ! Cela mérite d'être remarqué, putain ! Emmanuel !
LPCI : Justement, parlons de Benoît XVI et de certaines canonisations comme celle de José-Maria Balaguer, le fondateur de l'Opus Dei.
GG : Putain d'enculé, tu me cherches vraiment ! Mais la modernité, c'est ça ! Faut pas avoir des complexes comme des salopards de parpaillots frustrés et puceaux qui sont enculés par le politiquement correct, bordel ! L'Opus Dei est au service de Dieu, putain ! que son nom très saint soit loué, Alleluiah, Emmanuel et putain de bordel de foutre ! Et pas de ses membres même si cela ressemble à la Mafia ! Cela ne se discute même pas et il faut être archaïque pour le faire...
LPCI : Eloignons-nous de ces sujets compliqués? Quelle est votre stratégie Internet personnelle ?
GG : On va pouvoir me trouver sur FaceBook, Twitter, Dailymotion, Copains d'avant, iTunes, je vais faire des prêches en ligne et des invitations à la prière comme les imams et les rabbins branchés, putain de je ne sais quoi ! Amen !
LPCI : Un sermon en 140 signes, cela peut être difficile sur Twitter.
GG : Rien n'est impossible à qui croit en Notre Seigneur, bordel de merde ! Y faut s'adresser au peuple comme il parle, putain de con ! Quitte à l'abaisser.
LPCI : Allez-vous ouvrir un blogue et où ?
GG : Toi, je vais te défoncer la tête puisque tu continues à me donner du vous. Le blog, c'est sûr que je vais l'ouvrir comme beaucoup de mes potos curés, c'est un truc que je kiffe trop, putain ! J'y raconterai ma life et je compte avoir beaucoup d'occasions de lol.
LPCI ; J'y pense maintenant, vous ne m'avez pas encore présenté la choucroute qui doit être présente dans toute rencontre avec un blogueur.
GG : La choucroute, mais je vais te la mettre dans la tronche, mon pote ! Bordel ! Tu n'as pas arrêté de me vénère avec tes questions en portnawak ! Attends un peu...
LPCI : Je me sauve alors !
GG : Tu n'es pas sauvé puisque tu ne crois pas dans le bon Dieu dans la bonne Eglise' ! Putain ! Salopard d'hérétique, de schismatique, de païen, d'agnostique et d'athée ! Merde ! Evoé ! Mais tu restes mon frère en Christ malgré tout ! Bordel ! Hosannah !
(Note personnelle ; j'ai rencontré réellement Guy Gilbert quand j'étais en classe terminale et j'ai trouvé un peu étrange que l'on fasse des prêches religieux dans un lycée public et sous le prétexte de philosophie, mais comme cela se passait en Alsace c'était très particulier.)
11:47 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, catholicisme, langue française, politique, humour
samedi, 10 octobre 2009
Exclusif ! les grands entretiens du Petit Champignacien
Dans la série "Les grands entretiens du Petit Champignacien", nous annonçons la parution prochaine d'un DVD contenant cette série de discussions avec d'éminentes personnalités de la scène culturelle, politique et médiatique française. C'est le premier volume d'une collection destinée à sauvegarder les paroles des personnages qui font de la France un pays incomparable par son sens de la tolérance, du bon goût, de l'honnêteté, de l'élégance et du raffinement dans l'art du dialogue.
Ma rencontre de blogueur avec Nadine Morano, 15 juin 2009.
Ma rencontre de blogueur avec Henri Guaino, 23 juin.
Ma rencontre de blogueur avec Frédéric Mitterrrand, 9 juillet.
Mon entretien de blogueur avec Philippe Val, 16 juillet.
Mon entretien de blogueur avec Bernard-Henri Lévy, 22 juillet.
Ma rencontre de blogueur avec Valéry Giscard d'Estaing, 22 septembre.
Ma rencontre de blogueur avec Alain Duhamel, 23 septembre.
Ma rencontre de blogueur avec Alexandre Adler, 24 septembre.
Ma rencontre de blogueur avec Jean Daniel, 1er octobre.
Mon entretien de blogueur avec Christophe Barbier, 4 octobre.
Ma rencontre de blogueur avec Alain Finkielbraut, 10 octobre.
Bonus :
Un entretien exclusif avec Amélie Nothomb, 7 juillet 2006.
Le podcasting exclusif de ma boulangère, 22 octobre 2006 (en mode Loïc Le Meur et Nelson Monfort à la fois).
Les interviouves (à peine imaginaires) sont dans une liste un peu fourre-tout, les carabistouilles, donc j'ai tenu à les en sortir par un billet qui peut servir de référence. Je ne sais encore qui j'interrogerrai ensuite : Eric Zemmour, Jean-Luc Godard, Gérard-Alain Slama, Franz-Olivier Giesbert, Christine Angot, Jacques Chancel, Laurent Joffrin, Philippe Sollers, Jean-Pierre Raffarin ? La liste des prétendants est longue.
15:01 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (23) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, culture, médias, politique


