lundi, 19 juillet 2010

Les fils de la veuve

Je suppose que comme moi vous avez vu que l'on a trouvé les plus vieilles bouteilles de champignac conservées au fond des mers. Mais il y a juste un petit problème de datation à ce sujet. On affirme :

"Selon nos archives, la bouteille est des années 1780. Or Veuve Clicquot a commencé sa production en 1772, et ensuite les premières cuvées ont été élevées pendant dix ans, donc ça ne peut pas être avant 1782. Et cela ne peut pas être après 1788-89 avec la Révolution française qui a paralysé la production."

Oui, certes, mais en 1789 Barbe Nicole Ponsardin n'avait que 12 ans et la maison ne se nommait que Clicquot du nom de son fondateur Philippe Clicquot, lequel laissa sa femme veuve en 1805 seulement. D'ailleurs, le nom Veuve-Clicquot n'est pas venu tout de suite après le décès du fondateur de la maison, il est né du surnom affectueux donné localement à la grande dame du champignac, cela a été même un temps Clicquot-Ponsardin. En fait, le nom de veuve est presque une idée publicitaire pour distinguer cette marque des autres, on s'est servi d'une imagerie : celle de la femme courageuse qui à 27 ans décide de reprendre l'entreprise de son époux décédé, seule contre tous les autres méchants négociants. C'est juste et c'est faux à la fois, elle a été secondée, aidée, guidée par des hommes. Et puis on en a fait une icône, comme le moine Dom Pérignon qui est pourvu de toutes les qualités ayant permis la maturation du champignac. Euh... comment dire ? Il y a une idée d'ascèse un peu paradoxale lorsque l'on aborde le monde du champignac. Il faut être moine ou veuve pour faire partie des figures symboliques. 

Mais le prestige aidant — il faut dire que parmi les grandes maisons de champignac, Veuve-Clicquot écrabouille les autres par sa qualité —, il est préférable de parler de Veuve-Clicquot tout en commettant un anachronisme, cela vous pose un peu ! Et puis le lecteur ou le téléspectateur moyen ne fera pas la différence. Au point que France 3 Champignacie parle aussi sans rire d'un champignac Veuve-Clicquot de 1780 (Barbe avait trois ans alors !) Au fond, il n'a besoin de connaître que la marque actuelle et non son histoire. Le mot veuve a ici un sens positif qu'on ne lui connaît guère ailleurs.

dimanche, 06 juin 2010

Quignard outragé ! Quignard brisé ! Quignard martyrisé ! Oui, mais Quignard libéré !

À l'occasion de la fameuse et stupîde polémique au sujet de la place du troisième tome des Mémoires de guerre du général de Gaulle au programme de littérature des élèves de terminale L (10 % des baccalauréats, doit-on le rappeler), je découvre cette ineptie écrite par un journaliste du Fig :

Pour la petite histoire, Quignard, qui partage avec de Gaulle l'honneur d'être au programme, avait pris parti contre ce dernier le 13 mai 1958, affirmant qu'il s'agissait d'un coup d'État !

À l'époque Pascal Quignard, né le 23 avril 1948, devait se trouver en CM2 et il mangeait des pommes ou des chocos Rem dans la cour de récréation tandis que ses copains échangeaient des figures Panini du Stade de Reims ou de l'AS Sedan ! Il lisait sans doute Spirou, Tintin, le Journal de Mickey, ou que sais-je ? C'est un peu comme si on me demandait ce que je faisais en Mai 68 et si j'étais d'accord alors avec les propos de Daniel Cohn-Bendit, d'Alain Geismar ou Jacques Sauvageot que je connaissais moins bien que Blek le Roc ou Captain Swing ou Zembla. Quand on lit de tels arguments, on s'interroge à la fois sur la culture générale des journalistes de ce quotidien, leur sens des réalités et aussi à ce qui leur sert de fond idéologique parce que l'article est orienté. Il faut une sérieuse couche de mauvaise foi, d'inculture ou d'imbécillité (mais la réunion des trois peut être une explication) pour prétendre que Quignard a adopté des positions anti-gaullistes et ce dès 1958. Je considère personnellement Quignard comme l'un des plus grands écrivains français de son temps, je ne pense pas qu'on rehausse le prestige du général de Gaulle en rabaissant Quignard, en plus avec un argument aussi absurde que mensonger. Et qui plus est en énonçant des mensonges grossiers. Le niveau d'éducation baisse, on le voit au fil des articles du Figaro qui rejoindra bientôt Direct-Soir ou France-Soir.

samedi, 08 mai 2010

Ma discussion de blogueur avec Ivan Rioufol

Je me devais de terminer cette saison d'entretiens de blogueur en beauté et j'aurais bien voulu voir notre magnifique président. Après avoir rencontré tant de sommités de la pensée politique et philosophique — BHL, Alain Finkielkraut, Alexandre Adler, Éric Zemmour, Philippe Val, Christophe Barbier, Frédéric Lefebvre, Henri Guaino, Nadine Morano, entre autres —, il me fallait terminer en beauté. Mais qui alors consulter ? Je me suis dit que le mieux était de voir Ivan Rioufol qui exprime le mieux les valeurs de tolérance, de justice, de générosité, de bonté, de charité, de magnanimité, d'altruisme, de pondération, de sens de la mesure, le tout dans un univers de brutes dégénérées incapables de comprendre les droits de l'homme blanc.

LPCI : Monsieur Rioufol, je suis heureux de m'entretenir entre blogueurs...
IR : Je vous arrête tout de suite ! Vous avez osé condamner l'emploi de l'expression « politiquement correct » et déclaré que ceux qui l'utilisent sont des tartufes ! Vous m'avez insulté ! Je ne suis pas un conformiste asservi à son chef d'entreprise ! Je m'insurge en permanence contre des forces obscures qui me dépassent.
LPCI : Euh oui... Mais je ne vous ai pas traité de... et de... ou de...
IR : Plus un mot ! Votre ironie est d'origine totalitaire, elle est dangereuse pour notre civilisation, et vous exercez un pouvoir dictatorial sur ceux qui vous entendent ou vous lisent. Vous êtes enseignant ? Je n'ose imaginer quelle vulgate marxiste-léniniste, droit-de-l'hommiste, franc-maçonne et anti-occidentale vous délivrez à vos élèves qui doivent vous écouter sans pouvoir contester votre opinion suprême. 
LPCI : J'ai pensé qu'il serait bon pour détendre l'atmosphère de manger une choucroute et c'est pourquoi j'ai apporté...
IR : Quoi donc ? Le plat de l'ennemi toujours honni qui ne veut pas sauver la Grèce, berceau de notre civilisation judéo-chrétienne ? Et cela en plus le jour saint de la capitulation ? Vous êtes décidément un mauvais patriote et moi je suis entré en résistance comme en 1940 d'autres Français courageux l'ont fait.
LPCI : Mais enfin... la choucroute est aussi française, puisque tous les Alsaciens-Mosellans n'ont pas trahi leur pays comme l'a dit notre vénéré président.
IR : Vous ne me ferez jamais croire qu'il a déclaré qu'il n'y avait aucun nazi convaincu parmi eux ! Ce n'est pas possible qu'il se livre à un tel acte de reconnaissance pour les « malgré-nous » après tout ce qu'il a dit contre les cérémonies commoratives et les formes de repentance.
LPCI : Acceptez un peu de cette choucroute. Vous savez, en Alsace-Moselle, les Français sont un peu des émigrés.
IR : Ah non ! Ce sont les alliés ingénus de l'obscurantisme qui s'expriment ainsi. Nous avons apporté les Lumières, la civilisation, le progrès, l'éducation dans un pays qui ne connaissait même pas l'imprimerie. Vous êtes décidément un adepte de la pensée unique, celle qui consiste à tout niveler par le bas comme dans les pays stalino-hitléro-écolo-islamistes. 
LPCI : Je comprends très mal le rapport entre l'écologie et l'islam.
IR : C'est pourtant très simple ! Les écologistes se nomment les Verts et la couleur la plus symbolique de l'islam est justement... le vert. Les écologistes demandent à consommer moins de viande et les musulmans seulement de la viande halal. C'est pareil ! Ils veulent nous imposer un fascisme vert. C'est évident ! On voit bien ainsi que les deux mouvements sont liés depuis longtemps. C'est un complot mondial pour nous faire renoncer à nos valeurs par une forme de terrorisme intellectuel. Tout est lié.
LPCI : Je voulais vous interroger sur l'immigration et la nécessité de régulariser des...
IR : Je vous arrête tout de suite ! Des criminels !
LPCI : Mais enfin quelqu'un qui fait veut que sa famille vive en sécurité et en paix n'est pas un criminel, ni même un délinquant.
IR : C'est ce que vous dites ! Ces gens excisent tous leurs filles, égorgent des moutons dans des baignoires chaque semaine, font du ramdam à des heures indues, trafiquent de la drogue, volent des voitures, font porter des burqas y compris à leurs animaux femelles et tout cela n'est pas dénoncé au nom des complaisances du camp du Bien.
LPCI : Mais enfin... est-il normal que tant d'Africains croquent le marmot devant les préfectures ?
IR : Je suis ravi de voir que vous vous ralliez à mon avis ! Et il serait bon que notre excellent gouvernement après avoir lutté contre l'excision, le mariage forcé, la polygamie, le voile intégral ose s'attaquer à ce tabou que le politiquement correct interdit jusqu'à présent de dénoncer : l'anthropophagie ! Je souhaite que le gouvernement dépose au plus vite une loi condamnant fermement le cannibalisme et que des mesures très sévères soient prises contre les auteurs de tels faits. C'est vraiment un problème d'urgence nationale : il ne faut plus que les Noirs croquent le marmot devant les préfectures. Ce n'est absolument pas tolérable au XXIe s. et dans notre civilisation occidentale éloignée du politiquement correct.
LPCI : Mais ce n'est pas ce que j'ai voulu dire et...
IR : Vous n'y connaissez rien comme tous les adeptes des minorités visibles et vous êtes prêt à refuser de condamner qui est un tabou fondamental de nos valeurs judéo-chrétiennes — tabous que ces sociétés primitives ne connaissent pas du tout, comme le prouve l'ethnologie selon l'avis de mes amis Alexandre Adler et Alain Finkielkraut. Il nous faut bannir le cannibalisme de nos cités ! C'est une urgence nationale, parce que demain ces populations affamées ne mangeront plus seulement leurs enfants, mais aussi les nôtres et les droits-de-l'hommistes seront bien ravis d'être cuisinés entre deux piments et un peu de poivrons. Nous devons faire passer une loi en urgence afin d'adresser un signal fort contre les nouvelles formes de barbarie moderne ! Cela doit être une priorité gouvernementale et je demande que l'on établisse un fichier de tous les anthropophages potentiels. Je ne comprends pas pourquoi le parlement ne s'est jamais saisi de cette question d'une importance vitale, mais je sais bien à quoi nous ont conduits plus de deux cents ans de marxisme-lénisme nazifiant et droits-de-l'hommiste ! 
LPCI : Merci, monsieur Rioufol, mais nous ne partageons vraiment pas la même langue.

dimanche, 21 mars 2010

Superman, ce juif inconnu

superman.jpgLa question est : Superman est-il un héros juif comme le disait Herman Goering ?

Une exposition récente "De Superman au chat du rabbin" posait la question.

Il y a d'abord des éléments incontestables, ses créateurs Jerry Siegel et Joe Shuster étaient tous deux des juifs étatsunien et canadien dont les familles venaient de Lituanie, d'Ukraine et des Pays-Bas. Mais cela ne signifie pas que Superman soit un symbole du peuple juif en lui-même. En fait, c'est un brassage de beaucoup d'éléments culturels juifs et européens dans un creuset américain. Nous sommes dans un syncrétisme qui crée une mythologie moderne.

Le personnage naît en 1932, à l'origine ses superpouvoirs lui ont été donnés par un savant fou (le savant fou serait un sujet de thèse en soi) qui en fait un personnage méchant. Cette version publiée dans un fanzine n'a aucun écho. Nous n'avons ici que le croisement entre la créature de Frankenstein (Frankenstein est le savant, pas le monstre) et puis... le Golem. Or le Golem est un thème fortement juif, il peut être aussi bien destructeur que salvateur. En tout cas, c'est un autre homme, un autre Adam ou une créature artificielle aux pouvoirs surhumains. Le logo de Superman sur sa poitrine rappelle l'inscription sur le front du Golem qui permet de changer Emeth (vérité en hébreu) en Meth (mort) et donc d'annuler les pouyoirs du Golem si on efface la première lettre. Du personnage du Golem, Superman retiendra un point faible : quelque chose peut supprimer ses superpouvoirs (ce ne serait pas rigolo si le héros vaincrait à tout coup). Ce sera la kryptonite qu'il a amenée avec lui lorsqu'il est arrivé sur Terre après la destruction de sa planète Krypton.

En 1938, Superman renaît, mais sous une autre forme. Il sera au service du bien cette fois. Désormais, il est un enfant rescapé de l'explosion de sa planète. Il est adopté par une famille de protestants que l'on peut trouver méthodistes. Il prend le nom de Clark Kent, devient un journaliste on ne peut plus anodin et sans intérêt, file une histoire d'amour avec Lois Lane qui est le modèle de la jeune fille WASP ou schickse, blonde et fade. Personne ne se doute de sa double identité. Il vit comme vivrait un juif maranne, pratiquant en secret sa religion.

Qu'avons-nous ? Une resucée des mythes de Moïse recueilli par la fille du pharaon, de Rémus et Romulus qui sont adoptés par la louve puis par un couple de simples paysans, de toutes les histoires d'enfants sauvages. Et cela nous conduit à une parodie écrite par Spiegel : il avait osé s'attaquer à Tarzan himself dans un fanzine ! Tarzan, le grand mythe étatsunien de cette époque. Or l'histoire de lord Greystoke est on ne peut plus WASP malgré la présence de singes et de Noirs, et son auteur manifeste un attachement à des idées un tantinet réactionnaires. Superman est aussi une réponse au Tarzan qui reflétait les opinions de la Nouvelle-Angleterre.

Il y a le contexte linguistique : la planète Krypton qui a été détruite est donc censée être secrète, puisque la racine renvoie au secret. Le nom réel de Superman Kar-El ou Petit Dieu en hébreu est une référence juive, et Superman agit comme la main de Dieu dans l'univers. Il est celui qui a été sauvé d'un désastre comme Moïse, Romulus ou... Jésus (pensez à l'histoire des premiers nés d'Egypte). Il doit cacher son identité alors qu'il est fort et redoutable, mais d'abord au service du bien, et c'est pourquoi on le retrouvera en service commandé contre l'Allemagne nazie comme tous les bons héros et super-héros américains.     

Il y a aussi un contexte social. C'est l'époque où Meyer Lansky et Bugsy Siegel font la une (le scénariste de Superman n'a pu passer à côté de cette homonymie). La Yiddish Connection était à son sommet alors et elle s'affrontait aux mafias irlandaises et italiennes. C'est aussi l'époque où les athlètes juifs remportent des récompenses sportives de manière écrasante. 1938, c'est encore le moment où l'Irgoun affronte l'armée britannique en Palestine et arrive à la faire céder. La grande période de Superman se terminera en 46 par un procès avec DC pour les droits d'auteur et il me semble inutile de me référer à la légende postérieure. Bref, il s'agit d'une forme de triomphe des juifs alors qu'ils étaient écrasés, victimes de pogroms en Europe orientale, relégué à l'île du Diable s'ils étaient Français et Alsacien. Superman illustre cette forme de revanche. Il n'est pas anodin que la plupart des créateurs de super-héros soient juifs. Captain America, réplique exacte de Superman, les Quatre Fantastiques (ils changent de forme dans l'instant !), le Spirit (un mort-vivant qui ne se sert que de ses poings pour faire la loi et le tout en sept pages !) C'est un moment où certains juifs prennent conscience de leur force et où d'autres inventent des histoires en mélangeant des choses venues d'un peu n'importe où : Superman, c'est à la fois Samson de la Bible et Hercule de la mythologie, mais encore d'autres choses.

Le revers, c'est la parodie de ce qui était déjà une parodie, cela nous donne Astérix et sa potion magique par Goscinny, Superdupont et son holster à camembert par Gotlib. Parce que même les juifs aiment à se moquer entre eux de leurs histoires invraisemblables.

Gods-Club.jpg

samedi, 20 mars 2010

[Sardouïsme et sarkozysme] Défense de l'éthique de Bernard Tapie

Je reçois une lettre de ma chère umpiste de gauche, Mariah-Samanthah, que vous connaissez bien puisque je lui explique comment réussir à sa quatrième session du bac de français STG.

Mon cher comte, je suis horrifiée ! Notre ignoble prof écolo-socialiste barbu nous a encore donné un texte à expliquer dans le cadre de Sarkozysme et sardouïsme. Il s'agit d'une chanson parlant d'un grand entrepreneur de la France qui se modernise nous a-t-il déclaré, mais il n'a pas voulu nous préciser qui. Je ne sais quoi dire parce que je ne vois pas de qui il s'agit et je ne vois pas du tout de quoi on parle. Quel est donc ce régime dictatorial dont on nous parle ?

Ils ont pris mes stylos
Mon bureau mes papiers
Retrouvé dans mon dos
Mes factures impayées

Voyons. Il s'agit d'une référence à un autre chanteur qui fut célèbre aussi et qui poursuit depuis une carrière d'acteur sur les planches et devant le parquet. Depuis, il a été réhabilité par notre nouveau régime et on applaudit l'ancien dissident, rescapé des camps de la mort. 

Ils ont pris ma bagnole
Mon appart ma télé
Ils m'ont dit tes casseroles
T'en as pour des années

Noter l'emploi du "ils" en tête de vers : cela donne l'impression d'un pouvoir totalitaire totalement impersonnel. Apprécier le fait que les casseroles n'aient plus duré longtemps depuis l'élection de notre magnifique président et qu'au contraire l'ex-Trésor public soit obligé de verser des indemnités à quelqu'un qui ne payait pas ses factures. 

Ils sont v'nus un matin
En imper Columbo
Les huissiers les notaires
L'Urssaf et les impôts

Relever l'image de l'imper du lieutenant Columbo, forcément minable et tombant en lambeaux, tout comme sa Peugeot hors d'âge. Relever le fait que c'est assez contradictoire : on n'a jamais vu de notaires ou d'huissiers dépenaillés, mais cela donne l'impression qu'il s'agit d'opérations de basse police. 

J'les ai vus satisfaits
Du devoir accompli
Les médias le Palais
Et puis tout c'qui s'en suit


Mais mon amour
Ils l'auront pas
Mon dernier rêve
Sera pour toi

Il faut noter la prémonition de la grande chanson républicaine du citoyen Florent Pagny, autre exilé digne de Hugo, de Karl Marx et de Jules Vallès. Mais aussi la citation d'un poète moins inspiré que Michel Sardou, Didier Barbelivien et Bernard Tapie : j'ai nommé Chateaubriand qui a abusé de cette formule à la deuxième personne du pluriel dans sa correspondance amoureuse (un tout petit esprit profondément vulgaire, ce Chateaubriand et qui ne s'adressait qu'à des femmes profondément stupides, puisque l'empereur dans sa magnanimité les exilait en province).

Ils ont pris mes chansons
Mon piano mon chéquier
Ils ont mis dans l'camion
Mes tâux tableaux signés

Ils ont pris mes costards
Mes adresses mes empreintes
Mes cassettes mes polars
Les autres ont porté plainte

Noter qu'ici notre grand chanteur engagé s'indigne au sujet du sort des plus démunis qui se retrouvent à la rue, en cellule, en centre de rétention, en charter.

lis m'ont mis dans la vue
Mes comptes de société
Ils m'ont dit garde-à-vue
Et puis à ta santé

Pour l'instant, grâce au bouclier fiscal et aux nouvelles lois sécuritaires, cette situation datant 1997 en plein régime socialo-communisto-écologiste ne risque plus de se reproduire. Le nombre de gardes à vue de célébrités a notablement baissé et il n'existe plus aucune délinquance financière à présent. En revanche, on trouve énormément de jeunes qui stationnent illégalement dans les halls d'immeubles.

Ils ont pris mon bateau
Ils ont lu mon courrier
Ils m'ont pris en photo
Ils m'ont tout fait signer

Ils ont pris en caution
Toutes les choses de ma vie
Et mis dans un carton
Mon micro mes tapis

L'anaphore "ils" renvoie au pouvoir totalitaire qui existait à ce moment-là, en 1997, sous la gauche plurielle ; les fonctionnaires et chargés de fonction publique étaient pires que les gardes du Goulag ou d'Auschwitz. Heureusement, une nouvelle ère de liberté pour les entrepreneurs est venue en 2007 avec l'élection du mirifique président qui a réussi à sortir Bernard Tapie du Birkenau fiscal et du Bergen-Belsen financier dans lesquels il se trouvait. Comment ne pas s'apitoyer sur le sort d'un homme qui a perdu son yacht sous le prétexte qu'il rachetait des entreprises à un franc symbolique avant de les revendre à la hauteur de milliard après avoir licencié les neuf dixièmes de son personnel ? Son sort est vraiment triste et mérite plus de compassion que celui des émigrés clandestins, des SDF, des vieillards au revenu minimum, des locataires expulsés le 15 mars, des intérimaires et précaires qui ne peuvent donner une heure de rendez-vous à un médecin parce qu'ils ignorent leurs horaires de la semaine suivante, des paysans vivant avec moins que le SMIC et sous la merci du Crédit agricole, des jeunes gens de treize ans sommés de se déshabiller totalement en garde à vue et de subir un toucher rectal, de ceux contrôlés dix fois par jour au faciès non européen. Oui ! il faut compatir au sort de ce malheureux entrepreneur parce qu'il exprime profondément ce qu'est une certaine France. Une France dont l'autre ne veut plus.  

vendredi, 12 mars 2010

Un air pas très catholique

catholique.jpgQu'est-ce qu'appartenir au corps traditionnel français ou au contraire avoir une tronche pas très catholique ? Le Petit Champignacien ne recule devant rien en vous aidant à reconnaître les méchants des gentils ! Combien de signes manifestes de traitrise pourrez-vous reconnaître dans ce dessin ? Pour quelles raisons ? Ce grand concours inédit sera récompensé par la distribution de chocolats Léonidas virtuels.

Si vous participez à ce concours, vous aiderez à construire votre identité nationale française, même si vous vous trompez, parce que vous pourrez toujours recommencer l'exercice grâce à votre carte d'identité nationale (sauf si vous êtes né à l'étranger ou de parents étrangers) ! Soyons sûrs de pouvoir identifier l'ennemi à coup sûr.

jeudi, 11 mars 2010

Le cor traditionnel français

Comment sauriez-vous être moins français que lui ? Je l'ai trouvé dans les bois de la Meuse au hasard d'une battue, du côté de Revigny-sur-Ornain (patrie d'André Maginot, père de la fameuse ligne qui porte son nom, et résidence secondaire de Gérard Longuet, ancien spécialiste en barre à mine pour gauchistes et Arabes). Il est même dix fois plus français que vous, vu son nombre de bois. Le cor traditionnel français se porte fort bien dans les dessins d'humour drôle, le théâtre de boulevard, les émissions de téléréalité de Tihèfouane ou chez les pseudo-chanteurs de Naïve qui pestent contre la Toile qui les vole et qui répand des rumeurs totalement ignobles sur leur absence de talent.

cor.jpg

mercredi, 10 mars 2010

Fondation du prix littéraire Avant-Hier

J'ai décidé de fonder mon propre prix littéraire. Quand j'ai appris qu'Edouard Balladur avait obtenu le prix Aujourd'hui, je me suis dit qu'il était temps de remettre un peu les pendules à l'heure. Le prix Aujourd'hui récompense "un ouvrage politique ou historique portant sur la période contemporaine (ouvrage à caractère général, mémoires, étude, biographie, essai) écrit par un auteur français ou étranger, mais publié en français et en France". L'ouvrage de monsieur Balladur porte sur la cohabitation, c'est-à-dire une période vieille déjà de quinze ans et sur laquelle seule la justice aurait encore quelque chose à dire, notamment au sujet de certains financements de campagne électorales et de rétro-commissions auprès d'Etats peu scrupuleux.

J'ai donc voulu créer le prix Avant-Hier pour récompenser un ouvrage de nature politique, historique, littéraire que l'on remarquerait par son caractère inutile, stupide, insipide, et le fait qu'il est avant tout destiné à préserver la vanité de son auteur ou ses mises en cause judiciaires. Autant dire que l'on récompense d'abord une auto-justification totalement creuse de ses malversations. Il doit se signaler par son absence de rapport avec les sujets de préoccupation de ses lecteurs rapportée au bruit médiatique. Je donne comme premiers nominés :

- Edouard Balladur, pour le Pouvoir ne se partage pas ;
- Bernard-Henri Lévy, pour De la guerre en philosophie ;
- Michel Onfray, pour Freud et la France ;
- Eric Zemmour, Mélancolie française.

La liste n'est pas limitative, on peut en ajouter si l'on veut faire partie du jury. La composition du jury du prix Avant-Hier récompensant des oeuvres totalement inactuelles et sans aucune idée progressiste est ouverte. Je ne choisis personne à l'avance et se propose qui veut (mais je me réserve d'écarter les imbéciles quand il le faudra). Il faut que l'ouvrage soit d'abord contemporain, idiot, mal écrit, portant sur l'époque contemporaine récente : ce seront les critères retenus. Le prix Avant-Hier est avant tout destiné à récompenser des lectures rétrospectives et révisionnistes d'événements que l'on aurait mal compris selon les auteurs, parce que tout le monde sait que l'électeur et le lecteur lisent mal. Les délibérations se tiendront le 1er avril comme il se doit.    

lundi, 08 mars 2010

Mon matériel électoral

J'ai reçu le matériel électoral pour les régionales et j'ai envie de commenter son esthétique ou sa typographie ou ses choix, comme je l'avais fait auparavant pour les municipales ou les cantonales.

Côté PS, PCF et PRG : d'abord du mauve ségolénien dans les slogans et les mots clés, mais aussi du vert gazon anglais et tout le monde pose sur fond de champs de betteraves ou de luzerne. ll y aurait la volonté de récupérer l'électorat écolo ou CPNT que cela ne m'étonnerait pas. Ce qui est marrant, c'est la répétition du slogan "Une équipe mobilisée pour.." à chaque nomination de département. Les photos sont celles de groupes, parce que l'on joue collectif. Et puis on a droit à des nuages de mots pour chaque département, cela fait très Ouaibe 2.0. Dans les photos, on a toujours au moins une personne, généralement une femme avec une tenue un peu rouge afin de rappeler quand même que l'on reste un peu de gauche.

Passons au parti majoritaire, l'UMP et ses annexes Nouveau Centre et CPNT. C'est très simple. On fait tout en bleu ! Les photos de tous les candidats sont sur fond bleu, le texte est écrit en bleu. Mais on ne met en avant que les têtes de listes départementales, les autres candidats de la liste n'existent pas. Comme d'habitude dans la droite autoritaire, on abuse des capitales pour citer tous les élus régionaux qui soutiennent cette liste, l'argument d'autorité fonctionne là. La seule touche un peu personnalisée est une formule de politesse et la signature du candidat tête de liste dans une police qui imite l'écriture à la main. Je note que pour l'UMP, il faut encore s'adresser à des femmes en leur donnant parfois du Mademoiselle... C'est le parti du siècle précédent...

Je regarde Europe écologie et j'ai un nuancier complet des verts possibles dans une palette graphique ! Ce qui est formidable ici, c'est le poids des cautions nationales, on a droit à un mot signé par Cohn-Bendit, Joly et Bové, tous ensemble ! Plus quelques autres personnalités en marge. Les textes manuscrits ne semblent pas provenir de polices d'écriture au contraire de l'exemple précédent. C'est très aéré par rapport au tract UMP qui donne un pavé massif.

L'Alliance écologiste indépendante a peu de choses à me dire. Une première page avec des mots en avant en vert et une deuxième page presque tout en vert ! Le tout dans un graphisme peu lisible. Mais je remarque un slogan écrit en orange pour dire que l'on est "au delà de la droite et de la gauche" (histoire de torpiller le MoDem au passage). 

Il est entendu que dans le tract du MoDem l'orange doit dominer, on a réussi alors à le donner jusque dans la chevelure de la candidate et pas seulement pour les mots importants. Je précise que ce tract qui affiche le soutien de François Bayrou (agrégé de lettres classiques, ex ministre de l'Education nationale) et qui présente une de mes collègues de lettres en tête du département est le seul à afficher une erreur d'orthographe pour le nom de la région écrit sans trait d'union... Je trouve que l'orange est fort peu lisible et ne retient pas plus l'attention que le vert dans un tract.

Quand on commence à examiner les sectes, cela commence à craindre. Le texte de LO est un peu mieux composé que les années précédentes, mais toujours aussi massif : trois gros chapitres, mais fort heureusement des retraits de paragraphe et un surlignement des titres, de la couleur. Une seule photo, celle de la tête de liste régionale. Si j'avais eu envie de médire de LO une fois de plus, c'est raté : il y a une vraie évolution dans la présentation, même si le texte reste toujours un peu copieux par rapport aux autres et que l'on n'utilise jamais le gras, les indentations, les puces dans ce mouvement. C'est très austère. Mais un peu moins qu'auparavant.

La liste NPA-Parti de gauche-Alternatifs est fort bizarre. Elle affiche une double étoile verte et rouge. Mais je cherche en vain ce qui correspond au vert dedans. Tous les mots essentiels, les titres, les phrases importantes sont en rouge. C'est du texte compact comme chez LO, mais sans aucune volonté de vouloir un peu aérer. On ne trouve que les figures de Besancenot, de Mélenchon et de la tête de liste dans des sortes de lucarnes télévisuelles. C'est la seule liste à écrire avec la forme mixte, "les citoyen-ne-s d'origine étrangère sont montré-e-s du doigt".

Je termine par le Front haineux. Là, c'est simple. La photo du candidat, celle du Pénible, le mot du Pénible et du bleu partout sous toutes les formes possibles de la palette, dans les cadres, les caractères. Comme si le bleu était la seule couleur de l'ordre et de notre pays (cela nous rappelle les choix esthétiques d'un autre parti). Le texte est très aéré, parce qu'il se résume en des yaka. Là, on s'adresse aux Françaises et aux Français, pas à Monsieur ou Madame, et on ne cherchera pas à donner des formes mixtes comme au NPA et au Parti de gauche.    

samedi, 06 mars 2010

Mon entretien de blogueur avec Jacques Chirac

Le Petit Champignacien est fier d'avoir pu rencontrer le seul, l'unique pape de la choucroute : Jacques Chirac, ancien locataire de l'Elysée, actuel locataire de la famille Harriri et futur locataire de la Santé. Comme on le sait, la choucroute tient une place importante dans ces interviouves de blogueur, puisqu'il n'y a aucun rapport entre les propos. Je me devais donc de rencontrer le meilleur connaisseur en choucroute qui soit après Gilles Pudlowski et quelques autres.

LPCI : Monsieur le président, merci de me recevoir juste au lendemain du Salon de l'agriculture qui a dû bien vous fatiguer.
JC : Pensez-vous ! Je n'y suis resté que moins de trois heures, je deviens vieux, vous savez. Et puis il fallait que je fasse une petite sieste parce que cette nuit avait lieu une compétition de sumo en direct au Japon . Vous connaissez le sumo ? C'est un sport fascinant, vraiment fascinant... Toute ma vie, j'ai rêvé de devenir sumotori, c'est pour cela que je me suis entraîné à manger le plus possible. Mais rien à faire. Vous savez, les frais de bouche de la mairie de Paris, c'était dans l'objectif de réaliser enfin ce pour quoi j'étais vraiment fait.
LPCI : Cela le léger désordre de votre salon. (Traînent quelques dizaines de canettes de Corona et des boîtes de bretzel.)
JC : Ce n'est qu'un léger détail, je suppose que vous n'allez pas le relever, puisque nous sommes là pour parler de choses plus importantes comme la survie de la planète ou du monde agricole ou des civilisations premières.
LPCI : J'ai demandé un entretien pour parler d'Internet, des blogues, de Twitter.
JC : Et si nous passions tout de suite à table ? C'est que j'ai une petite faim, moi. J'ai justement demandé de préparer une choucroute. Vous savez, la choucroute, il faut la manger matin, midi et soir.
LPCI : Cela tombe bien, la coutume dans les entretiens de blogueurs, c'est de s'entretenir autour d'une choucroute afin de détendre l'atmosphère. Vous me rappelez l'accueil chaleureux d'Alexandre Adler.
JC : Ah ah ah ! Figurez-vous que j'ai conseillé à Alexandre Adler de se reconvertir dans une carrière de sumotori où il aurait plus brillé que dans ses analyses géostratégiques. Il a refusé, le con ! alors que je lui apportais une promotion inespérée, et maintenant il est quoi ? Expert en complots à inventer chaque semaine. Alors qu'il pourrait être un dieu vivant au Japon !

LPCI : Que pensez-vous des usages d'Internet, monsieur le président ?
JC : Je suis fasciné par ces rituels étranges de tribus exotiques que l'on croirait à peine civilisées et qui ont pourtant des codes fort élaborés. Savez-vous que chez les Arumbayas (qui sont des Indiens jivaros, mais c'est une autre question), la discussion ne peut commencer que si l'on a l'estomac plein et qu'il est interdit de s'adresser la parole avant ?
LPCI : Monsieur le président, pensez-vous qu'Internet représente aujourd'hui un danger pour la sécurité comme le laissent entendre les lois DADVSI, Hadopi, LOPSI ?
JC : Mais c'est abracadabrantesque ! J'ai créé un engouement autour d'Internet en créant le mot mulot qui s'est depuis diffusé à une échelle planétaire. Je ne peux pas être à la source d'un mal, j'ai toujours recherché la sérénité et la pureté d'âme. Par exemple, si j'ai repris les essais nucléaires, c'était afin de les supprimer définitivement. Je montrais ma fidélité à mes idéaux de jeunesse lorsque je faisais signer l'appel des Cent et que j'étais prêt à adhérer au PCF (notez quand même que deux ans après j'avais équilibré les choses en passant dans le camp pour l'Algérie française). Internet ne peut être mauvais en soi, il nous faut avoir un regard ethnologique sur ce qui se passe, croyez-en ma vieille expérience. Cela ne se juge pas aux lois que l'on fait tous les six mois chaque fois qu'il y a un fait-divers, il faut le recul du sage, de l'ancien, et envisager la question en siècles, en millénaires. C'est la longue durée qui permet de juger les incohérences d'un homme, pas une prise de position suivie d'une autre contraire juste après.
LPCI : Quelle est votre action sur Internet ? Tenez-vous personnellement un blogue ? Comment ?
JC : Ah ah ah ! Si je tiens un blogue, mais mon jeune ami, sachez que je n'en tiens pas un, mais une trentaine ou une cinquantaine.
LPCI : Mais comment ?
JC : Oh ! C'est très simple, quand j'étais Premier ministre, maire de Paris ou président de la République, d'autres écrivaient des discours pour moi. Cela s'appelle des nègres, comme on dit vulgairement et j'en ai usé quelques-uns avant de vouloir introduire au Panthéon un grand écrivain qui usait lui aussi des nègres, Alexandre Dumas. C'était ma manière personnelle de rendre hommage à tous mes collaborateurs. Certains ont bien fini comme Alain Juppé, d'autres sont tombés très bas comme Christine Albanel qui finit à Versailles à la place d'Aillagon qui se trouve je ne sais où. Mais maintenant, je n'ai plus besoin de faire appel à eux, on écrit pour moi à ma place sans me le demander et sans me le dire. Je suis devenu comme un dieu.
LPCI : Mais c'est de l'usurpation d'identité ! Un pseudo Lionel Jospin a réussi à abuser récemment Yves Jégo qui lui a répondu sérieusement sur Twitter.
JC : Ah ah ah ! Cela m'en touche une sans faire bouger l'autre. Il faut laisser les autres faire votre travail pour que vous puissiez être jugé à votre juste compétence. Jégo a eu tort de répondre personnellement et je ne comprends pas que l'on perde du temps à réfléchir sur qui est qui. Tenez, pendant douze ans, j'ai fait semblant d'être président de la République (puisque j'avais vocation à être sumotori, vu mon goût pour toutes les Delikatessen) et personne ne me le reproche. Maintenant, on a un président qui veut faire président sans y parvenir et presque tout le monde est contre lui, sauf une espèce de chevelu mal rasé et fort hargneux.
LPCI : Frédéric Lefebvre.
JC : Exactement ! Ah ah ah ! Il me rappelle Sumo le bichon maltais que j'avais adopté et qui me mordait toujours dans les jambes. C'est bizarre... D'habitude, je m'entends bien avec les chiens, je comprends leur psychologie, mais j'ai eu des difficultés avec Sumo et Frédéric Lefebvre. C'est quand même étrange le comportement des chiens, je ne sais pas du tout comment je pourrais apprivoiser un Lefebvre, et pour la première fois cela me fait peur d'être face à un chien. 
LPCI : Il y a trois comptes Twitter au nom de Jacques Chirac qui répondent en direct, mais un seul est authentique. Est-ce que cela ne brouille pas votre message ?
JC : Mais quel message ? J'en ai eu tellement au long de ma carrière débutée sous la présidence du Général que je ne m'y retrouve plus du tout. Et au fond, si l'un de ces comptes Twitter dit le contraire de ce que j'ai dit il y a une semaine, mais ce que je dis maintenant, je ne vois pas du tout où le problème, puisqu'il y a ma signature. Mais si je dois le désavouer, je le ferai quand il le faudra. Je serai ferme et intransigeant sur les principes.
LPCI : Vous n'écrivez donc pas personnellement sur Internet ?
JC : Pourquoi écrirais-je moi-même ? Jésus, Socrate, Confucius, Botul n'ont pas laissé de textes qu'on puisse leur attribuer et mon destin est sans doute de devenir une sorte de sage auquel on prête toutes les figures que l'on veut. Cela me permet de devenir une figure charismatique au lieu de terminer comme un sumotori défait. Si vous aviez vu l'accueil que les paysans rouergats et cantalous m'ont fait au salon... Ah ! cela fait plaisir de voir que la spiritualité française s'incarne dans les produits du terroir...
LPCI : Monsieur le président, je vous remercie de votre accueil chaleureux et de votre choucroute.
JC : Mais tout le plaisir était pour moi, et vous savez qu'un président parle toujours le dernier. 


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