mercredi, 12 mars 2008

Sacjacking

Signalé par l'honorable Stéphane De Becker dans fllf  :

Le jeune suspect devait comparaître le 3 août dernier dans le cadre d'un autre dossier de sacjaking (sic).

En gros, un mélange de vol à l'arraché et à la roulotte, d'où l'emploi d'une mèche de foreuse. C'est sérieux, les politiques belges emploient ce terme officiellement. 

L'origine est simple, elle vient du carjacking qui a donné naissance déjà au homejacking, mais là on mélange un mot français à un anglais et cela n'existe pas en anglais !

Vite, dans le Dicomoche... 

lundi, 10 mars 2008

Don't Step on My Blue Suede Movies

Est-ce vraiment un néologisme en anglais ?

la vague des films « suédés » (selon le néologisme employé chez Gondry) déferle sur le Net.

Il s'agit en fait d'un emploi métaphorique d'un verbe déjà employé depuis le début du siècle dernier dans le domaine de la confection. Si on ne trouve que 208 acceptions (sur Google en français) de suéder, elles sont principalement consacrées à ces reproductions de films, mais les 108 000 occurrences de suédé ne concernent principalement elles que des vêtements ou des chaussures dont on a modifié l'apparence. En tout cas, cela va redonner vie à un verbe n'appartenant qu'au jargon d'une profession, sans place dans les ouvrages de référence.

 

samedi, 08 mars 2008

Stoop, stoop, stoop !

"C'est un monstre – je le dis entre nous – et elle s'abaisse à tout", avait déclaré Mme Power au quotidien britannique The Scotsman, dans un entretien publié vendredi.

Est-ce qu'une traduction de stooping to anything ne serait pas mieux rendue par s'incliner devant n'importe quoi ou face à n'importe quelle chose ? Il y aurait alors le double sens anglais de la révérence formelle, de l'acceptation et puis du mouvement du corps. S'abaisser à tout est une traduction trop littérale où à tout vient comme un cheveu dans la soupe, et puis on découvre que le verbe s'abaisser possède un sens plus fort en français que to stoop, car le verbe s'abaisser ne contient pas l'idée d'un respect de l'autre, mais juste celle d'une soumission.

vendredi, 07 mars 2008

Nous irons à Montréal à cheval

Une chose est sûre pour moi à propos du Québec ; si je dois le visiter un jour, je n'emprunterai que les transports communs, parce qu'avec une voiture, c'est la panne assurée ou bien le compte bancaire dans le rouge, faute de parler la même langue !

64 % des mécaniciens parlent désormais d’une courroie de ventilation, tandis que 6 clients sur 10 choisissent encore la retentissante expression strap de fan. Mais comme personne n’est parfait, 82,6 % des mécaniciens téléphonent au towing, plutôt qu’à la dépanneuse. Et 59 % disent dash au lieu de tableau de bord. Finalement, l’expression volet de départ demeure marginale. L’écrasante majorité des mécaniciens (94,2 %) préfèrent encore parler du choke.

Cela me fait aussi peur que le langage de la bourse ou de la mode en France. Mais au moins je n'ai pas besoin de m'intéresser à ces domaines ou de dépendre d'eux...

Paroles du titre

samedi, 01 mars 2008

La vie de la banquise

Sur la glace, c'est la version québécoise d'on the ice ou d'en rade ?

Le projet est présentement sur la glace en raison de la poursuite intentée par Rowling et Warner.

vendredi, 29 février 2008

English World

Trouvé sur le blogue de Jean Quatremer :

Un Britannique qui comptait accomplir un grand voyage pédestre de deux ans et demi entre Bristol, en Angleterre, et le lieu de naissance de Gandhi, en Inde, a dû arrêter son aventure en France à cause de la barrière de la langue.

L'excentricité est une solide tradition britannique, la méconnaissance d'autres langues aussi... 

lundi, 11 février 2008

French Bashing

Mr Rude will be French and smelly.

Sympathique l'accent français dans une série télévisée anglaise...  Je mets un lien vers le Sun, exemple typique de la pire culture britonne ; hypocrisie et racisme à la une.

Cela dit... Ce n'est pas avec l'überprésident que la réputation d'impolitesse et d'arrogance des Français peut s'améliorer... 

dimanche, 10 février 2008

De la dépêche d'Ems au SMS

Environ tous les cinq ans, nous assistons à une nouvelle «crise» linguistique. Surgissent alors nos angoisses identitaires et nos craintes de disparaître.

 

Je ne dirais pas que le Québec traverse une crise linguistique tous les cinq ans, c'est en fait tous les mois ou au mieux tous les deux mois. Que ce soit pour le ministre seulement anglophone chargé de la francophonie, la lobbyiste anglophone nommée au conseil supérieur de la langue française, l'obscur dépanneur de Montréal qui affiche en anglais seulement, le CEGEP perdu au fond des bois qui donne des sujets mal rédigés, l'annonce des rectifications orthographiques dans les écoles avec dix-sept ans de retard, l'établissement d'une norme québécoise dans les dictionnaires, les accommodements raisonnables, les insultes d'animateurs anglophones ou bien français sur TV5, le sous-titrage ou le doublage des films, et bien d'autres choses encore... Tout est crise au Québec, ce pays encore plus étrange et bizarre que la Belgique. Mais ce qui est rassurant, c'est que les crises y sont linguistiques alors qu'elles sont médiatiques en France. On s'interroge ici sur la réalité d'un SMS ! On est tombés bien bas depuis la dépêche d'Ems qui a précipité la chute du Second Empire. Les querelles linguistiques au Québec offrent plus d'air frais que cette histoire de SMS...

mercredi, 30 janvier 2008

Trader, traitre

Dans Charlie Hebdo ce gros titre introduisant un article de Bernard Maris en pages 2 et 3 (donc important selon la hiérarchie du journal).

Infantilisme du traider...

Il y a quand même 230 résultats réels pour ce mot dans Google francophone (donc vérifiés après élimination des doublons).

Influence de la prononciation peu exacte sans aucun doute qui voit là une diphtongue alors que ce n'est pas le cas. Influence de mots similaires aussi, du type raider. Ou encore du français traiteur. Dans le texte pas de trader ou de traider, mais un courtier bien plus ordinaire. Mais le trader fait plus vendre. Quitte à ne pas être vraiment compris.

 

mardi, 29 janvier 2008

Battle

Alexia Laroche-Joubert : "Préparez-vous aux battles".

Quand je lis ça, je suis bien content de ne plus avoir de télévision. A quoi cela sert-il de farcir son français de mots anglais qui ont déjà leur correspondant exact en français ? Parce que cela ne désigne même pas une réalité nouvelle, à la différence de produits techniques récents ou de concepts différents. C'est en outre un anglais pauvre, avec un vocabulaire basique, compréhensible par un élève de sixième puisque le mot est issu du français bataille. On a affaire à l'emprunt snob qui est choisi pour sa connotation prétendument plus moderne, plus dans l'air du temps, plus jeune. Mais cela me fait songer aux anglicismes de Gilberte dans la Recherche : quelques mots d'anglais simpliste dans une phrase afin de se croire à la page et fort chic. La StarAc ou l'entreprise de décervelage. Alors que c'est simplement la reprise du radio-crochet. Un truc de vieux... Mais avec un peu d'anglais basique saupoudré dans les discours, cela devient furieusement trendy.

lundi, 28 janvier 2008

Pensez comme nous !

Mais qu'est-ce donc que ces Russes qui s'obstinent à vouloir lire et écrire en cyrillique alors que le monde doit devenir global en alphabet latin sous sa forme anglaise ?

Especially when you consider that iPod touch still doesn’t have a proper Russian localization (which is illegal here in Russia, by the way). And MacBook Air, as journalists were told at the press-conference, won’t have Russian letters on the keyboard - that’s illegal in Russia too.

Pensez différemment ! Mouais... 

vendredi, 25 janvier 2008

Une attitude non édifiante

Cela recommence à se castagner au Québec à propos de l'état du français dans la Province. C'est un marronnier, puisque cela arrive à peu près tous les mois. Les sports préférés des Québécois sont le hockey, le base-ball, les sacres et puis les discussions sur la langue française.

Au tour de Bernard Landry de s'en prendre à la décision de l'Office québécois de la langue française de retarder la publication d'études sur la situation du français dans la province. De passage au Saguenay aujourd'hui, l'ex-premier ministre péquiste a déclaré qu'il juge cette attitude non édifiante. 

Voilà un bel anglicisme ou un archaïsme ! En anglais, edifying veut dire instructif, constructif. Mais en français hexagonal, une attitude édifiante ou un propos édifiant ne sont plus du tout pris comme exemplaires : le sens actuel et courant est devenu par antiphrase celui du comportement ou des mots qu'il faut à tout prix éviter parce que c'est choquant, révoltant, scandaleux. Quand un Français dit "C'est édifiant !", cela signifie qu'il est dégoûté, voire davantage. Comment voulez-vous alors que l'on se comprenne d'un côté et l'autre de la flaque ? 

dimanche, 20 janvier 2008

Vers une Union anglaise

Réponse sèche : « pas question ! Vous n’aurez droit qu’à un traducteur, choisissez votre langue ». Les Slovènes, comme on pouvait s’y attendre, ont opté pour un traducteur slovène-anglais, cette langue étant davantage comprise dans l’Union que le français.

Le français n'est donc plus vraiment une des trois langues de travail de l'Union européenne. Quant à l'allemand, qui était autrefois la langue de ce morceau de l'Empire austro-hongrois, on n'en parle même plus... Lorsque l'on examine le coût dérisoire de la traduction dans le budget de fonctionnement des institutions européennes, on peut être en droit de se demander si ce genre de réponse ne relève pas d'abord de l'idéologie et du coup d'Etat linguistique.   

 

samedi, 19 janvier 2008

The Osbournes

Parmi les célébrités du rock, il en est quelques-unes particulièrement frappadingues. La famille Osbourne - qui est par ailleurs le sujet d'une émission de téléréalité dans la grande île voisine - se distingue nettement : le quart-monde british avec du fric, le tout sur fond de bière (tiède bien entendu) et d'amplis distordus ou de guitares saturées. On est à cent lieues de Buckingham et de Beckingham, le mauvais goût est assuré avec cran dans un décor empli de bibelots d'un kitsch certain. Les Osbourne, c'est la famille Groseille ou les Simpson des Godons ! Mais quand Kelly, la fille du chanteur Ozzy, décide de se faire faire un tatouage en français parce que le français fait plus chic, cela craint à donf comme dirait Fadela Amara : "Je vous aime la maman".  Ce qui est censé traduire "I Love You Mama", le titre par lequel Elvis a commencé sa carrière. Le tatouage a un peu plus d'un an, la nouvelle n'est donc pas de toute dernière fraîcheur, mais enfin... quand on commet des erreurs dans une autre langue, le mieux serait quand même d'éviter de se les faire imprimer dans la peau. Bon... mais c'est les Osbourne...

lundi, 14 janvier 2008

Du bon usage des rumeurs

Voici selon le grand journal parisien de référence du soir, une nouvelle rumeur Internet (pas si nouvelle quand on connaît l'histoire). Vous devez savoir que les rumeurs ne peuvent naître que sur Internet, il ne viendrait jamais à l'idée d'un journaliste de la presse écrite ou audio-visuelle de faire part de la moindre rumeur : il se contente d'indiquer que la rumeur circule sur Internet. On peut par exemple se rendre compte du parfait sens déontologique de la presse en voyant la fameuse rumeur sur Carla Bruni enceinte.  C'est édifiant. Qui dit rumeur dit Internet, donc forums et blogues, forcément... Un journaliste, lui, vérifie toujours ses informations.

Mais Thierry Culliford, le fils de Peyo, a coupé vendredi les ailes à une "rumeur" qui court sur internet et qui présente l'oeuvre de son père comme une allégorie du communisme avec le Grand Schtroumpf en Karl Marx dirigeant une société égalitaire menacée par le méchant capitaliste Gargamel.

Le problème, c'est que l'humour belge est difficile à décrypter pour un journaliste français. Surtout lorsque ledit Belge évoque un texte humoristique anglo-saxon sur un site qui appelle à lutter contre la conspiration des Smurfs. Le texte en question est connu depuis près de douze ans et a connu des variantes dans les groupes de discussion Usenet comme les Smurfs sont-ils nazis ou aryens ? Cela a été évoqué quelques rares fois dans les forums ou les blogues francophones, mais l'essentiel des plaisanteries sont en anglais.Il existerait donc aussi une rumeur sur Internet à propos de la création d' une nouvelle langue par la Commission européenne ou sur une étude de l'université de Cambridge à propos de la lisibilité des textes. Deux textes traduits de l'anglais (le deuxième est une variante de la célèbre réforme de l'orthographe anglaise par Mark Twain) et ayant connu une large diffusion en français, contrairement aux textes contre les Schtroumpfs qui imaginent un énonciateur maccarthyste obsédé par les Reds.

samedi, 05 janvier 2008

Word of the Year

Subprime, Facebook, green, Googleganger, waterboarding.

Here. 

Phénomène plus socio-économique que purement linguistique avec cette prime aux subprimes cette année à la différence du plutoed de l'année passée. J'aime bien Googleganger...

dimanche, 16 décembre 2007

Knol

Le groupe Google a décidé de créer une encyclopédie en ligne baptisée Knol. Le terme "knol" est un contraction de l'anglais "knowledge", désignant le savoir.

Je prédis déjà un sacré foutoir dans l'anglais de fast-food des Français pour ce nom de marque ! Ce sera prononcé knôl un peu comme khôl par la plupart et non noal, mais d'autres diront le mot un peu comme celui des soupes Knorr avec un o ouvert. Et ceux qui le prononceront à l'anglaise se trouveront en devoir d'expliquer le fait que le k ne se prononce pas devant n en anglais. Cela dit, il ne semble pas impossible que Google ait choisi ce terme afin de créer justement un buzz bruit au sujet de la bonne prononciation (toutes les théories du complot et du marketingue viral sont possibles avec Google, on peut toujours soupçonner Google de tout sans risquer de démenti formel).   

samedi, 15 décembre 2007

w00t

Que signifie "w00t", mélange de lettres et de chiffres qui a été désigné comme le mot de l'année 2007 par le dictionnaire en ligne américain Merriam-Webster ?

Le gros problème, c'est que le Monde en ligne utilise une police de caractère qui fait que l'on distingue mal à l'écran la différence entre le chiffre 0 et la lettre O en minuscule. Il fallait donc préciser le mélange. Il nous assure après :

Pour les puristes, le "t" de w00t peut se remplacer par un "7", pour donner "w007" signifiant que le joueur a mis une raclée à son adversaire.

Là, il n'y a plus de problème de lecture, puisque l'on voit la différence entre les deux signes 7 et T, comme entre 4 pour A, 3 pour E, 9 pour G, 5 pour S, 2 pour Z. On connaissait l'erreur fréquente des dactylos qui tapaient un 0 à la place d'un O, cela arrive parfois sur Internet et il y a des gens pour utiliser indifféremment l'un ou l'autre. Une autre erreur fréquente est de faire un I capitale à la place d'un l bas de casse ou d'un 1 chiffre, ou bien d'employer une police qui ne permet pas de bien les distinguer à l'écran. Si c'est imprimé, la forme est fixe. Si c'est sur écran, on ne sait pas toujours très bien ce que l'on envoie et comment ce sera lu, ni pour la police, ni pour la table de caractères, ni pour l'encodage. Donc est-ce que w00t existe vraiment sous cette seule forme ?

Pour ceux que le langage geek rebute, "woot, woot, woot" est aussi le cri de victoire lancé par Julia Roberts dans le match de polo de Pretty Woman...  

Phrase écrite avec un vrai O, mais qui ne se lit pas différemment des 0 précédents dans la version en ligne. 

 

lundi, 10 décembre 2007

Pour le meilleur et pour le mal

Les mauvaises traductions automatiques (je triche, cela vient de La Presse canadienne, une agence absolument catastrophique par rapport à tout ce qui se trouve au Québec) :

Durant son allocution, elle a remercié sa "belle Cydney" qui lui reste fidèle pour le bon et pour le pire.

Good and worst existe en anglais, mais ce n'est pas aussi équilibré qu'en français où l'on a deux superlatifs irréguliers de même niveau : le meilleur et le pire. On ne dira jamais assez que le français est une langue bien plus logique et plus ordonnée.    

jeudi, 06 décembre 2007

La guerre du faux

Que faire en cette période de l'année ? Vanter d'abord les produits gastronomiques de notre si beau terroir (et on n'échappe pas à la règle en Champignacie puisque le breuvage pétillant est l'objet de campagnes de promotion, notamment au ministère des Affaires étrangères). Et surtout dénoncer les ignobles imitations étrangères. C'est ce que fait par exemple la Dépêche en évoquant un faux fois gras d'origine britannique. Je vous rassure tout de suite, je n'ai pas émigré du côté de Toulouse, j'ai trouvé cette page par hasard en lien ailleurs.

La chaîne britannique de supermarchés Waitrose vient de lancer sur ses rayons un bien étrange produit, le « Faux Gras », made in England. Cette enseigne avait arrêté, il y a six ans, de vendre du foie gras, du vrai, au nom de la défense des animaux. Elle vient donc de trouver « sa » solution.

C'est une information reprise avec autant de sérieux par des médias comme TF1 ou le Figaro. Ah ! les Godons ! s'ils n'existaient pas avec leurs inventions farfelues et excentriques, on aurait des difficultés à avoir une saine xénophobie de tradition et de bon goût... Nous apprécions d'avoir de tels ennemis héréditaires qui nous confortent dans nos certitudes.

Toutefois, ce qui est étrange, c'est que pour montrer le côté chic de la chose, enfin de cette pâte, il a fallu employer un nom français pour la marque Faux Gras. Le français fait raffiné et sophistiqué dans l'archipel. Le nom est assez paradoxal puisque justement cette sorte de pâté est constitué de gras, ou plutôt de graisse ajoutée ! Ensuite, vanter le caractère gras de l'aliment est assez étrange dans cette époque de régimes diététiques ou amaigrissants. Mais puisque c'est faux, on ne doit pas se sentir coupable de trop manger. Enfin, il est plus que bizarre de voir un produit annoncer ses vertus en se donnant comme un faux, alors que nos vaillants producteurs du Midi présentent les leurs comme authentiques, selon les méthodes ancestrales disent-ils.

Le paradoxe ne s'arrête pas là. En effet, la marque comporte aussi une indication sur la nature du produit et c'est Hot Foie Gras. Il faudrait savoir... C'est du faux ou ce n'est pas du faux ? La sonorité du mot faux prononcé par un Anglais a joué, mais malgré tout il faut l'annoncer comme étant du foie gras. C'est un peu moins gros que l'argumentaire destiné à satistfaire les mouvements de libération animale en précisant que les bestioles ont été traitées avec humanité et sans gavage, mais c'est quand même présent.

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mardi, 27 novembre 2007

Hameçonnage

Je doute fort que le terme boîtier multiservice remplace les noms des Freebox, Neufbox et Livebox puisque ce sont des noms de marques. Quant aux terminaux mobiles de poche et aux disques numériques polyvalents, leur nom est bien trop long pour pouvoir réussir. Au Québec on dit téléphone intelligent et disque Blu-Ray. L'hameçonnage, lui, est une vieille connaissance : c'est la proposition québécoise et la Délégation générale de néologie et terminologie l'a reprise avec je crois encore deux ou trois ans de retard. Filoutage est trop vague en revanche. Maigre bilan...    

jeudi, 22 novembre 2007

Getting better

Je précise que Jean-Pierre Raffarin a été désigné comme le grand témoin de l'Organisation internationale de la francophonie au jeux olympiques de Pékin par Abdou Diouf (lui-même désigné par le président mis en examen) et voici ce qu'il dit :

Quant à l'Exposition universelle de Shanghai, elle a choisi la devise « Better City, Better Live », et nous les Français, nous apprécions beaucoup celle-ci.

Je ne sais s'il faut se réjouir que Raffarin soit grand témoin de la francophonie vu le soutien énergique et sincère qu'il lui manifeste, mais je suis certain d'une chose : il ne faudrait en aucun cas qu'il soit grand témoin de l'anglophonie dans l'hypothèse où l'on voudrait défendre la place de l'anglais dans le monde.

Sur le titre

lundi, 12 novembre 2007

La plus vieille classe de français du monde

«On peut dire que nous sommes la plus vieille classe de français du monde», plaisante Martha Stafford, 83 ans, un des piliers du cours de Kathleen Diamond, la professeur qui enseigne depuis 30 ans la langue de Molière, au coeur d'Alexandria, une jolie banlieue de la capitale.

Cela prouve d'abord une chose : ces charmantes vieilles dames ne savent toujours pas s'exprimer en français parce que cette expression ne signifie pas ce qu'elles veulent dire en français, la logique de l'anglais les a égarées et elle fait surtout sourire.

mardi, 23 octobre 2007

Upon His Departure Hence

J'affleure

Chaque heure,

Et meurs ;

L'oubli

Me suit,

M'enfouit ;

Mon ombre

M'encombre,

Je sombre :

Ces mottes

Dénotent

Ma grotte.

J'y dors

Encore ;

Tu sors.

 

Robert Herrick

 

La traduction de Gérard Gacon n'est pas fidèle à la lettre, mais elle respecte le schéma des tercets de disyllabes assonancés en anglais, sauf pour le dernier vers plus long (Farewell), et en gros le thème général se retrouve même si cela ne correspond pas vers à vers.

 

 

Sketcher, verbe français

Marie-Dominique Arrighi signale dans une brève l'existence d'un loisir dit créatif (quand je vois cet adjectif, je me demande souvent ce qu'il y a de créatif) : le sketching.

Les 3 Suisses proposent désormais une rubrique «loisirs créatifs». Y est vendu un cahier de «sketching». Kezako ? Ben, un cahier de dessin.

Interloqué, je me dis alors que cela doit être comme pour le scrapbooking, on doit trouver plein de mots dérivés. 

L'infinitif du verbe sketcher est peu facile à repérer par ce qu'il y a un jeu vidéo, un marchand de chaussures et je ne sais quoi d'autre. On prend les formes conjuguées :

* je sketche : 47 ;

* tu sketche(s) : 6 +7 ,

* il, elle sketche : 2 + 2.

Cela se complique un peu avec on, car le sens de sketch comme saynette apparaît alors qu'on avait bien un substitut de dessiner auparavant (et puis la préposition anglaise vient tout fiche en l'air). Certains francisent sketching en sketchage : 9 occurrences, dont trois sont de toute évidence en lien avec le graphisme. Les scores sont plus importants pour sketcheur(s), mais il est alors difficile de faire la part entre la scène et le dessin. C'est assez drôle parce que le sene retenu en français pour sketch est un sens figuré en anglais et depuis le XIXe s. on avait perdu de vue les sketch-books en français. Cela faisait pourtant partie des emprunts snobs de la bonne bourgeoisie anglomane de l'époque, celle qui ponctuait ses discussions d'une foule de mots anglais comme l'Albertine de Proust. On a droit au grand bond vers le passé !      

dimanche, 21 octobre 2007

To Daffadills

Nous pleurons, jonquille jolie ;

A ton hâtif amour ;

Au soleil matinal encore

N'est pas à mi-parcours

Attends

Que le jour si pressant

Au fort

Avance la véprée.

Avec toi nous prierons et puis

Pourrons t'accompagner.

  

Nous restons peu, tout comme toi ;

Nos brefs printemps s'en vont

Et de croissance en déchéance

Toi, tous  nous nous pressons

On meurt

Ainsi que toutes les heures,

Absence

D'ondée, tôt dissipée,

Rosée qui au matin s'éploie,

Pour ne plus retourner.

 

Robert Herrick  

 

 

 

Pas si terrible...

"Le 11 septembre a été terrible mais si on se repasse l'histoire de l'IRA (l'organisation armée nord-irlandaise), ce qui s'est passé aux Etats-Unis n'a pas été aussi terrible que cela", juge la romancière.

J'ai à peu près tout lu de Doris Lessing, c'est donc quelqu'un que je ne déteste pas, même si cela appartient plus à mon adolescence pleine de révolte qu'à mon âge désormais mûr. Mais je reste stupéfait devant de tels propos alors qu'elle a obtenu la lourde charge de la dignité du Nobel. Qu'est-ce que cette histoire de l'Ira qu'elle sort ? Celle des meurtres commis par l'Ira, ou celle des autres meurtres commis par l'armée anglaise, les francs partisans protestants, et bien d'autres ? On ne sait. Comment peut-on comparer entre eux des massacres ? Comment peut-on oser comparer des morts entre elles ? Je n'aime en aucun cas les concours de génocides ou de meurtres collectifs à celui qui aura le plus de pierres dans son cimetière. Comment peut-on signifier la douleur par le nombre de morts et à partir de quel nombre de morts serait-il autorisé de dire que le fait est terrible ? Chaque décès est unique et ne concerne jamais qu'une personne perdue, mais c'est soudain la seule qui comptait pour ses proches. Dire qu'il y a eu moins de morts lors du 11 septembre à New York que par exemple lors d'autres événements est une chose, dire qu'en fait ce n'est pas si terrible, c'est attenter à la mémoire des personnes qui ont eu des proches tués alors et c'est dire qu'il y a une banalité du mal selon le mot d'Hannah Arendt. Et même si les Etatsuniens ont ressenti plus vivement cette tuerie que d'autres qui se déroulaient en même temps  ou qu'ils ont déclenchées avant et après, on ne peut pas leur demander de faire comme si cela n'était pas du tout important puiqu'il y avait eu pire dans l'histoire. Toutes les morts sont inacceptables et elles sont toutes terribles. Aucune ne mérite d'être méprisée. Mais il y a des propos...

samedi, 20 octobre 2007

Au lecteur généreux

Vois sans voir, et si des imperfections

Se font jour au fil de mes traductions,

Ignore-les : quant aux énormités,

Cache-les, et, avec, la nudité

De leur père : il s'est efforcé à l'éveil,

Mais Homère aussi succombe au sommeil.

 

Robert Herrick 

jeudi, 11 octobre 2007

Vie et mort des verbes irréguliers

Marie-Dominique Arrighi m'a communiqué le texte d'une dépêche qui n'a pas encore été traduite en français, me semble-t-il. Elle est consacrée à une étude publié dans la revue Nature au sujet de la fréquence et de l'usure des formes des verbes irréguliers et elle est due à un chercheur de l'université Harvard. Cela concerne les verbes anglais, car un autre article de Nature s'attache aux verbes en russe, français, grec, espagnol. Si on veut lire le texte original, voici un lien.

Un résumé pour les non-anglophones, avec mes commentaires. Les verbes irréguliers ne constituent que 3 % des formes présentes dans les discours. J'ai publié les résultats de deux études au sujet de la fréquence des verbes français, ce sont des chiffres relatifs car ils dépendent de la proportion que l'on accorde à divers énoncés témoins (un article de l'Oignon n'est pas le même écrit qu'une chanson de rap ou qu'un manuel de vénerie). 

Les dix verbes anglais les plus fréquents sont : verbs to be, to have, to do, to go, to say, to see, to take and to get, plus les auxiliaires can et will. Tous des verbes irréguliers. Cela rejoint le français :cette liste comprend les 120 verbes les plus fréquents.

Les verbes réguliers forment leur prétérit et leur participe passé avec la désinence -ed. Mais il existait six autres principales règles pour ces temps il y a 1 200 ans, à l'époque de l'Old English. Il y avait 177 verbes irréguliers en Old English, ils sont passés à 145 en Middle English (fin du Moyen Âge) et 98 subsistent encore. Ces chiffres sont à prendre avec précaution, car les auteurs sont sans doute partis des formes courantes et familières, non de celles qui seraient plus académiques. Pour certains de ces verbes dits disparus, les grammaires et les dictionnaires signalent l'existence des formes irrégulières. On a assisté à la même diminution de l'ancien français au français moderne : l'ancienne langue comprenait (à vue de nez) trois ou quatre fois plus de verbes irréguliers, ne serait-ce que par les changements de radicaux. Beaucoup de ces verbes n'existe plus que comme des vestiges :  clore, choir, apparoir. D'autres sont morts : souloir, douloir, semondre.

Il se produit en anglais contemporain sur la forme régulière : took devient taked. Des périphrases naissent : newly wed devient wedded. Les verbes irréguliers qui sont les moins employés évoluent plus vite vers une forme régulière selon leur modèle mathématique. Je ne suis pas certain de cela en français : les verbes sont devenus irréguliers du fait de leur fréquence (il suffit de songer aux trois racines qui donnent le verbe aller), mais les passés simples ne sont  pratiquement plus employés qu'à l'écrit sauf régionalisme et ils se maintiennent de ce fait. En revanche, on assiste à des néo-verbes plus réguliers comme en anglais : solutionner, cloturer, feinter.

Là, où on est un peu dans la grammaire-fiction, c'est lorsque l'étude affirme que le verbe to be restera inchangé pendant 38 000 ans selon cette projection, tandis que le verbe to think changera son thought en thinked dans 14 400 ans du fait de sa fréquence plus faible. C'est un peu sans compter le fait qu'il n'a pas fallu mille ans pour déformer les verbes latins lorsque cette langue était internationale, et le danger de l'anglais c'est qu'il est parlé majoritairement par des non-anglophones qui vont le transformer.

 

 

lundi, 08 octobre 2007

A Papersonne

Pourquoi rester silencieux, invisible

Père de Jalousie ?

Pourquoi te dérober toi-même en les nuages

A tout oeil qui te cherche ?

 

Pourquoi l'ombre et l'obscurité

Dans tous tes mots, toutes tes lois,

et nul n'ose manger le fruit, sinon

En te prenant de la bouche perfide du serpent ?

Serait-ce parce que les femmes applaudissent très fort au secret ?

 

William Blake