mercredi, 31 janvier 2007

Rapportage (21)

L'ami Thur a l'habitude de voir son lucre

Dans tous les produits qui passent pour fort peu sûrs :

« C'est bien plus fort que moi, il faut que je me sucre ! »

Confie Thur. 

mardi, 30 janvier 2007

Rapportage (20)

L'ami Del aimait montrer son érudition

Par une phrase illustre à chaque occasion.

Un jour, surpris : « “Ah ah !” Paul Valéry, Tel quel »,

Cita Del. 

 

Haiku voyageur (1)

 Pour la semaine de la francophonie.

 

L'abricot en trois parties

Se fend dans ta bouche

Et tu rejettes donc le germe.

 

lundi, 29 janvier 2007

Rapportage (19)

L'ami Pique souffre d'un mal ithyphallique :

« Seigneur, délivrez-moi afin que je ne râle

Plus ! Il est anormal que je sois un surmâle »,

Pria Pique. 

dimanche, 28 janvier 2007

Rapportage (18)

L'ami Ube en revenant de son pub titube :

« Mais si je suis rouge, c'est parce que j'ai bu

Du jus de fruits. Voilà pourquoi je suis fourbu »,

Juge Ube. 

samedi, 27 janvier 2007

Rapportages (17)

Le candidat Scuité est plus fort que l'abbé Pierre :

« Avec moi, tout le monde pourra habiter

Dans de vrais châteaux construits avec de vraies pierres ! »

Promit Scuité. 

vendredi, 26 janvier 2007

Rapportage (16)

Sme souhaite toujours avoir l'air décidé :

« Beaucoup de gens me taxent d'apragmatisme,

Mais, j'ai souvent de la suite dans mes idées »,

Mentit Sme. 

Impro-verbes (9)

Saison des vœux, raison des aveux.

Qui fait des vœux à l'an neuf en devient vite veuf.

Tel qui promet en janvier, tel qui dit mais en février.

À souhaiter trop, on toussette en rots.

Vœux d'hiver durent comme primevères.

Vœux de janvier, déjà reniés. 

La bonne année n'est bientôt plus née. 

Pas de cartes, pas de traces. 

jeudi, 25 janvier 2007

Impro-verbes (8)

Qui fait la période des soldes se perd en gestes de kobold.

Plus le solde avance, plus on se désole des ventes.

Folie des soldes n'est que sottise des folles.

À faire des affaires, on s'affaire en enfer.

Tant de pour cent, tant de sous partent.

Remise et rabais, mais ni repris ni prêt.

Rapportage (15)

L'abbé Tex préfère une église très complexe.
— Il me fallait un beau portail bien sculpté, car l'ex
Me plaçait bas dans l'évêché. Cela me vexe,
Narre Tex. 

dimanche, 21 janvier 2007

7 je me souviens

Je me souviens que j'ai lu ou entendu Georges Perec bien avant de savoir qu'il y avait quelqu'un qui écrivait sous le nom de Georges Perec, j'écoutais Mi-fugue, mi raison, sur France-Culture et je lisais le Fou parle. Je ne savais même pas alors qu'il avait fait des livres.

Je me souviens que Gotlib l'a représenté, mais ce fut bien après la biographie du professeur Burp par Perec. Je connaissais déjà Gotlib, Perec c'était autre chose et j'ai été heureux de les voir réunis ensuite parce que Gotlib comptait  beaucoup pour moi.

Je me souviens que j'ai présenté les 343 cartes postales pour un séminaire sur le voyage et que je m'en suis tiré avec les honneurs. Je trouvais juste ça drôle cette manière d'écrire de manière formelle sur un thème convenu, mais quand j'y réfléchis cela me dit aussi beaucoup sur le sujet de l'absence qui est en fait le problème principal de tous les textes de Perec.

Je me souviens que je me suis souvent insurgé contre l'accent qui le confondrait avec une championne antillaise.

Je me souviens que je me suis révolté en fac ou dans des stages quand on a parlé du plaisir du jeu, totalement gratuit et futile, en citant la Disparition et j'ai alors rappelé combien ce texte renvoyait à l'histoire personnelle de Perec, ce qu'il y avait derrière. Je hais cette idée d'une gratuité complète dans les textes de Perec.

Je me souviens que je hais les je me souviens de la part des enseignants qui font écrire à leurs élèves des textes vides de sens parce que ces élèves n'ont pas encore de mémoire. 

Je me souviens que j'ai retrouvé une fille, dont j'étais très amoureux, lors d'une lecture publique de la Vie, mode d'emploi. Nous avons beaucoup parlé de Perec qui parlait des gens simples, sans jugement. Elle a regardé longuement ma bibliothèque et nous n'avons jamais fait l'amour (sans que l'un ait un rapport avec l'autre).

Je me souviens qu'il est mort au moment où on le lisait. 

dimanche, 14 janvier 2007

Rapportages (14)

K. commençait à avoir beaucoup de tracas

Avec le langage et puis avec son auteur.

— Si ça continue, je change le narrateur,

Prédit K. 

samedi, 13 janvier 2007

Rapportages (13)

En Corse, dans la célèbre famille Atura,

On ne plaisante surtout pas avec l'honneur :

— Tu n'es plus des nôtres, car tu es un donneur,

Jette Atura. 

vendredi, 12 janvier 2007

Rapportages (12)

En Corse, le clan Namidi tient chambre d'hôte,

L'heure des repas est sacrée et que ça saute !

— Aucun apéritif au déjeuner, pardi !

Ont dit Namidi. 

jeudi, 11 janvier 2007

Rapportage (11)

Une famille assure que l'ami Bienferme

Avait donné son germe à leur petite-fille.

— Jamais ! Mon sperme est chose que je ne gaspille !

Débite Bienferme. 

mercredi, 10 janvier 2007

Rapportage (10)

Le couple Niste s'amuse à prendre des bains

Qui font fuir leurs intimes les plus urbains.

— Cependant, pour le fist, c'est une bonne piste,

Ont dit Niste. 

mardi, 09 janvier 2007

Rapportages (9)

L'ami Namie ne s'anime plus. Cette manie
N'amuse pas les siens. — Je n'y peux vraiment rien
Si je ne parviens plus à quoi que ce soit de bien,
A dit Namie.

dimanche, 07 janvier 2007

Rapportages (8)

L'ami Tom est égyptologue. Il est entré

Dans le temple d'Anubis. — Quel capharnaüm !

Et de surcroît, on ne l'avais jamais aéré !

A dit Tom

samedi, 06 janvier 2007

Rapportages (7)

L'ami Gitation est un fervent occultiste,

On peut avouer que chez lui ce n'est pas triste :

— Mon chat refuse net la mesmérisation !

A dit Gitation.  

jeudi, 04 janvier 2007

Rapportages (5)

L'ami Ré au greffe ne cesse d'égarer
Toutes les pièces des dossiers, alors il ment :
— Mais nous n'avons jamais reçu les documents,
A dit Ré.

mercredi, 03 janvier 2007

Rapportages (4)

L'amie Inchina me montrait sa nouvelle
Télévision plasma : — Je suis au nirvana !
Je l'ai payée trois fois rien et comme elle est belle !
M'a dit Inchina.

mardi, 02 janvier 2007

Rapportages (3)

L'ami Heuvath est un très grand joueur d'échecs

En moins de trois coups, il parvient à mettre mat.

— Mon secret ? Allez vous faire voir faire voir chez les Grecs !

A dit Heuvath. 

lundi, 01 janvier 2007

Rapportages (2)

L'ami Xion boit toute la journée des litrons 

— Pourtant, je ne vois pas où est mon crime :

Dans l'affaire, je suis une victime,

A dit Xion.

 

L'ami Psie ne boit plus une goutte d'alcool.

— Mon cher Xion, si tu voulais suivre mon école,

Je t'assure que tu n'aurais plus la pépie,

A dit Psie.

 

L'Arménien Ter Hanné raille le pauvre Xion.

— On remplirait facilement la mer si on

Y versait ce qu'il a bu depuis qu'il est né,

Médit Ter Hanné.

dimanche, 31 décembre 2006

Rapportages (1)

Un exercice oulipien consiste à poser des questions calembourdesques sur le modèle de l'ami Cahuète de Gainsbourg. Cela se nomme les sollicitudes, par exemple : qu'a dit Chon ? Je modifie un peu le genre en utilisant des incises qui renseignent sur un discours rapporté.

L'ami Peu se trouve vraiment trop gras

— Je fais des repas riches et copieux,

Je ressemble à présent à un gros tas,

A dit Peu.

samedi, 30 décembre 2006

Hyperboles

Il était largement plus de midi et c'était vraiment juste à côté du parc Monceau, si ce n'est dans le parc lui-même. Je me trouvais sur la plateforme arrière de l'autobus de la ligne S, un autobus on ne peut plus classique et un modèle de l'autobus lui-même, l'autobus dans son essence elle-même. Le véhicule n'était pas plein, il était plus que plein et les voyageurs débordaient par les fenêtres. Je remarquai un jeune homme, fort jeune, avec un cou exagérément long, mais alors d'une longueur inimaginable, plus long que le cou d'une girafe ; il était coiffé d'un feutre très très large et décoré avec un ruban tressé, que dis-je ? un ruban, c'était un étendard, un oriflamme, un calicot, une voile de grand mât ! Il s'en prit à son voisin à qui il reprochait de lui marcher sur les pieds (qu'il avait démesurément longs) chaque fois qu'il montait ou descendait à toute allure des hordes de passagers. Puis, soudain, il abandonna la discussion en se précipitant sur une place devenue miraculeusement libre de toute occupation.

Deux heures bien comptées après, par un hasard vraiment extraordinaire, je le revois juste devant la gare Saint-Lazare. Il était en discussion avec un de ses très grands amis, sans doute le meilleur d'entre eux, et celui-ci lui conseillait de faire remonter complètement le bouton supérieur de son pardessus par le meilleur tailleur de la Ville-Lumière qui se trouve sur la plus belle avenue du monde.

vendredi, 29 décembre 2006

Modalisation

Il était un peu moins de midi, guère plus tard, aux environs du parc Monceau. J'étais dans ce que l'on pourrait nommer un autobus, du moins cela en avait encore un peu l'apparence, le long de la ligne S, mais ce n'est plus exactement celle-là car elle se nomme maintenant 84 quoique son parcours soit légèrement différent. Le véhicule était quasiment plein. J'aperçus un homme assez jeune, enfin jeune pour ne pas être encore précisément entre deux âges, mais jeune cependant. Il avait un cou un tout petit peu long et il portait une sorte de chapeau en simili-feutre ou ce que je supposai tel, lequel était selon toute apparence décoré d'une espèce de galon tressé. Il s'en prit à un de ses nombreux voisins qu'il accusait à peu près de lui marcher sur les pieds chaque fois qu'il montait ou descendait des voyageurs grosso modo. Pzu s'en fallut qu'une dispute éclatât, mais soudain il se précipita sur une place qui s'était pour ainsi dire libérée.

Je le revis approximativement deux heures plus tard dans les alentours de la gare Saint-Lazare. Il discutait avec quelqu'un qui paraissait être une de ses connaissances et qui lui conseillait en gros de faire remonter plus ou moins le bouton supérieur de son pardessus.  

jeudi, 28 décembre 2006

Il y a

Il y a quelques jours je me trouvais dans l'autobus de la ligne S, aujourd'hui 84. Il y avait plein de monde qui montait et descendait. J'ai vu qu'il y avait un jeune homme au cou fort long. Sur sa tête, il y avait un feutre autour duquel il y avait un galon tressé. Il y avait à côté de lui un autre homme et il y a eu entre eux une dispute. Il y a que le premier il y a dit que l'autre lui marchait sur les pieds chaque fois qu'il y a des gens qui entrent et qui sortent. Puis il y a eu un moment où le jeune homme a abandonné la discussion et s'est précipité sur une place qu'il y avait de libre.

Il y a ensuite deux heures que je ne raconte pas, mais devant la gare Saint-Lazare, qui est-ce qu'il y a ? Il y a le jeune homme et il y a aussi un de ses amis. Ce dernier, il y a dit qu'il y aurait mieux à faire pour son allure. Il y a à remonter le bouton supérieur du pardessus.

mercredi, 27 décembre 2006

Phatique

Bon... ben... voilà... J'veux dire qu'un de ces jours du côté du parc... euh ? comment déjà ? tu peux m'aider ? le parc Monceau, voilà, c'est ça le parc Monceau, tu le vois bien le parc Monceau, et bien figure-toi que je me trouvais sur la plateforme arrière d'un autobus de la ligne S, enfin... tu me comprends, c'est la ligne 84 maintenant. Alors là, je ne te raconte pas comment il était plein ! plein comme... comme... tu t'imagines bien comme il était plein ? Bon. J'aperçois un jeune homme un peu... comment dire ? grotesque ? non, snob ? pas plus. Ridicule, parfaitement, voilà le mot que je cherchais. Il avait un cou fort long et il portait sur sa tête une espèce de chapeau, tu sais un de ces chapeaux de feutre avec une sorte de euh... un galon. Bon, ben, cet individu a apostrophé son voisin, et devine ce qu'il lui reprochait ! Je te le donne en mille ! Il disait que l'autre faisait exprès de lui marcher sur les pieds chaque fois que des passagers montaient et descendaient. Tu vois le tableau ! Le bus était pourtant plein, ça tu ne peux pas dire le contraire, c'est clair ! Moi, tu me connais, je regarde ça sans faire de commentaires, qu'est-ce que tu aurais fait à ma place ? hein dis ! On continue comme ça et puis, voilà-t-i pas que notre euh... énergumène abandonne d'un coup la discussion sur une place qui s'était libérée. Qu'est-ce que tu en penses, toi, hein ? 

Seulement voilà, deux heures plus tard, tu me suis ? qui est-ce que je vois devant la gare Saint-Lazare ? Dans le mille ! le même jeune homme ! C'est un de ces hssards un peu extraordinaires, hein tu ne penses pas ? Bon ben... là, il discutait avec quelqu'un qui devait être son ami, je dis ami ou connaissance, tu prends ça comme tu veux. Celui-ci lui conseillait de remonter l'échancrure de son pardessus, tu vois ! Il lui disait de faire remonter le bouton du dessus parun tailleur, enfin... je te laisse imaginer la scène. Bon ben euh... j'ai fini, mais ce n'est pas tout ça, je cause, je cause, mais c'est pour causer, qu'est-ce que t'en dis ?

mardi, 26 décembre 2006

Solécismes

        Un de ces jours-ci, sur le coup de midi, au niveau du côté du parc à Monceau, dessus la plate-forme de derrière d'un autobus de la ligne S, lequel est actuellement le 84, il était un peu près tellement plein. Je m'aperçus un espèce d'individu, par parenthèse au fort long cou qui portait à sa tête un feutre mou avec tout autour une insigne comme pour un ruban de tissu. Cet homme demanda une question de suite à son voisin, ce sont les pieds de l'autre dont ils lui marchaient sur les siens, à chaque fois où il montait et qu'il descendait des voyageurs. Il commençait à l'agoniser d'injures. Il y allait s'en ensuivre une bagarre. On risquait d'y gagner des coups. Le second disait au premier que cela lui indifférait de se voir prendre partie et que ce n'était pas dans le but de l'ennuyer malgré qu'il voulait l'éviter. Le premier lui abandonna la discussion pour se jeter tête-bêche sur la place àquelqu'un. J'avais à faire à un malotru.

        Par contre, deux heures plus tard, je m'en rappelle, je le revis se promenant de concert avec un ami à lui sur le quartier Saint-Lazare. Il causait avec ce soi-disant ami, celui-ci le conseillait de remonter l'échancrure à son pardessus en remontant le bouton du dessus pareil que lui.

dimanche, 24 décembre 2006

En déserteur

Monsieur le président,

Je vous fais une lettre

Que vous lirez peut-être

Si vous avez le temps.

 

J'étais dans l'autobus

Sur une plateforme

Bien conforme aux normes,

Nous allions vers Picpus.

 

Le bus était très plein,

C'était midi passée

À cette heure lassée

Chacun rongeait son frein.

 

Je vis un grand jeune homme

Au cou fort allongé

Et d'aspect dérangé

Avec son haut-de-forme

 

En feutre et au galon

Tressé. Il invective

Soudain d'une voix vive

Son voisin dans un long

 

Discours : il lui écrase

Les pieds quand les passa-

Gers vont et viennent à

Faire des trucs qui rasent.

 

Monsieur le Président,

Est-ce donc ordinaire

Que les panards sont guère

Respectés en ces temps ?

 

Tout d'un coup, il voit

Une place laissée libre

Et il s'y jette et vibre

Car son portable doit

 

Posséder tous les droits :

À la gare Saint-Lazare

Un ami lui dit gare !

Tu pourras avoir froid,

 

Remonte le bouton

Supérieur du loden

Pour éviter la gêne

De ton cou de couillon.

 

Monsieur le Président,

Vous êtes bon apôtre,

Alles donc chez les autres 

Entendre ce qu'ils disent.

 

Monsieur le Président,

L'insécurité n'est que ce

Que nous voulons parce que

Nous vivons de trop de minables reniements.