mardi, 15 mai 2007

Forestière

Il était à La Forestière

Une fermière fort entière

Qui s'opposait front

À front sur le fond

À ceux qui mettaient en lisière.  

 

lundi, 14 mai 2007

Tel

Il y avait à Charmontel

Un homme qui se disait tel

Qu'il surmonterait

Tous les intérêts

Particuliers et surtout d'untel.

 

Le nom de Charmontel est totalement loufoque : le nom ancien était Charmontois-l'Abbé. On a décapité le prêtre, puis on a cru que la terminaison en -s était un pluriel, donc on a singularisé le nom, alors que la terminaison en -ois n'indiquait que l'appartenance et ne comportait plus de marque de nombre. Finalement, cette commune avec l'ancien Charmontois-le-Roi finira par former Les Charmontois toujours avec un pluriel imposé.

dimanche, 13 mai 2007

Bel-Air

Il était jadis à Bel-Air

Un marquis qui prenait de grands airs,

Mais il fit lanlère

Dedans la pannière

Où sa tête était sans sa chair.

 

Je suis étonné par le nombre de quartiers qui se nomment Bel-Air en France : en général, il s'agit toujours de grands ensembles construits sur d'anciens champs dans la proche banlieue des villes, généralement sur des coteaux. Le Bel-Air en question est le nom révolutionnaire de Toulon, devenu Vert-Toulon (village littéraire puisque Daniel Rondeau y a ses habitudes), mais aussi Saint-Phal (qui fut également Belle-Vue et Bon-Air).  

samedi, 12 mai 2007

Bonval

Il était jadis à Bonval

Un homme qui voulait tout aval-

Er durant sa route,

Toutes les choucroutes

Étaient bonnes pour son aval.

 

Bonval était le nom révolutionnaire de Saint-Bon. 

 

Saint-Bon

Il était jadis à Saint-Bon

Un bon gros mangeur de jambons,

Et les gens disaient

Qu'il engendrerait

Une gent propre à rien de bon. 

vendredi, 11 mai 2007

Beaucessarts

Il y avait à Beaucessarts

Un homme faisant des écarts

Devant les tombeaux,

Et on avait beau

Dire qu'il n'avait pas d'égards.

 

Beaucessarts est un nom bizarre : un composé en mot-valise de Beauce et des Essarts-le-Vicomte. Un essart, c'est à l'origine un lieu écarté d'un autre village, une clairière que l'on a défrichée, que ce lieu soit habité ou simplement cultivé. Ce qui est plus étrange, c'est que ce village n'est pas limitrophe de la Beauce, mais de la Brie laquelle devient certes une plaine après Provins, comme pour la Beauce, mais elle est montagneuse à l'Est où se trouve Les Essarts-le-Vicomte. Il se peut aussi que le c soit là juste pour la liaison et pour indiquer le pluriel (les beaux essarts), ce qui indquerait un état de la prononciation.

jeudi, 10 mai 2007

Ferjeux

Il y avait à Saint-Ferjeux

Un fermier fort féru de jeux ;

Ses parties de whist

L'éloignaient du Christ,

Le curé disait : “Malheureux !”

 

Toutes les communes n'ont pas retrouvé leur nom après la Révolution : Saint-Ferjeux est resté Gionges.  

  

mercredi, 09 mai 2007

Voltaire

Il était à Cirey-Voltaire

Un homme qui ne voulait se taire

Devant l'infamie

De la tyrannie

Et qui préféra changer d'air.

 

Cirey-Voltaire est un nom de fantaisie pour la commune qui abritait le château de madame du Châtelet où les contes virent le jour. Elle se nommait Virey-le-Château avant la Révolution, elle devint Cirey-sur-Blaise après. Il est étonnant que l'on n'y ait pas honoré alors le grand homme.

mardi, 08 mai 2007

Fertilité

Il était autrefois à Vrain-

La-Fertilité un homme au gain

Toujours fort avide,

Qui faisait le vide

Dans le moindre magasin de grains.

 

Vrain-la-Fertilité était Saint-Vrain. On retrouve là l'une des figures de la Révolution comme dans le nom de Germinal. 

samedi, 05 mai 2007

Belle-Vue

Il y avait à Belle-Vue

Bien des filles se baignant nues

Dedans les ruisseaux ;

Sous les arbrisseaux,

Se tenaient des gars sans tenue.

 

Belle-Vue était Saint-Phal (nom qui semble un peu connoté).  

vendredi, 04 mai 2007

Marat (2)

Il était à Marat-sur-Aisne

Un homme sans aucune gène,

Il se baignait nu

Face aux inconnus

Et demandait qu'on gratte son aine.

 

Marat-sur-Aisne était Château-Porcien. Bien entendu, je ne pouvais pas passer à côté du thème du bain dans le cas de Marat. 

Marat (2)

Il était à Marat-sur-Aisne

Un homme sans aucune gène,

Il se baignait nu

Face aux inconnus

Et demandait qu'on gratte son aine.

 

Marat-sur-Aisne était Château-Porcien. Bien entendu, je ne pouvais pas passer à côté du thème du bain dans le cas de Marat. 

jeudi, 03 mai 2007

Rescrit

Il était à Écry-le-Franc

Un écrivain sans aucun franc,

Tous ses éditeurs

Étaient débiteurs

Selon ses cris à travers champs.

 

Écry-le-Franc (ou Escry-le-Franc) était Asfeld, il s'agit d'une des variantes des noms en libre.  

mercredi, 02 mai 2007

Redoutable

Il était à Mont-Redoutable

Un homme qui doublait à table

Tous ses plats et mets,

On n'en pouvait mais.

Des maîtres-queux, c'était la fable. 

 

Mont-Redoutable était Châtel-Chéhéry.

mardi, 01 mai 2007

Libre (2) !

Il y avait à Libreville

Un poëte rêvant des îles,

Il suivit la Meuse

Au pays des gueuzes,

Puis il revint ivre et fébrile.

 

Libreville était Charleville et on comprendra les allusions... 

lundi, 30 avril 2007

Vedette

La Vedette-Républicaine

Hébergeait un homme plein de haine :

Il s'appelait Philippe,

Mais pour ses principes

Il se nomma Vedette de scène.

 

Je continue d'annexer la Belgique : il s'agissait de Philippeville 

dimanche, 29 avril 2007

Libre !

Il était jadis à Charlibre

Un Belge avec une fibre

Fort patriotique :

Il avait la trique

Tricolore en équilibre.

 

Je viens d'annexer Charleroi (Charleroi, ses bières, ses tartes, ses pâtés de sanglier, ses auteurs de BD et ses tueurs en série) à la Champignacie ! Mais ce fut déjà le cas sous la Révolution (et avant sous le peu regretté Louis XIV) avec ce nom en forme de mot-valise.

samedi, 28 avril 2007

Culotte

Il était à Ham-sans-Culottes

Un homme qui n'était de la haute,

Sans aucune cause

Il troussait ses chausses,

Montrait son chose pour la botte. 

 

Ham-sans-Culottes était Ham-les-Moines.  

 

vendredi, 27 avril 2007

Raison

Il était à Rilly-la-Raison

Un prêtre dont les oraisons

Faisaient s'assoupir

La paroisse, ou pire 

Provoquaient des démangeaisons.

 

Rilly-la-Raison était Rilly-Sainte-Syre. 

jeudi, 26 avril 2007

Fontaine

Il était à Somme-Fontaine

Une femille en quarantaine,

Car elle était comme

Ci-devant en somme,

La guillotine était certaine.

 

Somme-Fontaine était Saint-Lupien. Ce nom est un pléonasme puisque la somme est une source.  

 

mercredi, 25 avril 2007

Voltaire

On vit à Romilly-Voltaire

Un homme peu révolutionnaire,

On l'embastilla,

Le guillottina,

Et on chanta tralalaire.

 

Romilly-Voltaire est Romilly-sur-Seine.  

mardi, 24 avril 2007

Jonchées

C'était à Ville-sur-Aujon

Qu'autrefois un coupeur de joncs

Avait une fille

Courant le guille-

Dou au fil du cours des ajoncs.

 

Ville-sur-Aujon était Châteauvillain. On a banni le château et conservé la villa ou ferme. Quant au coupeur de joncs, il existait bien autrefois quand on faisait de la vannerie, et c'est par jeu que Thiéphaine a parlé de la fille du coupeur de joints. 

lundi, 23 avril 2007

Que la montagne est belle !

Jadis, Colombey-la-Montagne

Vit surgir au fond des campagnes

Les troupes venant

Tuer nos enfants

Et puis violer nos compagnes.

 

Inutile de dire quel est le nom pré et post-révolutionnaire de cette commune et pourquoi on l'avait modifié alors... Il m'a plu de faire une sorte de raccourci avec plusieurs symboles très lourdingues, d'autant plus que le choix du qualificatif de montagne est un tantinet abusif, il y a bien une petite élévation à Colombey notamment du côté de La Boisserie, on peut voir la plaine très loin, mais les choix de toponymes en montagne sous la Révolution étaient quand même un peu connotés.  

dimanche, 22 avril 2007

Libre

Il était jadis à Heiltz-Libre

Un homme pourvu d'un gros chibre 

Engrossant les nonnes

Printemps et automne,

Car il avait un bon calibre.

 

Heiltz-Libre était Heiltz-l'Évêque (prononcer hèl'). Mon limerick n'est pas particulièrement recommandable (et je ne le ferais pas lire à mes élèves), mais au moins je ne peux pas être menacé d'une amende de 75 000 euros pour avoir divulgué les premiers sondages de sortie des burnes... Foutre ! comme disait le regretté Hébert...

samedi, 21 avril 2007

Temple

Il était à Temple-sur-Vesle

Un homme atteint de la gravelle

Qui se repentit

Et puis se pendit :

Il croyait à la bonne nouvelle.

 

Temple-sur-Vesle était Saint-Étienne-au-Temple, encore une fois un village des chevaliers templiers. Cette fois, on ne supprima pas la référence au temple religieux et féodal, mais celle au saint.     

vendredi, 20 avril 2007

Dampierre

Il y avait à Mont-Dampierre

Un homme avec un cœur de pierre,

Lequel sans pitié

Faisait des moitiés

Des hommes à placer en bière.

 

Mont-Dampierre était Dampierre-au-Temple. Le temple était en fait l'ordre du Temple, celui des chevaliers templiers de Jérusalem qui possédaient trois villages dans ce coin avec ce nom. On a supprimé la référence religieuse et féodale, mais on n'avait pas vu que le nom Dampierrre voulait dire seigneur Pierre (dam = dominus) ou plus précisément saint Pierre, l'apôtre.

jeudi, 19 avril 2007

Commune

Dedans Commune-de-la-Marne,

Un braconnier vivait de carnes :

Il posait des pièges

Mais avec la neige

Il fallait alors qu'il s'acharne.

 

Cette sorte de commune sans nom était Talus-Saint-Prix sous la Révolution.

 

 

mercredi, 18 avril 2007

Unité

C'était aux Essarts-l'Unité

Que l'on comptait l'utilité

Des moindres écarts

Du village, car

Il ne fallait d'impunité.

 

Les Essarts-l'Unité était auparavant Les Essarts-le-Vicomte.  

lundi, 16 avril 2007

Union

Il y avait à Mont-Union

Une famille en rang d'oignons

Aux cérémonies,

C'était sa manie

Quand on arborait le fanion.

 

Mont-Union était le nom de Saint-Gibrien. Quelques autres communes se réfèrent à cette qualité républicaine.  

dimanche, 15 avril 2007

Marat

C'était à Marat-lès-Rouffy

Qu'un fabricant de clafoutis

Fut fort déconfit

Voyant ce qu'on fit :

Les cerises, on ne les frit !

 

Marat-lès-Rouffy était Saint-Mard-lès-Rouffy. Comme dans le cas précédent de Saint-Martin, nous avons affaire à une paronomase.