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jeudi, 08 juin 2006

La chasse à l'enfant

Dans Libération, une libre opinion au sujet des prétendues mesures humanitaires envers les enfants d'immigrés clandestins. J'extrais juste ce passage à propos de la condition ubuesque de l'ignorance de la langue du pays d'origine.

Il n'existe aucun pays au monde qui [ne] demande à ses immigrants d'oublier leur langue maternelle. Dans un nouveau pays, bien différent de leur patrie originelle, cette langue constitue l'une des dernières attaches liant ces enfants à leur histoire et leur culture. Plaçant le français au-dessus des autres langues, cette règle est un déni culturel, recalant certaines langues étrangères à la douane française.

Il est certain que la France peut parfaitement se passer de personnes parlant tamoul, hindi, swahili, arabe, turc, mandarin, cantonais... On retrouve là une des idées du rapport délirant du député Bennisti.

mardi, 30 mai 2006

L'enfant de deux langues

Un article du Monde sur les situations où une langue vient chasser la langue maternelle.

mercredi, 24 mai 2006

Langues minoritaires de Suisse

La Suisse a approuvé la charte européenne des langues minoritaires – charte que la France n'a toujours pas ratifiée –, mais je m'interroge sur ce passage :

La Suisse a déclaré le romanche et l’italien comme langues régionales ou minoritaires au sens de la Charte et elle reconnaît le yéniche et le yiddish comme langues sans territoire.

L'italien est langue officielle fédérale et le romanche (en fait le romanche commun) langue officielle régionale pour les Grisons. La place de l'italien est devenue de plus en plus minoritaire au niveau fédéral, mais il me semblait que sa place n'était pas spécialement réservée au Tessin. La formulation est comme une sorte de régression, même si dans les faits l'italien a déjà cédé le pas. La différence doit être dans la formulation au sens de la charte.

lundi, 22 mai 2006

Eurovision : yaourt vainqueur

Comme chaque année, le concours de l'Eurovision a décerné son prix à la seule langue vraiment en compétition. C'est la Yaourtie qui organisera le prix comme les années précédentes.

samedi, 20 mai 2006

Speak white !

L'anglais n'est toujours pas la langue officielle des États-Unis, même si plus de la moitié l'ont adopté comme seule langue officielle. Mais, au niveau fédéral, cela commence à ressembler à une langue officielle qui ne veut pas s'avouer comme telle : entre la langue nationale et la langue commune et unificatrice, il n'y a guère de différence avec une langue officielle sinon le fait de faire croire que l'on est plus ouvert, plus libéral et plus tolérant que les autres pays qui ont des langues officielles, malgré une évolution dans le sens inverse. La pratique du double langage au sujet de la langue unique n'est pas finie.

vendredi, 19 mai 2006

Cymri Story

Gallois sous-titré pour deux participants du Big Brother britannique. L'interdiction du gallois était devenue une affaire politique...

Grouzia

Imbroglio en Israël : le nom de la Géorgie n'y est pas l'hébreu Georgia, ni le géorgien Sakartvelo, mais le nom russe Grouzia. Un peu ennuyeux pour un pays qui se veut indépendant de la Russie et qui proteste donc.

mercredi, 17 mai 2006

Trend cote

J'ai essayé le nouvel outil de Google : Google Trends. Il permet de connaître les recherches les plus courantes, ce n'est donc pas tout à fait un outil statistique qui permettrait de connaître les habitudes d'écriture sur les sites comme on peut le faire avec des matchs Google, mais il permet d'observer la popularité d'une expression dans le temps comme le fait le Chronologue de Jean Véronis qui figure ici en lien à cette différence que ce sont des demandes. Une première remarque, c'est que les occurrences sont plus fréquentes au singulier qu'au pluriel même si le pluriel semblerait logique. Ensuite les expressions composées sont plus souvent sans préposition, on retient les mots clés seulement ; pour en savoir plus lire cet article.

Je commence par un grand classique des rectifications, le maître étalon : événement et évènement. Ce qui est fort intéressant, c'est de voir que les rectifications sont plus appliquées en France qu'ailleurs ! Et il semblerait même que la nouvelle graphie soit surtout employée dans la banlieue parisienne chic ! Maintenant, les féminisations : je prends les classique auteure et écrivaine (mais j'ai été obligé de rajouter les formes masculines car les recherches sont trop faibles sinon). Le pays où cela apparaît le plus est le Canada, fort logiquement. Je tente le politiquement correct : aveugle, non-voyant, mal-voyant. Contrairement à tout ce qu'on dit en général, les termes politiquement corrects sont quasi absents ! Je regarde les anglicismes avec un autre grand classique : shopping et magasinage (j'aurais pu prendre un anglicisme belge ou suisse, mais celui-là est bien connu). Les Portugais, les Italiens et les Suédois sont plus anglomanes que les Français ! Je m'en doutais un peu. Cela dit, le dernier exemple est faussé car il dépend du parc informatique (la Suède est très bien équipée) et des habitudes de consommation.

Bien... C'est un outil parfait pour des marquéteux et des ouaibemaistres, il permet d'analyser les demandes des clients ou du public potentiel et donc de se faire mieux référencer. Comme instrument statistique pour l'orthographe d'usage, je suis très réservé : je fais des demandes sans accent parfois parce que je sais que je peux trouver autre chose, je connais aussi des gens QUI ÉCRIVENT TOUT AVEC LA TOUCHE MAJ ENFONCÉE, y compris pour taper dans la fenêtre de demande. Il faut tenir compte de l'orthographe erronée ou nouvelle si on veut se faire référencer, ce n'est pas vraiment fiable si on veut analyser l'évolution de la langue. Ensuite, lorsqu'on observe la rubrique les requêtes Google du jour des blogues dotcleariens, ben... les Skyblogs apparaîtraient comme des modèles de dictées sans faute tellement il y a d'erreurs de frappe ou de langage parfois chez des personnes qui tapent pour demander un renseignement. Les requêtes, ce n'est pas tout à fait la même langue que des écrits composés pour d'autres circonstances, même des SMS ou des notes.

mercredi, 26 avril 2006

Boring Headlines = Google

Télérama consacre un entrefilet à un article du New York Times que l'on peut lire ici (en anglais). Le texte n'a pas été traduit en français, mais il est assez commenté dans la presse anglophone. Steve Lohr évoque un changement dans les titres de la presse : on connaissait deux types de titres essentiellement, ceux qui informent, qui sont factuels et ceux qui accrochent le lecteur en le surprenant ou en le choquant ou en l'amusant. Mais la nécessité d'un bon référencement en ligne par les principaux moteurs de recherche conduit à une modification des titres : les visites des sites d'information en ligne sont produites pour une bonne part grâce aux moteurs de recherche. Aussi les termes les plus proches des mots clés sont utilisés, parfois en les additionnant de manière à obtenir aussi des recherches annexes sur le sujet, souvent en évitant les termes rares, soutenus, trop spécifiques (ne dites pas ursidé, ursin, plantigrade, mais ours, ourse, Palouma) en refusant les jeux de mots et les phrases à plusieurs sens, ce qui nivelle le lexique et qui transforme les phrases en train de marchandises pour mots clés. La récriture de cette titraille particulière ne comprend pas seulement les titres et les chapeaux, mais aussi le premier paragraphe puisque les moteurs ne vont pas fouiller très loin pour juger de la pertinence d'un texte. Quand on lit les titres de Google News, on peut être effrayé par les extraits produits qui ne reflètent pas toujours le contenu de l'article et qui ont été classés un peu au petit bonheur la chance, mais certains sont placés en avant et d'autres non, cela du fait de la présence de certains mots clés. Cette tendance au nivellement ne se montre pas encore vraiment en France, mais il est certain que les titres distanciés de Libération ou de l'Équipe par exemple sont le mauvais exemple pour Google même s'ils sont compensés par le chapeau ou un sur-titre.    

 

samedi, 22 avril 2006

Né sous X

Je me demande comment les différentes personnes étrangères à la région peuvent prononcer les noms soulignés, pris dans cet article :

Les prochaines attaques de Boutxy devraient attiser un peu plus le débat. Certains anti-ours aimeraient prouver qu'il est "déviant" pour le capturer légalement. Né en 1997 près de la commune de Boutx (d'où son nom), le fils de Mellba s'est retrouvé orphelin à l'âge de 7 mois après la mort de sa mère, tuée accidentellement par un chasseur.

Le x en basque équivaut à ch en français, c'est l'ancienne graphie ibérique pour une approximante qui a ensuite donné la jota castillane notée j (d'où les divergences ensuite du type Méjico-Mexico, Jerez-Xerès). Il y a une foule de noms basques qui ont une graphie francisée avec ch (lequel serait lu comme tch en fonction des conventions espagnoles, le ch étant une lettre à part entière en castillan même si les ouvrages les plus récents ne la reconnaissent plus comme telle), mais on en trouve aussi énormément qui résistent avec un x qui n'est pas celui de Bruxelles, mais qui est très proche des noms wallons en xh- pour le principe de notation. Je m'interroge sur peu de choses, l'ourse Mellba était nommée déjà comme la pêche Melba alors qu'il y a bien une l mouillée dans son nom. Je crains fort que Boutchi ne soit dans les rédactions Bouksi, Boutt-ksi.

vendredi, 21 avril 2006

W, ou le repentir de France

Le suédois vient d'intégrer le w comme lettre à part entière dans ses dictionnaires, ne ricanez pas en déclarant que ces Suédois étaient bêtes au point d'ignorer le web : cela fait à peine quarante ans que le français a agi de même avec le Grand Robert qui a été le premier dictionnaire à définir le w comme la vingt-troisième lettre de l'alphabet, le w n'était pas une lettre française auparavant alors que cette lettre était présente dans les noms de l'est et du nord de la France. 

mardi, 18 avril 2006

Président désigné

C'est amusant de lire de tels passages dans un journal de référence : « Le président désigné du SPD est partisan d'augmenter les impôts » (en titre), ou « Kurt Beck a fait une entrée en matière remarquée dans ses nouvelles attributions de président désigné du Parti social-démocrate allemand (SPD). »

Il n'existe cependant pas de fonction de président désigné du SPD. Les titres allemands parlent de designierte Chef, Präsident, Vorsitzender. En bon français, cela se dirait : le nouveau président, le président, nouvellement désigné, fraîchement désigné, récemment désigné. On parlait auparavant de Merkel comme la designierte Kanzlerin, ce qu'elle n'est plus puisque son titre est chancelière et pas chancelière désignée. Oui, l'adjectif allemand vient du français, mais sa transposition telle quelle en français ne répond plus à la syntaxe de notre langue. Oui, on a voulu éviter la répétition de nouveau, mais de manière disgracieuse. Voilà l'un des pires emprunts possibles : le calque syntaxique le plus servile (et encore, on a évité l'antéposition de l'adjectif).

lundi, 17 avril 2006

Chant des moissons

Une phrase dans Libération au sujet de Google attire mon attention : « Dans le pays [la Chine], on donne déjà au moteur de recherche de multiples surnoms : «Gou Gou» (chien), «Ku Gou» (chien froid), ou «Gu Gou» (chien antique). » Parmi les moteurs de recherche, Google est en effet le seul dont le nom soit aussi régulièrement déformé ou adapté (ici une version pour ceux qui sont de langue francophone, elle est due à un intervenant de ce blogue). Cela passe par des surnoms (le Gros Con comme dit un participant de fllf), des parodies, des périphrases (le moteur aux grosses lunettes), des inversions (site qui auparavant se contentait d'une lecture sénestrogyre), de prétendues versions régionales (c'est en fait Google.be). Bien sûr, il existe des parodies des autres moteurs, mais Google est bien le moteur qui suscite le plus la créativité langagière ou imagière ou guiquesque alors que Yahoo! le concurrence nettement, mais surtout aux États-Unis où il domine. On ne trouve guère que Microsoft pour déclencher autant la verve ou la colère de chacun. La situation est fort ambiguë parce qu'elle reflète à la fois la haine et l'attachement mais surtout un caractère protéiforme, alors que les anciens surnoms de marques (une Citron, la Peuj, une Goldo) montraient plus à mon avis une relation familière et stable dans un argot assez normé. La version chinoise de Google (Gu Ge, chant des moissons) aurait aussi bien pu avoir son équivalent dans les autres langues, on trouve des Gugol dans plusieurs langues. Et je rappelle que j'ai déjà tout dit sur la véritable origine du moteur et le nom qu'il devrait avoir. 

 

mardi, 11 avril 2006

La place du portugais

On lit parfois des choses sidérantes de la part de nos gouvernants :

«
Le premier ministre a rappelé que la France était le pays d'Europe "où la langue portugaise est la plus enseignée", avec 30 000 élèves qui l'étudient, un chiffre qui a progressé de 8 % en cinq ans. »

Ce chiffre inclut en fait l'enseignement des langues vivantes à l'école primaire, l'enseignement à distance, l'enseignement des langues d'origine et les enseignements au niveau supérieur, donc des étudiants, voire des personnes adultes dans le cadre d'associations ! Pour l'enseignement secondaire, c'est en fait environ 15 000 élèves, soit quelque chose comme 0,2 % des effectifs en collège et lycée généralement en langue II ou III, avec une baisse du nombre des postes et l'absence de recrutements ces dernières années, le portugais étant d'ailleurs passé à la septième place parmi les langues étrangères enseignées en France.  

vendredi, 07 avril 2006

Arabesques

Je parcours peu à peu le dernier livre d'Henriette Walter, en collaboration avec Bassam Baraké, Arabesques, et j'en extrais la matière d'un petit jeu. Voici des mots arabes issus du français. Il s'agit de retrouver les mots français et de deviner le sens en arabe. DB est interdit de jeu, sous quelque avatar qu'il se présente (parce que je saurai le reconnaître comme les autres fois), je donne parfois une forme très dialectale et donc une forme assez éloignée du français. Il y a à chaque fois une petite astuce linguistique ou un trait phonétique, un changement sémantique qui peut faire l'objet d'un développement.

amarch

ananvan

ardichawki

abajora

bartma

marcharé

sbirinn

sansour

aboka

annchouna

isfilt

mortissour

mardi, 28 mars 2006

Oschterputz

Dans le cadre de mon grand nettoyage de printemps, je vous cède à un prix d'ami un nombre incalculable de phishings écrits en allemand et provenant de la Postbank ou de la Volksbanken. Amateurs d'erreurs d'orthographe en allemand, écrivez-moi ! Je suis d'ailleurs prêt à vous fournir aussi des messages racistes et nazis au moment des élections et toujours en allemand, également dans une orthographe déficiente. Mais bon Dieu ! pourquoi les Allemands reviennent-ils nous occuper en Champignacie ? Qu'est-ce que j'ai fait aux Allemands ?

samedi, 25 mars 2006

Signes d'insoumission

Un très beau portrait dans Libération :

Le journal de midi qu'elle traduit pour les sourds et les malentendants s'ouvre avec la victoire du candidat officiel Victor Ianoukovitch sur celui de l'opposition Victor Iouchtchenko. Dans sa petite lucarne en bas à droite de l'écran, Natalia Dmitruk agite les mains : «On vous ment. Les chiffres de la commission électorale sont faux. Victor Iouchtchenko est notre président. Soutenons-le.» Puis elle reprend la traduction du commentaire de la présentatrice. Avant de conclure le journal ainsi : «Je n'avais plus le coeur de vous mentir. Plus jamais, je ne le ferai. Je vous dis au revoir, mes chers téléspectateurs, peut-être ne nous reverrons-nous plus.»

 

Natalia Dmitruk n'a pas déclenché seule la révolution orange, mais elle en a été une des images.

samedi, 18 mars 2006

La secte de l'e***

J'écris un texte au sujet de l'expression langues mortes au lieu de langues anciennes, il est cité de manière honnête sur un autre blogue et le problème est posé sur la question des langues vivantes ou mortes, et puis il y a tout d'un coup un membre de la secte de l'e*** qui intervient pour défendre l'e*** à la place de l'anglais (dont personne n'avait parlé et qui ne rentrait pas dans les thèmes ou problèmes abordés) ou du latin (qui n'était pas présenté comme une langue universelle). Ma première réaction est : pourquoi ce gros connard intervient-il dans un fil afin de développer des propos sur un thème très lointainement raccroché au sien et sans que cela ait le moindre rapport avec la choucroute.

La réponse est simple : les membres de la secte e*** gouglent à fond et interviennent comme de bons robots dès qu'ils voient les mots langue, linguistique, langage, franglais, francophonie sur un espace de discussion un peu libre. On n'a même pas le droit de faire une plaisanterie innocente sur le marquetinge de Tintin si on fait allusion à l'e***. Ce sont des parasites de blogues ou de listes de diffusion : ils ont réussi à l'aide d'une forme d'entrisme à tuer un autre blogue (Accent grave) parce qu'ils ont monopolysé l'espace de discussion et que peu à peu il n'y en avait plus que pour la défense de l'e***, les autres avis étant de plus en plus noyés sous la masse des textes pour l'e***. Pourquoi est-ce que je n'écris pas en entier le nom du Dieu de ces intégristes ? Mais je ne veux pas que des fanatiques viennent pourrir un de mes fils !

mercredi, 15 mars 2006

Kakuro

Xavier de Bure rappelle qu'un jeu similaire au kakuro avait été lancé auparavant, "les nombres fléchés", sans émouvoir les foules. "En japonisant le nom et en adaptant les règles un peu plus simples du kakuro, cela a marché", remarque-t-il.

Très important le nom... Si le sudoku s'était appelé Chiffres uniques ou Un seul nombre, cela se serait sans doute moins vendu. 

dimanche, 12 mars 2006

Kmenglish

J'ai déjà évoqué ici le chinglish ou broken English des Chinois. On connaît aussi le denglish, le spanglish qui sont plus des mélanges de langues comme le franglais. Voici le kmenglish ou broken English des Cambodgiens. Toutes les langues pourraient ainsi recevoir le suffixe english lorsqu'un non native speaker s'exprime car les prononciations locales ou les idiomatismes demeurent souvent.  

jeudi, 09 mars 2006

Bootylicious

The word Beyonce Knowles uses to describe her sexy butt has been listed as an official term.

Bootylicious - taken from the chart-topping hit of the same name by the singer's former group Destiny's Child - is to be added to the dictionary.

Tout ça ne nous dit pas quel est le dictionnaire en question. J'ignorais d'ailleurs qu'il n'y en avait qu'un seul en anglais et qu'un mot pouvait devenir officiel dans cette langue. On croirait lire une dépêche française... 

mercredi, 08 mars 2006

Dictionnaire des doutes

Chrystelle Barbier consacre un billet au dictionnaire pan-hispanique des doutes. En français, on parle de dictionnaire des pièges ou des difficultés de la langue, parfois de bon usage ou de français correct. La vision des grammairiens français est encore imprégnée de cet esprit normatif où on insiste sur ce qu'il faut éviter. On trouvera dans la note en question un lien vers le site de ce dictionnaire en ligne.

dimanche, 05 mars 2006

La grippe des chiffres

Je ne sais si vous avez remarqué les hésitations au sujet de la graphie du sudoku. Quand on regarde les revues ou les grilles publiées à droite et à gauche, on a affaire à plusieurs transcriptions : sudoku (nettement majoritaire, 90 % des occurrences dans Google francophone), mais aussi su doku, sū doku ou sūdoku pour des magazines (avec une longue, sans doute due au choix de la police) et sû doku (avec un accent circonflexe) dans Wikipedia. Le nom est formé de deux parties, pour chiffre , doku pour unique, mais on dirait que toutes les combinaisons sont utilisées avec l'emploi des majuscules présentes ou non. Cela permet des titres différents, mais enfin... la plupart des termes composés japonais courants en français sont agglutinés ou soudés. Plus étrange encore, la page sur le sudoku dans Wikipedia est devenue modérée, sans doute à cause de débordements. Encore plus étrange, le médiateur du Monde consacre entièrement sa dernière chronique au sudoku et le journal envisage de revoir la maquette de la page à cause de ce jeu. Fort inquiétant tout ça...

samedi, 04 mars 2006

Helvetia

Le directeur de la société d'astronomie, Markus Griesser, a précisé que le choix de ce nom ne relevait pas du nationalisme et que, comme le nom de la Suisse s'écrit différemment dans les quatre langues nationales, il avait choisi l'expression neutre d'"Helvetia", perpétuant ainsi une tradition du XIXe siècle qui accordait un nom féminin à tous les astéroïdes.

Voilà ce que dit la dépêche AP. Comme si Helvetia n'était plus employée en Suisse. La forme latine est neutre parce qu'elle a été choisie par les Suisses pour leurs institutions. Il y en a qui penchent pour Switzerland, mais on peut pas les déclarer comme vraiment neutres, plutôt comme très engagés dans un combat personnel et idéologique.

vendredi, 03 mars 2006

Orthographe allemande

Les ministres de la Culture des différents pays, cantons et régions germanophones ont décidé de réformer la réforme de l'orthographe allemande afin de tenir compte des habitudes. La réforme de 1996 est refusée par des éditeurs et des grands journaux. Il risque donc d'exister trois normes de l'allemand si la nouvelle réforme ne supplante pas l'ancienne dans certains pays.

lundi, 27 février 2006

Same

Courrier international rapporte une étude du parlement suédois au sujet de l'extinction du same en Suède et les mesures évoquées pour limiter sa disparition ou la ralentir. Cette langue est plus connue sous le nom de lapon. La population same vit sur quatre pays : Suède, Norvège, Finlande, Carélie. Cette langue se divise en neuf variétés régionales qui pour certaines ne sont plus parlées que par quelques dizaines de locuteurs. La situation en Suède fait que l'on considère comme quasiment éteintes les variantes de same méridional. Plus de la moitié des Sames de Suède ne parlent plus leur langue, le nombre de locuteurs semble se situer en dessous de 10 000 en Suède. C'est lié à la dispersion de l'habitat, au faible nombre de personnes, à l'absence d'intercompréhension des variétés, à la sédentarisation et à l'exode rural. On peut estimer que le same, surtout dans ses variantes suédoise et russe, est l'une des langues européennes les plus immédiatement en danger, avec le frison, le livonien, le romanche, le sorabe. 

mardi, 21 février 2006

Journée internationale de la langue maternelle

C'est aujourd'hui, sur le site de l'Unesco.

Censure en Chine

Le mot censure figure parmi les mots clés interdits.

vendredi, 17 février 2006

Vers une guerre austro-italienne

Il vaut mieux ne pas trop savoir parler l'allemand dans certains cas. L'italien Gerhard Plankensteiner aurait-il été repris s'il s'était exprimé en anglais ou en français, les langues officielles des Jeux ?

jeudi, 16 février 2006

L'homme et la lettre

Dans la liste des liens figure la pétition pour sauvegarder le patrimoine de l'Imprimerie nationale, laquelle est devenue un établissement public en concurrence avec des entreprises privées suite à une directive européenne. L'Imprimerie nationale, ce n'est pas seulement l'impression de documents officiels. C'est aussi l'impression d'ouvrages littéraires à la forme typographique exemplaire, l'impression d'ouvrages de référence dans des systèmes d'écriture non latins. C'est surtout cinq siècles d'histoire de France, depuis la décision de François Ier de fonder un corps des imprimeurs du roi – décision comparable à l'Édit de Villers-Cotterets ou à la fondation du Collège de France. C'est un patrimoine matériel à conserver et à transmettre à travers les différents plombs de langues rares ou lointaines ou les polices uniques comme le Grandjean. C'est encore un patrimoine immatériel et humain par les savoir-faire de l'atelier des poinçons ou la connaissance des autres cultures graphiques. Notre président qui se soucie fort des peuples premiers, peuples souvent sans culture écrite, au point de vouloir leur consacrer un musée unique, n'a jamais montré d'empressement ou de curiosité envers une des plus vieilles institutions qui a contribué à la connaissance des autres cultures. C'est pourquoi Libération publie un appel signé par Yves Bonnefoy, Élisabeth Badinter, Roger Chartier, Jacques Rigaud, Bernard Stiegler, Michel Tardieu. Il serait temps qu'un projet voie le jour afin d'éviter la dispersion des outils dans des musées, des entrepots, des archives et surtout afin d'éviter la perte des connaissances des ouvriers du livre – main, œil et cerveau liés. Un atelier humain, et non une série d'expositions sans âme, est nécessaire et vital pour illustrer et incarner la grande histoire de la langue française à la rencontre du passé et des autres, montrant à la fois la formation de l'identité française et l'esprit humaniste de découverte.

 

Je suis heureux que ce sujet constitue la millième note de la deuxième série du Petit Champignacien illustré. Il s'agit du hasard objectif, selon l'expression de Breton.