lundi, 19 mai 2008

Une question de charme

Le presbytère n'a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat.

Das Pfarrhaus hat nichts von seinem Charme verloren, und der Garten von seinem Glanz.

The parish has nothing of its charm, and the garden of his lustre.

Župna je ništa za svoj šarm, i vrt njegov sjaj.
 
Sognet er intet for sin charme, og haven af sin glans.
 
Sognet no es nada de su encanto, y el jardín de su esplendor.
 
Sognet ei ole mitään sen viehätys, ja puutarhassa hänen kunniakseen.
 
Sognet non hanno alcuna del suo fascino, e il giardino della sua gloria.
 
Sognet geen enkele van zijn charme, en de tuin van zijn roem.
 
Sognet ingen av sin sjarm, og hagen hans berømmelse.
 
Sogn żaden z jego urok, a na ogród jego sławę.
 
Sogn nenhum de seu encanto, e no jardim de sua fama.
 
Sogn nici una din farmecul său, şi faima lui de gradina.
 
Sogn ingen av charmen av hans berömmelse och hans trädgård.
 
Sogn žádný z kouzlo jeho slávu a jeho zahrady.
 
Sogn aucun des charme de sa gloire et ses jardins.
 
 
C'est un vieux jeu d'Usenet et des listes de diffusion : mouliner un texte à travers les traducteurs automatiques selon le processus du téléphone arabe. J'ai utilisé ici les nouveaux outils de Google qui a ajouté une dizaine de langues plus rares. Saurez-vous retrouver lesquelles sans jeter un oeil sur la page en question ?

mercredi, 14 mai 2008

Le Cinquième Empire

Demain, le Portugal entre dans une nouvelle ère linguistique et surtout politique si le parlement adopte la réforme de l'orthographe panlusitanienne. Il sera le premier pays de l'Ancien monde à accepter officiellement toutes les normes du Nouveau monde :

Les changements rendraient l'orthographe plus proche de la façon dont les mots sont prononcés en supprimant les consonnes silencieuses, comme le font les Brésiliens. Ainsi "optimo" (génial) deviendrait "otimo" et "accao" (action) deviendrait "acao".

L'alphabet comporterait 26 lettres grâce à l'ajout du k, du w et du y, pour accueillir des mots comme "kilometro" et "kwanza", la monnaie angolaise.

Seuls 2.000 des quelque 110.000 mots que comprend le vocabulaire portugais sont concernés et les modifications doivent être adoptées par les sept pays. Mais les trois-quart des changements devront être faits par le Portugal.

C'est un bouleversement complet. Il existe toujours des normes distinctes entre l'Espagne et les pays latino-américains, malgré certaines convergences. Il y a toujours plusieurs anglais, même si l'anglo-américain contamine l'anglais britannique et les autres. Le poids du québécois est ridiculement mineur face au français hexagonal, mais le français est la seule langue occidentale et coloniale à avoir plus de locuteurs sur son territoire d'origine que toutes les autres (si l'on ne compte pas l'allemand, le néerlandais, le danois, le norvégien et quelques autres). Le portugais se prépare à la mondialisation en permettant d'écrire ses variantes africaines et surtout en se réglant sur le pays où le portugais est le plus pratiqué : le Brésil. Le but ? Devenir une des langues de l'ONU et surtout commencer à peser dans les instances internationales en affichant une unité linguistique (ce que n'ont pas l'OIF ou le Commonwealth) sur plusieurs continents. La CPLP va devenir une puissance montante grâce à la démographie et à la croissance du Brésil. C'est dopé au Nouveau Monde que le Portugal va de nouveau rentrer dans l'Europe et cela ne manquera pas de faire du bruit, parce que la réforme est aussi et avant tout politique, économique et symbolique, plus que linguistique. 

samedi, 10 mai 2008

Lesbien raisonnable ?

Ô Sappho, réveille-toi, ils sont devenus fous !

Les habitants de l'île de Lesbos, située en Grèce, au nord-est de la mer Egée, veulent revendiquer en justice l'usage exclusif du terme lesbienne, «usurpé» selon eux par les homosexuelles.

Si je comprends bien, même les hommes de l'île de Lesbos veulent être des lesbiennes ? Le point de vue se défend et il peut avoir quelque chose d'agréable. Mais cela n'aura aucune valeur dans les langues autres que le grec (et encore pas même à Chypre qui parle aussi grec).  

Fort heureusement, il n'existe plus d'habitants de Sodome pour se plaindre auprès de l'Etat d'Israël afin de réclamer le droit exclusif de se nommer sodomites. Quelquefois des châtiments divins ont des résultats heureux pour le langage.

(Grâce à ce billet, j'ai pu placer des tas de mots clés qui me rapporteront plein de trafic, c'est dommage que je n'ai pas pu placer aussi une image de Sappho nue...)    

De la lettre et de l'esprit

Il l’a tuée, il s’est suicidé – tout ça pour une histoire d’alphabet. En froid avec son mari, Emine s’était réfugiée chez son père à Ankara. (...) Le portable d’Emine n’acceptait pas les caractères turcs. Les “ı” sans point se sont transformés en “i” avec point, changeant radicalement le sens de son texto. (...)

Voilà une fois de plus une illustration des dangers du SMS !  Espérons que le saint Père ne commettra pas une telle erreur, surtout en latin, pour ses SMS spirituels qui n'auront pas tous les diacritques nécessaires pour chaque langue ! Même si la communication en latin sans SMS peut s'avérer parfois confuse :

Le 26 juin, la distribution en salle de presse du Vatican d'un «motu proprio» (décret) en latin, par lequel Benoît XVI modifiait les règles d'élection de son successeur, avait provoqué la confusion avant que le service de presse ne diffuse rapidement la traduction italienne et les explications adéquates.

vendredi, 02 mai 2008

Le Post, ou le temps qui n'existe pas

Les casimirismes du Post me font toujours rire !

On pense souvent au Club Dorothée, Recré A2 , mais on oublie les Minikeums sur France 3 qui ont bercé l'enfance de tous.
Une petite chanson pour vous souvenir. Bonne nuit les posteurs.

Mais ce n'est pas du tout mon enfance à moi ! J'étais déjà un adulte à l'époque des Minikeums et je les entendais cités par des marmots à cette époque. Quel est ce passé totalement fanstasmatique que l'on tente de nous vendre ? Et bien entendu, la rédaction continue à souhaiter une bonne soirée comme si Internet n'était pas un média mondial couvrant tous les fuseaux horaires... 

Oui, je sais que c'est mal de s'acharner sur une victime déjà à terre, mais je pense qu'il y a des choses à dire encore au sujet de la ligne éditoriale assez fumeuse.  

lundi, 28 avril 2008

Le paradoxe luxembourgeois

"Avec la réforme de la loi sur les naturalisations, certains milieux nous serinent avec la supposée nécessité de devoir impérativement maîtriser l'idiome national. La maîtrise du français ou de l'allemand, les deux autres langues administratives, ne suffirait plus", estime le journaliste luxembourgeois David Wagner. Or, comme il le fait remarquer, les six quotidiens (!) du Luxembourg n'offrent que rarement des articles en luxembourgeois par rapport au français et surtout à l'allemand. A l'école primaire, le luxembourgeois est considéré comme une langue auxiliaire durant les trois premières années pour une alphabétisation en allemand. En outre, les textes de lois, comme celui sur les règles d'accession à la nationalité, sont rédigés en... français. Et c'est là que l'on touche à un paradoxe : la connaissance du luxembourgeois est considérée comme plus importante que celle du français (pourtant langue écrite du droit ou du commerce) et de l'allemand (langue de l'enseignement ou de la majorité des médias) :

Plus précisément, tout candidat doit avoir une connaissance active et passive d’une des trois langues (allemand, français et luxembourgeois), mais aussi une connaissance de base certifiée du luxembourgeois. Ainsi, un étranger qui maîtrise parfaitement le français doit néanmoins prouver qu’il connaît les bases du luxembourgeois, cette dernière langue justifiant d'une intégration suffisante. Par contre, un candidat qui maîtrise le luxembourgeois ne doit pas nécessairement avoir des connaissances en français ou en allemand pour être admissible à la citoyenneté.

Le luxembourgeois constitue (avec le secret bancaire) le seul ciment d'une petite monarchie qui a un fort besoin de main d'oeuvre immigrée, n'ayant plus le français ou l'allemand comme langue maternelle comme autrefois. Cette main d'oeuvre doit s'intégrer dans un pays qui prétend maintenir son identité distincte par rapport aux hénaurmes voisins (la Belgique étant le plus craint de tous) et ce qui fait l'identité nationale du Luxembourgeois, c'est son Lëtzebuergesch ! Ce qui est parlé dans la rue, au bistrot, au bureau, aux champs, à l'usine, au marché, mais qui a une traduction systématique dans les écrits ou dans les paroles plus ou moins officielles comme celles de l'instituteur faisant accéder à la lecture ou du policier rappelant à la loi ou du chef d'atelier se référant aux instructions de la direction. Oui mais... la connaissance du luxembourgeois doit prouver l'intégration à la communauté ! Certes, mais cette intégration n'a pas été demandée aux Luxembourgeois n'a pas été demandée aux Luxembourgeois de naissance qui ne parlaient pas luxembourgeois, mais seulement allemand ou français ou les deux. Imaginons un canton suisse qui demanderait non seulement la connaissance de l'allemand et du français, mais aussi du Scwhytzertütsch de son canton à lui. Par exemple Unterzellhouse-Intérieur. Et pas question de parler le Schwytzertütsch d'Unterzellhouse-Extérieur, parce que ce n'est pas le même dialecte ! Parce que si l'on se penche sur la question, le luxembourgeois n'est qu'un des dialectes franciques dont la langue écrite est... l'allemand : en Moselle, on parle (ou plutôt parlait) aussi bien le francique luxembourgeois, le francique mosellan et le francique rhénan. Or les divergences sont importantes même si une forme unifiée du francique luxembourgeois a été proposée récemment par le gouvernement luxembourgeois, avec une grammaire et un dictionnaire.

D'une part, on exige la connaissance, passive au moins, d'une langue qui n'existe pratiquement pas à l'écrit. D'autre part, on ne tient pas compte de la réalité institutionnelle luxembourgeoise qui fait que cette langue orale n'existe pas à l'écrit et dans les institutions ou le commerce. C'est un étrange combat pour la préservation de son identité locale : comme si on était passé d'un coup des places de marché médiévales avec leurs jolies voûtes toutes en poutres apparentes aux salles de marché internationales dans des open-spaces. Cela fait un choc de passer des champs de blé aux champs de plein de blé. Et puis, c'est le champ de blé que l'on veut préserver malgré tout, tout le monde ne doit pas avoir droit au même gâteau que nous, même s'il y a participé. Il faut d'abord qu'il prouve qu'il est vraiment comme nous, parce que nous ne sommes pas comme les autres et que notre voisin est différent et moins intégré. Oui, le Luxembourg est un bon élève européen.  


vendredi, 25 avril 2008

MSN-er

Si Apple n’aime pas que son vocable podcast soit utilisé à tort et à travers, pour Microsoft c’est le verbe MSN-er de la si gutturale langue hollandaise qui lui reste en travers de la gorge. MSN-er est en effet un verbe que l’on peut trouver dans le dictionnaire néerlandais Van Dale, et cela Redmond ne le supporte pas...

Il me semblait que l'infinitif des verbes en néerlandais avait toujours une désinence en -en, comme en allemand. Un suffixe en -er indique plutôt un nom d'agent ou de personne.  Cette terminaison est en réalité française comme celles de friender et de dé-friender.

mercredi, 26 mars 2008

We Are Making Progress

L'idée de "progrès" ("We're making progress"). "On parle aux enfants et on n'arrive plus à utiliser l'expression "faire des progrès" sans penser aux "progrès" qui sont prétendument accomplis en Irak, dit Naomi Shihab Nye, poète et auteur de livres pour enfants. Les mots ont été maltraités. Il faut leur redonner une respiration."

Cet article parle de la langue de l'ère George W. Bush et des réponses possibles. Un peu comme lorsque l'on parle sans cesse de réformes, sans dire lesquellles, comment, pour quoi ou pourquoi et surtout pour qui.

mardi, 25 mars 2008

La place de l'étoile

Plus rien ne peut m'étonner de la part de la communauté flamande de Belgique :

La commune flamande de Liedekerke a adopté un nouveau règlement qui autorise les responsables des « plaines de jeux » (jardins d’enfants) à refuser l’admission des enfants ne parlant ou ne comprenant pas le néerlandais.

La Belgique atteint les sommets de la honte et du déshonneur en acceptant des mesures aussi racistes et vexatoires pour de prétendues questions de sécurité. Le tout dans la plus mauvaise foi possible; Alors que ce pays a trois langues nationales. Le mot apartheid n'est pas déplacé. Il y en a d'autres qui me viendraient si je me lâchais...

Au mois de juin 1942, un officier allemand s'avance vers un jeune homme et lui dit : "Pardon, monsieur, où se trouve la place de l'Étoile  ?" Le jeune homme désigne le côté gauche de sa poitrine. (Patrick Modiano, la Place de l'Etoile.)

lundi, 24 mars 2008

Güey

C'est étonnant un tréma en espagnol, d'autant plus que cette langue ne connaît pas le u français ou le ü allemand et n'emploie pas de trémas ou d'umlauts. Mais les origines du mot semblent bien controversées aussi (le texte sent son anglais par l'emplol de versatile pour divers) et cela ne semble pas s'arranger. Comment un tel mot aussi étranger à l'espagnol a-t-il pu être intégré ?

lundi, 17 mars 2008

En Pologne, c'est-à-dire nulle part

Si quelqu'un comprend le polonais, j'aimerais bien qu'il me traduise les billets de ce blogue qui me place dans sa blogoliste (merci à lui au passage et bonne chance). Parce que le polonais et moi, cela fait deux, à part quelques rudiments très réduits (je pourrais comprendre en très gros et très vague des textes néerlandais ou danois, mais vraiment de manière grossière et vague, alors pour le polonais, même mes premiers rudiments de tchèque sont insuffisants...) Je constate simplement que le sujet du jour est consacré au bling-bling et traduit un texte français à propos de la blingocratie. Oui, on en a parlé à la suite du Mouton de Nouvelle-Calédonie après avoir vu le lien chez Jean Véronis. La circulation des mots est une affaire compliquée, maintenant même les Polonais (plombiers ou non) sauront tout de la blingologie qui fera pâlir les jumeaux démoniaques ! Il était normal de parler de notre admirable et splendide président au pays d'Ubu !

jeudi, 13 mars 2008

Choisir sa langue maternelle

Le chef de la diplomatie chinoise a une curieuse conception de la diplomatie, du chinois et tout simplement des êtres humains :

"Je considère que le chinois est l'une des langues les plus faciles à étudier dans le monde, sinon comment expliquer qu'il y ait 1,3 milliard de personnes qui l'aient choisie comme leur langue maternelle".

On ne choisit pas sa langue maternelle, mais je suppose que la traduction peut être en cause pour cette expression. En tout cas, c'est faire bien peu de cas de la politique de sinisation linguistique avec une assimilation forcée des minorités. Et oublier le fait que le putunghua (ou mandarin) n'est parlé que par les deux tiers de la population chinoise, laquelle possède un système d'écriture commun qui permet de faire croire à l'existence d'une Chine unique et unifiée. Mais même ce système d'écriture n'est pas du tout maîtrisé par la majorité de la population, voire la quasi-totalité du fait du trop grand nombre de caractères, à un tel point qu'il a fallu le simplifier. Mais la simplification a des limites et si elle allait jusqu'à la généralisation du pynyin, elle ferait voler en éclat le mythe du putunghua comme langue commune de la Chine, alors qu'on reste encore dans le cadre d'une écriture simplifiée pour noter aussi des langues différentes de la langue commune.

Bon... C'est un propos provocateur envers les Occidentaux, mais il est aussi bien dans la nature du régime totalitaire qui maintenant peut prendre ses aises du fait de sa réussite économique : on peut le sortir de la liste des Etats qui attentent aux droits de l'Homme sans difficulté et le croire sur parole même quand il profère des énormités.  

lundi, 10 mars 2008

Don't Step on My Blue Suede Movies

Est-ce vraiment un néologisme en anglais ?

la vague des films « suédés » (selon le néologisme employé chez Gondry) déferle sur le Net.

Il s'agit en fait d'un emploi métaphorique d'un verbe déjà employé depuis le début du siècle dernier dans le domaine de la confection. Si on ne trouve que 208 acceptions (sur Google en français) de suéder, elles sont principalement consacrées à ces reproductions de films, mais les 108 000 occurrences de suédé ne concernent principalement elles que des vêtements ou des chaussures dont on a modifié l'apparence. En tout cas, cela va redonner vie à un verbe n'appartenant qu'au jargon d'une profession, sans place dans les ouvrages de référence.

 

samedi, 08 mars 2008

Stoop, stoop, stoop !

"C'est un monstre – je le dis entre nous – et elle s'abaisse à tout", avait déclaré Mme Power au quotidien britannique The Scotsman, dans un entretien publié vendredi.

Est-ce qu'une traduction de stooping to anything ne serait pas mieux rendue par s'incliner devant n'importe quoi ou face à n'importe quelle chose ? Il y aurait alors le double sens anglais de la révérence formelle, de l'acceptation et puis du mouvement du corps. S'abaisser à tout est une traduction trop littérale où à tout vient comme un cheveu dans la soupe, et puis on découvre que le verbe s'abaisser possède un sens plus fort en français que to stoop, car le verbe s'abaisser ne contient pas l'idée d'un respect de l'autre, mais juste celle d'une soumission.

lundi, 03 mars 2008

De la translittération du russe

Cela n'a pas manqué. On assiste à une joyeuse cacophonie au cours des mêmes journaux radiophoniques de la France Inter où l'on parle à la fois de Dimitri Miedvedev et de Dmitri Medvedev dans le même bulletin (je note que le ié est tout récent et presque du jour). Il faudrait se régler sur un usage au moins, mais c'est un peu plus compliqué que pour Eltsine ou IEltsine qui n'avait comme difficulté que son nom.

mardi, 05 février 2008

Le commerce chinois

Je lis dans un journal poubelle ces propos d'un inspecteur général qui me surprennent :

Aujourd’hui, ce n’est plus perçu comme une langue bizarroïde et près de 40% des élèves optent pour le chinois en 2e langue.

Bien... Et il les trouve où ses 40 % d'élèves ? J'espère que ses propos ont été mal retranscrits, mais je n'en suis pas sûr, car il existe bien une offensive chinoise sur les langues enseignées en France et elle prend un aspect presque commercial. Ce ne serait pas plutôt 0,4 % des élèves par hasard ? Parce que 20 420 élèves du secondaire, cela ne fait pas lourd... On continue le marketingue autour du chinois sans dire que c'est d'abord une option liée à une volonté de sélection scolaire et de ségrégation sociale, puisque les options latin ou allemand ne sont plus reconnues.

lundi, 04 février 2008

Danois simplifié

Pour faciliter la navigation des Danois sur Internet, Sabine Kirchmeier-Andersen, directrice de la commission de la langue danoise, a proposé de retirer les trois caractères 'æ, å et ø' de l'alphabet danois.

Je ne vois pas en quoi cela faciliterait la navigation alors que l'on dispose de l'UTF-8. Certes, il y a un caractère qui n'appartient pas à Iso-8859-15 ou Iso-8859-1, la table de caractères commune au français ou à l'anglais, l'allemand, l'islandais, c'est le a rond en chef, mais la question pouvait se poser il y a dix ans lorsque l'on demandait d'éviter les signes diacritiques afin d'écrire à l'anglaise. Imaginons que la DGLF propose d'éliminer les accents, la cédille, le tréma de l'orthographe française : ce serait un tollé ! Le scandale a été identique en Allemagne lorsque la réforme a proposé d'éliminer le eszet, mais pour d'autres raisons qui n'ont rien à voir avec Internet. Curieuse logique, puisque l'argument technique est faux.    

mercredi, 30 janvier 2008

Trader, traitre

Dans Charlie Hebdo ce gros titre introduisant un article de Bernard Maris en pages 2 et 3 (donc important selon la hiérarchie du journal).

Infantilisme du traider...

Il y a quand même 230 résultats réels pour ce mot dans Google francophone (donc vérifiés après élimination des doublons).

Influence de la prononciation peu exacte sans aucun doute qui voit là une diphtongue alors que ce n'est pas le cas. Influence de mots similaires aussi, du type raider. Ou encore du français traiteur. Dans le texte pas de trader ou de traider, mais un courtier bien plus ordinaire. Mais le trader fait plus vendre. Quitte à ne pas être vraiment compris.

 

lundi, 28 janvier 2008

Pensez comme nous !

Mais qu'est-ce donc que ces Russes qui s'obstinent à vouloir lire et écrire en cyrillique alors que le monde doit devenir global en alphabet latin sous sa forme anglaise ?

Especially when you consider that iPod touch still doesn’t have a proper Russian localization (which is illegal here in Russia, by the way). And MacBook Air, as journalists were told at the press-conference, won’t have Russian letters on the keyboard - that’s illegal in Russia too.

Pensez différemment ! Mouais... 

mercredi, 23 janvier 2008

Requiem

L'eyak, un dialecte parmi la vingtaine utilisée par les Indiens d'Alaska, s'est éteint avec son dernier locuteur, une femme de 89 ans, a rapporté mercredi la presse de l'Etat de l'extrême nord-ouest des Etats-Unis.

On peut écrire trente dépêches ou billets sur le même sujet par an durant le siècle qui est devant nous. Ah ! les Amérindiens d'Alaska ne sont pas des Inuits et l'eyak n'a pas de rapport avec l'inuktitut.

samedi, 05 janvier 2008

Word of the Year

Subprime, Facebook, green, Googleganger, waterboarding.

Here. 

Phénomène plus socio-économique que purement linguistique avec cette prime aux subprimes cette année à la différence du plutoed de l'année passée. J'aime bien Googleganger...

lundi, 17 décembre 2007

Mélanges

Il existe en France une Commission nationale de toponymie. Elle vient de préciser une nouvelle fois que les noms français de villes chinoises demeurent inchangés. Ainsi, Pékin ne sera pas Beijing selon la translittération pinyin qui est recommandée, elle, par la République populaire (la République démocratique ne suit pas ce système). Cette commission ne vaut en fait que pour la France, et encore pour les fonctionnaires ou les entreprises ayant une mission de service public.

Scandale en Belgique ! Miss Belgique parle peu ou mal ou pas du tout le néerlandais et c'est une première. Elle promet de s'améliorer, mais la Belgique n'existera peut-être plus dans son entièreté à la fin de 2008. Comme il existe de multiples concours de miss, on pourra trouver une miss Belgium différente et tweetalig.

Un blogueur se fait de nouveau outer et cette fois avec sa localisation géographique. Il s'agit de Garfieldd dont le nom complet a été donné une nouvelle fois par un média, Rue89 que l'on connaît mieux inspiré. Il s'agissait d'un article sur les difficultés d'employés blogueurs avec leurs employeurs et il était cité en exemple, mais on aurait pu citer aussi le blogue de policier, celui de Bereno, du prof de ZEP, ou bien parler de l'autocensure qui a sévi justement après l'affaire Garfieldd. Le fait a été corrigé, avec des excuses du blogueur qui a outé. Il a été un peu amendé par Rue89, mais les responsables du site se déchargent de leur responsabilité en parlant des médias qui avaient donné le nom complet. C'est un usage de la blogosphère de ne pas donner de noms réels d'autres blogueurs quand on les connaît. Il y avait aussi des conséquences possibles sur le travail de Garfieldd, même si son nom peut se trouver sur la Toile encore aisément. Les réactions chez Embruns avec des liens pertinents.

Eric a écrit un bon billet sur les raisons de l'omniprésence médiatique de qui vous savez. Le contrôle complet de l'agenda, allié au storytelling. A chaque jour son histoire. Une histoire différente par jour afin qu'on ne cherche pas à réfléchir sur les précédentes. Nourrir la bête, le troll, le buzz. Une fuite en avant des images et des mots du jour.       

samedi, 15 décembre 2007

w00t

Que signifie "w00t", mélange de lettres et de chiffres qui a été désigné comme le mot de l'année 2007 par le dictionnaire en ligne américain Merriam-Webster ?

Le gros problème, c'est que le Monde en ligne utilise une police de caractère qui fait que l'on distingue mal à l'écran la différence entre le chiffre 0 et la lettre O en minuscule. Il fallait donc préciser le mélange. Il nous assure après :

Pour les puristes, le "t" de w00t peut se remplacer par un "7", pour donner "w007" signifiant que le joueur a mis une raclée à son adversaire.

Là, il n'y a plus de problème de lecture, puisque l'on voit la différence entre les deux signes 7 et T, comme entre 4 pour A, 3 pour E, 9 pour G, 5 pour S, 2 pour Z. On connaissait l'erreur fréquente des dactylos qui tapaient un 0 à la place d'un O, cela arrive parfois sur Internet et il y a des gens pour utiliser indifféremment l'un ou l'autre. Une autre erreur fréquente est de faire un I capitale à la place d'un l bas de casse ou d'un 1 chiffre, ou bien d'employer une police qui ne permet pas de bien les distinguer à l'écran. Si c'est imprimé, la forme est fixe. Si c'est sur écran, on ne sait pas toujours très bien ce que l'on envoie et comment ce sera lu, ni pour la police, ni pour la table de caractères, ni pour l'encodage. Donc est-ce que w00t existe vraiment sous cette seule forme ?

Pour ceux que le langage geek rebute, "woot, woot, woot" est aussi le cri de victoire lancé par Julia Roberts dans le match de polo de Pretty Woman...  

Phrase écrite avec un vrai O, mais qui ne se lit pas différemment des 0 précédents dans la version en ligne. 

 

jeudi, 22 novembre 2007

Silbo

Le dialecte sifflé fait son entrée à l'école primaire. L'étude du silbo est devenue obligatoire dans l'île de Gomera, aux Canaries.

Le sujet est sérieux. Le silbo est une curiosité linguistique.

lundi, 19 novembre 2007

Pastillum botello fartum

J'aime bien : pastillum botello fartum, capsellarum magnetoscopicarum-theca, isicium hamburgense, birota automataria levis, conformatis osor. C'était, ce doit être encore, un vieux truc de profs de latin pour divertir leurs étudiants et leur montrer que ce n'est pas une langue morte : citer le latin du Vatican où les objets et concepts modernes trouvent leur traduction (comment voulez-vous que le pape puisse promulguer une encyclique contre les hot-dogs mangés par des hippies à moto sans ça ?). Les tentatives de francisation de la DGLF et  de l'OQLF font piètre figure à côté des très longs mots de ce dictionnaire. Une précision : il n'est pas récent, c'est son édition qui est récente et actualisée.

samedi, 17 novembre 2007

Du développement séparé

On ne verra donc plus "soldes", mais seulement "solden" ou... "sales", puisque certains esprits malicieux feignent d'avoir compris que le mot anglais n'était, lui, pas interdit.

Le reste de l'article est assez contrasté, nuancé et diversifié quant aux points de vue. (Il semble que l'expression "racisme linguistique" déjà employée par une ministre soit rentrée néanmoins dans le lexique usuel wallon.) C'est étrange : chacune des langues de la Belgique est étrangère aux autres sans pour autant être une langue étrangère. Notons que la troisième langue belge, l'allemand, n'est pas prise en compte dans cet embrouillamini, mais... que se passerait-il si quelqu'un voulait rallier aussi des clients germanophones hors d'Eupen-Malmédy ?

Le titre peut se traduire par un mot afrikaans-anglais fort connu et employé en français... 

mercredi, 14 novembre 2007

Freude, schöner Götterfunken,

Freude, schöner Götterfunken,
Tochter aus Elysium,
Wir betreten Feuertrunken,
Himmlische, dein Heiligtum.
Deine Zauber binden wieder,
Was die Mode streng geteilt ;
Alle Menschen werden Brüder,
Wo dein sanfter Flügel weilt.

Ces mots ne feront plus partie du prochain traité constitutionnel européen qui sera adopté cette fois sans référendum puisqu'on ne peut pas faire confiance au peuple. Je ne comprends pas très bien pourquoi, je n'ai rien contre Beethoven et Schiller (le citoyen d'honneur français Gilles), et je vois mal comment la suppression de cet hymne européen pourrait modifier l'ensemble du texte du prétendu traité rectifié et modifié, le mini-traité vendu dans les médias. J'ai énormément de mal à comprendre comment l'absence de Beethoven pourrait signifier une amélioration du texte contre lequel une majorité de Français a voté. Et j'aurais bien aimé que le grand Ludwig reste avec le grand Friedrich. Je n'ai pas voté contre eux et je leur garde toute mon estime. Mais d'autres pensent qu'il faut les abandonner. Et moi, je préfère encore Beethoven aux articles de droit sur l'économie libérale ! Je préfère Schiller à un monde livré à l'économie de marché ! Sacrifier l'Hymne à la Joie pour mieux consacrer le Culte du Veau d'Or, c'est vraiment beau...

lundi, 12 novembre 2007

La plus vieille classe de français du monde

«On peut dire que nous sommes la plus vieille classe de français du monde», plaisante Martha Stafford, 83 ans, un des piliers du cours de Kathleen Diamond, la professeur qui enseigne depuis 30 ans la langue de Molière, au coeur d'Alexandria, une jolie banlieue de la capitale.

Cela prouve d'abord une chose : ces charmantes vieilles dames ne savent toujours pas s'exprimer en français parce que cette expression ne signifie pas ce qu'elles veulent dire en français, la logique de l'anglais les a égarées et elle fait surtout sourire.

jeudi, 25 octobre 2007

A Grenelle

Le mot Grenelle entre dans la langue anglaise, mais Al Gore n'était pas le premier en anglais à commettre cet abus de langage en appelant à un Grenelle mondial... Cela doit flatter notre président hyperplanétaire qui est encore meilleur que Clark Kent, pourtant les logiques écologique et langagière ne sont pas au rendez-vous... Et si on appellait plutôt à un Seveso ou un Tchernobyl ou un Amoco Cadiz mondial, vu les mesures décidées en fin de compte ? Cela le ferait bien aussi un Bhopal mondial, non ? Le sens y serait au moins...

lundi, 22 octobre 2007

Tehillah

C'est une histoire fascinante et perecquienne que l'on ne trouve guère en français que sur des sites canadiens. Je la reprends du Portique de Robin Delisle. L'étude d'un des manuscrits de la mer Morte aurait permis de retrouver un verset perdu du psaume 145 et sa traduction serait « Dieu est fidèle et glorieux dans tous Ses actes. » 

La raison de cette redécouverte serait l'ordre alphabétique des versets : chacun d'eux commence par une lettre de l'alphabet hébreu dans son ordre exact, mais il manquait la lettre n (nun). Le psaume 145 est très particulier, car il est non seulement composé à partir de l'ordre alphabétique comme le psaume 119 (d'autres psaumes sont des acrostiches), mais encore c'est le modèle du chant de louange. Un fragment qui revient à sa bonne place des milliers d'années plus tard, c'est un puzzle qui se complète. Maintenant, que faire de ce morceau venu d'un autre temps ?