vendredi, 07 mars 2008
Nous irons à Montréal à cheval
Une chose est sûre pour moi à propos du Québec ; si je dois le visiter un jour, je n'emprunterai que les transports communs, parce qu'avec une voiture, c'est la panne assurée ou bien le compte bancaire dans le rouge, faute de parler la même langue !
64 % des mécaniciens parlent désormais d’une courroie de ventilation, tandis que 6 clients sur 10 choisissent encore la retentissante expression strap de fan. Mais comme personne n’est parfait, 82,6 % des mécaniciens téléphonent au towing, plutôt qu’à la dépanneuse. Et 59 % disent dash au lieu de tableau de bord. Finalement, l’expression volet de départ demeure marginale. L’écrasante majorité des mécaniciens (94,2 %) préfèrent encore parler du choke.
Cela me fait aussi peur que le langage de la bourse ou de la mode en France. Mais au moins je n'ai pas besoin de m'intéresser à ces domaines ou de dépendre d'eux...
16:32 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, anglais, langue anglaise
vendredi, 29 février 2008
English World
Trouvé sur le blogue de Jean Quatremer :
Un Britannique qui comptait accomplir un grand voyage pédestre de deux ans et demi entre Bristol, en Angleterre, et le lieu de naissance de Gandhi, en Inde, a dû arrêter son aventure en France à cause de la barrière de la langue.
L'excentricité est une solide tradition britannique, la méconnaissance d'autres langues aussi...
20:11 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue anglaise, anglais, langue française, humour, francophonie
mardi, 26 février 2008
Le tabou de l'anglais
De l'excellent blogue de Jean Quatremer :
Valérie Pécresse, la ministre chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche (photo:JQ), veut rendre obligatoire l’enseignement de l’anglais pour tous en France : « je veux rompre le tabou de l’anglais », a-t-elle expliqué, tout à l’heure, à Bruxelles.
Est-ce que madame Pécresse a songé que 97 % des écoliers français étudient ou auront étudié l'anglais ? Les quelques élèves qui auront échappé à l'anglais en première langue vivante l'auront presque fatalement en seconde langue ! La part de l'allemand comme première langue s'est réduite comme peau de chagrin et ne survit plus que par des classes bi-langues la plupart du temps. Les 3 % de collégiens et de lycéens qui ne sauraient pas dix mots d'anglais pour ne l'avoir jamais étudié constituent-ils un enjeu aussi important ? Je me souviens d'une élève (assez brillante) qui avait totalement refusé de faire de l'anglais alors que le chef d'établissement la harcelait et qui avait opté pour un parcours assez original allemand-italien-latin-grec, elle n'est pas forcément défavorisée aujourd'hui par rapport à ceux qui ont fait de l'anglais parce qu'il faut faire de l'anglais obligatoirement. Est-ce qu'il n'est pas aussi nécessaire que d'autres langues vivantes et vernaculaires restent enseignées ? La plupart des élèves en situation d'échec scolaire grave n'auront eu en tout et pour tout que l'enseignement de l'anglais comme autre langue, alors qu'ils maîtrisent souvent à grand-peine le français - quand ils arrivent à peu près à formuler leurs idées de manière un peu cohérente et avec des mots dotés d'un sens, ce qui n'est pas donné à tous. La plupart des professions n'exigent aucune autre compétence de langue que la maîtrise de la langue du pays et on aura toujours besoin de manutentionnaires ou de balayeurs qui n'auront pas besoin de prendre leurs ordres en anglais. Prétendre "rompre le tabou", alors que l'on ne fait que conforter ce qui est depuis longtemps la pensée unique des décideurs économiques, c'est un peu se moquer du monde : il n'y a pas de tabou de l'anglais en France, quasiment tous les parents veulent que leur enfant fasse de l'anglais, il n'est même plus nécessaire d'inscrire l'anglais comme matière obligatoire dans les programmes, presque tous les parents se sont asservis volontairement. Rompre le tabou de l'arabe, cela aurait peut-être une autre portée et un sens plus fort, plus généreux. Mais le tabou de l'anglais ? Comme s'il n'y avait pas déjà des universités françaises qui donnent des cours en anglais, qui publient les travaux de recherche en anglais seulement ou qui exigent un stage obligatoirement dans un pays anglophone ! C'est une drôle d'inversion des situations. Où est le tabou quand cette langue est déjà hégémonique et qu'elle chasse les autres ? Ce qui est tabou, c'est de dire qu'il existe une idéologie et une propagande pour imposer l'anglais comme autre langue des pays non anglophones, voire comme la nouvelle langue du pays. La colonisation commence ainsi.
17:42 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, jeunes populaires, langue française, ps, royal
lundi, 11 février 2008
Dix mots
Visage, toi, s'attabler, tact, palabre, jubilatoire, boussole, rhizome, apprivoiser, passerelle.
Qu'est-ce que c'est ?
13:19 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française
French Bashing
Mr Rude will be French and smelly.
Sympathique l'accent français dans une série télévisée anglaise... Je mets un lien vers le Sun, exemple typique de la pire culture britonne ; hypocrisie et racisme à la une.
Cela dit... Ce n'est pas avec l'überprésident que la réputation d'impolitesse et d'arrogance des Français peut s'améliorer...
12:40 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, anglais, langue anglaise
dimanche, 10 février 2008
De la dépêche d'Ems au SMS
Environ tous les cinq ans, nous assistons à une nouvelle «crise» linguistique. Surgissent alors nos angoisses identitaires et nos craintes de disparaître.
Je ne dirais pas que le Québec traverse une crise linguistique tous les cinq ans, c'est en fait tous les mois ou au mieux tous les deux mois. Que ce soit pour le ministre seulement anglophone chargé de la francophonie, la lobbyiste anglophone nommée au conseil supérieur de la langue française, l'obscur dépanneur de Montréal qui affiche en anglais seulement, le CEGEP perdu au fond des bois qui donne des sujets mal rédigés, l'annonce des rectifications orthographiques dans les écoles avec dix-sept ans de retard, l'établissement d'une norme québécoise dans les dictionnaires, les accommodements raisonnables, les insultes d'animateurs anglophones ou bien français sur TV5, le sous-titrage ou le doublage des films, et bien d'autres choses encore... Tout est crise au Québec, ce pays encore plus étrange et bizarre que la Belgique. Mais ce qui est rassurant, c'est que les crises y sont linguistiques alors qu'elles sont médiatiques en France. On s'interroge ici sur la réalité d'un SMS ! On est tombés bien bas depuis la dépêche d'Ems qui a précipité la chute du Second Empire. Les querelles linguistiques au Québec offrent plus d'air frais que cette histoire de SMS...
17:55 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, québec, anglais, langue anglaise, ump, sarkozy
samedi, 09 février 2008
Sans comparaison
C'est un peu original, me suis-je dit en lisant cet avis sur la langue française au Québec :
"Quand on se regarde, on se désole; quand on se compare, on se console", dit le proverbe. C'est exactement ce que j'ai fait hier.
Puis j'ai lu celui-ci publié cinq heures plus tard et j'ai eu comme un sentiment de vague air de ressemblance par le titre :
Quand on se compare, on se console.
Le proverbe est québécois, soit, et il est galvaudé. Mais le problème qui est évoqué est aussi un problème québécois. Il ne viendrait jamais à l'idée pour un Français de comparer les qualités de l'éducation entre le Québec et la France. Avec les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou l'Allemagne ou l'Italie ou la Finlande, voire la Belgique, oui. Mais avec le Québec ? Seul un Québécois peut faire cette comparaison... Elle n'agit que dans un sens et le verbe pronominal n'est pas si réfléchi.
21:00 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, éducation, enseignement, profs
mardi, 29 janvier 2008
La Belgique sans les Belges
Vous avez aimé le scénario Belgique : la scission ? Vous aimerez le prochain Belgique : la scission sans la scission.
Comme la Belgique est un pays compliqué, il convient de simplifier les institutions et cela commence bien :
L'idée émise par Marc Uytendaele est d'imaginer une "fédération francophone" au sein d'une "fédération belge".
Ah ben... Cela élimine les idées de communautés néerlandophone (elle confondue avec la région flamande), française et germanique (sans région particulière).
Mais attendez, le meilleur vient après :
Le constitutionnaliste de l'ULB, Marc Uytendaele, propose de repenser la configuration de l'Etat sous la forme de quatre autorités fédérées: l'autorité flamande, l'autorité de Wallonie et de Bruxelles, l'autorité bruxelloise et l'autorité germanophone.
Je dois voir double, Bruxelles serait dans deux autorités ? Tout s'explique ensuite. On complique tout afin de résoudre les problèmes et en espérant que cela ne se voit pas trop.
Il ne subsisterait qu'un Parlement dit de Wallonie et de Bruxelles qui siégerait tantôt en session wallonne tantôt en session plénière.
Donc certaines personnes seraient wallo-bruxelloises, wallonnes ou rien du tout parce que hors de l'autorité wallo-bruxelloise. Tout est très clair...
Il reste un petit problème : la capitale officielle de la Flandre c'est... Bruxelles. On aurait donc un embryon d'Etat avec sa capitale sur un sol étranger, puisque l'on aurait aussi une sous-nationalité ou nationalité culturelle (sic) pour les personnes qui résident dans une des régions dont elles ne parlent pas en premier la langue.
Qu'est-ce qui pourra sortir de ce nouveau scénario aussi tordu que les précédents ?
21:56 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : langue française, français, belgique, europe, politique
samedi, 26 janvier 2008
Brave New World Redux (ou le rapport Attali et les langues)
Extraits du rapport Attali. C'est gratiné quand on pense aux langues.
Page 12. Pour s’inscrire dans la croissance mondiale, la France (c’est à-dire les Français) doit d’abord mettre en place une véritable économie de la connaissance, développant le savoir de tous, de l’informatique au travail en équipe, du français à l'anglais, du primaire au supérieur, de la crèche à la recherche.
Je ne sais pas encore trop où on veut nous mener si les bébés français doivent être éduqués en anglais. Je sais qu'Attali est une grosse tête qui pense beaucoup (surtout en photocopiant les écrits des autres) donc cela doit conduire à quelque chose.
Mais cela se précise.
Page 26. Décision n° 2 : Repenser le socle commun des connaissances pour y ajouter le travail en groupe, l'anglais, l’informatique et l’économie.
Petite précision : la maîtrise (relative) d'une langue vivante autre que le français fait déjà partie du socle commun des connaissances d'un élève en fin de 3e. Les 43 crânes d'oeufs réunis autour du grand gourou Attali n'ont tout simplement pas lu les textes officiels (car ils sont trop intelligents pour regarder ce qui existe), mais c'est pour eux l'occasion d'exiger que l'anglais soit désigné comme la seule langue vivante à enseigner. Quant à l'informatique (par le B2I) ou au travail en groupe (sous la forme de l'expression orale et des IDD), c'est depuis longtemps en place, mais nos experts savants en toutes choses réinventent le fil à couper le beurre dans l'eau tiède.
Page 39. Décision n° 26 : Développer les cursus en langues étrangères. Même si l’ensemble des formations doit rester en français, il serait utile de développer des enseignements et des cursus en anglais, et également en arabe, espagnol et chinois, afin de mieux préparer les étudiants français à la mondialisation et d’attirer des étudiants étrangers.
Notons et également. Toutes les langues véhiculaires et culturelles ne sont pas égales, il en est une supérieure aux autres et elle passera avant tout. Quid de l'allemand qui est une des trois langues de l'Union ? Néant.
Page 94. Décision n° 100 : Développer massivement l'enseignement de l'anglais professionnel pour faciliter l’émergence d’activités financières internationales susceptibles de recruter largement des collaborateurs, qualifiés et non qualifiés, pouvant se fondre dans une entreprise internationale.
On en vient au coeur du problème ! Il s'agit de formater depuis la crèche des Jérôme Kerviel qui font disparaître d'un coup de baguette magique 5 milliards d'euros ! Ô miracle de la connaissance de l'anglais...
Bienvenue dans The Brave New World !
Il ne manque plus que les mentions des castes alpha, bêta, gamma, etc. comme dans le roman d'Huxley.
17:30 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, politique, attali, ump, sarkozy
vendredi, 25 janvier 2008
Une attitude non édifiante
Cela recommence à se castagner au Québec à propos de l'état du français dans la Province. C'est un marronnier, puisque cela arrive à peu près tous les mois. Les sports préférés des Québécois sont le hockey, le base-ball, les sacres et puis les discussions sur la langue française.
Au tour de Bernard Landry de s'en prendre à la décision de l'Office québécois de la langue française de retarder la publication d'études sur la situation du français dans la province. De passage au Saguenay aujourd'hui, l'ex-premier ministre péquiste a déclaré qu'il juge cette attitude non édifiante.
Voilà un bel anglicisme ou un archaïsme ! En anglais, edifying veut dire instructif, constructif. Mais en français hexagonal, une attitude édifiante ou un propos édifiant ne sont plus du tout pris comme exemplaires : le sens actuel et courant est devenu par antiphrase celui du comportement ou des mots qu'il faut à tout prix éviter parce que c'est choquant, révoltant, scandaleux. Quand un Français dit "C'est édifiant !", cela signifie qu'il est dégoûté, voire davantage. Comment voulez-vous alors que l'on se comprenne d'un côté et l'autre de la flaque ?
19:43 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, anglais, langue anglaise
dimanche, 20 janvier 2008
Vers une Union anglaise
Réponse sèche : « pas question ! Vous n’aurez droit qu’à un traducteur, choisissez votre langue ». Les Slovènes, comme on pouvait s’y attendre, ont opté pour un traducteur slovène-anglais, cette langue étant davantage comprise dans l’Union que le français.
Le français n'est donc plus vraiment une des trois langues de travail de l'Union européenne. Quant à l'allemand, qui était autrefois la langue de ce morceau de l'Empire austro-hongrois, on n'en parle même plus... Lorsque l'on examine le coût dérisoire de la traduction dans le budget de fonctionnement des institutions européennes, on peut être en droit de se demander si ce genre de réponse ne relève pas d'abord de l'idéologie et du coup d'Etat linguistique.
14:15 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, anglais, français, politique, europe
samedi, 22 décembre 2007
L'Elysée cherche en anglais
Ce n'est pas au Québec que l'on verrait des choses pareilles :
Oui ! Le moteur de recherche interne du site de la Présidence de la République est en anglais ! Cela alors qu'il existe de nombreux moteurs de recherche en français ! La raison ? Le site actuel est une simple importation du site de campagne de l'ancien candidat, réalisé par de La Brosse. On s'est contenté de garder la même architecture pour de nouvelles pages, on a modifié un peu le bandeau (mais non le portrait), on a changé le nom de domaine (les textes ou documents de Chirac étant versés en archives). Je ne l'ai pas trouvé seul, mais en lisant ça.Your search - carla bruni (site:elysee.fr ) - did not match any documents.
No pages were found containing "carla bruni (site:elysee.fr )".
Suggestions:
- Make sure all words are spelled correctly.
- Try different keywords.
- Try more general keywords.
Cela en dit long sur le professionnalisme de de La Brosse et de son agence de com... Cela en dit long aussi sur l'intérêt que l'on prête à la défense de la francophonie.
11:20 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, langue française, francophonie, web, internet
vendredi, 21 décembre 2007
Les oreilles qui traînent
Discussion étrange à la caisse de mon supermarché de proximité. J'entends un jeune d'apparence antillaise ou du moins métissée qui explique à une jeune Française de souche que le créole, ce n'est que du français prononcé différemment et que c'est un des patois du français. Il établit ensuite un parallèle avec le latin pour dire que le français, c'est du latin mal prononcé par les barbares et que c'est juste un patois du latin. Il l'invitait à regarder dans les dictionnaires (et non le dictionnaire) pour voir l'origine des mots, car beaucoup de mots français viennent de dialectes ou de créoles. C'est un peu réducteur, car le créole possède une syntaxe calquée sur celle des langues africaines alors que le français n'a pas modifié de lui-même la structure du latin, c'est une évolution interne du latin commune à toutes les langues latines (y compris le roumain qui conserve encore des déclinaisons réduites). L'influence syntaxique des langues germaniques ou d'un substrat celtique est assez réduite en français : antéposition de certains adjectifs pour un cas, peut-être le système des compléments du nom sans préposition pour l'autre. Le français n'est un créole du latin que par métaphore. Les créoles sont des langues à part entière, encore en formation.
C'est fort différent des conversations dont je suis le témoin passif aux mêmes caisses, elles sont d'un niveau plus trivial. Mais, en réalité, ce n'était pas une discussion intellectuelle entre deux personnes qui échangent des idées fort élevées et qui font assaut d'érudition. Il s'agissait d'un discours sur soi et sur les autres, du regard que l'on porte sur les mots des autres ou sur ce qui fait son identité. Calmement, de manière rationnelle (malgré les approximations que pourraient relever des savants comme votre comte), ce jeune homme parlait de ce qui est une partie importante de sa personne et il replaçait un élément fondamental de sa culture d'origine dans un cadre plus vaste en relativisant ses particularismes régionaux et historiques. Bref, il parlait de lui par ce biais. Il y avait un autre discours derrière son discours apparent. Le contenu pris au premier degré n'était pas le message principal.
19:31 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue française, créole, francophonie, français
samedi, 15 décembre 2007
L'avenir nous dira ce qu'on va faire dans le futur
Le Champignac d'or va à cette phrase :
L'avenir nous dira ce qu'on va faire dans le futur.
Il a dû lire ou écouter Philippe Meyer, le futur ne manque pas d'avenir.
Le Champignac d'argent à celle-ci :
Je ne pense pas que c'est un modèle de société que d'avoir les femmes qui sont couvertes d'étoffes et de tissus.
Un journaliste pornographe a été distingué pour ce propos :
Le député de Gland, tendu, reconnaissait dimanche après-midi qu'il y avait 98% de chances qu'il se retire.
Le prix du maire de Champignac est attribué en terre helvète à des personnalités politiques et médiatiques de la Confédération et il n'entretient aucun lien avec votre comte de Champignac, mis à part une homonymie et un intérêt similaire envers les monstruosités. On peut lire les phrases retenues pour établir le palmarès final. Auparavant, le prix se décernait en été, mais il a été décalé cette fois en fin d'année civile.
22:55 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : suisse, champignac, langue française, francophonie, français, humour
mardi, 11 décembre 2007
Parlez français !
Dans le blogue d'une caissière (excellent blogue au demeurant, aux articles vivants, drôles, fouillés et bien écrits) :
Au bout de quelques semaines, je m'étais faite à l'accent et aux fameux « septante » et « nonante » qui sonnent si bizarrement aux oreilles d'un français. Contente de mon apprentissage, j'en usais tout le temps lorsque je donnais les montants aux clients (normal, dans le pays, il faut se plier aux coutumes locales).
Et un jour, alors qu'un client français me demandait le montant de ses courses. Je lui dis :
- Septante euros nonante-cinq.
Celui-ci me balance alors avec un air exaspéré :
- Vous pouvez pas parler français ? Je comprends rien au belge.
14:03 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, belgique, belge, français
lundi, 10 décembre 2007
Pour le meilleur et pour le mal
Les mauvaises traductions automatiques (je triche, cela vient de La Presse canadienne, une agence absolument catastrophique par rapport à tout ce qui se trouve au Québec) :
Durant son allocution, elle a remercié sa "belle Cydney" qui lui reste fidèle pour le bon et pour le pire.
Good and worst existe en anglais, mais ce n'est pas aussi équilibré qu'en français où l'on a deux superlatifs irréguliers de même niveau : le meilleur et le pire. On ne dira jamais assez que le français est une langue bien plus logique et plus ordonnée.
22:38 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, québec, anglais, langue anglaise, traduction, presse, journalisme
dimanche, 09 décembre 2007
De la manipulation du bilinguisme
Au sujet de l'abrogation du remboursement des professions de foi électorales en langue allemande :
Jusqu’à présent, les deux départements d’Alsace et les 19 cantons de Moselle bénéficiaient d’instructions qui prévoyaient la possibilité de produire des professions de foi bilingue français-allemand.
La Moselle ne comporte pas 19 cantons, mais 51. En fait, seulement une partie du département est ou était de langue francique ou alémanique. Les 19 cantons visés sont ceux qui se trouvent derrière la ligne de démarcation entre lorrain romand et lorrain germanique, les Fritz ayant raflé en 1871 aussi des terres romanes comme Metz pour consolider leur ligne de défense ! Que dire sur le fond ? Sinon que je trouve cette décision lamentable, même si je sais que les journaux régionaux qui titraient à plus de 50 % en allemand dans ma jeunesse doivent péniblement faire du 10 % aujourd'hui, et encore seulement pour les personnes âgées et à la campagne. Il faut dire qu'il ne doit plus rester grand-monde qui ne comprend pas un mot de français, comme je le voyais autrefois, mais cela n'empêche pas la presse allemande de se vendre très bien encore en Alsace. La question est d'abord symbolique, comme en témoignent les panneaux d'entrées de ville ou de noms de rues. Il faut d'abord manifester son appartenance locale. D'ailleurs, les candidats d'extrême droite prennent eux aussi un grand soin à se référer à cette identité, on ne trouvera strictement personne du MNR aux écologistes pour s'insurger contre une Alsace à la Hansi, il faut être un peu anarchiste ou communiste pour l'oser et c'est très très mal vu dans ces contrées. Mais cela peut conduire à des absurdités puisque certains villages et cantons romans comme dans la vallée de la Bruche ont été intégrés à l'Alsace, toujours au nom de la défense de la ligne des crêtes du Reich et que l'on y diffuse encore des professions de foi aux législatives ou aux présidentielles en allemand. Vous aviez trouvé que la Belgique était compliquée ? vous ne connaissiez pas l'Alsace-Moselle et les charmes de son droit local !
21:34 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : langue française, allemand, alsace, alsacien, politique
mardi, 04 décembre 2007
L'origine francophone
C'est du charabia ou je ne m'y entends pas :
Une étude du Laboratoire européen d'anticipation politique-Europe 2020 (LEAP-E2020) sur les langues qui seront parlées dans vingt ans montre "un grand retour de la langue allemande" lié à la recomposition de l'Europe centrale et "une revitalisation de la langue française" due à la croissance démographique dans l'Hexagone et aux origines francophones d'une part importante des ressortissants issus de l'immigration.
On présuppose que les immigrés présents en France parlent le français (bien, peu ou mal, peu importe), mais ils peuvent venir de pays où le français n'est pas la seule langue véhiculaire ou même nationale. Ils peuvent parfaitement être ouolophone parce que dans leur village ou leur ville le ouolof est la langue la plus utilisée, et puis devenir aussi francophones (à leur manière) parce qu'il faut bien communiquer avec d'autres comme les sérèrophones par exemple. Une origine francophone n'a strictement aucun sens et elle est une absurdité totale qui méconnaît l'histoire et la politique de ces autres pays.
17:30 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française
dimanche, 02 décembre 2007
De la minorité
Les difficultés langagières du Monde ;
Les néerlandophones ne sont pas une "minorité linguistique" en Belgique, comme il était écrit par erreur dans Le Monde du 28 novembre. Cette communauté linguistique, majoritaire en Belgique, est minoritaire à Bruxelles-capitale, située en territoire flamand.
Quand on lit l'article, on voit :
Flamingant avant tout : Bart De Wever l'est de famille. Son père cheminot, sa mère commerçante lui ont transmis l'historique sentiment de frustration de cette minorité linguistique.
Est-ce que le sentiment de constituer une minorité n'existait pas puisque le pays avait comme seule langue officielle le français avant 1932 ? Est-ce que le fait que les Flamands (et non les néerlandophones) sont devenus majoritaires du point de vue démographique induit que les Wallons (et non les francophones qui sont souvent Flamands) sont devenus une minorité linguistique ? Le correctif est pire que la version initiale. Il y avait chez les néerlandophones la conscience de constituer une minorité, est-ce qu'il faut la nier et désigner ainsi les francophones comme la minorité linguistique de Belgique alors que les francophones de Flandre ne peuvent pas voter pour le parti de leur langue ? C'est un débat aussi absurde que la constitution du gouvernement belge et le correctif est plus que maladroit, tout comme la rédaction première.
18:36 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, langues
jeudi, 22 novembre 2007
Getting better
Je précise que Jean-Pierre Raffarin a été désigné comme le grand témoin de l'Organisation internationale de la francophonie au jeux olympiques de Pékin par Abdou Diouf (lui-même désigné par le président mis en examen) et voici ce qu'il dit :
Quant à l'Exposition universelle de Shanghai, elle a choisi la devise « Better City, Better Live », et nous les Français, nous apprécions beaucoup celle-ci.
Je ne sais s'il faut se réjouir que Raffarin soit grand témoin de la francophonie vu le soutien énergique et sincère qu'il lui manifeste, mais je suis certain d'une chose : il ne faudrait en aucun cas qu'il soit grand témoin de l'anglophonie dans l'hypothèse où l'on voudrait défendre la place de l'anglais dans le monde.
Sur le titre.
21:31 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, langue anglaise, français, francophonie
mercredi, 21 novembre 2007
The Guard, Graduate of the Carpette Anglaise
Au second tour de scrutin, le prix de la Carpette anglaise 2007 a été décerné à Mme Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances qui communique avec ses services en langue anglaise, par 8 voix contre 4 à M. Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État à la Francophonie, qui a publiquement célébré les futurs bienfaits du protocole de Londres.
Clap, clap, clap ! Excellent choix.
19:40 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, ump, politique, sarkozy
vendredi, 09 novembre 2007
La voix de la France
Après nous être fâchés avec nos alliés allemands par des propos déplacés et inconsidérés sur le rôle de l'Etat français, avec nos amis africains à la suite d'un discours profondément racialiste, voici le grand moment pour la Sarkozie de se fâcher un peu plus avec la francophonie, à savoir les Belges, les Suisses et les Québécois :
Nicolas Sarkozy l'avait évoqué dès la campagne présidentielle, prônant le 4 avril dernier une "rationalisation" de l'audiovisuel public extérieur. "Il faudra mettre un peu d'ordre là-dessus", avait-il lancé, raillant au passage les "reportages passionnants" sur "un canton belge" ou "l'actualité romane" de TV5. Des propos qui n'avaient pas été appréciés dans les pays concernés.
Le souci francophone est bien le dernier de ce régime à la remorque des clichés étatsuniens.
15:52 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, ps, royal, jeunes populaires, jeunes pops
samedi, 27 octobre 2007
Racisme linguistique
Cela se gâte de plus en plus en Belgique, et il ne manquait plus que la commune des Fourons pour rendre la situation encore plus incompréhensible (elle avait déjà déclenché l'une des plus graves crises auparavant et avait permis une plus grande partition) :
Le bourgmestre de Fourons a déclaré ce samedi que cette menace ne l'impressionne nullement et qu'il n'en restait pas moins que Maingain est un "raciste linguistique".
Le tort du conseiller ? Avoir dit qu'il n'était pas obligé comme conseiller communal de s'exprimer en néerlandais puisque cela ne s'applique qu'aux bourgmestres (maires) et aux échevins (adjoints) selon la loi fédérale belge. Il serait difficile d'accuser les Belges d'être racistes entre eux tellement leurs origines sont mélangées entre Flamands et Wallons qui changent de région : le racisme linguistique est donc la seule issue puisque la seule différence est de langue. Cela ne vous rappelle rien ?
21:32 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, belgique, belge, néerlandais, flamand, wallon
lundi, 22 octobre 2007
Bazar de l'hôtel de ville
Brrr... les querelles linguistiques sont en train de s'exacerber un peu plus en Belgique dans le fameux arrondissement BHV :
Suite à une lettre du président du FDF Olivier Maingain, qui appelle les mandataires francophones des communes à facilités à s'exprimer en français lors des conseils communaux, trois des communes concernées, Wezembeek-Oppem, Crainhem et Linkebeek, ont inscrit à l'ordre du jour du conseil communal l'usage du français pendant les séances.
Cette provocation n'est pas du tout du goût des partis néerlandophones puisque la langue d'usage est le néerlandais dans les institutions de la Flandre même si la commune est à majorité francophone. Cela alors que la Belgique ne possède toujours aucun gouvernement et que l'accord est toujours impossible du fait de la volonté de scission de l'arrondissement BHV par les nationalistes flamands. On se demande ce qui pourra sortir de la surenchère générale (le MR jouant de plus en plus le rôle du pompier incendiaire avec son allié FDF, parce qu'il n'est plus dans la nouvelle coalition possible). C'est un jeu très dangereux qui est mené par les uns et les autres.
Je sais qu'il n'y a pas d'hôtel de ville en Belgique, mais des maisons communales : le jeu de mots sur BHV était trop tentant.
19:46 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, belgique
mercredi, 26 septembre 2007
14 !
Elle arrive !
Qui ? Elle !
Quoi ? La 14e édition du Bon Usage de Grevisse !
Quand ? Bientôt ! Avant la fin de l'année, pour les fêtes...
Et elle sera électronique ? Mais oui...
Enfin !
19:13 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, langues
lundi, 17 septembre 2007
Aux armes (bis) !
La ratification du protocole de Londres sur les brevets revient dans les débats puisque le texte sera présenté lors de la session extraordinaire de l'Assemblée nationale. On a donc une suite de tribunes libres et un article de fond dans Libération et le Monde. Article sur la présence de l'anglais au travail. Nouveau plaidoyer de Claude Hagège, et prise de position contre cette ratification par un ancien ministre UMP, avec de nouveaux arguments.
17:35 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie
vendredi, 31 août 2007
Le cacou s'habille en Prada
Maintenant on apprend que Marseille se trouve quelque part entre Bordeaux et Toulouse :
Grâce à eux, les Français peuvent maintenant avoir la gratelle comme à la Réunion, faire le cacou comme dans le Sud-Ouest, aller à la colonne d'essence comme en Suisse ou déguster une flammekueche alsacienne.
Les Suisses ne me semblent pas très doués en géographie linguistique. Ah ! Wikipedia s'est enrichie d'une page d'expressions marseillaises. Il y a déjà plusieurs lexiques sur la Toile, mais leurs définitions sont un peu limitées.
10:00 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : langue française, marseille, marseillais
dimanche, 22 juillet 2007
Aux armes, etc. !
J'ai signé la pétition contre la ratification du protocole de Londres. Quelques mots d'explication de la part du comité de soutien présidé par Claude Hagège : "La ratification du protocole de Londres par le Parlement français reviendrait à admettre, en réalité, l’usage de l’anglais en droit français et serait très dangereuse pour la pérennité de la langue française comme langue scientifique, technique et commerciale." J'ai emprunté cee lignes au texte publié sur le blogue d'Orlando De Rudder, qui appelle à la rébellion. La situation est grave : Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, et Jean-Pierre Jouyet, social-traître commis aux Affaires européennes, ont signé récemment une tribune dans le Monde où ils appellent à cette ratification. Comme l'Assemblée nationale est constituée d'une majorité de godillots, cela ne devrait pas faire un pli. Cela montre que ce gouvernement d'inspiration anglo-saxonne est pressé de conclure l'affaire. Il faut savoir que, lors de son déplacement, notre immense président a encouragé l'apprentissage de l'anglais (qu'il maîtrise d'une manière remarquable) en Algérie ! (Et au passage, il ignore totalement la place de l'amazigh ou berbère en Algérie, ce qui fait aussi très plaisir à une bonne partie de nos compatriotes ou des immigrés d'origine kabyle...)
10:47 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, ump, sarkozy, ps, royal, politique
samedi, 14 juillet 2007
En français dans le texte
La francophonie telle qu’elle se présente actuellement est une institution éminemment politique. Elle ne comprend que peu d’artistes et d’écrivains, ce qui constitue une aberration en soi.
09:24 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, littérature
vendredi, 13 juillet 2007
Manteau de saint Martin ou d'Arlequin ?
L'arrivée massive des Haïtiens, et aussi des métropolitains attirés par la loi de défiscalisation de 1986, a eu un effet inattendu dans la partie française. Elle a développé l'usage du français. Jusqu'à présent, Saint-Martin était la seule ville de France dont la langue véhiculaire était l'anglais. Jusqu'en 1983, les réunions du conseil municipal se tenaient dans cette langue. "Dans les années 1970, il était difficile de trouver à Saint-Martin quelqu'un parlant français", se souvient Pierre Brangé.
Aujourd'hui encore, les Saint-Martinois de souche continuent d'utiliser entre eux une sorte de pidgin, teinté d'accent créole. Dans les ruelles de Marigot, les passants disent "Sorry !" lorsqu'ils bousculent quelqu'un et les ivrognes beuglent "Fuck you !". Les élus de Saint-Martin auraient aimé que l'anglais soit reconnu comme langue régionale, au même titre que le corse, le breton, le basque, dans la loi organique du 21 février qui consacre leur autonomie. Les parlementaires ont repoussé cette demande.
Ben oui, on aurait été obligés de reconnaître l'anglais comme langue régionale aussi dans le Gers, le Tarn, la Dordogne, etc. comme à Saint-Martin, vu le nombre d'anglophones unilingues qui y résident.
13:25 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, langue anglaise, français, anglais


