lundi, 21 décembre 2009

Mon entretien de blogueur avec Frédéric Lefebvre

Comme nous sommes en période de fêtes, j'ai voulu me faire plaisir. Je me suis rendu chez l'homme que j'estime le plus en France : Frédéric Lefebvre ! Il m'a reçu fort simplement et m'a déclaré ce qui suit.

LPCI : Je suis heureux de vous rencontrer monsieur Lefebvre et de voir qui vous êtes réellement.
FL : Retirez immédiatement ces propos insultants !
LPCI : Mais je n'ai encore rien dit de blessant et ce n'est pas mon intention.
FL : Admettons, je vous respecte et vous devez me respecter, mais vous supposez qu'il existe alors une caricature de ma personne dans les blogs, les forums et sur Twitter lorsque je relaie la parole de mon parti. Libre à vous de vous abaisser à de tels procédés, mais je ne participerai pas à cette opération de déstabilisation des gens de bon sens.
LPCI : Je voulais d'abord vous demander ce que vous pensez des blogues.
FL : Comme je l'ai déjà dit, les blogs sont essentiels pour faire vivre la démocratie et ainsi je vous respecte, mais ils doivent être sévèrement encadrés afin que cette démocratie à laquelle je suis fort attaché ne soit pas étouffée par l'excès de parole publique et surtout par des avis contraires au parti que je représente et qui doit être respecté.
LPCI : En clair, vous aimeriez la censure ?
FL : Ce que vous dites est très grave, je vous respecte et pourtant comment oseriez-vous comparer mon opinion à celle d'un apparatchik chinois ou nord-coréen ou cubain ? J'ai toujours affirmé le plus grand respect pour la liberté de la presse et celle-ci ne peut s'exercer que si l'on reprend en intégralité mes communiqués sans aucune coupe et sans aucune réécriture, mais en évitant aussi les communiqués qui ne seraient pas du même avis. Il faut que la parole se libère et cela ne peut se faire que si l'on accepte de reproduire mes propos sans jamais les tronquer et sans jamais les confronter à d'autres !
LPCI : J'ai un peu de mal à vous suivre, en quoi êtes-vous un blogueur ou twitteur original et pertinent ?
FL : Comme vous avez compris tout seul, je fais ce que je sais faire puisque je ne sais rien faire d'autre et que je vous respecte : de la propagande. On appelle aussi cela communication ou publicité ou information commerciale, mais c'est la même chose. Libre à vous de ne pas partager mes idées, mais j'estime qu'il est nécessaire de vous les imposer. 
LPCI : Qu'est-ce qui vous distingue d'un animateur de supermarché, en quoi êtes-vous distinct de Danièle Gilbert ?
FL : Vous avez raison de rappeler que mon rôle de porte-parole est comparable au vendeur de poissons ou de salades, mais il y a quelque chose en plus, je dispose de ce que l'on nomme "les éléments de mots" qui permettent de respecter tout le monde. Proust avait "joliment parlé", pour reprendre une expression de la femme du président, des chants de marchandes des quatre-saisons et des cris de Paris, eh bien ! je fais exactement la même chose : je profère toutes les idioties que l'on me demande de dire afin de bien me vendre. "Les éléments de mots" m'apportent un vrai plus puisque je ne suis plus du tout obligé de réfléchir à ce que je dis et j'avoue que c'est d'un très grand confort intellectuel et de la plus grande respectuosité : ne plus avoir à penser est une chose que tout Français devrait envisager afin d'être enfin en sécurité.
LPCI : Admettons,  mais votre prestation dans le lipdaube des jeunes pops, vous interveniez juste au moment où l'on prononçait le mot "liberté" et cela me semble un tout petit peu contradictoire.
FL :  C'est une erreur, mais tout le monde peut faire une erreur et je respecte le fait d'avoir dit une ânerie. Si vous ne reconnaissez pas que je suis en faveur de la liberté la plus absolue lorsque l'on écrit des choses respectables, je vous poursuis en justice puisque je suis respectable et vous serez mis en examen, emprisonné et torturé dans le plus strict droit à votre propre respect ! Mais vraiment vous n'avez aucun droit de dire des choses pareilles alors que mon parti des plus respectables défend la liberté depuis les temps immémoriaux où la France s'est construite de manière respectable.
LPCI : Normalement, nous aurions dû déguster une choucroute entre blogueurs.
FL : Une choucroute ? Vous avez raison de le rappeler, c'est un choix que je respecte et c'est exactement ce que je viens de vous servir en parlant.


dimanche, 13 décembre 2009

Qu'est-ce qu'une carte de la Gaule ?

Dans le cadre du grand pseudo-débat sur l'identité nationale, examinons cette image. Que voyons-nous ? Une sorte de carte de France d'abord, mais sans aucunes frontières. Les contours correspondent à peu près à ceux de la France métropolitaine actuelle, si ce n'est que la Corse est absente et pour cause ! Elle était déjà romaine, après avoir été étrusque et grecque. Mais certains détails pourront choquer les historiens et encore plus les géographes. En effet, par exemple, on ne voit pas le golfe correspondant à l'actuel marais poitevin si cher à Ségolène Royal. Or, à l'époque romaine et jusqu'au XVIIIe s., ce morceau de terre n'avait pas encore été conquis sur la mer avec l'aide d'ingénieurs néerlandais. C'est un peu bizarre, on a affaire à une carte de France contemporaine superposée à une carte des divisions de la Guerre des Gaules. Ce qui me trouble le plus, c'est qu'on ne voit absolument pas la frontière française du Rhin alors que le reste du fleuve semble bien dessiné ! Je me demande bien pourquoi il a disparu sur son parcours entre Bade et Alsace sous l'aigle romaine ! C'est un des trucs qui m'ont tracassé durant mon enfance... C'est un peu biscornu cette séparation avec l'Allemagne par une aigle romaine.

Passons maintenant aux divisions des Gaules telles que les donnait César. Elles correspondent plus ou moins (enfin pas vraiment, on va le voir). Sauf que... la Belgique est repoussée sur le territoire de l'actuelle Belgique ! Ce alors que les autres provinces sont bien centrées. César considérait comme belges tous les peuples vivant au nord de la Seine et de la Marne. Cela inclut bien des régions, la Champagne, la Picardie,la Haute-Normandie par exemple et aussi des Lander comme la Rhénanie-Palatinat et la Sarre ou encore une nation comme les Pays-Bas. C'est un peu étrange, cette Belgique qui correspond à l'actuelle Belgique et non à la Belgique antique. Voilà qui permettra ensuite de fabriquer l'un des plus mauvais albums de Goscinny, Astérix chez les Belges. Les Belges sont donc des étrangers tout en ne l'étant pas.

Plus étrange encore, on voit la mention de Lutèce alors que la capitale des Gaules après la conquête était Lugdunum (Lyon) et que César avait fait d'Arles la principale ville de la Narbonnaise. Pourquoi donc Lutèce alors que l'on ne sait toujours pas si l'emplacement de la Lutetia antique était plutôt sur la rive gauche de Paris ou du côté de Nanterre ? Pourquoi alors que l'on se demande si ce n'était pas une cité avec des centres multiples comme on a pu le voir à Gergovie (l'un marchand, l'autre sacré, le dernier militaire). D'ailleurs, l'importance de Lutèce et des Parisii était limitée à cette époque, les peuples dominants étaient ailleurs. Mais comme Lutèce est devenue Paris, on calque la représentation de la France contemporaine sur la Gaule. Et on pourra retrouver ensuite des embarras parisiens dans la Serpe d'or, le Tour de Gaule, Astérix et les Normands, etc. L'important est la superposition des fictions.  

Poursuivons notre investigation, César ne parle pas du tout de l'Armorique comme d'une des parties de la Gaule. Il n'en fait pas mention parce que ce n'est pas son objectif premier : il attaque d'abord en terres belgiques et plus ou moins germaniques, mais les guerres contre la coalition armoricaine n'ont pas été menées par lui, ce sont ses lieutenants qui l'ont faite sans sa présence, puisqu'il se trouvait en Italie et il intervient en dernier pour montrer qu'il est le vainqueur. Il ne mentionne donc pas l'Armorique comme une partie de la Gaule en préalable. L'Armorique n'existe pas à cette époque, c'est une confédération de tribus de la même région, mais rien de plus. Elle ne sera jamais une région romaine avant l'an 370. Et les frontières sont alors vastes : entre Garonne et Somme ! Soit en fait toute la Gaule dite celtique, plus une partie de la Belgique.

Revoyons cette carte, pourquoi l'Armorique a-t-elle été nommée ainsi ? Il y a une raison simple : Goscinny avait demandé à Uderzo de situer son village n'importe où, mais près de la mer afin de pouvoir réaliser des récits de voyage. Et il y a eu toujours une alternance entre récits dans le village et récits de voyage. Cela aurait pu se trouver en pays basque, dans le marais poitevin ou en baie de Somme, mais cela s'est trouvé en Bretagne sans doute à cause des menhirs qui ne sont pas particulièrement gaulois ou bretons. En effet, les menhirs sont pré-celtiques et on en trouve même en Champignacie. Qui dit menhir (voir les deux premières pages de l'album) dit automatiquement Carnac et donc Bretagne, que l'Armorique n'existait pas pour César n'a pas effleuré les auteurs qui l'avaient pourtant lu. On était dans la mythologie et le jeu sur les apparences.

samedi, 12 décembre 2009

Un gaffophone à Paris !

Le gaffophone de Gaston sur les Champs-Elysées en vrai ! Via Rue89, via Fluctuat. Avec de vrais morceaux de 1968 dedans (même quand on filmait en couleur, cela sortait en noir et blanc tellement tout était gris, les maisons, les voitures, les costumes).

Gaffophone.jpg

dimanche, 06 décembre 2009

Libérons saint Nicolas !

saint-nicolas.jpgComme on doit le savoir déjà, le comte de Champignac est fortement attaché à son identité alsaco-lorraine. Il vénère donc saint Nicolas dont c'est aujourd'hui, quel hasard ! la fête.

Ce n'est pas sans un certain émoi qu'il a appris que le bon saint Nicolas allait être privatisé ! Au même titre qu'Halloween (marque déposée en France) et le Père Noël (créé par Coca-Cola en empruntant les attributs de saint Nicolas devenu Santa Claus). Misère...

Les conseils municipaux de Nancy et de Saint-Nicolas-de-Port (7.500 habitants) ont en effet voté en juillet dernier le dépôt de quatre marques à l'Institut national de la propriété intellectuelle (Inpi): "Saint Nicolas", "Le marché de la Saint Nicolas", "Les fêtes de la Saint Nicolas" et "La fête de la Saint Nicolas"

Saint Nicolas, patron de la Lorraine si chère à mon coeur, protecteur des enfants, ne peut être une marque et il ne doit pas être l'objet de détournements commerciaux avec des marchés calqués sur le Chrischkindelmärik alsacien. Ce que l'on nomme marchés de Noël à l'Intérieur et qui est le marché de l'Enfant Jésus en terre plus germanique.

Libérons saint Nicolas ! Libérons la Lorraine toute entière (et bien d'autres contrées septentrionales qui partagent saint Nicolas avec les Lorrains) ! Libérons-nous de l'esprit mercantile !

Je m'étonne quand même que l'on n'ait pas déposé comme marque le Père Fouettard, mais il doit y avoir des raisons...

Je signe la pétition en ligne.

samedi, 05 décembre 2009

Fantômas contre Fantomas

Comparons ces trois affiches et ces deux couvertures. Quelle différence observons-nous entre les affiches de 1911, de 1932 et de 1965 ? Un accent qui disparaît. On peut dire que l'accent circonflexe n'a pas à figurer sur une capitale, sauf qu'on trouve une capitale accentuée sur le nom de De Funès et que cet accent est aussi absent lorsque le nom est écrit en bas de casse. On peut prendre d'autres affiches comme celle-ci de 1948. L'accent circonflexe a disparu presque partout. Il faut dire cependant que les polices des affiches 2 et 3 ne permettaient aucun diacritique sur les capitales. C'est à un tel point que l'article Wikipedia consacré au génie du crime mélange les Fantômas et les Fantomas. Je veux bien admettre qu'il y ait eu des versions internationales de Fantômas pour des peuples sans aucun accent circonflexe, mais quand même...

L'accent circonflexe de Fantômas fait partie de son identité. Il suggère les ailes de la chauve-souris qui vole au dessus de la ville, la cape dont il se vêt, le loup qui cache le regard du personnage aux multiples visages. C'est une part fondamentale de la poésie profonde de ce personnage (totalement bousillée par Jean Marais et De Funès). Une solution astucieuse a été trouvée par l'éditeur espagnol du manga que je cite à la fin avec la représentation du personnage en surimpression du O. Mais c'est un pis-aller. C'est comme si le héros du mal se dérobait toujours avec ses masques.

Un détail amusant au sujet de son nom : Souvestre et Allain avaient gribouillé sur un morceau de papier le nom de Fantômus et le directeur de leur journal l'a mal lu, si bien que la fin fut en -as. Il nous échappe encore !

 

fantomas.jpgfantofunes.jpg

Fantomas2.jpg

 

 

 

 

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samedi, 28 novembre 2009

Ma discussion de blogueur avec Eric Zemmour

Je poursuis ma grande enquête dans le monde des éditocrates avec un entretien de blogueur en compagnie d'Eric Zemmour.

LPCI : Bonjour monsieur Zemmour, je suis ravi de vous rencontrer.
EZ : Enfin, vous voilà ! Eh bien nous alllons donc pouvoir discuter d'internet et des blogs. Puisqu'on m'a dit que vous étiez blogueur, n'est-ce pas ? Vous n'allez pas commencer en niant la vérité ?
LPCI : C'est exact et je voudrais...
EZ : Figurez-vous que j'ai lu avec attention votre blog, d'un bout à l'autre, c'est pourquoi vous ne pourrez pas me reprocher de parler de choses que je ne connais pas, je suis quelqu'un de sérieux et quand je fais quelque chose je le fais consciencieusement.
LPCI : Mais il y a des heures de lecture et des milliers de pa...
EZ : Soyez poli, je ne vous ai pas interrompu, laissez-moi poursuivre mon raisonnement et vous pourrez répondre après quand j'en aurai fini.
LPCI : Mais, normalement, c'est moi qui dois...
EZ : Décidément, c'est une manie chez vous que de ne pas vouloir prendre en compte l'opinion de vos contradicteurs. C'est fort dommage, parce que j'allais commencer par dire tout le bien que je pense de votre blog.
LPCI : Ouf !
EZ : Oui, il est relativement bien écrit, notez que je dis relativement parce que je ne crois pas qu'il soit vraiment bien écrit. Vous commettez peu de fautes d'orthographe par rapport à ce que font tous les autres blogueurs, vous relevez des erreurs historiques ou grammaticales ici et là, on peut s'y instruire en s'amusant, tout cela est relativement bien mais ce n'est pas votre métier et vous avez tort de vous en prendre aux vrais professionnels qui savent écrire et raisonner pour le bien de tous. Maintenant que j'ai amplement montré que je n'en pensais pas de mal, j'ai le regret de vous le dire, et croyez que je le déplore, mais votre Petit Champignacien illustré, c'est de la sous-culture.
LPCI : Gaspation !
EZ : Vous voyez, vous venez de vous trahir par ce cri qui montre où sont vos références : dans cette sous-culture qu'est la bande dessinée ou les textes dits humoristiques. Vous ne pouvez pas me dire que Charlie Schlingo était un grand artiste de la taille d'un Michel-Ange ou d'un Hugo, mais c'est tout ce que vous trouvez à me sortir.
LPCI : Menfin... de la sous-c...
EZ : Qu'il n'y ait aucun malentendu entre nous, je ne méprise pas du tout la sous-culture. Moi-même, j'ai lu Fripounet et Marisette quand j'étais petit. J'ai dévoré les aventures de Oui-Oui et de Winny l'ourson, mais j'ai grandi depuis, moi. Or il semblerait que vous soyez resté encore en enfance, dans ce monde de la sous-culture et de la sous-littérature. Et j'en viens à mon reproche principal, ce ne serait pas grave si cela se contentait d'être un divertissement, mais vous prétendez faire au nom de cette sous-culture la morale à des gens qui ont parfaitement le droit de s'exprimer puisqu'ils ont été choisis par des rédacteurs en chef ou des directeurs d'antenne.
LPCI : Sac à papier ! C'est...
EZ : Voyez donc, vous ne savez vous exprimer qu'en éructant des jurons venus de la sous-culture et vous ne pouvez développer un argument raisonnable et logique. Mais poursuivons, ce qui me dérange le plus dans votre blog et dans internet en général, c'est que l'on y voit la manifestation totalitaire de la pensée unique, celle qui veut nous imposer à nous autres éditorialistes des idées peu démocratiques. Je vois, en effet, que vous êtes pour une réforme de l'orthographe. C'est un peu facile quand on est enseignant de lettres de prendre une telle posture de bisounours afin de nier la baisse de niveau de l'enseignement par votre faute à vous et à vos semblables.
LPCI : Blood'n'guts, c'est que...
EZ : Un autre point intéressant, c'est que vous êtes pour la féminisation des noms de métiers et de fonctions. Mais avez-vous songé une seule fois que jamais la femme ne sera l'égale de l'homme et que vous travaillez en fait à la dévirilisation de tous les autres hommes ? Que l'on soit bien d'accord, je ne méprise pas du tout les femmes, mais je crois qu'elles ne sont pas naturellement rattachées à des métiers et des fonctions, leurs tâches doivent être seulement d'intérieur. Vos propos ne sont pas seulement inconséquents, ils mettent en péril l'organisation naturelle de notre société.
LPCI : Bloody Hell ! J'ai...
EZ : Ne m'interrompez pas, j'ai respecté votre liberté de parole jusqu'à présent. Je constate d'ailleurs que vous jurez souvent en anglais alors que vous prétendez combattre la place de l'anglais en France. Certes, vous francisez des mots comme "blogue" en adoptant le modèle québécois - qui n'est pas du tout le meilleur, soit dit en passant, puisqu'il n'exprime pas l'identité nationale française -, mais en fait vous êtes au service de la pensée unique américaine. C'est bien ce que je vous reproche, vous ne pouvez que vous contredire puisque vous n'avez pas adopté mes valeurs naturelles. Je n'ai aucun mépris pour les Américains, que les choses soient claires, mais en fait vous trahissez ainsi ce qui est le fond de votre pensée : le politiquement correct venu justement des Etats-Unis. Vous êtes et vous voulez politiquement correct, or c'est une abomination contre l'ordre naturel des choses. 
LPCI : Damned ! Mais...
EZ : Il faut dire les choses comme elles sont, je suis désolé d'être aussi dérangeant, mais le politiquement correct tellement répandu sur internet empêche les personnes vraiment qualifiées - comme Alain Finkielkraut, Ivan Levaï, Jacques Séguéla, Frédéric Lefebvre, Bernard-Henri Lévy, Alain Minc, Alain Duhamel - de s'exprimer complètement et sur le fond à propos de sujets que le commun des mortels ne peut pas comprendre sans elles. Vous nuisez gravement à la liberté d'expression en relevant leurs erreurs et en utilisant le rire comme arme afin de rallier des esprits faibles. C'est vraiment trop facile. On est vraiment dans le domaine de la sous-culture où tout doit être caricaturé et dénaturé. Comment maintenir dans ces conditions une civilisation démocratique si chacun peut donner son avis et peut démontrer l'erreur de ceux qui doivent commander par nature ?
LPCI : Bof... Il devait y avoir une chou...
EZ : Une choucroute chez moi ? Mais vous n'y pensez pas ! C'est le plat des bobos par excellence. Tout le monde sait que les bobos aiment la choucroute, le politiquement correct et les Etats-Unis. Quand j'ai appris votre demande, j'ai tout de suite su où vous classer de manière définitive. Les bobos sont les staliniens d'aujourd'hui et ils veulent exterminer toutes les élites qui tentent de sauver la civilisation naturelle !      

mercredi, 18 novembre 2009

La vengeance du fils du y trématé

supremya.jpgCe matin, j'ai découvert Supremÿa, ce produit dit anti-âge (sic) qui présente la particularité de posséder un y trématé, lequel s'ajoute à ma collection. Il est amusant de constater que le ÿ commence à devenir plus répandu dans le domaine du commerce que dans les noms de personnes ou de lieux. Cela dit, Sisley avait déjà commis le même type de nommage auparavant et j'en avais parlé. On peut supposer que le y trématé joue un peu la même fonction pour cette marque que pour l'accent circonflexe de Lancôme qui peut être décliné sur des noms de produits : une sorte de repère, d'identifiant graphique.

mardi, 17 novembre 2009

Quand les gorilles voleront

Quand les gorilles voleront
Quand les baleines danseront
Quand les homards rouleront à bicyclette
Quand il pleuvra des millions
Quand les pavés fleuriront
Alors sur notre planète, ça tournera rond...

qrm.jpg

 

 

 

 

 

 

Ce sont les premières paroles de QRM sur Bretzelbürg, la première version interrompue en 61 de QRN sur Bretzelbürg, la dernière longue aventure de Spirou par Franquin et l'une de mes préférées. Celui-ci a éliminé cette chanson dans la suite et le remontage de cette histoire en 63, il a alors préféré des chansons plus contemporaines et plus banales, même si l'on y trouve un Boby Lapointe avec Aragon et Castille. Or il semblerait que cette chanson n'existe pas, que ce soit une pure invention tandis que l'air suivant (justement celui de Boby) se trouve aisément. Il y avait comme un petit air de Mai 68 avant l'heure. Cela me semble très franquinien, il a utilisé toutes ces bestioles dans des planches : le gorille dans Spirou, le homard et la baleine dans Gaston. Cela fait partie de son bestiaire qui n'est pas énorme, mais toujours avec des animaux bien choisis et très différents à la fois par le caractère et le graphisme, que ce soit la tortue et la mouette, l'éléphant et le chat, le poisson rouge et la vache, les escargots et le marsupilami, le rhinocéros et la murène. Cela devait sembler trop un cri de révolte personnelle à ce moment-là pour qu'il le conserve, mais c'est dommage.

samedi, 14 novembre 2009

Ma conversation de blogueur avec Christine Angot

Voici le plus redoutable de tous mes entretiens de blogueur, une rencontre avec Christine Angot elle-même. J'appréhendais ce moment et je me disais que c'était comme si j'avais dû pénétrer dans l'intimité de Marguerite Duras en compagnie de Laure Adler, ce qui veut dire ne rien comprendre du tout à ce qui se passe ou se dit. La réalité était bien pire. Mais le Petit Champignacien ne recule pas devant les risques et il a frappé à la porte d'un hôtel Formule 1 de banlieue parisienne.

LPCI : Bonjour madame Angot.
CA (nue sous son peignoir) : Vous êtes le livreur de pizzas ? Je suis heureuse de vous faire découvrir mon intérieur. Il me semble que vous êtes déjà passé, mais je ne sais plus ce qui est vrai, c'est ma voix intérieure qui parle, parce que la voix intérieure est empreinte de toutes les choses entendues à l'extérieur.
LPCI : Je suis venu ici pour mener un entretien avec vous.
CA : Je ne me souviens plus dans mon intérieur personnel si je vous ai donné rendez-vous. C'est comme ça, c'est une fiction vitale... Ce désir intérieur d'avoir une pizza en ouvrant la porte, et d'être nue sous son peignoir, ce n'est pas une loi sociale ou un devoir, mais quelque chose de plus profond, qui vient de plus loin, une chose intérieure... Une sorte d'exigence ultime et intérieure que personne ne pourra comprendre. Commander la pizza, recevoir le pizzaiolo à demi-nue, lui donner à voir juste ce qu'il faut pour susciter son désir, puis disparaître ensuite dans le secret de sa maison intérieure. C'est terrible, ces mots, terrible. Tu ne peux pas comprendre combien c'est intérieur.
LPCI : Oui, mais moi, je suis le rédacteur en chef du Petit Champignacien et lorsque je fais des interviouves, on me reçoit avec une choucroute, pas avec une pizza que j'amènerais.
CA : Tu me rejettes donc, comme tous les mâles qui veulent dicter leur ordre des choses et qui voient les choses de l'extérieur ! Mais il y a un niveau inatteignable de la littérature que tu n'auras jamais, la littérature elle-même ! Tu ne peux pas m'atteindre, puisque je suis inatteignable et que je suis la littérature elle-même que l'on ne pourra jamais broyer. J'emmerde tous ceux qui pensent le contraire et donnent des prix à d'autres que moi.
LPCI : Je vous demande pardon madame Angot, je n'ai pas eu l'intention de vous blesser, mais je suis juste venu vous interroger autour d'une choucroute et pas pour vous livrer une pizza.
CA : Cela me fait penser que j'ai commandé une pizza à la choucroute pour mon amant de ce soir dans mon intérieur à moi. C'est bizarre. Il fallait que je sois hors de moi et il faut être hors de soi pour que la littérature advienne. Il faut qu'il y ait un choc pour que naisse l'écriture venue de l'intérieur. Cette demande de choucroute, cela m'a mise hors de moi tellement cela n'avait rien à voir avec mon écriture intérieure. Vraiment rien à voir ! Rien du tout ! Jamais de la la vie ! C'était infect de me demander ça. Comme si l'on voulait me castrer de mes capacités de créations intérieures qui viennent du plus profond de mes désirs intérieurs. Je ne peux écrire que si les deux amants commandent une pizza minute toutes les dix pages de mes romans intérieurs, je ne peux accepter que l'on fasse figurer un autre plat intérieur que la pizza intérieure dans mes textes intérieurs, c'est une urgence intérieure et vitale, et surtout intérieure.
LPCI : Certes, mais ce n'était pas un rendez-vous amoureux, quoique... un hôtel Formule 1 pour un entretien avec un blogueur, ce n'est pas le cadre le plus adapté.
CA (étendant ses bras autour de LPCI): Mais tu n'as donc pas compris pourquoi j'étais nue intérieurement sous mon peignoir intérieur ? (Ecartant les pans de son peignoir). Tu peux vérifier si tu veux et voir que cette matérialité-là de l'amour intérieur est tout le temps occasion de mise en doute, inquiétude, suspense. Je sais que vous autres blogueurs n'écrivez que pour vous faire le plus de femmes possible sans voir leur intérieur vital. Ce que vous écrivez, je le sais déjà, parce que je l'écris depuis longtemps. Ce ne sont pas des notes dans un carnet, ce n'est pas une mise au point pour soi, ce n'est pas pour y voir plus clair, c'est une adresse publique, pas à un groupe, pas à une société, pas à un temps choisi, c'est à tout le monde indifféremment  Je m'offre à toi, de tout mon intérieur, comme je l'aurais fait au livreur de pizza !
LPCI : Mais je ne suis pas un livreur de pizzas ou un amant, juste un blogueur interviouveur !
CA, cette fois sans peignoir : Salaud ! Ordure ! Crapule ! Tu oses refuser mon exigence à la vie intérieure, tu n'acceptes donc pas mon combat intérieur que je mène pour être de façon vitale et intérieure,, tu n'as rien compris, vraiment rien, pas compris, rien, compris rien, tu ne sais pas quoi dire, pas compris hein ? C'est à cela que tu veux me réduire, rien du tout ? Tu ne sais pas ce qu'est l'amour prosaïque. Ce n'est pas parce qu'une grande partie se déroule sans sexe que ce n'est pas prosaïque. C'est concret, matériel, pour le coup, oui. Observer ce qui se passe là, oui, plutôt deux mille fois qu'une. Le lecteur a l'expérience, il sait que cette matérialité-là de l'amour est tout le temps occasion de mise en doute, inquiétude, suspense. Il veut voir comment je vais me débrouiller. Entre ce qui semble, et ce qui est.
LPCI : Mais enfin, c'était idiot ce rendez-vous dans un Formule 1 et en plus vous me prenez pour le livreur de pizzas !

CA : Tu n'as rien compris à la littérature intérieure et vitale, malgré tes diplômes et tes lectures, mon amour, la littérature est d'abord l'art de la répétition des situations et je suis une écrivaine littéraire parce que j'approfondis toujours le champ de mon expérience à partir d'une seule situation de base comme l'expliquent fort bien les critiques, donc l'hôtel Formule 1, la pizza minute, plus le peignoir pour être nue dessous, cela va bien dans ma stratégie marketing afin de paraître vraiment populaire et simple, intérieure et vitale, et où j'ai décidé d'intégrer le Web 2.0, comme toi mon gros loup.
LPCI : Laissez-moi sortir de cette chambre ! 
CA : Jamais de la vie ! J'ai besoin de toi pour mon prochain roman autofictionnel qui mettra en scène un blogueur influent et une écrivaine célèbre réunis par la magie de la nouvelle écriture intérieure et d'Internet.
LPCI : Prenez plutôt Laurent Gloaguen, ou Dagrouik, ils sont plus influents que moi.
CA : Tu ne me cites que des pédés qui ne savent pas comment une vraie femme est faite de l'intérieur ! Et en plus je sais qu'Embruns n'est plus dans le classement Wikio, alors je ne pourrai pas dire que j'ai été attirée par un blogueur influent.
LPCI ; Mais je suis aussi sorti volontairement du classement Wikio.
CA . Ah bon ? Tu serais aussi pédé ? Tu ne vas pas vouloir me prendre par le mauvais trou comme Doc Gynéco quand même et ensuite partir avec ma fille mineure ? Ce serait un bon angle de nouvelle autofiction intérieure et vitale, comment j'ai réussi à convertir un homo à l'hétérosexualité et je pourrais apparaître comme une sainte en compagnie de Christine Boutin et Christian Vanneste, aux prénoms prédestinés.
LPCI : La question n'est pas là ! Rendez-moi mes habits pour qu'on puisse discuter raisonnablement. Je ne veux pas être un de vos personnages de pseudo fiction et pseudo autobiographie.
CA : Raisonnablement, c'est un mot que je n'ai jamais compris, pouvez-vous me l'expliquer ?
LPCI : Autour d'une bonne choucroute, mais surtout après m'avoir délié et avoir ôté mes menottes, s'il vous plaît. N'oubliez pas le bandeau sur les yeux et puis de me donner mes lunettes, j'ai du mal à penser quand je ne vois rien.

Les manchots empereurs doivent aussi participer au débat sur l'identité nationale

Pour mener le grand débat sur l'indignité nationale, Eric Besson a été jusqu'à convoquer un personnage fort important :

Monsieur le Préfet, administrateur des Terres australes et antarctiques françaises.

Certes, ce haut fonctionnaire possède un statut équivalent à celui des autres préfets et hauts commissaires de la République, mais enfin... sa présence dans la liste des destinataires de la circulaire est pour le moins étrange. Non que je veuille me moquer des buts scientifiques de sa mission, mais le voir dans cette liste soulève quelques questions.

1) Les Terres australes et antarctiques accueillent des bases permanentes comme aux Kerguelen et en Terre Adélie, provisoires pour les îles éparses. Cela représente 140 personnes qui ne demeurent en poste que deux ans. C'est la population d'un hameau ou d'un pâté de maisons ou d'un immeuble HLM. Ces 140 personnes seront consultées au sujet de l'indignité nationale alors que les deux millions de Français résidant à l'étranger ne le seront pas, puisque la circulaire n'est pas adressée aux ambassadeurs, consuls et consuls honoraires alors même qu'il y a une représentation politique fort théorique de ces Français par des sénateurs et bientôt des députés.

Z) Le débat est absurde, parce qu'il se limite au territoire dit national, y compris le plus éloigné et le plus invivable. Il s'agit d'inscrire les questions dans la terre et surtout dans les frontières. Si la France avait possédé une station spatiale ou une base lunaire, celles-ci auraient été contactées puisque c'était encore le territoire national. Comme on peut faire du tourisme à la base Dumont-d'Urville, on peut craindre un afflux d'immigrés clandestins venus en pirogue rejoindre notre territoire forcément national.

3) J'ai du mal à comprendre comment les manchots empereurs ou les phoques peuvent faire partie des traditions françaises ou d'une spécifité française qui permettrait d'exclure des gens n'ayant "pas vocation à" vivre et travailler en France. Ou comment l'archipel Crozet ferait partie des paysages qui définissent la France. Certes, on me posera l'objection des Terres-Neuvas, mais ils chassaient le pingouin ou le phoque bien plus au nord et il y a fort longtemps dans des mers qui ne sont plus françaises. Il ne s'agit que des résidus de l'époque coloniale, laquelle est complexe puisque le but était multiple : affirmation de sa puissance militaire et surtout navale, affirmation de sa supériorité scientifique, volonté de conversion d'autres peuples à ses propres valeurs et à sa langue (c'était un peu raté dans le cas des Terres australes), expansion commerciale facilitée par le point précédent, coercition intérieure par des récits de découverte ou de combat qui font rêver les petits garçons.

4) Les TAAF ne font pas partie de l'Union européenne et les autres Etats ne reconnaissent pas ce territoire comme possession de la France à la suite du Traité de l'Antarctique. La France y exerce sa souveraineté de fait, mais elle n'en est pas propriétaire de droit. Il s'agit d'une terre étrangère dont la jouissance peut être révoquée  et seule la fiction administrative française fait croire que ce serait une partie intégrante du territoire national.  

5) Je propose une consultation générale des manchots et des phoques afin de savoir s'ils se sentent plus français, russes, américains, britanniques, australiens, norvégiens...   

mercredi, 11 novembre 2009

Henri Guaino est encore brouillé avec l'histoire

Il faudra signaler à Henri Guaino que la ville de Verdun est traversée par le fleuve la Meuse qui donne justement son nom au département, c'est même le centre de la ville :

L’amitié franco-allemande est scellée par le souvenir du sang allemand et du sang français mêlés pour l’éternité à la terre de Verdun, du Chemin des Dames, ou des rives de la Meuse.

La terre de Verdun et les rives de la Meuse, c'est presque identique ! Le Verdunois est fort vaste, il couvre presque tout le nord de ce département. On s'est certes battu au début plus au sud le long des côtes de Meuse qui ne font pas partie de la vallée de la Meuse tout en étant dans ledit département, mais enfin pourquoi cette redondance ? Sans doute parce qu'il songeait à un nom de cours d'eau afin de peaufiner sa période classique et qu'il a trouvé que la Somme, la Marne ou l'Yser n'étaient pas suffisamment évocatrices. On pourrait croire qu'il n'a jamais visité Verdun et la Meuse...

Il poursuit ainsi :

Et quand on va, à Douaumont, du cimetière français au cimetière allemand, dans le lourd silence de ces lieux où dorment tant de morts, on parcourt dans sa tête le chemin qui mène de la guerre à la Paix.

Il n'existe justement pas de cimetière allemand ou français dans l'ossuaire de Douaumont consacré aux inconnus de toutes nationalités, là où se trouvent la quasi-totalité des sépultures du lieu ! Mais il y a un cimetière en contrebas avec ses carrés de croix blanches pour les vainqueurs qui n'étaient pas seulement français et noires pour les vaincus qui n'étaient pas seulement allemands. Il n'y a qu'un seul cimetière national, divisé en carrés selon les origines ou les confessions. Les différents cimetières étrangers (russes, américains, britanniques, australiens, canadiens) sont des concessions du territoire national faites aux pays alliés, avec un statut d'extra-territorialité, et c'est pourquoi il n'y a aucun cimetière allemand en France.  

C'est bien joli de vouloir jouer son Péguy et son Barrès à la fois, mais il faudrait quand même un peu de rigueur historique ou géographique, ou tout simplement politique, par moment et ne pas se laisser capter par le goût de la rhétorique des images faciles. Les morts passées n'excusent pas la mauvaise littérature.


mardi, 10 novembre 2009

Généalogie du devoir de réserve

En 1853, Népomucène Raoult - illustre ancêtre de notre ex ministre de l'Intégration (sic !) - écrivait au ministre des Affaires ecclésiastiques et  l'Instruction publique, cette bafouille :

Le livre, les Châtiments, dans lequel l'écrivain Victor Hugo juge que "cette France-là" est criminelle (celle de notre empereur, de Morny et de Haussman) relève d'une prise de position inacceptable. Ces propos d'une rare violence, sont peu respectueux voire insultants, à l'égard de ministres de l'Empire et plus encore du Chef de l'État. Il me semble que le droit d'expression, ne peut pas devenir un droit à l'insulte ou au règlement de compte personnel. Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d'un certain respect à l'égard de nos institutions, plus de respecter le rôle et le symbole qu'elle représente. C'est pourquoi, il me parait utile de rappeler à ces grands esprits le nécessaire devoir de réserve, qui va dans le sens d'une plus grande exemplarité et responsabilité.

Demain, une lettre de Sosthène de Raoult dénonçant le sectarisme de Voltaire dans l'affaire du chevalier de La Barre et ses séjours en Allemagne - ce qui prouve qu'il est un très mauvais Français du fait de sa crainte de la Bastille. Puis une d'Arsène Raoult condamnant l'intolérance d'Emile Zola au cours de l'affaire Dreyfus et son départ pour le Royaume-Uni. Une d'Aristarque Raoult demandant qu'Etienne Dolet et Rabelais soient brûlés et que leurs livres soient interdits, car contraires à notre sainte religion catholique. Une de Théodobert de Raoult jugeant que les Essais de Montaigne sont une justification de la sauvagerie et qu'il conviendrait de faire passer cet ancien magistrat à la grande question afin qu'il soit un peu plus modéré dans ses affirmations. Une de Gonzague de Raoult exigeant la condamnation totale du Tartuffe qui ne respecte pas nos plus nobles institutions. Une de Gontrand de Raoult commandant que l'on ne représente plus jamais le Mariage de Figaro qui offre un fort mauvais tableau de l'état de notre pays et de notre justice. Une de Gombert de Raoult (un patriote fier de l'être) envoyée au siège de la Milice et à la rue Lauriston pour que l'on identifie le mauvais Français écrivant le Silence de la mer sous le pseudonyme de Vercors, ce qui prouve l'absence totale de courage et de morale de cet écrivain qui dénigre l'oeuvre collaborationniste du maréchal de manière provocatrice. Une de Philbert Raoult demandant à André Malraux la radiation de la nationalité française tous les signataires de l'appel des 161 et des journalistes de l'Express qui nuisent au bon moral de nos vaillantes troupes de pacification en Algérie qui savent torturer en respectant un code de déontologie fort démocratique. La famille Raoult a été fort productive en lettres de dénonciations au cours de notre histoire et elle s'est toujours appliqué à traquer le totalitarisme des écrivains qui ne respectent pas leur devoir de réserve. De lettres, elle n'a que celles-là, tant elle ne sait pas s'exprimer en français.

samedi, 07 novembre 2009

Krys, ou la misogynie du second degré

Les publicités de Krys, l'opticien, s'affirment comme décalées. Avant, j'avais les oreilles décollées, avant, j'étais tatoué, avant, j'étais chauve, avant, avant, j'étais petit, j'étais maigre ou gros, etc. Tout cela peut sembler un peu anodin, mais quand je lis "Avant, j'étais blonde" et qu'une femme blonde tente de lire sans lunettes un livre intulé Logique signé par Kant, tout en ricanant de manière sotte, je me dis qu'il y a un gros problème. Le livre existe, même s'il est peu reconnu parmi les écrits majeurs de Kant.

Pourquoi le choix de Kant comme auteur d'une logique et non Aristote par exemple ? Eh bien ! sans doute par une lecture de Kador par les pubaux qui se sont dit que Kant faisait sérieux, puisque personne ou presque ne le lit et qu'il est synonyme d'écrits très compliqués à comprendre. Kant, cela fait tout de suite plus rigoureux que tout autre nom de philosophe (sauf Spinoza pour Philippe Val et Lévinas pour Alain Finkielkraut). On vend donc avec le nom de Kant sans chercher à savoir ce qu'il a dit.

Ensuite, on a affaire au phénomène de la blonde forcément idiote qui ricane bêtement lorsqu'elle ne porte pas de lunettes et puis qui peut enrichir son esprit une fois qu'elle les porte. Cela me pose des questions, parce que le mot blonde veut dire ici cruche, crétine, débile, abrutie. Ce n'est plus une simple caractéristique physique comme petit ou gros, mais bien une définition de ce que serait une femme totalement stupide (et non un homme, on ne parle jamais de la pensée de blonds).

Enfin, je ne comprends pas du tout comment de telles publicités discriminatoires ont pu être acceptées par le BVP et surtout celle-ci qui est d'une rare misogynie et qui véhicule des clichés d'un autre temps même si on prétend au second degré en reprenant de mauvaises blaques.

vendredi, 06 novembre 2009

Le P'tit McDo à l'assaut du monde

Je suis depuis plus d'un an étonné par les campagnes publicitaires de McDonald's, je me disais que je devais écrire sur le sujet et puis j'ai reporté sans arrêt le billet. La firme considérée comme la principale responsable dans la malbouffe a entrepris de se recentrer et elle développe un argumentaire assez efficace pour prouver qu'elle achète des produits locaux, qu'elle vend de la verdure et des légumes, qu'elle baisse les graisses et les sucres et qu'elle entend fournir des menus équilibrés ou participer à l'éducation alimentaire. Tout cela est de bonne guerre et McDonald's qui jouait avant sur d'autres créneaux comme l'hygiène, la simplicité du service, la transparence des prix ou l'expression d'un mode de vie décontracté s'est reconverti dans une nouvelle rhétorique publicitaire, qui sans être vraiment bio ou écolo, joue sur les tendances présentes dans l'opinion publique.

Super Size Me avait dénoncé les méfaits d'une alimentation fondée seulement sur les produits McDonald's. Tout ce qui était Big et mis en avant est désormais proscrit dans les publicités de la marque ou juste noyé parmi d'autres publicités qui illustrent la nouvelle ligne. On a donc des P'tit Moutarde (sauce moutarde à l'ancienne, s'il vous plaît), P'tit Wrap, P'tit Tandoo (poulet tandoori), P'tit Chicken, P'tits plaisirs et j'en passe. Ce qui m'intéresse alors n'est pas simplement le fait de passer au small is beautiful. Il y a plusieurs effets simultanés dans l'emploi du mot P'tit.

D'abord, McDonald's est vue en France comme une entreprise étrangère et surtout étatsunienne, or il existe en France une très grande défiance et dans le même temps une fascination pour les EU. Les deux sentiments peuvent coexister chez les mêmes personnes. Les pires anti-étatsuniens pouvant être les plus américanisés de manière inconsciente. La marque a donc développé un terme plus français pour la France, alors qu'un Lil' l'aurait enfermée dans son identité étrangère. Cela va avec son opération de communication sur l'achat de produits locaux, elle flatte le sentiment national du pays où elle se localise.

Puis, cela n'empêche pas McDonald's de mettre en avant son multiculturalisme en faisant suivre le mot P'tit de noms de plats étrangers abrégés à sa sauce. Il y a un signe pour ceux qui veulent de la francitude et un autre pour ceux qui veulent de l'exotisme et de l'étatsunien. On joue sur les deux tableaux à la fois. 

Ensuite, le terme P'tit est de plus en plus utilisé dans la publicité, les noms de marques et les raisons sociales. McDonald's ne roule pas seul, c'est une tendance de fond générale. Pourquoi ? Il existe une connotation affectueuse à tout ce qui est petit. En français, cela peut vouloir dire sympathique, familier, gentil, agréable, sans manières affectées, bon marché, etc. Le titre de ce blogue joue justement sur cette valeur. Le Petit Nicolas de Goscinny et Sempé n'aurait jamais connu un tel succès s'il n'avait pas été justement petit.  Mais on peut renforcer ce sens en l'abrégeant de manière populaire par la syncope et l'apostrophe, ce qui nous rapproche du langage enfantin  Dire P'tit, c'est placer l'emphase sur un sentiment d'innocence propre à l'enfance. La consommation impulsive doit être déculpabilisée et ramenée à un niveau plus acceptable pour le public cible (les prospects des marquetingueux).

Enfin, le terme petit était totalement banni par les gens du marquetingue il y a à peine cinq ans. Parce que cela voulait dire vouloir faire un petit prix pour un produit et donc offrir des possibilités de marchandage. Il ne fallait pas parler d'un petit café quand on était commercial, cela tenait lieu de dogme. L'époque a changé depuis la crise économique, la prise de conscience vaguement écologiste, les révoltes d'agriculteurs, les nouvelles réglementations au sujet de la restauration. McDonald's, qui est une entreprise mondiale, sait s'adapter à des marchés locaux en parlant le langage des autres entreprises du même lieu et elle est l'un des meilleurs révélateurs de ce qui est la pensée dominante.

jeudi, 05 novembre 2009

Hommages à Claude Lévi-Strauss

Le jour et le lendemain de la mort du grand homme, je me suis un peu défoulé dans Twitter en imaginant les réactions officielles. Twitter est le média le plus pertinent pour cela : économie de signes, réactivité, second degré, emploi de mots clés. Comme dans le cas du décès de Michael Jackson, l'annonce avait été faite sur Twitter deux heures avant les premières dépêches d'agence. J'ai donc commis une série de textes brefs que je donne ici après une réécriture, puisque la forme Twitter est incompatible avec celle d'un blogue. Ce sont deux styles différents, deux situations différentes, le blogue offre le recul nécessaire dans le temps et de l'espace pour exposer ses idées, alors que Twitter favorise l'invention et la spontanéité. Mais l'un peut s'articuler avec l'autre, et puis il me semble que les formes brèves (aphorismes, proverbes, maximes, ex voto, dédicaces, graffitis, slogans, sentences) sont assez mal reconnues alors qu'elles dominent notre vie quotidienne. Parodier ces formes, c'est aussi un peu se les réapproprier et c'est pourquoi il y a eu un grand succès du hashtag #jeansarkozypartout. Je crois à la valeur intrinsèque des formes brèves, à leur efficacité, mais en même temps je me dis qu'il faut aussi les reprendre dans un cadre plus général, comme celui d'un blogue ou d'un site.

 

Brice Hortefeux, Auvergnat aimant se moquer des autres Auvergnats, est convaincu qu'une récitation de paragraphe de Lévi-Strauss avant un bon coup de matraque donnera une image positive de la police.

MAM, experte en complots de l'ultra-gauche, se dit qu'une lecture par des acteurs de Lévi-Strauss auprès des prisonniers réduirait le nombre de suicides.

Eric Besson, traitre de profession, se demande comment expliquer les expulsions de réfugiés en se servant de la pensée de Lévi-Strauss.

Alain Finkielkraut, radiosophe : n'oublions surtout pas que Lévi-Strauss n'a jamais reconnu la supériorité de son esprit, cela le condamne à mes yeux.

Alexandre Adler, espion : je suis prêt à révêler comment Lévi-Strauss a abrité des nazis au Brésil après avoir été subventionné par le KGB.

Nicolas Hulot, hélicologiste : je regrette la mort de ce savant qui n'a pas pu être aussi conscient que moi des dangers que court la planète, vu qu'il refusait de monter dans un ULM.

Christine Angot, autofictionneuse : il n'a pas pu supporter le fait que j'allais relater notre passion torride dans mon prochain roman.

Johnny Halliday, chanteur engagé et citoyen : Levi-Strauss, je suis pour que le Panthéon vende tous ses jeans quand il sera privatisé.

Jean-Pierre Pernaut, journaliste provincial : nous avions en projet une série sur le dernier sabotier de Lozère pour montrer l'ethnologie de manière concrète et vivante.

Roselyne Bachelot, pharmacienne haute en couleurs : Claude Lévi-Strauss avait refusé de prendre le vaccin contre la grippe A et voyez ce qui arrive !

David Douillet qui n'est pas une tapette : si j'avais pu le conseiller pour son jogging matinal, cela ne serait jamais arrivé !

VGE, Michel Rocard, Jack Lang, Jacques Attali et Claude Allègre, grosses têtes : hélas ! je suis le suivant sur la liste des disparus illustres à venir. La pensée sera morte après moi.

NKM, guiquette familiale : j'allais lui montrer comment appuyer sur Power et cliquer, heureusement il n'est pas mort à ce moment-là.

Nadine Morano, poissonnière : 'reusement qu'il a crevé le vioc, i r'mettait en cause le modèle familial et universel de mon m'nistère.

Eric Besson, Ganelon de naissance : il a pu échapper au débat sur l'identité nationale , mais nous pourrons toujours le récupérer.

Bernard Tapie, sans compte bancaire fixe : rien à branler, je me suis déjà démerdé de l'affaire Adidas, alors Levi-Strauss pas pour moi.

Jacques Séguéla, collectionneur de Rolex : s'il avait voulu que je le conseille, il aurait eu au moins deux prix Nobel et il a raté sa vie !

Yann Artus Bertrand, marchand d'images pour les écoles : c'était un homme malveillant et écologiquement irresponsable, il refusait d'être photographié par moi !

Jacques Chirac, locataire des palais de la République ; j'ai pu lui signaler une erreur de traduction d'un texte taki-taki, il m'en a été reconnaissant.

Christian Estrosi, bac moins quinze : je préfère Lee Cooper ou Denim's.

Guillaume Musso, tête de gondole : cette mort inopportune et malveillante nuit à la campagne de pub pour mon dernier livre.

Frédéric Beigbeder, rebelle barbu et chevelu : on devait se faire un rail ensemble et j'allais lui faire un plan média pour le rajeunir.

Jean-Pierre Raffarin, inventeur de slogans pour Jacques Vabre : désolé que l'inventeur du blue-jeans soit mort, mais je reste rock'n'roll comme Johnny.

Henri Guaino, péguyste plus légitime que Finkielkraut  : je vais avoir du mal à trouver des anaphores dans ses textes et cela s'annonce comme très ennuyeux.

Laurent Joffrin, spécialiste en contorsions verbales : nous à Libé, on est embêtés, certains ne veulent pas gommer le visage de Sartre à côté de lui, mais le débat a été très transparent comme toujours à Libé.

BHL, intellectuel décolleté : un lâche ! Il ne m'a jamais accompagné en Bosnie ou en Géorgie devant les balles des pires dictateurs. Un intellectuel de bibliothèque sans caméra autour de lui.

Alain Finkielkraut, prof de français à l'ancienne : c''est un intellectuel mineur qui n'a jamais voulu me répondre sur France Culture contrairement à Péguy qui me visite tous les jours et qui me fait entendre sa voix ainsi que le faisait saint Michel pour Jeanne d'Arc.

Marc Lévy, autre tête de gondole : j'espère que l'on ne nous confondra pas !

Alain Minc, déontologue : Je suis le Lévi-Strauss de la Bourse, je représente les sociétés que j'ai mises en faillite !

Jacques Attali, savant universel ; aujourd'hui une seule personne peut lui succéder à son fauteuil et je sais qui elle est.

Jean-Marie Colombani, multicartes : il devait écrire un texte important pour Slate.fr et je peux vous livrer le premier mot de cet article qui aurait fait événement : "Euh".  

 

 

 

L'art de ressembler à un Russe sans l'être

concert.jpgCela a vachement plus l'air russe avec un n à l'envers qui signale alore une voyelle russe et non une consonne, vous ne trouvez pas ? C'est si facile de dire que le sujet est russe, il faut juste un signe exotique pour le signaler même si le reste du texte est totalement incohérent avec cette autre graphie. Et pourquoi a-t-on choisi cette lettre plutôt que les autres ? Parce qu'elle reste lisible dans notre alphabet latin avec sa valeur alors que le C aurait posé plus de probèmes. Faut faire russe, mais pas totalement et pas absolument.

mercredi, 04 novembre 2009

Pour un Grenelle de la pétanque

Je reçois une lettre de Jean-Claude, le père de Mariah-Samanthah et de Jean-Steevyn.

Très cher comte, je suis l'objet d'agressions totalement grotesques de la part des gauchistes de l'UMP senior qui refusent d'inscrire la pratique de la pétanque parmi le patrimoine national français qui fait partie de notre identité nationale. Comme dirigeant de l'UMP senior du Cantal-Atlantique, je me dois de lutter contre cette idée fausse qui consisterait à dire que la pétanque serait un sport estranger et j'espère que vous m'apporterez votre soutien.

Cher Jean-Claude, la pétanque fait partie des ciments de notre nation et elle est permet d'intégrer les éléments allogènes qui n'auraient jamais découvert la civilisation sans voir ses règles complexes hors de votre village. Vous avez raison de vous insurger contre ce qui menace votre identité locale. Je transmets votre message à Henri Guaino afin qu'il exécute un discours présidentiel sur les vertus de la pétanque devant un public choisi et bien sélectionné. Il est totalement inadmissible que la pétanque soit ainsi dénigrée et il faut l'inscrire dans les programmes scolaires de manière urgente, avec évaluation obligatoire. Comment pourrait-on douter du sens eschatologique de la pétanque dans la constitution de notre identité nationale ? Il nous faut lancer un Grenelle à son sujet afin d'aboutir à nos conclusions sur le fait de pointer ou tirer

mardi, 27 octobre 2009

[Publicité] L'identité nationale vue de mon kebab

Comme tout blogueur influent parmi bien d'autres, je suis invité à parler de nouveaux produits innovants et novateurs afin de faire bénéficier de nouvelles entreprises de ma notoriété et de mon influence. C'est pourquoi Mehmet et Kemal qui tiennent le kebab de la grand-rue de Champignac m'ont demandé de dire ce que je pense de leur jeune pousse. Je vous livre mes impressions en vrac, comme elles me sont venues pendant que je disputais le bout de gras.

J'apprécie particulièrement l'apparition d'une choucroute hallal dans la carte des menus. Le premier turc, pardons truc qui me vient à l’esprit quand je regarde la série des nouveaux plats comme le petit salé kebab, la quiche lorraine sucuk, c’est Wow ! en voilà un turc, pardons un truc qui va déménager. Ensuite je cherche à comprendre un peu la recette, et là c’est vrai que ça se corse légèrement.

Je dois avouer qu'il est assez dépaysant de déguster de tels produits et j'ai donc décidé de les interroger.

LPCI : N'avez-vous pas l'impression de vous attaquer à l'identité nationale en proposant une choucroute hallal ?
Mehmet : Mais la choucroute n'est pas un plat d'origine française ou alsacienne, elle vient de Chine via l'Egypte et les marins grecs !> Kemal : La choucroute peut être faite avec toutes les viandes, même le poisson, et n'importe quel légume en saumure.
LPCI : Est-ce que ce ne serait pas trop provocateur de proposer une choucroute sans porc ? Est-ce compatible avec le fait d'être français ! Mehmet : Je ne vois pas du tout pourquoi la choucroute serait une marque identitaire ou comment il pourrait y avoir une choucroute plus française que les autres>Kemal ; Notre choucroute est garantie d'origine, puisque nous respectons les traditions millénaires de sa confection pour les navires méditerranéens.
LPCI : Soit, mais votre choucroute va heurter les sensibilités régionales qui ne peuvent concevoir de choucroute qu'alsacienne et donc française.
Mehmet : C'est le lot de tous les jeunes investisseurs qui ont du mal à apporter du cash-flow et ne peuvent mettre en avant leur branding.
Kemal : On doit développer plus notre plan de développement et on doit trouver des business-angels afin de nous permettre de développer notre business-plan, mais tout cela est à l'étude.
LPCI : Mais enfin, vous vous attaquez à l'identité nationale et aux valeurs de la République !
Mehmet : Business is business.
Kemal : Je dirais même plus, business is business.

Note.  Mehmet et Kemal ne ne nous payent pas en kebabs pour que nous disions du bien de leur kebab, mais pour que nous en parlions.


samedi, 24 octobre 2009

Rio 2016

Je découvre le logo pour les jeux olympiques de 2016 via le Petit Musée des marques.

rio.jpgCe qui me frappe d'emblée, ce n'est pas le choix d'un point d'exclamation à la place d'un chiffre, ni la forme du pain de sucre plus proche d'un iMac que d'une montagne dans une baie, ni l'inversion des deux points colorés censés représenter les deux hémisphères, ni la forme coupée des anneaux afin de représenter deux parties du monde, mais le choix des couleurs.

D'habitude, les logos olympiques reprennent plus ou moins le motif et les couleurs du drapeau olympique qui symbolisent les cinq continents (selon la géographie européenne et non américaine).





anneaux-olympiques.jpgOn regarde les couleurs, bleu clair, vert, jaune, rouge, noir. Là, on a du bleu profond, du vert clair et profond, du blanc et surtout... de l'orange !

Cela ressemble furisusement à cela ;




drapeau_bresil.pngLe drapeau brésilien lui-même ! Il a juste fallu décliner le vert en deux teintes différentes pour donner l'impression qu'il y avait quand même les cinq continents. Notez dans le drapeau brésilien l'étoile unique de l'hémisphère Nord, juste à la limite de l'équateur et puis la devise inspirée d'Auguste Comte : "Ordre et progrès'.






london_2012.jpgNotons que Londres avait déjà dérogé à la règle en se présentant comme ville avec une représentation de son périmètre , mais en conservant les anneaux tous en blanc. Dans le cas du Brésil, on a clairement un logo nationaliste, ce que n'avait même pas osé la Chine.





pekin-2008.jpeg

samedi, 17 octobre 2009

Ma conversation de blogueur avec Laurent Joffrin

Aujourd'hui, le Petit Champignacien interroge Laurent Joffrin, le directeur de Libération, au sujet du prochain numéro à paraître de ce journal.

LPCI : Bonjour, monsieur Joffrin, je suis content de voir que vous reconnaissiez l'existence de la blogobulle dont je suis un éminent représentant. Je serais heureux de mettre mon talent reconnu et salué par tous au service de votre plateforme.
LJ : Attention ! nous à Libé, nous avons un cahier des charges très précis au sujet des blogues que nous hébergeons et les règles que nous édictons sont assez sévères parce que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser passer n'importe quoi sous le couvert de l'anonymat. Nous à Libé, nous sommes avant tout soucieux de notre indépendance et de notre code de déontologie que nous avons fait approuver par un vote solennel. Nous à Libé, nous ne pouvons pas laisser passer n'importe quel type de commentaire !
LPCI : Certes, mais enfin... quand on lit les réactions au bas de certains articles du journal papier, on peut se dire que les blogues sont bien mieux surveillés et contrôlés.
LJ : Détrompez-vous ! Nous à Libé, nous fermons les commentaires des articles dès lors que l'on parle de la vie interne de Libé. C'est un processus parfaitement démocratique que j'assume entièrement comme directeur mandaté par le principal actionnaire. Nous à Libé, nous sommes très attentifs à la liberté d'expression et il est hors de question que l'on remette en cause le sens de notre indépendance par des commentaires malveillants au bas de mes éditos. Mais pour le reste, tout le monde peut dire ce qu'il veut au bas des autres articles non payants. Nous ne sommes quand même pas au Figaro, nous à Libé, et nous pouvons accepter l'irrespect qui est la marque de fabrique de notre titre. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si nous à Libé avons repris un titre issu de la résistance.
LPCI : Soit, mais j'ai du mal à comprendre votre stratégie Web 2.0. Vous avez des blogues en nombre réduit qui sont tous modérés soit par leur auteur ou par un modérateur, des articles qui sont ouverts à des commentaires qui sont mal modérés depuis l'Inde ou Madagascar et puis des articles sur lesquels vous ne voulez pas de réactions.
LJ : Nous à Libé, cela se discute de manière démocratique, donc si tout le monde ne demande pas que j'ouvre les commentaires sous mon éditorial, eh bien ! on ne les ouvre pas, surtout si cela pourrait mettre en cause ma gestion.
LPCI : On m'a dit que vous prépariez un grand coup pour lundi. Pourriez-vous nous en dire plus ?
LJ : Oui, nous à Libé avons décidé de faire de Pal Sarkozy le directeur artistique et le rédacteur en chef de notre édition. Je peux déjà vous montrer la photo de Une d'un numéro de cent pages avec couverture glacée.

sarkopal.jpg

 

 

 

LPCI : C'est impressionnant, mais pourquoi ?
LJ : Nous à Libé, nous avons une tradition de donner des numéros à illustrer ou commenter par des personnes qui ne sont pas des journalistes de formation, c'est notre combat démocratique afin de nous ouvrir à la société civile. On a eu ainsi des numéros dirigés par des rédacteurs en chef exceptionnels comme Ben, Buren, Calvin Klein, Isabelle Adjani, Kent Hutchison, Spencer Tunick, Carla Bruni. Nous à Libé, nous sommes très attachés à la liberté d'expression et nous avons pensé qu'il était bon d'apporter un regard différent sur le sarkozysme, grâce à ce discours décalé. 
LPCI : J'ai un peu de mal à comprendre. Vous voulez dire que Pal Sarkozy va illustrer tout votre journal au nom de l'antisarkozysme ?
LJ : Attention ! Je n'ai jamais dit cela, nous à Libé nous ne sommes pas dans l'antisarkozysme, mais nous estimons nécessaire de donner la parole à tout ce qui fait la vie culturelle contemporaine et de témoigner de notre indépendance totale. Nous à Libé, nous l'avons choisi parce que c'est un grand artiste et non simplement pour son nom. ll n'est pas question d'exclure Pal Sarkozy sous le prétexte qu'il serait le père du président actuel ! Nous à Libé, nous ne voulons pas faire ce genre de discrimination.
LPCI : Mais enfin ! ses peintures sont nulles à chier et je reste poli. On croirait un tableau patriotique de la Corée du Nord !  Pourquoi lui et pas un autre ?
LJ : Nous à Libé, nous pensons qu'il n'a pas plus de droits qu'un autre et pas moins qu'un autre. Il est normal qu'un peintre universellement reconnu puisse s'exprimer dans nos colonnes, parce que c'est cela l'exercice démocratique de la république. Pourquoi devrions-nous le bannir sous le prétexte qu'il serait le père de son fils ?
LPCI : Mais vous faites un journal antisarkozyste d'après ce que je peux lire parfois ?
LJ : Pierre Marcelle ou Gérard Lefort n'expriment pas ce que nous pensons, nous à Libé. Ils sont libres, puisque notre fonctionnement à nous à Libé est démocratique, mais comme la décision de confier un numéro entier à Pal Sarkozy a été prise sans qu'ils disent quoi que ce soit puisqu'ils étaient absents lors de l'assemblée générale, c'est le processus démocratique qui s'applique. Je ne vois pas du tout où est le problème. Nous ne pratiquons aucun favoritisme lié au nom puisque Pal Sarkozy nous a fait un prix pour ses services.
LPCI : C'est juste très moche comme style et puis l'apologie de Sarkozy par son père.
LJ : Nous à Libé, nous estimons qu'il faut rester équilibrés dans les critiques du nouveau régime. On peut donc autoriser, toujours de manière démocratique, des articles contre le petit-fils puisque nous mettons en avant le grand-père.
LPCI : Cela dit, dans tout entretien de blogueur qui se respecte il doit y avoir une choucroute, où est-elle ?
LJ : Ce n'est pas de la choucroute, mais de la goulasch que j'ai préparée pour notre futur invité.
LPCI : Argh !

 

P.-S. J'avais commis jeudi un Tweet où je disais en gros : "Pal Sarkozy, peintre du dimanche, déclare : si l'on attaque le président, c'est moi qui suis visé". Puis j'avais promis une interview de Pal Sarkozy avec un fort accent hongrois pour le lendemain, interview que je n'ai jamais écrite. Rimbus s'est donc emparé de mon idée (sans l'accent hhhongggrrrois dont je voulais l'affubler). Je ne le lui reproche pas, je ne sentais pas du tout l'idée d'une interview de Pal et cela me semblait limité. Puis, l'idée de l'interview de Joffrin suggérée avant par JBB (le Charançon libéré) me laissait un peu en panne parce que je ne voyais pas d'angle précis. En reprenant mon idée, Rimbus m'a permis de savoir ce que je pouvais écrire en m'évitant de développer. Je ne lui en veux donc pas de me copier puisqu'il m'a déchargé d'une tâche. Pas plus qu'à JBB, qui m'avait confronté à un délicat problème de style que j'ai du mal à saisir tellement il est gluant. Ils sont les coauteurs indirects de ce texte, je n'aurais pas fait le rapprochement sans eux.       

mercredi, 14 octobre 2009

Ma conversation de blogueur avec Guy Gilbert

Le Petit Champignacien ne reculant devant aucun sacrifice a décidé d'interroger le curé-loubard préféré des médias, le père Guy Gilbert pour lui poser des questions au sujet de la position de la Sainte Eglise apostolique, catholique et romaine.

LPCI : Bonjour mon père.
GG : Putain de bordel de merde ! Ne commence pas comme ça, Ducon, tu dois me dire Guy comme tous mes potos ! On est tous frères, on est tous égaux devant Jésus-Christ ! Merde-chiotte, quoi ! Evoé !
LPCI : Que pensez-vous...
GG : Tu vas pas me vouvoyer durant toute cette interview chiante comme la mort ? Qu'est-ce que c'est que ce truc d'un autre âge ! Y faut évoluer avec son temps ! Figure-toi mon pote que je tutoie Dieu, c'est révolutionnaire non ?
LPCI : Je ne sais pas, j'ai eu une éducation religieuse protestante et j'avoue que cela se pratique depuis quelques siè...
GG : Mais foutre de merde ! Je suis partisan du dialogue œcuménique, interconfessionnel, intergénérationnel, international et interplanétaire depuis des lustres ! Je me fais chier à le dire depuis des années, donc tu vas pas m'emmerder en me disant que les protestants tutoient Dieu depuis plus longtemps que moi. L'important, c'est que l'on avance dans la même direction, quoi ! et on passe le balai de chiottes ! Hosannah !
LPCI : Je voudrais d'abord que l'on commence par évoquer la réception de la dignité de chanoine du Latran par notre admirable président. Qu'en pensez-vous ?
GG : Tu continues à me tutoyer, hein Dugland ? Tu me cherches vraiment ? Tu vas voir ta tête si tu continues... Putain ! Alleluiah ! Je trouve cela très courageux de la part de quelqu'un qui n'a jamais ouvert la Bible auparavant et qui a dû sécher toutes les séances de catéchisme vu la façon dont il se comporte. Il faut avoir des couilles pour déclarer, je cite : "Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance."  Là, c'est vraiment du texte couillu ! Putain de chiotte ! Que faut-il de plus ? C'est vrai qu'un instituteur ne pourra jamais avoir la grandeur d'âme qui est la mienne ! Putain ! Evoé !
LPCI ; Et que pensez-vous de la présence de Jean-Marie Bigard lors de cette cérémonie ?
GG : Tu continues à me vouvoyer comme le premier con que je rencontre, cela va mal finir. Bigard, c'était normal, putain ! c'est un  croyant, donc il a toute sa place dans la seule église authentique, véritable, réelle et il a parfaitement le droit de rencontrer Notre Très Saint Père, Benoît XVI, béni soit son nom prédestiné et putain de chiottes ! Il n'a jamais dit un seul texte qui offenserait notre Sainte Eglise et il se prosterne ou prie trente fois par jour, putain ! plus qu'un islamiste pratiquant et fondamentaliste ! Cela mérite d'être remarqué, putain ! Emmanuel ! 
LPCI : Justement, parlons de Benoît XVI et de certaines canonisations comme celle de José-Maria Balaguer, le fondateur de l'Opus Dei.
GG : Putain d'enculé, tu me cherches vraiment ! Mais la modernité, c'est ça ! Faut pas avoir des complexes comme des salopards de parpaillots frustrés et puceaux qui sont enculés par le politiquement correct, bordel ! L'Opus Dei est au service de Dieu, putain ! que son nom très saint soit loué, Alleluiah, Emmanuel et putain de bordel de foutre ! E
t pas de ses membres même si cela ressemble à la Mafia ! Cela ne se discute même pas et il faut être archaïque pour le faire... 
LPCI : Eloignons-nous de ces sujets compliqués? Quelle est votre stratégie Internet personnelle ?
GG : On va pouvoir me trouver sur FaceBook, Twitter, Dailymotion, Copains d'avant, iTunes, je vais faire des prêches en ligne et des invitations à la prière comme les imams et les rabbins branchés, putain de je ne sais quoi ! Amen !
LPCI : Un sermon en 140 signes, cela peut être difficile sur Twitter.
GG : Rien n'est impossible à qui croit en Notre Seigneur, bordel de merde ! Y faut s'adresser au peuple comme il parle, putain de con ! Quitte à l'abaisser.
LPCI : Allez-vous ouvrir un blogue et où ?
GG : Toi, je vais te défoncer la tête puisque tu continues à me donner du vous. Le blog, c'est sûr que je vais l'ouvrir comme beaucoup de mes potos curés, c'est un truc que je kiffe trop, putain ! J'y raconterai ma life et je compte avoir beaucoup d'occasions de lol. 
LPCI ; J'y pense maintenant, vous ne m'avez pas encore présenté la choucroute qui doit être présente dans toute rencontre avec un blogueur. 
GG : La choucroute, mais je vais te la mettre dans la tronche, mon pote ! Bordel ! Tu n'as pas arrêté de me vénère avec tes questions en portnawak ! Attends un peu...
LPCI : Je me sauve alors !
GG : Tu n'es pas sauvé puisque tu ne crois pas dans le bon Dieu dans la bonne Eglise' ! Putain ! Salopard d'hérétique, de schismatique, de païen, d'agnostique et d'athée ! Merde ! Evoé ! Mais tu restes mon frère en Christ malgré tout ! Bordel ! Hosannah !


(Note personnelle ; j'ai rencontré réellement Guy Gilbert quand j'étais en classe terminale et j'ai trouvé un peu étrange que l'on fasse des prêches religieux dans un lycée public et sous le prétexte de philosophie, mais comme cela se passait en Alsace c'était très particulier.)

samedi, 10 octobre 2009

Exclusif ! les grands entretiens du Petit Champignacien

Dans la série "Les grands entretiens du Petit Champignacien", nous annonçons la parution prochaine d'un DVD contenant cette série de discussions avec d'éminentes personnalités de la scène culturelle, politique et médiatique française. C'est le premier volume d'une collection destinée à sauvegarder les paroles des personnages qui font de la France un pays incomparable par son sens de la tolérance, du bon goût, de l'honnêteté, de l'élégance et du raffinement dans l'art du dialogue.    


Ma rencontre de blogueur avec Nadine Morano, 15 juin 2009.

Ma rencontre de blogueur avec Henri Guaino, 23 juin.

Ma rencontre de blogueur avec Frédéric Mitterrrand, 9 juillet.

Mon entretien de blogueur avec Philippe Val, 16 juillet.

Mon entretien de blogueur avec Bernard-Henri Lévy, 22 juillet.

Ma rencontre de blogueur avec Valéry Giscard d'Estaing, 22 septembre.

Ma rencontre de blogueur avec Alain Duhamel, 23 septembre.

Ma rencontre de blogueur avec Alexandre Adler, 24 septembre.

Ma rencontre de blogueur avec Jean Daniel, 1er octobre.

Mon entretien de blogueur avec Christophe Barbier, 4 octobre.

Ma rencontre de blogueur avec Alain Finkielbraut, 10 octobre.

Bonus :

Un entretien exclusif avec Amélie Nothomb, 7 juillet 2006.

Le podcasting exclusif de ma boulangère, 22 octobre 2006 (en mode Loïc Le Meur et Nelson Monfort à la fois).


Les interviouves (à peine imaginaires) sont dans une liste un peu fourre-tout, les carabistouilles, donc j'ai tenu à les en sortir par un billet qui peut servir de référence. Je ne sais encore qui j'interrogerrai ensuite : Eric Zemmour, Jean-Luc Godard, Gérard-Alain Slama, Franz-Olivier Giesbert, Christine Angot, Jacques Chancel, Laurent Joffrin, Philippe Sollers, Jean-Pierre Raffarin ? La liste des prétendants est longue.    

Ma rencontre de blogueur avec Alain Finkielkraut

J'ai décidé de rencontrer l'un des radiosophes les plus connus de France afin de parler de sa vision d'Internet.

LPCI : Bonjour monsieur Finkielkraut, merci de me recevoir aussi aimablement.
AF : Je ne vous dis pas bonjour, depuis que j'ai eu connaissance de votre rendez-vous infernal, je vis dans la terreur et l'épouvante.
LPCI : Mais pourquoi donc ? Un blogue peut servir à célébrer les gens que l'on estime et...
AF : Les blogues servent à une véritable fureur de la persécution; Et il n'y a pas que les blogues, c'est toute la planète internet qui est devenue une immense foule lyncheuse qui me fait peur. Oui, je vis dans la peur la plus totale, comme si je me retrouvais pris au piège du ghetto de Varsovie face aux hordes féroces et meurtrières des nouveaux barbares qui se sont emparés de la technologie afin de tuer toute forme élevée de culture. Vous me faites peur, je l'avoue.
LPCI : Pour détendre un peu l'atmosphère, il est traditionnel dans les rencontres de blogueurs que l'on discute autour d'une bonne choucroute, je ne la vois pas, pourquoi ? 
AF : Ah ! Je devais bien me douter que vous vous déchaîneriez contre moi d'une manière démentielle et sauvage !
LPCI : Mais pourquoi ? La choucroute, c'est agréable.
AF : Vous avez voulu jouer sur le sens de mon nom propre et je soupçonne chez vous une sorte d'antisémitisme qui ne veut pas s'avouer comme tel. Je me nomme Finkielkraut et pas Sauerkraut ! Il n'y a que les antisémites à avoir pratiqué l'amalgame entre la tête de chou et les Juifs. Voilà pourquoi je vis dans un monde d'horreur qui me répugne de plus en plus, puisque nous nous éloignons de toute forme de civilisation du fait de l'arrivée des vandales comme à la fin de l'Empire romain.
LPCI : Mais Gainsbourg a lui-même chanté l'homme à la tête de chou et il n'était pas naz...
AF : Vous me parlez d'un de ces histrions de bas-étage fasciné par le monde black, black, black qui a tant participé à la perte de nos valeurs et de nos repères occidentaux, comme si les chansons pour le top 50 pouvaient être placées sur le même niveau que la poésie la plus pure, par exemple celle de Péguy.
LPCI : Péguy aurait donc parlé de la choucroute lui aussi ?
AF : Oui, bien sûr; Tenez, voici ce qu'il écrit en 1914, juste avant de monter au front et d'y mourir, cela s'intitule Epitre aux Germains. Cela ne rend son écrit que plus poignant.

Au nom du Père ; et du Fils ; et du Saint-Esprit ; ainsi soit-il.
Préservez-nous toujours de la diabolique choucroute que les méphistophélesques cohortes germaniques répandent partout où elles passent.
Choucroute de sorcières dans laquelle barbote une infecte pourriture à peine masquée par la saumure;
Choucroute du mal absolu qui détruit nos forces les plus vives alors que nous devrions nous lier à la terre qui nous a fait naître et qui nous empêche de tuer tous les païens qui vivent outre-Vosges.
Choucroute de l'apocalypse qui brise notre vigueur morale et l'amour que nous devons à nos ancêtres.
Choucroute eschatologique et scatologique dans laquelle se perdent les homùes qui n'ont pas su trouver leur voie et leur voix dans Notre Seigneur.


Il y a comme cela cinq mille vers débutant tous par le mot choucroute, ce qui montre la force oratoire et la grandeur admirable de la pensée éthique de Péguy.
LPCI : D'accord, mais enfin... Je ne suis pas venu là pour vous accuser, je ne suis pas de la Gest...
AF : Me poser des questions, c'est déjà une attitude inquisitoriale totalement inadmissible et qui démontre à quel niveau de bassesse l'on se retrouve aujourd'hui puisque tout le monde peut dire n'importe quoi n'importe où sans avoir la moindre autorité sur le sujet. tenez, moi-même, je ne suis pas philosophe de formation, je n'ai fait que lettres modernes, et pourtant je passe comme tel sur France-Culture ou dans le Monde, on m'invite à donner des cours à Polytechnique alors que je devrais me retrouver à devoir enseigner les règles de conjugaison et de politesse à des sauvages sans-papiers dans un collège de banlieue de la région parisienne vu le niveau de mes diplômes et des concours que j'ai passés, je parle souvent de livres ou de films que je n'ai ni lus ni vus mais sur lesquels j'ai un avis définitif et transcendant. L'imposture est générale et franchement, cette époque me fait peur. Je suis persuadé que je serai la prochaine victime d'un lynchage médiatique par une foule en furie, remplie d'une hystérie démentielle que je n'ose imaginer tellement la haine est générale pour tout ce qui est grand, beau, culturel. Comment tout un chacun aurait-il le droit de faire sur son blogue ce que j'ai toujours fait dans mes émissions de haute tenue morale en me posant en procureur inflexible sans que je sache de quoi l'on parle exactement ? Cela me fait peur toute cette concurrence... Je vis dans le cauchemar d'être critiqué ou cité pour mes propos.
LPCI : Merci beaucoup monsieur Finkielkraut pour ce témoignage émouvant.

dimanche, 04 octobre 2009

Mon entretien de blogueur avec Christophe Barbier

Je me suis aventuré dans les couloirs de l'Express, après ceux du Nouvel Observateur, afin d'interroger l'un des grands sages de la pensée moderne qui songe à prendre la succession de JJSS.

LPCI : Bonjour, monsieur Barbier ! Je suis heureux de rencontrer un internaute averti qui blogue, twitte, podcaste.
CB  ; Je suis fort content que vous soyez aussi averti de mon goût pour la communication;
LPCI : Holà : votre écharpe rouge a failli me faire perdre mon micro.
CB ; Ce sont les aléas du métier, mais quand on fait du théâtre comme moi, on sait se prémunir ! Il faut savoir garder la bonne distance.
LPCI : Comment pouvez-vous mener autant d'activités à la fois ?
CB : Comme le dit mon amie Carla, j''ai du talent pour cela et je suis né pour le faire.
LPCI ; Attention avec votre écharpe rouge ! J'ai failli la prendre dans la bouche; D'ailleurs, pourquoi la portez-vous même en été alors que vous n'êtes pas malade ?
CB : Mais je veux être d'abord un artiste ! C'est un attribut obligatoire si l'on veut être un vrai acteur !
LPCI : Comme dans Starmania ?
CB : Ne soyez pas insultant, ou sinon j'en parle à mes amis Luc Chatel et Xavier Darcos.
LPCI : Attention ! j'ai encore failli prendre votre longue écharpe rouge dans la figure ! Que pensez-vous des blogues en général
CB ; Je suis fort favorable aux blogues, puisque j'en tiens un, mais je crois que cela devrait d'abord être réservé'aux seuls vrais journalistes.
LPCI ; Pourtant, on me dit que vous n'avez aucune formation de journaliste (Aïe ! non ! pas le mouvement d'écharpe !)
CB : Je suis un journaliste qui interroge le monde puisque je suis à la tête du journal d'investigation le plus reconnu et donc tout ce que je peux dire est interrogation du monde actuel même quand j'interviouve Paris Hilton ou Britney Spears, pace qu'il n'est pas méprisbale de s'interroger sur la sensibilité politique de Paris Hilton ou de Britney Spears.
LPCI : Comment vous situez-vous (Non pas l'écharpe ! arrêtez !) par rapport à la blogosphère ?
CB : La blogosphère est remplie de pirates et mes amis Denis Olivennes, Phillippe Val ou Carla Bruni me l'ont répété pas plus tard que ce matin. Je suis totalement opposé au fait que tout le monde blogue afin de voler les oeuvres des autres, surtout en disant que ce sont les leurs alors que l'on n'a aucune preuve du vol.
LPCI : Aie ! attention à l'écharpe rouge ! Pourquoi twittez-vous ?
CB : J'aime faire du name dropping et Twitter est l'outil idéal pour cela, je peux dire avec qui je suis en temps réel.
LPCI : Ouille ! encore l'écharpe rouge ! mais enlevez-la bon sang ! Et pourquoi vous faitez-vous toujours filmer avec un travelling arrière sans aucun chariot et totalement absurde' pour un apprenti cinéaste ?
CB : Cela donne de l'importance et puis cela fait très cinématographique.
LPCI ; Je ne suis pas sûr que Truffaut qui disait qu'un travelling est une affaire de morale apprécierait, mais je ne peux parler pour lui. Pas l'écharpe, non ! Pitié !
CB : ::: à ce que je dis.
LPCI : Au faitt, où est la choucroute des rencontres de blogueurs ?
CB : Une choucroute, mais pourquoi ? Carla ne m'en a jamais parlé !
LPCI : Pas l'écharpe, non !

vendredi, 02 octobre 2009

Le chafouin et le pitre

Il est parfois beau le pseudo-anticonformisme de pseudo-gauche de Marianne, il s'autorise de belles approximations et de beaux amalgames afin de faire croire qu'il est totalement indépendant et qu'il ne reepecte pas les réputations établies. Ainsi, sous la plume de Philippe Cohen qui fait dans les raccourcis grossiers et racoleurs comme ceux que l'on peut trouver en commentaires que l'on appelle lourdement  :

Le gouvernement de Giscard – sous l’influence de  Simone Veil - qui a interdit le chagrin et la pitié, ce film de Marcel Ophuls.

1) Le film n'a jamais été interdit à la diffusion, mais il ne fut pas diffusé à la télévision et ce pendant dix ans. On l'a projeté en salle dans les circuits parallèles fort nombreux alors, et il eut le bénéfice d'un bouche à oreille à cause de ce refus d'achat pour la télévision à deux chaînes publiques que l'on apparenta à une censure tellement les mots étaient vifs dans les années soixante. Tout était censure alors. 

2) Cela ne s'est pas passé sous un gouvernement Giscard qui n'a jamais existé, mais d'abord sous la présidence de Georges Pompidou et un gouvernement Chaban. Simone Veil faisait partie du conseil d'administration de l'ORTF alors et elle ne deviendra ministre que cinq ans plus tard seulement. Le film était autofinancé et devait ensuite être acheté par l'ORTF qui n'était pas propriétaire des droits, sans quoi le film n'aurait jamais pu être vu par des cinéphiles comme Woody Allen (ne cessant de le voir et le revoir et y traînant ses dernières conquètes amoureuses).

3) Le film a quand même été diffusé à la télévision sous la présidence Giscard à la télévision dix ans plus tard, lorsque Simone Veil eut quitté le gouvernement Barre. La coïncidence est troublante, mais on ne peut pas dire que cette présidence avait interdit totalement le film à cause de Simone Veil ou qu'elle était sous son influence.

Parler d'interdiction à propos de tout et n'importe quoi sans voir la réalité des faits, c'est s'exposer au ridicule et surtout au discrédit quand il y a de réelles censures dans les médias dominants, mais ici non le Chagrin et la Pitié n'a jamais été interdit du tout ! Pas plus qu'un film de Pierre Carle ou de Jean Vigo n'est interdit sur TF1 ! C'est juste la loi du marché et du conseil d'administration, le film était une initiative privée et c'est la loi du privé qui s'est appliquée. Mais tout est bon à dire dans les démonstrations fausses à dessein. La semaine suivante, Marianne prend une position totalement opposée et tout aussi courageuse. Et si Philippe Cohen se contredit une fois de plus, c'est que l'on lui en veut pour ce qu'il est et non pour ce qu'il dit, déclarera la courageuse et brave rédaction de Marianne qui lutte ardemment contre la langue de bois et le politiquement correct dans un grand élan patriotique journalistique digne des plus belles démocraties publications populaires.

jeudi, 01 octobre 2009

Ma rencontre de blogueur avec Jean Daniel

J'ai décidé cette fois d'interroger l'un de nos plus brillants éditorialistes français qui a donné l'essentiel de leurs idées aux plus grands hommes politiques et aux plus grands philosophes, j'ai nommé Jean Daniel.

LPCI : Je vous remercie de me recevoir monsieur et de répondre à mes questions pour Internet.
JD : Comment ? Que dites-vous ? Pour Internet ? Mais c'est totalement interdit ! On n'y voit que des choses basses, vulgaires et surtout volées, donc illégales. Il est impossible de s'exprimer correctement et avec mesure sur Internet. 
LPCI : Comment le savez-vous ?
JD : C'est ce que m'a dit ce gentil petit Denis Olivennes qui a heureusement encore le bon goût de promouvoir mes mémoires dans mon hebdomadaire, même quand il tente de tirer la couverture à lui. Il m'a cité par exemple le cas d'un SMS d'origine douteuse qui se serait retrouvé sur un site de pirates se faisant passer pour des journalistes.
LPCI : C'était le site du Nouvel Observateur et le journaliste est rédacteur en chef chez vous.
JD : Vous croyez vraiment ? Je n'ai aucun souvenir de l'existence d'un site internet du Nouvel Observateur, Internet est vraiment trop vulgaire pour que nous nous abaissions à discuter là. D'ailleurs, j'avais déjà manifesté ma profonde réprobation pour le Minitel qui a été le lieu de toutes les dépravations et je ne comprends toujours pas pourquoi on en a tant parlé; Ce qui est sérieux, c'est ce qui est écrit et imprimé, non ce qui existe dans un monde virtuel.
LPCI : Pourtant, le Nouvel Observateur publie encore des annonces de sites de Minitel rose qui appartiennent à la société propriétaire et qui financent le déficit de ce journal.
JD : Vous croyez vraiment ? Je n'ai jamais lu d'annonces pornographiques dans ce journal qu'Albert Camus aurait tenu en haute estime tellement il est conforme à ses valeurs ! Pourtant, je lis mon journal de bout en bout afin de voir s'il n'y aurait pas une faute de goût ou une erreur de langue ou un mauvais parti pris.
LPCI : C'est tout à la fin, juste à côté des demeures et châteaux en Luberon ou dans le Bordelais.
JD : Ah ! d'accord ! Vous savez, quand j'ai fini de parcourir la couverture, le sommaire, le rappel de sommaire, puis la chronique de Jacques Juillard, je sais que j'ai fait le tour de mon journal, puisque le reste est sans importance. Il ne faut pas que la chronique de Juillard se trouve placée avant mon éditorial et qu'elle occupe plus de feuillets que mon modeste texte. De toute manière, il est faux et mensonger de dire que le Nouvel Observateur serait financé par l'industrie du sexe ou par la spéculation immobilière, jamais Camus n'aurait accepté cela et vous savez comme je suis attaché à Camus que j'ai intimement connu ! Je ne céderai en aucun cas à l'argument de l'amalgame, je suis au dessus de ces basses manoeuvres qui consistent à salir son adversaire.
LPCI : Justement, comment vivez-vous le fait que Denis Olivennes vous vole la vedette à présent en menant des interviews et en les plaçant en évidence au début du journal ou en couverture  ?JD : J'ai les plus et meilleures excellentes relations avec lui, il me laisse mes deux pages à leur bonne et juste place au début du journal afin de lui donner son ton de bonne compagnie. Je lui suis reconnaissant de m'accorder cette forme de retraite paisible.
LPCI : Pensez-vous qu'on vous lise encore ?
JD : Mais bien entendu ! qu'allez-vous chercher comme idées saugrenues ? Je reconnais bien là les méthodes malveillantes d'Internet. Sachez, donc jeune homme, que l'on me demande encore mon avis sur l'idéal démocratique et humaniste de Sa Majesté Hassan II (que j'ai aussi bien connu qu'Albert Camus) alors que les pires calomnies se répandent aujourd'hui sur son règne qui fut en fait une époque de libération et de progrès pour les droits de l'homme. J'ai toujours refusé les honneurs et les pompes, c'est pourquoi je ne me suis jamais présenté à l'Académie française alors que mon ami Angelo Rinaldi, mon ami Pierre nora, mon ami Frédéric Vitoux, mon ami Dominique Fernandez et bien d'autres qui me pardonneront de ne pas les avoir cités m'avaient instamment de me présenter tellement je présentais le meilleur profil en tant qu'ami d'Albert Camus. Mais je suis au dessus de ces contingences et ce qui m'importe est l'oeuvre que j'accomplis chaque semaine par mon éditorial, écrire pour la postérité sans aucun souci de reconnaissance.
LPCI : Camus aurait-il une chance aujourd'hui sur la Toile ?
JD : Jamais de la vie ! Il aurait dû accepter des liens avec des sites pornographiques, accepter d'employer des journalistes stagiaires ou en contrats précaires sans aucune possibilité d'avenir,  pratiquer une censure des commentaires par des plateformes hébergées dans des pays du tiers-monde avec du personnel sous-payé et dans des conditions de travail misérable, de publier des documents volés ou faux afin de se faire connaître et de faire du bruit inutile ! Il se serait révolté contre ces conditions d'un nouveau journalisme, c'est sûr ! C'est pourquoi au Nouvel Observateur, il n'y a que de l'écrit imprimé seulement et aucun site internet. J'en étais convaincu avant que le sympathique Denis Olivennes me parle des contenus illégaux. Nous nous devons à tout prix de nous élever moralement comme le disait mon ami Camus et c'est ce que nous faisons chaque semaine avec des couvertures courageuses qui dénoncent des scandales comme...
LPCI ; Carla Bruni, le prix de l'immobilier, les villes où il fait bon vivre, le palmarès des lycées, le salaire des cadres ou des fonctionnaires, le sexe en vacances.
JD : Je ne suis pas certain que nous lisions le même journal et Camus serait fâché de vous voir présenter ce journal si digne d'une telle manière. 
LPCI : Au fait, il est de tradition d'offrir une choucroute aux blogueurs invités, je ne l'ai toujours pas vue.
JD : C'est une choucroute particulière, une choucroute marocaine comme les aimait Sa Majesté le défunt roi Hassan II, ce grand démocrate, avec de la semoule à la place du chou...
LPCI : Merci beaucoup !


jeudi, 24 septembre 2009

Ma rencontre de blogueur avec Alexandre Adler

J'ai décidé de rencontrer l'un des plus grands penseurs en géopolitique, en histoire contemporaine et en stratégie mondiale du monde actuel, j'ai nommé Alexandre Adler, tout en tentant de pulvériser le maximum de points Godwin .

LPCI : Bonjour, monsieur Adler. Je vois que vous connaissez les usages des blogues et que vous m'accueillez avec une choucroute.
AA : Pas du tout, schlurp ! C'est juste mon petit-déjeuner, mais je vous en offrirai une ou deux pour le goûter de dix heures.
LPCI : Je suis venu pour savoir ce que vous pensez des blogues.
AA : Les blogues sont une invention nazie en coordination avec Staline durant le pacte germano-soviétique !
LPCI : Comment cela ?
AA : J'ai lu les documents secrets du KGB et du NKVD auxquels personne n'a jamais accès et je peux affirmer sans pouvoir être démenti que les blogues ont été créés dans le but de déstabiliser le monde occidental libéral et judéo-chrétien. Cela faisait partie du programme secret de Konrad Zuse qui élaborait les premiers ordinateurs secrets.
LPCI : Mais Internet n'existait pas alors !
AA : Oui, mais il était déjà dans les programmes des savants nazis qui ont émigré ensuite aux Etats-Unis, je vous passe les détails de toutes ces opérations secrètes que j'ai pu consulter grâce aux archives secrètes. Les blogues étaient conçus comme une arme de guerre secrète par les nazis et les soviétiques afin de tuer la presse libre, grâce à l'invention d'un concept que l'on doit à Goebbels, ou peut-être à Jdanov, les sources ne sont pas sûres à ce sujet, qui est le journaliste-citoyen ou le journalisme participatif. C'était l'arme fatale face à la démocratie qui ne peut s'appuyer que sur la presse indépendante, comme le rappelait Tocqueville. Si tout le monde peut dire n'importe quoi sans aucun contrôle éditorial, c'est la mort du journalisme et donc forcément celle de la démocratie. J'espère que vous avez suivi mon raisonnement fort logique.
LPCI : Les blogues sont-ils plus nazis ou staliniens ?
AA : Les deux à la fois ! Vous prendrez bien une choucroute, vous aussi ? Je dis ça, parce que j'ai un petit creux et que mon petit-déjeuner n'a pas été assez consistant.
LPCI : Volontiers, vous disiez donc...
AA : Le plan secret des nazis et des communistes, qui sont alliés dois-je le dire, c'est de prendre le pouvoir de l'information et c'est pour cela qu'ils ont créé Internet au sein même de l'administration américaine, puisqu'ils ne pouvaient plus le faire en Europe. Tout cela est consigné dans des documents ultra-secrets que j'ai pu consulter au Pentagone et au siège de la CIA, mais il est évident à présent que tous les gens importants dans l'histoire de l'informatique avaient une appartenance secrète au NSDAP ! Cela se vérifie aisément.
LPCI : Linus Thorvald me semble quand même loin de cette définition.
AA : Détrompez-vous ! Il est Finlandais, or les Finlandais ont été les alliés des nazis durant la Seconde Guerre mondiale, avant de s'allier avec les soviétiques ! Tout se tient. Comme il est Finlandais, il ne peut être que nazi et soviétique à la fois du fait de ses origines. Il suffit d'y réfléchir deux minutes pour voir l'évidence. Linux est le prototype secret des outils informatiques secrets les plus totalitaires et racistes, d'ailleurs ce programme faisait partie des tentatives de déstabilisation du camp occidental comme j'ai pu le lire dans les archives secrètes laissées par Brejnev.
LPCI : Mais Bill Gates, ce n'est quand même pas un nazi-communiste ! Il a fait fortune et il donne aux bonnes oeuvres en Afrique !
AA : Ce n'est qu'une couverture afin de mieux installer la dictature de la transparence. En fait, son nom est un nom d'emprunt et il s'agit d'un personnage créé dans un Lebensborn qui n'était pas conforme au programme de naissances racial du Reich et que l'on a donc exfiltré aux USA sous un nom d'emprunt en référence aux grilles de son pensionnat.
LPCI : Vous n'allez pas me dire que Steve Jobs...
AA : Encore un enfant des Lebensborn. Voyez comment son nom est significatif de son identité réelle. Vous prendrez bien cette choucroute ?
LPCI ; Volontiers. Donc, toute l'informatique et Internet est aux mains des nazis ?
AA : Oui, je peux l'affirmer sans pouvoir être contesté, j'ai eu des contacts avec la DGSE, le Mossad, le Mi6, et ils s'accordent tous pour dire que par exemple l'invention du point Godwin est due à un agent nazi afin que l'on ne puisse jamais discréditer les thèses d'extrême droite. D'ailleurs, le nom de l'inventeur est significatif, on voit qu'il s'agit d'un pseudonyme forgé par des services secrets afin de dire que God (Hitler ou Staline) vaincra. J'ai des preuves par les documents que j'ai pu consulter à la Loubianka.
LPCI : Si je rapporte vos propos sur mon blogue, je deviens nazi ?
AA :  Je ne sais pas encore si vous ne seriez pas plutôt stalinien de type Vychinski par votre manière de poser des questions. Mais tout cela m'a donné faim, si nous prenions une autre choucroute ?

mercredi, 23 septembre 2009

Ma rencontre de blogueur avec Alain Duhamel

N'hésitant pas à braver les plus grands dangers, je me suis risqué à vouloir interroger le maître de la chronique politique depuis cinquante ans, Alain Duhamel lui-même. Il n'a pas hésité à m'accorder un rendez-vous quand il a appris que son article avisé et déjà publié dans Libération, l'Echo du Cantal maritime, la Dépêche de la Haute-Moselle, l'Eclair du Calvados libéré, le Républicain du Pays de Cholet, l'Intransigeant des Charentes-Réunies serait aussi repris dans le Petit Champignacien illustré chaque semaine contre rémunération. Il a donc accepté le principe d'un portrait.

LPCI : Monsieur Duhamel, je vous remercie de me recevoir dans votre salle de conférence de sciences-po avec cette tasse de tisane de verveine-orange.
AD : Tout le plaisir est pour moi, mais pourrais-je voir votre carte de journaliste avant ? Je ne veux plus répondre à des questions de non journalistes.
LPCI : Vous ne répondez plus à vos étudiants et à vos collègues enseignants ?
AD : Le problème n'est pas là, il est infiniment plus complexe et singulier, mais voyez-vous la fièvre, la théâtralisation, la contagion, la dénonciation, le scandale, la polémique se sont emparé des nouvelles technologies. Tout est mis immédiatement et sans aucun recul, sans perspective critique, sans explication sur la place publique à cause d'Internet. Je ne veux donc plus m'adresser qu'à des journalistes titulaires de la carte de presse en toutes circonstances.
LPCI : Vous parlez encore en famille, j'espère ?
AD : Plus du tout ! Depuis que des étudiants de sciences-po qui avaient leur carte à l'UDF comme moi et qui m'avaient gentiment invité pour une réunion politique de notre famille ont mis en ligne des propos qui auraient dû rester privés, je me méfie de tout, car c'’est de l’information sauvage, du journalisme barbare, de la traque totale.
LPCI : Votre femme ?
AD : Elle n'a pas sa carte de presse et je ne peux pas savoir si elle n'est pas en train de me filmer ou de m'enregistrer. Comme elle n'est pas journaliste, je ne veux plus accorder aucun crédit à ses propos. Ce matin, elle m'a dit que la femme du boucher était partie vivre en ménage avec la fille du boulanger, selon ce qu'elle a entendu chez le poissonnier. Bien entendu, je ne l'ai pas crue, puisque mon épouse n'est pas une source autorisée et qu"elle a réagi sous le coup de l’instantanéité, de l’émotivité et de l’irrationel. J'ai décidé que nous devions faire chambre à part et que nous n'ayons plus aucune relation afin d'éviter que l'on trouve sur la Toile une sex-tape, comme l'on dit, de nos ébats.
LPCI : Cela peut être vrai cependant.
AD : Tant que cela ne sera pas certifié par un journal fait par des professionnels ou écrit sur un site tenu par des professionnels, je me refuserai d'y croire ! Il convient aux vrais professionnels de savoir ce qui est important ou non et de savoir le mettre en perspective pour ceux qui n'ont et n'auront jamais leurs capacités d'analyse et de synthèse.
LPCI : Et vos enfants, petits-enfants, vous ne leur parlez plus du tout ?
AD : En effet. J'ai constaté qu'ils manipulent tout le temps des portables et figurez-vous que j'ai appris récemment que c'est ainsi que l'on trouve des images volées, or le mobile photographe couplé avec la vidéo reporter assurent  (sic) le despotisme de la transparence comme le rappelait fort justement Henri Guaino. Je refuse donc désormais de voir mes enfants et petits-enfants tant qu'ils n'auront pas tous leur carte de presse. 
LPCI : Vous promenez encore bien votre chien ?
AD : Non, je me méfie aussi de lui. On m'a parlé de micro-caméras cachées dans les colliers et que dirait-on si l'on voyait une vidéo brute où je demande à mon caniche de pisser ou de chier un peu plus vite ? Il faudrait restituer la scène dans son contexte, moi aussi j'étais pris d'une envie pressante et je ne pouvais pas la satisfaire devant tout le monde. Nous vivons dans le monde du 1984 d'Orwell où il devient indécent de dire ce que l'on pense. Croyez que cela choque le libéral profond que je suis parce que sans l'intermédiaire du journaliste détenteur d'une carte de presse, cela devient une pente irrépressible vers la délation, vers la calomnie ou vers l’injure.
LPCI : Je m'étonne que vous ne m'ayez pas encore proposé une choucroute.
AD : Une choucroute, mais pourquoi ?
LPCI : Aucun rapport, et merci monsieur Duhamel.
AD : N'oubliez pas de publier ma chronique surtout !

mardi, 22 septembre 2009

Ma rencontre de blogueur avec Valéry Giscard d'Estaing

 

Voici donc la suite de nos entretiens de blogueur avec des personnalités. Nous avons choisi d'interroger un sage entre les sages, meilleur encore que le sage de Saint-Chamond, nous avons nommé le sage d'Estaing qui nous a reçu modestement dans sa modeste demeure, le château d'Estaing.

LPCI : Monsieur l'Ex, je suis heureux...
VGE : Je vous jen prie ! Restons courtois, je pochède toujours mon titre de préjident, même chi je ne chuis plus préjident de l'Auvergne, de la Franche, de la Commichion pour la conchtituchion européenne et de l'amicale des anchiens accordéonichtes de Chamonnax. Ch'est un titre à vie, voyez-vous, il y a des ujages qui permettent de reconnaître les gens de bon goût et de nature démocrate...
LPCI : Je vous prie de m'excuser, monsieur le président.
VGE : Je vous echcuse parche que tel est mon bon vouloir et n'y revenez plus mon brave, où vous chentiriez ma manchuétude au fouet sur votre cuir ou à la corde sur votre cou. Avez-vous remarqué la belle demeure qui porte mon nom et qui est dans ma famille depuis des temps immémoriaux ?
LPCI : C'est un beau monument historique qui mérite d'être ouvert au public pour la connaissance du patrimoine.
VGE : Comme mon immenche mémoire qui est le plus chûr garant de notre hichtoire et qui doit être préjervée à jamais. 
LPCI : Monsieur le président éternel, je viens vous interroger au nom de la blogosphère durant cette journée du patrimoine historique dont vous me semblez l'un des plus magnifiques vestiges ayant survécu aux ravages des barbares.
VGE : Je ne vous le fais pas dire mon ami, je fais vijiter mon château qui porte mon nom parce qu'il appartient au patrimoine de tous les Franchais et vous pouvez auchi vijiter ma modechte perchonne. Chaviez-vous que ch'était moi qui avait inventé en cheptembre 1980 les journées du patrimoine et qu'on ne les a pas reconduites les années chuivantes afin que les chochialiches ch'en emparachent ?
LPCI : Vous voulez dire que Djâck Lang vous a volé votre idée en 83 lorsqu'il a lancé cette opération ? Pourtant l'homme me semble d'une si grande honnêteté et rigueur morale que je le verrais bien  dans le même parti que le vôtre.
VGE : Loin de moi cette idée, mais avouez qu'il est troublant de voir que toutes ches innovations révoluchionnaires aient été oubliées par la gauche afin de pouvoir les utilijer enchuite. Djâck Lang est un homme de bon caractère, je le parrainerais volontiers à l'Académie franchaije, même ch'il est, comment dirais-je ? un peu mégalomane et égocentrique comme tous les gens de gauche qui ch'approprient des chojes auxquelles ils n'ont pas droit, un peu comme les Jacobins ch'emparaient des biens des nobles jémigrés.
LPCI : Voire des titres de noblesse !
VGE : Je ne vois pas de quoi vous parlez. Je chuis au dechus de toutes les calomnies maintenant que j'ai été l'un des pères fondateurs de l'Europe et que je chuis un immortel. Mais rechtons chimple, je vous jai fait préparer un plat comme les jaime les blogueurs, mais attenchion ! Che n'est pas une chimple choucroute, ch'est une choucroute auvergnate !
LPCI : Qu'est-che ? Pardon ! Qu'est-ce ?
VGE : On remplache chimplement la choucroute par de la potée auvergnate avec du chou et des pommes de terre dedans. Vous voyez que ch'est chimple. Et puis on met du lard et des chauchiches dedans comme pour la choucroute. Rien de plus chimple et plus clair à comprendre. J'ai fait la même choje pour la conchtituchion européenne.
LPCI : Mais ce n'est pas de la choucroute ce que vous me servez ! C'est de la potée auvergnate !
VGE : Non, non, je vous achure, vous n'avez rien compris à ma démonchtrachion pourtant chimple. Il ch'agit bien d'une authentique choucroute.
LPCI : Le chou n'a jamais mariné dans la saumure et cela n'a jamais été cuit à l'étouffé dans un léger bain de bière ou de riesling ! Les saucisses ne sont pas strasbourgeoises ! Je cherche les clous de girofle !
VGE : Une pure choucroute comme vous n'en mangerez plus jamais. Je vais vous faire une confidenche, j'en prends à chaque petit déjeuner, ch'est le checret de ma conchervachion.
LPCI : Je ne doute pas que vous soyez conservateur, mais bien conservé là je m'interroge.
VGE : Ah ! ah ! J'aime votre incholenche de jeune gens. Chela me rappelle le temps où je dijais "oui mais" à de Gaulle. Figurez-vous que je pourrais vous en remontrer en matière amoureujen, car moi j'ai pu me faire aimer par une princheche comme je le raconte dans un livre à venir.
LPCI : Stéphanie de Monaco ? Vous ? Avec la femme qui est un ouragan !
VGE : Ah ! Che chera peut-être pour un autre livre.
LPCI : Caroline de Monaco ? Vous avez rivalisé donc avec des princes et des acteurs ?
VGE : Oh ! mais che chera un tome futur. LPCI : Je vois mal, Lady Gaga par hasard ?
VGE : Là, vous empiétez chur ma vie privée actuelle. Je vous prie d'y renoncher.
LPCI : Un blogueur influent doit tout chavoir, pardon savoir, et je...
VGE : Mon cher ami, rechtons chimple. Qu'est-che qu'un blogue ? Je vous ai fait venir pour m'echpliquer ce genre de choje qui plaît tant aux jeunes et vous chavez chi je veux rechter proche de la jeuneche.
LPCI : Un blogue, c'est un truc où on écrit des trucs, un peu comme si on écrivait dans un journal ou un livre, sauf que ce n'est pas imprimé, sauf si le lecteur le veut.
VGE : Choyez plus chimple, je ne comprends pas, et j'aime que l'on chois chimple pour ch'adrecher à deux Franchais chur trois. Les Franchais veulent que l'on choit chimple
LPCI : On écrit n'importe quoi n'importe comment à condition d'être repris par le plus grand nombre de personnes sans intérêt et on peut alors rencontrer des gens célèbres grâce à ça, on  se fait donc inviter dans des endroits prestigieux et on peut vanter ensuite ces rencontres afin d'en créer avec des personnes plus célèbres.
VGE : Je vous remerchie énormément, je crois que je vais ouvrir un blogue afin de raconter mes aventures sentimentales. Che chera une echpérienche intérechante pour les chinquante ou chent ans qui me rechtent à vivre. LPCI : Monsieur le président, vous avez toujours su rester moderne et modeste !
VGE : N'est-che pas ? Chela a toujours été la marque de mon régime honni par mes trois sukchecheurs communichtes. Comme je chuis chimple, je vais bloguer, j'ai bien joué de l'accordéon, j'ai accueilli des éboueurs africains qui puaient et je me suis invité au déjeuner des Franchais ordinaires devant les caméras et donc je serai proche de mon bon peuple qui m'attend toujours comme...
LPCI : Au revoir, monsieur l'EX !
VGE : Au revoir...

 

mardi, 08 septembre 2009

Le lycée Paul Eluard vu par l'UMP

Le site Créateurs de possibles, officine occulte de l'UMP (à peine visible avec son logo en pommier), est assez formidable dans les messages subliminaux. On découvre ainsi Virginie, jeune mère d'élève qui déplore chaque année l'état des classes de ses enfants (mais comment voulez-vous qu'ils étudient dans ces conditions) et qui déclare qu'il est désormais urgent de rénover les salles de classe du lycée Paul Eluard. Mais pourquoi le lycée Paul Eluard ?

Le premier que je trouve et le seul qui fournisse des entrées dans Google se trouve à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis, académie de Créteil. Il n'y a pas deux lycées Paul Eluard en France ! Je suppose que le proviseur de ce lycée, qui comporte aussi des classes préparatoires et qui a des filières d'excellence, sera un tout petit peu ravi devant cette publicitié inattendue.

On essaye de rentrer dans la tête des communicants abrutis à coup de coke et de speed :

- Il faut taper contre la gauche pour les régionales qui sont à venir l'an prochain. Qu'est-ce qui est du ressort de la région ?
- Un lycée !
- Bravo ! La région est sous la coupe des socialo-communistes, il nous faut trouver le nom d'un communiste qui pourraitt être le nom du lycée à rénover de manière urgente parce que la gestion socialo-communiste a été catastrophique.
- Pourquoi communiste ?
- Pour dire que les socialistes et les communistes, c'est pareil. Et qu'en attaquant les socialistes en les taxant d'être communistes, on peut faire peur aux petites vieilles.
- Staline, Lénine, Trostky, Maurice Thorez, Georges Marchais, Che Guevara, Mao Tsé Toung, Fidel Castro,..
- Lycée Joseph Staline ou LEP Léon Trostky, cela fait un peu trop gros quand même. On se moquera de nous.
- On ne nous croira pas, même les communistes les plus orthodoxes rigoleront. Je vois d'ici la tête de Maxime Gremetz ou de Mélenchon en train de se gondoler.
- C'est vrai, il nous faut un nom qui fasse communiste sans l'être tout à fait explicitement.
- Gagarine ?
- Pouchkine ?
- Potemkine ?
- Anna Karénine ?
- Mazarine ?
- Margarine ?
- Végétaline ?
- Bonnemine ?
- Eltsine ? 
- Poutine ?
- Je ne parle pas de noms russes, mais de noms bien français ! Des noms qui font penser aux bolcheviks, mais sans être tout à fait étrangers.
- Je verrais bien un lycée Jacques Duclos ou colonel Fabien ou Jeannette Veermersch.
- Vous le vieux, taisez-vous ! Vous nous égarez, personne ne sait à présent qui c'est. Il nous faut un nom qui fasse vraiment communiste.
- Picasso ?
- Il est étranger, et puis on a des collèges Picasso partout en France, pas seulement en Île-de-France où on doit battre les socialo-communistes .
- Je me souviens que mon prof de français en classe de BTS action-communication voulait nous faire étudier un poème particulièrement ridicule intitulé Liberté. Il était communiste je crois, car il lisait Télérama. Je ne me souviens plus du nom de l'auteur. Edouard ou Edgard, je crois.
- Voilà ! Nous avons notre nom communiste parfaitement identifiable comme tel, mais sans que nous ayons besoin de dire que c'est communiste. Le lycée Paul Edouard donc...
- Paul Eluard.
- Vous qui avez fait un Deug de lettres et raté votre hypokhâgne, ne venez pas m'ennuyer avec votre culture dépassée ! Le lycée Paul Edgard donc.
- Eluard.
- Si vous y tenez, ce sera donc Eluard.
- Il y a un lycée Eluard dans la banlieue rouge ?
- Je ne pense pas, s'ils ont des lycées en banlieue rouge, cela se saurait comme dit notre divin président ! Et puis même, s'il y en a un seul, qu'il tente de nous intenter un procès pour dénigrement ! On dira qu'on a pris le nom au hasard !