jeudi, 24 juin 2010
La fille Machin-Truc
Admirez l'élégance du titre suivant publié par un journal de référence qui ne se soucie plus de corriger les dépêches de l'AFP :
La fille Bettencourt dément être "à l'origine" des écoutes clandestines
La fille Bettencourt, c'est beau ! On croirait un rapport de police du XIXe s. Quand on écrivait "la fille" dans une affaire judiciaire, cela voulait dire que c'était une dame de petite vertu comme dans le roman des Goncourt la Fille Élisa. Une gourgandine, quoi ! Une fille de rien ! Cela jette une suspicion sur son action judiciaire légitime, alors que justement il y a un soupçon de gigolisme et de fraude fiscale chez la mère et de prévarication, de népotisme, de malversation chez un ministre. Je précise que Françoise Bettencourt a 57 ans et qu'elle est peut-être grand-mère.
On ne parle pas pour autant de la mère Bettencourt (88 ans aux prunes), laquelle a déjà fourgué un milliard d'euros à un individu peu scrupuleux, lequel avait déjà un peu abusé des faveurs d'un des plus grands poètes français en d'autres temps. Mais comme son légataire universel est discret dans les grands médias et fait en sorte de conserver la mémoire d'Aragon de manière assez honnête. On ne rappelle pas souvent ce triste épisode du monde des lettres. Mais il fut un temps où les deux gitons étaient en compétition pour conserver le souvenir du grand vieillard. L'un dut se rabattre sur une pauvre vieille, parce qu'il avait été évincé de la succession du poète national et il crut pouvoir faire le même coup que son compère... Sauf qu'il y avait une famille et que cela devint une affaire d'État.
Et depuis il s'agit d'éteindre l'incendie, parce que trop d'affaires anciennes peuvent sortir.
21:53 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, politique, littérature



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Commentaires
Je trouve également une forte connotation négative à ce "la fille Bettencourt", au-delà de l'aspect fille de mauvaise vie.
Et ainsi, le point de vue journalistique devient subjectif.
Écrit par : michèle | jeudi, 24 juin 2010
"Un des plus grands poètes français"... hélas ?
Écrit par : C.C. | jeudi, 24 juin 2010
"Un des plus grands" est-il compatible avec "poète national" ? Au temps de Hugo, un vrai grand, l'adjectif passait peut-être, mais aujourd'hui ?
Écrit par : Pierre Enckell | vendredi, 25 juin 2010
Comment ! Aragon ne serait donc plus aussi national qu'Edf, la Scnf, la Poste, Renault, et le temps du parti des cent mille fusillés ?
Écrit par : Dominique | vendredi, 25 juin 2010
Pas très élégant, certes, mais un peu narquois. Ça me fait penser au jeu des 7 familles. Ce serait le jeu des 7 familles les plus riches de France :
« - Dans la famille Bettencourt, je demande la mère.
- Je l'ai pas. Ah ben on dirait que t'as du Bettencourt, là.
Passe-moi donc la fille Bettencourt.
- Raté, j'ai que le gigolo ! »
Écrit par : Hellsy | vendredi, 25 juin 2010
A en croire votre commentaire, Dominique, Aragon serait en voie :
1° d'être privatisé
2° d'être dépassé dans les sondages par Jean-Luc Mélenchon.
Écrit par : Pierre Enckell | vendredi, 25 juin 2010
Chassez les vieux réflexes, ils reviennent au rythme galopant d'un clavier de rédacteur du Monde...
Écrit par : Irène | vendredi, 25 juin 2010
Une forme d'ironie cachée aussi ? Un registre sémantique qui évoque le rapport de police laquelle précisément a rechigné à enquêter çà et là, et le manque de transparence. Un rappel des 100 familles plutôt que du jeu des 7 ?
De même qu'il est difficile de faire toute la lumière sur l'affaire Luxalpha (Madoff), dont Mme Bettencourt Senior a fait les frais, elle aussi...
Écrit par : oh les filles, oh les filles... | dimanche, 27 juin 2010
Oh les filles, oh les filles, tout à fait. Le jeu des 100 familles.
Je note également, sur le site du journal de référence :
- le dossier Bettencourt
- l'affaire Bettencourt
- le scandale Woerth-Bettencourt
Et dans Marianne :
- L'héritière L'oréal (alors que dans le corps de l'article, on parle de "l'héritière de L'Oréal".
A ce niveau là, ces gens ne sont plus que des affaires, des dossiers, des rapports de police. Des gens que le bas peuple (celui qui subit pour de vrai des redressements fiscaux, qui n'a pas de potes ni au parquet ni au ministère, qui ne prête pas son île aux Seychelles à ses amis, complétez la liste des trucs qui vous paraissent insensés) ne connaîtra jamais.
Le gouvernement devrait démissionner tellement c'est lourdingue de défendre un truc pareil.
Écrit par : Hellsy | dimanche, 27 juin 2010
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