dimanche, 20 décembre 2009

Avec comme prénom Verdun

La loi française était fort rigide pour le choix des prénoms. Seuls les prénoms du calendrier ou faisant référence à l'histoire de France étaient acceptés par l'officier d'état-civil. Il était donc fréquent que des prénoms originaux soient refusés. La loi du 8 janvier 1993 a assoupli le choix du prénom, qui est totalement libre, à condition de ne pas porter préjudice à l'enfant. L'officier de l'état civil ne peut plus, à lui seul, refuser le prénom que vous avez choisi. Néanmoins, s'il considère que celui-ci est contraire à l'intérêt de l'enfant, il en avise sans délai le procureur de la République, qui saisira le juge aux Affaires familiales. Ainsi sont refusés « les prénoms ayant une apparence ou une consonance ridicule, péjorative ou grossière, ceux difficiles à porter en raison de leur complexité ou de leur référence à un personnage déconsidéré dans l'Histoire ». L'affaire Mégane Renaud a relancé la controverse et la jurisprudence a tranché pour une plus grande tolérance encore.

Toutefois, la loi n'a pas toujours été aussi sévère. Il fut un temps où le prénom de Verdun fut attribué à bien des enfants, il était déjà un nom de famille peu courant et surtout répandu dans la Meuse mais aussi en Lorraine. Je l'ai découvert en lisant le grand seizièmiste (mais pas seulement) Verdun-Léon Saulnier lors de mes études. Dans le site que je place en lien, on voit un pic de naissance vers 1930 parce que les personnes qui nommaient ainsi leurs enfants avaient pris le temps de revenir à la vie, de travailler, de se marier, de tisser des liens avec les autres anciens combattants. On constate alors que ce n'était pas dans l'émotion de la bataille par de prétendus patriotes de l'arrière, que ce prénom avait été choisi après bien des réflexions, qu'il avait fallu du temps pour que se construise une mémoire collective ou personnelle et que c'est le moment de formation des ligues d'anciens combattants comme les Gueules cassées, les Ailes brisées ou les Croix-de-Feu qui finiront assez mal dans la collaboration la plus éhontée, même si le cas de de La Rocque est plus complexe.

Mais enfin... nommer son enfant Verdun alors qu'une nouvelle guerre se préparait, c'est un peu lourd du point de vue symbolique et ce n'est pas un héritage que l'on aimerait mériter. Toutefois, cela passait comme une lettre à La Poste alors que c'était l'un des théâtres d'un des plus grands massacres de tous les temps ! Imaginons maintenant un juif voulant appeler son enfant Drancy, Struthof-Natzweiler, Auschwitz, Dachau, Birkenau, Treblinka ou Sobibor. Que dirions-nous en tant que non juifs face à ce genre de provocation ? Nous hurlerions à l'horreur et dirions que ce n'est pas possible, puisque ces noms sont synonymes d'extermination (dans laquelle l'Etat français a plus que largement trempé, malgré ce que dit le divin président). Mais cela était possible dans la montée des extrémismes pour le nom de Verdun qui était revêtu alors de la pureté de notre combat pour une prétendue identité nationale, la civilisation et la reconquête de l'Alsace-Moselle, on acceptait fort bien des noms prétendument patriotiques et en fait nationalistes. La prétendue identité nationale, c'est aussi cela et pas seulement le fait de ne pas parler en verlan ou de ne pas porter une casquette à l'envers.   

Trackbacks

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Commentaires

Puisque vous m'avez fait le plaisir de lier vers mon blog, je me permets de continuer votre texte en pointant vers un autre prénom "patriotique", Joffre et Joffrette (et Joffra, Joffrine...)
http://coulmont.com/blog/2008/11/10/des-baby-barack/

Écrit par : Baptiste C. | dimanche, 20 décembre 2009

Le "alors qu'une nouvelle guerre se préparait" me semble un peu excessif, certes elle se préparait (et on le sait d'autant mieux qu'on est du bon côté de l'histoire pour le savoir) mais la France d'alors me donne l'impression d'avoir été plutôt "pacifiste". Il y avait en tout cas de l'extrême gauche à l'extrême droite, un pacifisme tranversal justement lié à l'horreur de Verdun. (Je résume grossièrement bien sûr...). Je ne nie absolument pas la montée des extrémismes, mais donner au prénom Verdun un sens strictement "belliciste" me semble exagéré. Verdun fut utilisé comme un symbole du sacrifice et de l'abnégation héroïque des soldats français par l'Etat, mais je ne suis pas sûr qu'il avait le même sens pour les survivants qui ont assisté à la boucherie.

Écrit par : LOBO | lundi, 21 décembre 2009

Je reconnais que j'ai utilisé un raccourci un peu léger et un peu trop expéditif. Le sens à l'époque n'était pas vraiment belliciste, quoique... On se rappelait aussi du mot d'ordre "Verdun, on ne passe pas" et je ne compte pas les centaines de statues de Poilus glorieux arborant une couronne de lauriers sur les monuments aux morts. C'est une période très contradictoire, parce que justement comme vous le notez le pacifisme traversait tous les courants politiques et les mots comme "Plus jamais ça" ou "La der des ders" étaient partagés par l'ensemble de l'opinion, ce qui explique le lâche soulagement de Munich, puis le ralliement à Pétain, le "sauveur de Verdun", ou bien le passage de gens venus de la gauche à la plus grande collaboration et les ligues d'anciens combattants ont été un vivier pour cela alors qu'au départ elles transcendaient les courants. Ce que je voulais souligner c'était deux faits essentiellement :

- Il a fallu au moins dix à quinze ans avant de digérer cette boucherie et de pouvoir en parler. Les monuments aux morts, les grandes nécropoles n'apparaissent pas immédiatement et spontanément après la guerre, beaucoup sont tardifs, notamment parce qu'il fallait de l'argent et que les anciens combattants s'établissent. Le choix du prénom Verdun lui aussi est tardif et il n'a pas été choisi au moment de la bataille contrairement aux différents dérivés de Joffre que cite Baptiste Coulmont, mais bien après. Vous avez raison de dire que c'est le souvenir qui est en jeu.

- Ensuite, je n'imagine pas qu'un Espagnol donnerait comme nom à son enfant Guernica. Enfin si... il y a aussi une culture martyrologique aussi en Espagne où l'on ne compte plus les Dolorès. Mais le choix de ce prénom de Verdun en France était un peu insensé : faire porter le poids des morts à un enfant est quelque chose qui me dépasse et qui me consterne. Je sais que beaucoup de personnes nommées René(e) le sont parce que leur mère avait subi une fausse couche avant, mais on enveloppe une personne dans une identité qu'elle aura du mal à débrouiller ensuite.

Il allait y avoir un nouveau massacre de masse, à échelle industrielle, mais on donnait aussi à son enfant le nom d'un lieu de massacre pour que cela n'arrive plus et c'est pourtant arrivé. On ne le savait pas, mais on le pressentait, quand bien même l'on était du mauvais côté de l'histoire en train de se faire. Cette manière de conjurer le sort me semble vraiment singulière et dérangeante.

Écrit par : Dominique | lundi, 21 décembre 2009

Moi aussi, je donnais à V.-L. Saulnier les prénoms Verdun-Léon. Mais le catalogue de la BnF ne connaît que Verdun-Louis Saulnier. Google, impartial comme d'habitude, note l'un et l'autre. Il existe apparemment un centre Verdun-Louis et un recueil en hommage à Verdun-Léon. Bizarrissime !

Écrit par : Pierre Enckell | lundi, 21 décembre 2009

Je vous suggère la lecture du site www.dedefensa.org , qui propose une explication originale et bien argumentée sur la signification de Verdun.

En résumé, la bataille présente l'aspect d'un combat de l'homme contre la technologie : aux allemands qui utilisèrent l'artillerie (le déluge de feu) pour préparer le terrain avant d'y envoyer les soldats finir le travail, fut opposé l'armée française dont la méthode reposait sur l'assaut à l'ennemi (l'artillerie étant présentée aux soldats en tant qu'un outil destiné à les épauler... et non comme le remède miracle pour permettre une avancée décisive). Le sort de la bataille se joua ainsi dans les tous premiers jours, où on vit l'homme résister (à l'étonnement de la partie adverse) à l'offensive de la machine (l'artillerie, le déluge des bombes)
La suite de l'histoire est connue : l'enlisement, la guerre dans les tranchées, etc.

S'il faut retenir une chose de Verdun, outre le massacre, c'est que ce fut également une date fondamentale de l'époque dite "moderniste". Celle qu'on nous vante encore à travers tous les "bienfaits" que la technologie peut apporter.

Voilà pour Verdun.

[citation] Il allait y avoir un nouveau massacre de masse, à échelle industrielle, mais on donnait aussi à son enfant le nom d'un lieu de massacre pour que cela n'arrive plus et c'est pourtant arrivé. On ne le savait pas, mais on le pressentait, quand bien même l'on était du mauvais côté de l'histoire en train de se faire. Cette manière de conjurer le sort me semble vraiment singulière et dérangeante. [fin de citation]

J'ignore quel est votre âge, mais si vous êtes né après la 2ème guerre, sauf votre respect, je trouve quelque peu présomptueux de penser à la place de la populace de l'époque. Rappelons que c'est tout un contexte, où la révolution communiste vient d'avoir lieu, où l'antisémitisme est présent malgré l'affaire Dreyfus.

A titre personnel, je ne crois pas qu'on puisse comprendre le phénomène du nazisme sans établir de parallèle avec le colonialisme ; ils ont pourtant nombre d'aspects qui les rassemblent (pensée colonialiste fondée sur la "suprématie d'une race blanche civilisatrice", la stigmatisation des étrangers comme "sauvages", et j'en passe).

Voyez les périodes des guerres de l'opium en Chine, le déracinement Aborigène en Australie, le pillage de l'Afrique, la soumission de l'Amérique du Sud, la spoliation de l'Amérique du Nord...

L'idéologie nazi a peut-être laissé entrevoir un reflet terrifiant des valeurs de la "civilisation occidentale".

Écrit par : LhommeDebout | lundi, 21 décembre 2009

Y'a bien des gens qui appellent leur môme"Assedic", ou pire, Cassandra, je vois pas bien en quoi Conception, Dolorès ou Jesus seraient gênants.
Chacun met ce qu'il veut, et en général son âme, dans sa manière de nommer ses enfants.
Dix ou quinze ans c'est bien court pour lever un voile. Plus il est noir et horrible, ou plus il a marqué dans la chair, plus le temps est long.
Pour moi, l'Inde, les neuf mois où j'y ai vécu et travaillé, il m'a fallu 24 ans pour commencer à en parler. Pendant ce temps-là, cette expérience essentielle de ma vie est restée en jachère, à mûrir doucettement, ce qui ne m'a pas empêchée d'être influencée absolument par cela.
Le film le plus poignant, le plus fort que j'ai vu, le plus bouleversant comme film antimilitariste est
A Time to Love and a Time to Die, de Douglas Sirk.
Toute l'horreur de la guerre, pudiquement, y est retranscrite.

Et il y a une brève apparition de Klaus Kinski (en membre de la Gestapo) jeune et superbe, comme d'hab.

Écrit par : michèle | lundi, 21 décembre 2009

LhommeDebout, je ne veux pas dire de mal, mais enfin... la guerre des tranchées c'est bien avant Verdun où l'offensive principale commence en 1916 et se poursuit en 17 ! La guerre des tranchées se passe à la fin de 14 , se prolonge pendant deux ans environ, mais Verdun est juste l'un des premiers épisodes de la reprise de la guerre offensive, comme on le verra aussi à Craonne, Vimy, Varennes et dans bien des lieux que ce soit dû aux forces allemandes ou alliées.
On appelle les tranchées guerre de position et ce qui se passe avant et après guerre de mouvement. C'est bête et militaire, mais il n'y a plus eu beaucoup de guerre de position après Verdun.

La guerre de tranchées n'est absolument pas après Verdun qui signifie en fait sa fin et qui va marquer le début de la période de nouveaux assauts assez meurtriers. Vous pouvez me trouver un peu présomptueux pour penser à la place de la "populace" de l'époque comme vous dites, mais je ne sais pas pour ma part remplacer des dates par d'autres comme vous le faites. Je crains fort que vous n'ayez pas compris grand-chose dans l'histoire de ce conflit et que vous ne me reprochiez que des choses n'existant que dans votre esprit.

Écrit par : Dominique | lundi, 21 décembre 2009

@Dominique

Un bref regard sur Wikipédia nous rappelle, je cite :

"La bataille de Verdun fut une bataille de la Première Guerre mondiale qui eut lieu du 21 février au 19 décembre 1916 près de Verdun en France, opposant les armées française et allemande. Conçue par von Falkenhayn comme une bataille d'attrition pour « saigner à blanc l'armée française » sous un déluge d'obus dans un rapport de pertes de un pour deux, elle se révélera en fait presque aussi coûteuse pour l'attaquant : elle fit plus de 300 000 morts (163 000 soldats français et 143 000 allemands) et se termina par un retour à la situation antérieure."

La guerre des tranchées commence bien avant l'offensive de Verdun, je vous l'accorde ; là où vous m'avez mépris (et où je n'ai pas été assez clair), c'est lorsque je disais : «La suite de l'histoire est connue : l'enlisement, la guerre dans les tranchées, etc.»
Par "suite de l'histoire", j'entendais celle de la bataille de Verdun, pas de la guerre dans sa globalité : en bref le constat d'un échec à relancer la guerre de mouvement (du moins, en ce qui concerne le lieu de Verdun à la fin de la bataille).

Vous me dites : «je ne sais pas pour ma part remplacer des dates par d'autres comme vous le faites». Pourtant, à la relecture de mon post, je n'en ai pas avancé une seule.

Manifestez un peu de tolérance face à ma remarque sur le "(...) pressentiment, quand bien même l'on était du mauvais côté de l'histoire en train de se faire (...)".

Nombre de nos aînés nous rappellent à juste titre les méfaits de la guerre, toutefois il m'a toujours peiné que certains d'entre eux, ne l'ayant pas vécu sinon du souvenir qu'on leur a décrit, se permettait alors de refaire l'histoire : pour reprendre le thème de votre article, tous les Adolf, Heinrich, Hermann, Reinhardt, ne devait pas voir leur prénoms susciter l'effroi à l'époque, pas plus qu'aujourd'hui.
(je connais un Heinrich qui est une personne tout à fait agréable, sans pour autant présenter le moindre trait de caractère auxquel on puisse le lier au déplaisant Heinrich Himmler).

A ce titre, j'aimerai votre opinion quand à une autre bataille, celle de Stalingrad (actuellement la bataille la plus sanglante et la plus coûteuse en vies humaines de toute l'histoire militaire : 1 550 000 soldats morts, toujours selon Wikipédia).

La ville de Stalingrad, où advint l'un des tournant majeur de la 2ème guerre mondiale, devait son nom au peu commode Staline, dont on sait l'étendue des crimes.

Toutefois, le sort de la guerre aurait-il changé si cette ville n'avait pas porté le lourd et symbolique nom du dirigeant de l'union soviétique ?

Écrit par : LhommeDebout | lundi, 21 décembre 2009

Mais Verdun n'était pas un prénom auparavant. C'était juste un toponyme et un nom de famille plus ancien qui s'explique aisément par l'origine géographique d'une personne comme pour Dupont ou Le Gall ou Lallemand. On ne peut placer sur le même niveau le nom de famille que les parents ne choisissent presque jamais et le prénom plus personnel. C'est un lourd héritage qu'un tel prénom et il n'a pas été donné immédiatement en 1916 (contrairement aux Joffrette plus nationalistes quoique d'ascendance catalane que rappelait Baptiste Coulmont) ou après vers 1940. Il correspond à un moment précis de l'histoire - en gros les années trente - où l'on tentait de construire une mémoire et où l'on ne comprenait pas trop bien son sens. Maintenant, je reprends ma proposition de départ : imaginons un couple juif nommant son enfant Auschwitz. Que dirions-nous ? Le prénom Verdun a disparu après les années trente, parce qu'il y avait eu d'autres horreurs depuis et que les participants au conflit étaient devenus vieux. Je pointe le fait que l'un des moments de constitution de l'idée fumeuse de l'identité nationale ne se constitue pas au moment du combat, mais bien après et dans une sorte de souvenir très problématique. Voir un monument aux morts exige une lecture parce qu'il y a un message, entendre un prénom lié à une bataille et surtout à un des plus grands désastres humains aussi,, et je trouve toujours ce choix de prénom comme fort lourd pour l'avenir. Mais il a été donné dans une fourchette temporelle qui n'est pas celle de la guerre en train de se produire, ni celle de la guerre à venir ou après et c'est en cela qu'il peut nous interroger. Peut-on transformer une personne même si c'est son enfant en monument aux morts ?

Écrit par : Dominique | mardi, 22 décembre 2009

>Dominique ce que vous dites (votre dernière phrase) est communément fait.
Un mort, si on l'honore pas, devient un fantôme. Et un fantôme, pour celui qui est resté vivant, c'est insupportable.
Losqu'il n'y a pas possibilité de faire la paix avec ce mort-là, il est comme un poids immuable.
D'où l'intérêt de tout mettre en oeuvre pour pacifier.
Salvator Dali a été nommé par sa mère du même prénom que l'enfant mort qui l'a précédé. Il a expliqué le poids de ce frère mort et comment son extravagance n'a été que le moyen de lutter comme une mise au tombeau précoce.
Les prénoms religieux, aux Antilles en Amérique latine, sont légion : il y a aussi Annunziata que j'aime beaucoup. Ils sont censés protéger l'enfant en leur attribuant les vertus que le saint porte.
Maintenant, votre proposition (les parents juifs) elle est hors de propos. Les guerres Verdun et autres c'était atroce, mais là, on a atteint le comble de l'abjection.
C'est pareil que si vous demandiez aux tutsis et aux hutus, aux serbes et aux croates (la liste est infinie) de donner à leurs mômes le nom des charniers dans lequel un des membres de leur famille a été exterminé.

Moi, parfois Dominique, je me demande comment de telles idées vous viennent en tête.
Mettre un enfant au monde en l'inscrivant dans la douleur de son histoire passée, c'est déjà fait (merci bon dieu). Lui rajouter en plus des poids supplémentaires par le prénom choisi, je vois pas bien l'intérêt. C'est comme si vous, protestant, aviez appelé votre fils Barthélémy.

Écrit par : michèle | mardi, 22 décembre 2009

Je suppose que le choix d'un prénom charge également la personne d'une réflexion sur sa propre identité : untel s'intéressera ainsi au pourquoi du choix de son prénom ; il pourra rechercher quels personnages historiques portent le même nom que le sien.

Si, pour reprendre votre exemple, des parents juifs nommait leur enfant Auschwitz, quelles seraient donc les dangers inhérents à ce choix ?

Rappelons qu'Auschwitz est également une ville polonaise dont l'existence remonte à 1117.

D'un point de vue général, Auschwitz évoque surtout l'horreur des camps de concentration, ainsi que l'extermination de masse.

Mais qu'en est-il de l'histoire même de cet enfant, de ses parents ? Peut-être que Auschwitz a été l'occasion pour ses parents d'un événement heureux qui leur soit arrivé ? (et pas nécessairement pendant la guerre)

La "problématique" d'un tel prénom repose seulement sur le regard qu'en on les autres.

En ce qui concerne Auschwitz, il est regrettable de voir son nom utilisé en tant que qualificatif, plutôt que de vouloir utiliser le terme plus approprié de "camp de concentration génocidaire".

A titre personnel, je suis français depuis plus de 5 générations, et je porte un nom à consonance allemande.
Cela suffit-il à faire de moi un allemand ?
Et pourtant, j'ai le souvenir d'enfance où, souvent, on me faisait la réflexion suivante : "Tu as un nom allemand ? Tu es nazi alors ?!" (Dieu merci et qu'il continue à m'en préserver, je ne me suis jamais reconnu dans les valeurs du national-socialisme allemand).

Toutefois... Cela en dit long sur la transmission du souvenir... La "mystique que l'on tente d'imposer sur le nom. Vouloir mettre un nom à l'horreur, à la menace, est un non-sens ; cela ne permet pas de repousser celle-ci.

Toutes les personnes qui s'appelaient Dutroux n'étaient pas toutes pédophiles.
Toutes les personnes qui s'appelaient Jacques n'allaient pas inciter à la révolte (émeutes, jacqueries ; les termes sont nombreux).
Toutes les personnes qui s'appellent Oussama ne sont pas tous des terroristes potentiels.

Vouloir faire porter le poids de l'Histoire à un individu à la seule vue ou écoute de son nom, c'est effectivement inhumain de la part de son entourage.

Donc oui : pour empêcher leur progéniture d'être constamment harcelée par les démagogues, les ignorants, les imbéciles et j'en passe, des parents juifs n'appelleront jamais leur enfant Auschwitz.

Écrit par : LhommeDebout | mardi, 22 décembre 2009

Se méfier des prénoms sur les calendriers!
Dans un reportage, en Afrique, la surprise du journaliste qui demandait le prénom de la personne rencontrée: Fêt-Nat.
Il était né un...

Écrit par : Neb | mercredi, 23 décembre 2009

J'ai souvent lu cette histoire de Fet-Nat et j'avoue ne jamais avoir rencontré un seul individu prénommé ainsi. Je me demande toujours si ce n'est pas une légende fort récente et fort occidentale.

Écrit par : Dominique | mercredi, 23 décembre 2009

Il y a aussi la famille qui avait un calendrier de l'administration fiscale, et où le bébé a été nommé Tiers Provisionnel. Ouah ouah.

Écrit par : Pierre Enckell | mercredi, 23 décembre 2009

A propos de Fetnat, ce n'est pas une légende et voici pour exemple deux adresses :

Un professionnel
http://fr.linkedin.com/pub/fetnat-lifou/11/314/565

et un jeune homme (avec photo)
http://fr-fr.facebook.com/fetnat

Bonne fin d'année à tous.

Écrit par : Neb | samedi, 26 décembre 2009

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