vendredi, 18 décembre 2009
Nouvelles Lettres persanes V
De Rica à Usbek, à Andrinople
Mon cher ami, il ne se passe pas de jour en France sans que le grand muezzin de la secte majoritaire, Frédéric Lefebvre, profère une sottise, un mensonge ou une provocation. Cet homme est un véritable miracle en soi, tellement il ressemble au méchant des plus mauvais romans. Il est capable même d'entretenir toutes les discussions dans les souks chaque jour. Je l'ai écouté lors d'un débat sur les ondes ou les étranges lucarnes et il déclare ainsi vers la quinzième minute du premier extrait :
Ecoutez, un certain nombre de gens utilisent la dénomination de son [à Eric Besson] ministère pour essayer de pratiquer des amalgames.
Je trouve cela profondément extraordinaire ! Comment l'amalgame ne serait donc pas possible si l'intitulé du ministère de l'Immigration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire n'était pas justement le sien ? Dans la minute précédente, le grand muezzin déclare d'ailleurs que les thèmes de l'immigration et de l'identité dite nationale sont liés de façon fort logique selon lui, puis il décrète que cela n'a rien à voir si l'on s'attaque à l'intitulé de ce ministère et si certains contestent justement un amalgame entre immigration et identité nationale. Il faut lui reconnaître un art fort adroit et subtil de la rhétorique puisqu'il parvient à masquer le premier amalgame par un autre où l'on compare le vizir fort traître Eric Besson à un autre vizir qui fut empalé sur la place publique après bien des hautes trahisons contre son parti, ses concitoyens, son pays, l'humanité tout entière. Ce ne serait donc pas lui qui aurait écrit dans son questionnaire ceci :
« Comment éviter l'arrivée sur notre territoire d'étrangers en situation irrégulière, aux conditions de vie précaires génératrices de désordres divers (travail clandestin, délinquance) et entretenant, dans une partie de la population, la suspicion vis-à-vis de l'ensemble des étrangers ? »
Pour un peu, on en viendrait à plaindre le malheureux traître et vizir qui n'aurait pas choisi sa mission et qui n'accomplirait que son devoir, tel un Afghan demandeur d'asile éloigné du territoire national français et devant ensuite combattre dans on ne sait quelle milice locale et on ne sait trop quel but, mais que l'on pourra présenter selon les circonstances comme un acte de libération ou un ralliement au parti du mal absolu, au gré des alliances des puissances occupantes. Dénoncer l'amalgame, cela vous permet aussitôt de vous poser en victime, mais lorsque l'amalgame a été voulu, consenti, décidé d'avance, qu'il fait partie de la stratégie visant à transformer la secte majoritaire en succursale d'une autre secte n'ayant jamais accédé au pouvoir, le Front national ? Cependant, lorsque l'on a posé les termes d'un débat sur la prétendue identité nationale d'abord dans des questions portant sur l'immigration et encore plus sur la religion supposée, il ne faut guère s'indigner de se voir renvoyer sa propre image puisque l'amalgame était déjà là.
Mais parler d'amalgame permet de se dédouaner aisément et d'accuser les autres lorsque l'on ment totalement.
A Paris, le 18 de la lune de Zilcadé.
21:06 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, ump, politique



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