mercredi, 11 novembre 2009
Henri Guaino est encore brouillé avec l'histoire
Il faudra signaler à Henri Guaino que la ville de Verdun est traversée par le fleuve la Meuse qui donne justement son nom au département, c'est même le centre de la ville :
L’amitié franco-allemande est scellée par le souvenir du sang allemand et du sang français mêlés pour l’éternité à la terre de Verdun, du Chemin des Dames, ou des rives de la Meuse.
La terre de Verdun et les rives de la Meuse, c'est presque identique ! Le Verdunois est fort vaste, il couvre presque tout le nord de ce département. On s'est certes battu au début plus au sud le long des côtes de Meuse qui ne font pas partie de la vallée de la Meuse tout en étant dans ledit département, mais enfin pourquoi cette redondance ? Sans doute parce qu'il songeait à un nom de cours d'eau afin de peaufiner sa période classique et qu'il a trouvé que la Somme, la Marne ou l'Yser n'étaient pas suffisamment évocatrices. On pourrait croire qu'il n'a jamais visité Verdun et la Meuse...
Il poursuit ainsi :
Et quand on va, à Douaumont, du cimetière français au cimetière allemand, dans le lourd silence de ces lieux où dorment tant de morts, on parcourt dans sa tête le chemin qui mène de la guerre à la Paix.
Il n'existe justement pas de cimetière allemand ou français dans l'ossuaire de Douaumont consacré aux inconnus de toutes nationalités, là où se trouvent la quasi-totalité des sépultures du lieu ! Mais il y a un cimetière en contrebas avec ses carrés de croix blanches pour les vainqueurs qui n'étaient pas seulement français et noires pour les vaincus qui n'étaient pas seulement allemands. Il n'y a qu'un seul cimetière national, divisé en carrés selon les origines ou les confessions. Les différents cimetières étrangers (russes, américains, britanniques, australiens, canadiens) sont des concessions du territoire national faites aux pays alliés, avec un statut d'extra-territorialité, et c'est pourquoi il n'y a aucun cimetière allemand en France.
C'est bien joli de vouloir jouer son Péguy et son Barrès à la fois, mais il faudrait quand même un peu de rigueur historique ou géographique, ou tout simplement politique, par moment et ne pas se laisser capter par le goût de la rhétorique des images faciles. Les morts passées n'excusent pas la mauvaise littérature.
23:05 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, histoire, géographie, meuse, langue française



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Commentaires
"Il n'y a aucun cimetière allemand en France" ? Ou vous vous êtes mal exprimé, ou j'ai mal compris.
Je ne suis pas un partisan de M. Guaino, loin de là, mais je trouve votre article très mal documenté.
La gestion des sépultures de guerre a connu un tournant notable suite à la guerre franco-allemande de 1870-71. Dès lors, les Etats se sont engagés à l'entretien de toutes les sépultures de combattants, alliées ou ennemis, sur leurs territoires respectifs (disposition reprise dans le traité de Versailles de 1919). C'est pourquoi après la Grande Guerre, la France a assuré la gestion et l'entretien des cimetières allemands sur le territoire français. La France a délégué sa responsabilité en la matière au profit de ses alliés américains et du Commonwealth (dès 1917) avec effectivement un statut d'extraterritorialité.
Il en est de même aujourd'hui pour les cimetières allemands, à la suite de l'accord franco-allemand de 1966.
Quant à Douaumont, il faut distinguer l'ossuaire (qui n'est pas à proprement parlé un lieu de sépulture) et les cimetières environnants.
J'ai l'impression que le reproche que vous faites à M. Guaino de n'être jamais allé à verdun, vous pourriez vous le servir aussi ou alors vous n'avez pas pris le temps de bien analyser les lieux.
Cordialement quand même.
Écrit par : guy | jeudi, 12 novembre 2009
"et c'est pourquoi il n'y a aucun cimetière allemand en France. "
Comme Guy je suis surpris par cette affirmation ou j'ai mal compris.
Pour exemple: Le 22/09/84, avant de se rendre à Douaumont, Mitterrand et Kohl se sont rencontrés au cimetière allemand de Consenvoye (situé à quelques km des champs de bataille)
Écrit par : Francis | jeudi, 12 novembre 2009
Les cimetières de guerre je suis pas trop.
Je sais juste qu'au pied de l'arbre, là, y a eu le papa de Claude Simon et que dans L'acacia, plus de quarante pages il lui a fallu pour dire ce chagrin-là.
Et pis que qui dit Meuse dit Sambre ; ça va ensemble.
Écrit par : michèle | jeudi, 12 novembre 2009
En tout cas, je m'étonne que personne n'ait tiqué à la formule sur "l'amitiée scellée par le souvenir du sang versé".
Car enfin !, lorsque l'on utilise cette formule, c'est lorsque l'on a partagé le même combat, lorsque l'on s'est battu contre un adversaire commun ! Le sang versé ensemble contre un ennemi commun peut sceller une amitié, certes (genre : entre la France et les États-Unis, là ça marche).
Mais le sang versé l'un contre l'autre ne risque pas de sceller une amitié ! C'est du pur délire. Le fait de s'entretuer crée une amitié ? Les Français qui ont vu leur copain abattu par un Allemand sont immédiatement allés embrasser l'Allemand en question, et vice-versa ? On aura tout entendu !
L'amitié a pu être scellée MALGRÈS le sang versé. L'amitié franco-allemande transcende le sang versé. L'amitié efface le sang versé. Etc. Enfin, toutes les belles formules que l'on veut. Mais sûrement pas celle écrite par Guaino et lue par Sarko Ier.
Écrit par : Jacques C | jeudi, 12 novembre 2009
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