jeudi, 05 novembre 2009

L'art de ressembler à un Russe sans l'être

concert.jpgCela a vachement plus l'air russe avec un n à l'envers qui signale alore une voyelle russe et non une consonne, vous ne trouvez pas ? C'est si facile de dire que le sujet est russe, il faut juste un signe exotique pour le signaler même si le reste du texte est totalement incohérent avec cette autre graphie. Et pourquoi a-t-on choisi cette lettre plutôt que les autres ? Parce qu'elle reste lisible dans notre alphabet latin avec sa valeur alors que le C aurait posé plus de probèmes. Faut faire russe, mais pas totalement et pas absolument.

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Commentaires

le "N" à l'envers en russe est en fait un i (upsilon grec, prononcé i). Un Russe ou un russisant commencerait à lire : soissié ... et puis une lettre latine R (en fait le ya cyrillique à l'envers) et un t. Il y perdrait son latin, ou plutôt sa cyrillique.

Mais la mondialisation nous a habitués au mélange des (mauvais) genres.

Ecrit par : Ricoxy | jeudi, 05 novembre 2009

Oui, on trouve souvent aussi dans les affiches le R inversé pour faire russe, ce qui est étrange c'est qu'il s'agit juste des lettres ayant une correspondance à l'envers dans l'alphabet latin et jamais des lettres cyrilliques proches de lettres latines comme le b différent du b latin ou inconnues comme le chtch. Il faut signaler que l'on se trouve de l'autre côté du miroir, que le monde de l'Est est l'inverse du monde occidental. Cela me trouble fortement, parce que sans être russifiant je me trouve face à une image de l'autre comme totalement autre et je me demande combien de temps durera encore cette manière d'envisager les pays slaves comme étrangers à l'Europe occidentale. Le débat est vieux, il a plus de deux siècles, il est difficile de comprendre la littérature russe sans ça, mais ces clichés perdurent alors que le mur est tombé.

Ecrit par : Dominique | jeudi, 05 novembre 2009

Pour faire russe, et aussi soviétique, avec l'étoile rouge au milieu du O. Deux raccourcis visuels pour le prix d'un...

Ecrit par : Irène | jeudi, 05 novembre 2009

Pour faire russe, moi je bois une bouteille de vodka et je pleure en lisant Tchékhov.

Ecrit par : Suzanne | jeudi, 05 novembre 2009

Suzanne, vous pouvez lâcher la vodka et vous contenter de Tchékhov, il suffit amplement à dire ce qu'est la Russie ou le monde à lui seul. L'ivresse vient vite quand on le lit à voix haute et on est vite pris de vertiges parce que... Tchékhov, cela ne s'explique pas et ne se justifie pas. C'est juste un écrivain humain parmi les humains, sans doute l'un des rares humains.

Ecrit par : Dominique | jeudi, 05 novembre 2009

Mais les clichés ne partent pas de zéro : le départ est fondé, puis les broderies en rajoutent puis l'inscription est véhiculée par l'imagerie populaire ; le mur est tombé certes, mais entre l'est et l'ouest de Berlin, c'est un monde ; d'un côté l'occident et de l'autre une rigueur toute soviétique. Ce n'est pas de l'invention : c'est à regarder les maisons, les visages des gens, les commerces. Je lie cela à la politique imposée à l'est stalinienne et aussi à l'impossibilité de franchir le mur sinon, en nageant dans la Spree pour passer à l'ouest, on se faisait descendre et sans sommations.
Cela dirait (et avec mille réserves) que la nature humaine serait intimement liée au terroir de vie (des origines ?) mais aussi que le régime politique imprègnerait aussi une marque rigide et qu'alors rien ne remplace la démocratie (même si ces temps, et chez nous, elle semble bien d'opérette). Rajoutez à cela l'éducation, plus l'imprégnation, bref, rien de simplissimus.

Ecrit par : michèle | jeudi, 05 novembre 2009

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