samedi, 17 octobre 2009
Ma conversation de blogueur avec Laurent Joffrin
Aujourd'hui, le Petit Champignacien interroge Laurent Joffrin, le directeur de Libération, au sujet du prochain numéro à paraître de ce journal.
LPCI : Bonjour, monsieur Joffrin, je suis content de voir que vous reconnaissiez l'existence de la blogobulle dont je suis un éminent représentant. Je serais heureux de mettre mon talent reconnu et salué par tous au service de votre plateforme.
LJ : Attention ! nous à Libé, nous avons un cahier des charges très précis au sujet des blogues que nous hébergeons et les règles que nous édictons sont assez sévères parce que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser passer n'importe quoi sous le couvert de l'anonymat. Nous à Libé, nous sommes avant tout soucieux de notre indépendance et de notre code de déontologie que nous avons fait approuver par un vote solennel. Nous à Libé, nous ne pouvons pas laisser passer n'importe quel type de commentaire !
LPCI : Certes, mais enfin... quand on lit les réactions au bas de certains articles du journal papier, on peut se dire que les blogues sont bien mieux surveillés et contrôlés.
LJ : Détrompez-vous ! Nous à Libé, nous fermons les commentaires des articles dès lors que l'on parle de la vie interne de Libé. C'est un processus parfaitement démocratique que j'assume entièrement comme directeur mandaté par le principal actionnaire. Nous à Libé, nous sommes très attentifs à la liberté d'expression et il est hors de question que l'on remette en cause le sens de notre indépendance par des commentaires malveillants au bas de mes éditos. Mais pour le reste, tout le monde peut dire ce qu'il veut au bas des autres articles non payants. Nous ne sommes quand même pas au Figaro, nous à Libé, et nous pouvons accepter l'irrespect qui est la marque de fabrique de notre titre. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si nous à Libé avons repris un titre issu de la résistance.
LPCI : Soit, mais j'ai du mal à comprendre votre stratégie Web 2.0. Vous avez des blogues en nombre réduit qui sont tous modérés soit par leur auteur ou par un modérateur, des articles qui sont ouverts à des commentaires qui sont mal modérés depuis l'Inde ou Madagascar et puis des articles sur lesquels vous ne voulez pas de réactions.
LJ : Nous à Libé, cela se discute de manière démocratique, donc si tout le monde ne demande pas que j'ouvre les commentaires sous mon éditorial, eh bien ! on ne les ouvre pas, surtout si cela pourrait mettre en cause ma gestion.
LPCI : On m'a dit que vous prépariez un grand coup pour lundi. Pourriez-vous nous en dire plus ?
LJ : Oui, nous à Libé avons décidé de faire de Pal Sarkozy le directeur artistique et le rédacteur en chef de notre édition. Je peux déjà vous montrer la photo de Une d'un numéro de cent pages avec couverture glacée.

LPCI : C'est impressionnant, mais pourquoi ?
LJ : Nous à Libé, nous avons une tradition de donner des numéros à illustrer ou commenter par des personnes qui ne sont pas des journalistes de formation, c'est notre combat démocratique afin de nous ouvrir à la société civile. On a eu ainsi des numéros dirigés par des rédacteurs en chef exceptionnels comme Ben, Buren, Calvin Klein, Isabelle Adjani, Kent Hutchison, Spencer Tunick, Carla Bruni. Nous à Libé, nous sommes très attachés à la liberté d'expression et nous avons pensé qu'il était bon d'apporter un regard différent sur le sarkozysme, grâce à ce discours décalé.
LPCI : J'ai un peu de mal à comprendre. Vous voulez dire que Pal Sarkozy va illustrer tout votre journal au nom de l'antisarkozysme ?
LJ : Attention ! Je n'ai jamais dit cela, nous à Libé nous ne sommes pas dans l'antisarkozysme, mais nous estimons nécessaire de donner la parole à tout ce qui fait la vie culturelle contemporaine et de témoigner de notre indépendance totale. Nous à Libé, nous l'avons choisi parce que c'est un grand artiste et non simplement pour son nom. ll n'est pas question d'exclure Pal Sarkozy sous le prétexte qu'il serait le père du président actuel ! Nous à Libé, nous ne voulons pas faire ce genre de discrimination.
LPCI : Mais enfin ! ses peintures sont nulles à chier et je reste poli. On croirait un tableau patriotique de la Corée du Nord ! Pourquoi lui et pas un autre ?
LJ : Nous à Libé, nous pensons qu'il n'a pas plus de droits qu'un autre et pas moins qu'un autre. Il est normal qu'un peintre universellement reconnu puisse s'exprimer dans nos colonnes, parce que c'est cela l'exercice démocratique de la république. Pourquoi devrions-nous le bannir sous le prétexte qu'il serait le père de son fils ?
LPCI : Mais vous faites un journal antisarkozyste d'après ce que je peux lire parfois ?
LJ : Pierre Marcelle ou Gérard Lefort n'expriment pas ce que nous pensons, nous à Libé. Ils sont libres, puisque notre fonctionnement à nous à Libé est démocratique, mais comme la décision de confier un numéro entier à Pal Sarkozy a été prise sans qu'ils disent quoi que ce soit puisqu'ils étaient absents lors de l'assemblée générale, c'est le processus démocratique qui s'applique. Je ne vois pas du tout où est le problème. Nous ne pratiquons aucun favoritisme lié au nom puisque Pal Sarkozy nous a fait un prix pour ses services.
LPCI : C'est juste très moche comme style et puis l'apologie de Sarkozy par son père.
LJ : Nous à Libé, nous estimons qu'il faut rester équilibrés dans les critiques du nouveau régime. On peut donc autoriser, toujours de manière démocratique, des articles contre le petit-fils puisque nous mettons en avant le grand-père.
LPCI : Cela dit, dans tout entretien de blogueur qui se respecte il doit y avoir une choucroute, où est-elle ?
LJ : Ce n'est pas de la choucroute, mais de la goulasch que j'ai préparée pour notre futur invité.
LPCI : Argh !
P.-S. J'avais commis jeudi un Tweet où je disais en gros : "Pal Sarkozy, peintre du dimanche, déclare : si l'on attaque le président, c'est moi qui suis visé". Puis j'avais promis une interview de Pal Sarkozy avec un fort accent hongrois pour le lendemain, interview que je n'ai jamais écrite. Rimbus s'est donc emparé de mon idée (sans l'accent hhhongggrrrois dont je voulais l'affubler). Je ne le lui reproche pas, je ne sentais pas du tout l'idée d'une interview de Pal et cela me semblait limité. Puis, l'idée de l'interview de Joffrin suggérée avant par JBB (le Charançon libéré) me laissait un peu en panne parce que je ne voyais pas d'angle précis. En reprenant mon idée, Rimbus m'a permis de savoir ce que je pouvais écrire en m'évitant de développer. Je ne lui en veux donc pas de me copier puisqu'il m'a déchargé d'une tâche. Pas plus qu'à JBB, qui m'avait confronté à un délicat problème de style que j'ai du mal à saisir tellement il est gluant. Ils sont les coauteurs indirects de ce texte, je n'aurais pas fait le rapprochement sans eux.
16:53 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, sarkozy, presse, média, humour



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Commentaires
ha merci monsieur le Comte, je ne suis que votre émule, l'ombre du génie qui voudrait s'émanciper, comme celle de Peter Pan, et c'est devenu une manie pour moi de vous plagier (rappelez-vous de l'épisode de l'argot) pour mieux vous ressembler (mais n'y a-t-il pas qu'un soleil au firmament ?). Votre bienveillance ne rend que plus honteuse mon attitude, et plus respectable votre position d'élite de la blogobulle.
Veuillez me considérer, monsieur le Comte, comme votre humble serviteur.
Ecrit par : rimbus | samedi, 17 octobre 2009
Euh... le titre de comte (sans cap' s'il vous plaît, cela ne se fait que si l'on veut se rendre encore plus prestigieux malgré les règles typographiques) est juste là pour faire bien dans le décor. Je me souviens des quatre pages sur le verlan que vous aviez copiées sur mon site sans me citer, là cela m'avait un peu énervé (j'avais eu affaire précédemment à un pornographe très poli), mais comme votre propos n'était pas parmi ceux que je condamne, au contraire, je n'ai pas cru devoir réclamer autre chose qu'une mention de l'origine dans ce cas (la mention du lien par le pornographe très poli était plus dérangeante, parce que lui l'avait faite !) Heureusement, Google est sans beaucoup de mémoire.
Ecrit par : Dominique | samedi, 17 octobre 2009
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