mercredi, 14 octobre 2009

Ma conversation de blogueur avec Guy Gilbert

Le Petit Champignacien ne reculant devant aucun sacrifice a décidé d'interroger le curé-loubard préféré des médias, le père Guy Gilbert pour lui poser des questions au sujet de la position de la Sainte Eglise apostolique, catholique et romaine.

LPCI : Bonjour mon père.
GG : Putain de bordel de merde ! Ne commence pas comme ça, Ducon, tu dois me dire Guy comme tous mes potos ! On est tous frères, on est tous égaux devant Jésus-Christ ! Merde-chiotte, quoi ! Evoé !
LPCI : Que pensez-vous...
GG : Tu vas pas me vouvoyer durant toute cette interview chiante comme la mort ? Qu'est-ce que c'est que ce truc d'un autre âge ! Y faut évoluer avec son temps ! Figure-toi mon pote que je tutoie Dieu, c'est révolutionnaire non ?
LPCI : Je ne sais pas, j'ai eu une éducation religieuse protestante et j'avoue que cela se pratique depuis quelques siè...
GG : Mais foutre de merde ! Je suis partisan du dialogue œcuménique, interconfessionnel, intergénérationnel, international et interplanétaire depuis des lustres ! Je me fais chier à le dire depuis des années, donc tu vas pas m'emmerder en me disant que les protestants tutoient Dieu depuis plus longtemps que moi. L'important, c'est que l'on avance dans la même direction, quoi ! et on passe le balai de chiottes ! Hosannah !
LPCI : Je voudrais d'abord que l'on commence par évoquer la réception de la dignité de chanoine du Latran par notre admirable président. Qu'en pensez-vous ?
GG : Tu continues à me tutoyer, hein Dugland ? Tu me cherches vraiment ? Tu vas voir ta tête si tu continues... Putain ! Alleluiah ! Je trouve cela très courageux de la part de quelqu'un qui n'a jamais ouvert la Bible auparavant et qui a dû sécher toutes les séances de catéchisme vu la façon dont il se comporte. Il faut avoir des couilles pour déclarer, je cite : "Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance."  Là, c'est vraiment du texte couillu ! Putain de chiotte ! Que faut-il de plus ? C'est vrai qu'un instituteur ne pourra jamais avoir la grandeur d'âme qui est la mienne ! Putain ! Evoé !
LPCI ; Et que pensez-vous de la présence de Jean-Marie Bigard lors de cette cérémonie ?
GG : Tu continues à me vouvoyer comme le premier con que je rencontre, cela va mal finir. Bigard, c'était normal, putain ! c'est un  croyant, donc il a toute sa place dans la seule église authentique, véritable, réelle et il a parfaitement le droit de rencontrer Notre Très Saint Père, Benoît XVI, béni soit son nom prédestiné et putain de chiottes ! Il n'a jamais dit un seul texte qui offenserait notre Sainte Eglise et il se prosterne ou prie trente fois par jour, putain ! plus qu'un islamiste pratiquant et fondamentaliste ! Cela mérite d'être remarqué, putain ! Emmanuel ! 
LPCI : Justement, parlons de Benoît XVI et de certaines canonisations comme celle de José-Maria Balaguer, le fondateur de l'Opus Dei.
GG : Putain d'enculé, tu me cherches vraiment ! Mais la modernité, c'est ça ! Faut pas avoir des complexes comme des salopards de parpaillots frustrés et puceaux qui sont enculés par le politiquement correct, bordel ! L'Opus Dei est au service de Dieu, putain ! que son nom très saint soit loué, Alleluiah, Emmanuel et putain de bordel de foutre ! E
t pas de ses membres même si cela ressemble à la Mafia ! Cela ne se discute même pas et il faut être archaïque pour le faire... 
LPCI : Eloignons-nous de ces sujets compliqués? Quelle est votre stratégie Internet personnelle ?
GG : On va pouvoir me trouver sur FaceBook, Twitter, Dailymotion, Copains d'avant, iTunes, je vais faire des prêches en ligne et des invitations à la prière comme les imams et les rabbins branchés, putain de je ne sais quoi ! Amen !
LPCI : Un sermon en 140 signes, cela peut être difficile sur Twitter.
GG : Rien n'est impossible à qui croit en Notre Seigneur, bordel de merde ! Y faut s'adresser au peuple comme il parle, putain de con ! Quitte à l'abaisser.
LPCI : Allez-vous ouvrir un blogue et où ?
GG : Toi, je vais te défoncer la tête puisque tu continues à me donner du vous. Le blog, c'est sûr que je vais l'ouvrir comme beaucoup de mes potos curés, c'est un truc que je kiffe trop, putain ! J'y raconterai ma life et je compte avoir beaucoup d'occasions de lol. 
LPCI ; J'y pense maintenant, vous ne m'avez pas encore présenté la choucroute qui doit être présente dans toute rencontre avec un blogueur. 
GG : La choucroute, mais je vais te la mettre dans la tronche, mon pote ! Bordel ! Tu n'as pas arrêté de me vénère avec tes questions en portnawak ! Attends un peu...
LPCI : Je me sauve alors !
GG : Tu n'es pas sauvé puisque tu ne crois pas dans le bon Dieu dans la bonne Eglise' ! Putain ! Salopard d'hérétique, de schismatique, de païen, d'agnostique et d'athée ! Merde ! Evoé ! Mais tu restes mon frère en Christ malgré tout ! Bordel ! Hosannah !


(Note personnelle ; j'ai rencontré réellement Guy Gilbert quand j'étais en classe terminale et j'ai trouvé un peu étrange que l'on fasse des prêches religieux dans un lycée public et sous le prétexte de philosophie, mais comme cela se passait en Alsace c'était très particulier.)

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://champignac.hautetfort.com/trackback/2418177

Commentaires

«le père Guy Gilibert» : Dans sa chaise roulante héliportée ?

Ecrit par : Olivier | mercredi, 14 octobre 2009

Evoé ! Que ce prêtre-loubard, pour enjôler LPCI, Que ce prêtre-loubard a de drôles de façons de parler. Doux Jésus !

Ecrit par : Olivier | mercredi, 14 octobre 2009

Oh putain de bordel de merde ! Vous avez tapé juste : je ne supporte pas les gens qui tutoient d'office. Ce curé de mesdeux cherche à vous imposer une connivence alors que, merde de bordel de putain, on n'a pas gardé les enfants de choeur ensemble ! Surtout qu'il les garde bien tout seul : on voit toujours un ado derrière sa moto. D'ici à ce que ce soit lui qui se trouve derrière, à un moment... ça s'est déjà vu dans les sacristies.

J'ajoute que ça fait un siècle qu'on le voit en blouson de rebell'. Toujours, sauf quand il est en aube pour nous faire le miracle du pain du vin et du bourre-saint.
Et moi, j'ai horreur des uniformes !

Ecrit par : PMB | mercredi, 14 octobre 2009

waah ... 'tain, le Comte, tu déchire tro grave avec tes viouses !

J'avais déjà kiffé celle de Finkie comme un médan, m'alors là ! tu me trou ski m'reste de QI...

Vivemant l'AGS du Fig, (Anacronik et Grotesk Slameur) qui
« refet le monde » sur RTL ( tro ouf les brèves de contoir ). et pis ya aussi la Bebeth Levy, mais là fodra maitre ta kagoule pour pas t'fair labouré le blair...

Ecrit par : MiniPhasme | mercredi, 14 octobre 2009

Étant un ami personnel de Guy, je puis affirmer que votre interview est fausse du début jusqu'à la fin. Ce qui est très fort dans l'escroquerie et la connerie.

Il faut vraiment avoir peu de respect pour l'Humain pour en arriver à de tels excès aussi médiocres !

Bruno LEROY.
Éducateur de rue.

Ecrit par : Bruno LEROY. | mercredi, 14 octobre 2009

Je n'en attendais pas moins de la part d'un ami du curé-caillera. Cependant, j'ai sûpprimé des paragraphes où le fameux apôtre en blouson de cuir aurait fait l'apologie du passé nazi du pape en le glorifiant, parce que cela aurait été un peu exagéré et peu crédible de le voir déclarer que Ratzinger avait été "un mec formidable avec quelque chose dans les couilles quand d'autres se terraient". La caricature a ses limites et là je me suis dit que cela allait trop loin et que ce n'était pas le propos que je voulais tenir. Je pourrais écrire bien pire si je le voulais et vous avez de la chance que je ne veuille pas renouveler un pastiche. Parce que s'il y en a un autre, je vous préviens que ce sera très violemment anti-catholique , alors que j'ai juste donné jusque-là à votre ami loubard un aspect un peu sympathique quoique bourru et vulgaire. Je peux vous faire une version encore plus trash si vous persévérez !

Ecrit par : Dominique | mercredi, 14 octobre 2009

Ben moi, (je et sa clique) c'est pas que je persévère mais comme il habite à côté de chez moi dans un des lieux les plus magnifiques qui existent, à la sortie des Gorges du Verdon, au dessus du point sublime plus précisément, votre pastiche me donne une furieuse envie d'aller le voir pour de vrai, loin des médias et des mariages de rois ou de reines, avec ses loubards pour savoir si vraiment il a un langage aussi châtié que celui que vous lui prêtez.
J'vous dirai mon sentiment.

Ecrit par : michèle | mercredi, 14 octobre 2009

Je te l'avais dit, Dominique, il était plus sage de s'en tenir à DCB, qui se serait juste affalé sur ton rocking-chair en ingurgitant la Sauerkraut comme un porc en face de Daninos, ou dans une version trash lite vu son âge...

Ecrit par : Olivier | mercredi, 14 octobre 2009

J'aime bien le danger, les éducateurs de rue qui ont eu affaire aux prêtres voyous ne me font pas peur et je suis prêt à les affronter comme un sarkozyste de base, tel Hortefeux impavide demandant de dissoudre des groupes sans existence légale. Je préviens ! si on me cherche des poux, il y aura une deuxième louchée de conversations avec Guy Gilbert et ce sera nettement plus dérangeant pour la Sainte Eglise etc.. J'ai été très poli jusqu'à présent, mais cela pourrait changer radicalement.

Ecrit par : Dominique | mercredi, 14 octobre 2009

Ecrit par : michèle | mercredi, 14 octobre 2009

Ce qui serait intéressant aussi,c'est de voir quel est exactement son fonctionnement "loin des médias" dont il est une icône tout à fait consentante. Non pasqu'il dit que c'est pour ramasser de la thune pour ses bonnes œuvres. Peut-être, mais "le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de bien". J'ai moi aussi, comme Leroy, un ami catho engagé dans l'aide aux gens ne difficulté. Mais il n'affiche pas sa qualité de catho dans son travail. Et d'ailleurs, il ne s'affiche pas du tout.

Allez-y, et essayez de voir s'il ne serait pas un peu gourou sur les bords, et quelle est sa vraie position par rapport aux loubards. S'il est, comment dire, bien clair.

Ecrit par : PMB | mercredi, 14 octobre 2009

Je trouve que vous avez un peu exagéré la façon de parler de Guy, mais c'est sans doute pour amuser la gallerie, je suis sûre que vous n'avez même pas lu son livre, je me trompe ?

Ecrit par : Michèle | jeudi, 15 octobre 2009

@Michèle. J'avoue (mot bien dans le langage du père Guy) avoir un peu chargé la barque pour les grossièretés, il n'y en a pas tant que cela, mais quelques-unes quand même et cela n'aurait eu aucun intérêt si je ne lui avais pas accordé un tic. Or c'est plus drôle quand un curé jure comme un charretier que si un charretier jure comme un curé. J'ai eu le bon goût de ne pas trop appuyer sur son escapade au Vatican en compagnie de Bigard et du chanoine du Latran qui consultait ses SMS pendant son entretien avec le pape. Ni sur sa justification des positions les plus rétrogrades du pontificat actuel ou du précédent.

Vous déclares que je n'aurais pas lu son livre, mais lequel ? Ce n'est plus un curé, mais une véritable usine à ouvrages pieux et sociaux ! Il a bien dû en produire une vingtaine depuis "La rue est mon église" que je me suis farci quand j'étais en terminale, parce que cela faisait partie du climat de l'époque. Depuis, la marque Guy Gilbert se décline bien avec son catéchisme, ses prières, ses confessions, ses témoignages, dans un style décomplexé qui me fait surtout songer aux télévangélistes étatsuniens.

Ecrit par : Dominique | jeudi, 15 octobre 2009

Démagogue, et mec (je parle djeun' comme lui) dont l'église se sert pour faire croire qu'elle est moderne.

J'avais oublié la comédie du Latran. Un type avec un minimum de rigueur et d'analyse politique ne s'y serait pas laissé prendre. Mais lui, dès qu'une caméra tourne, il mouille du goupillon.

Ecrit par : PMB | jeudi, 15 octobre 2009

Hé bien dites donc, Dominique, j'apprends que vous avez lu "la rue est mon église", vous remontez dans mon estime ! -;)))
J'ai oublié le titre du livre le plus célèbre de Guy, et à l'hôtel, je n'arrive pas à accéder à Google pour le moment.
Ici, en Nouvelle Calédonie, j'ai remarqué que dans la brousse, le dimanche matin, les célébrations protestantes étaient beaucoup plus n ombreuses que les messes catholiques, et je pense qu'il n'y a pas, ou très peu d'éducateurs de rue, les jeunes traînant en ville étant des jeunes issus des "tribus" c'est le rôle des chefs des tribus de les remettre dans le droit chemin et de les aider, c'est un sacré cocon protecteur cette grande famille.

Ecrit par : Michèle | vendredi, 16 octobre 2009

M'enfin... c'était dans l'air du temps comme Bettelheim, Ivan Illich, Alexandra David Neel ou Alexander Neil et tant d'autres que l'on mélangeait allègrement à Trotsky, Marx ou Mao. Comme j'étais déjà largement anar, je ne rentrais pas dans tous les catéchismes, mais cela ne m'empêchait pas de voir ce que pensaient mes camarades de classe catholiques qui se sont presque tous consacrés à des fonctions sociales (je crois que nous avons été l'une des rares classes à fournir autant d'infirmières, d'instituteurs, de professeurs, de psychologues, d'éducateurs ou d'assistantes sociales, et les trois ou quatre qui voulaient devenir cadres ou entrer dans l'armée étaient considérés comme des tarés).

Vous parlez des cérémonies protestantes, mais elles ne sont justement pas protestantes pour tous les protestants ! Vous avez affaire aux pentecôtistes ou aux évangélistes ou aux charismatiques qui ont une situation un peu particulière dans le mouvement protestant et que l'on n'a admis que récemment dans la fédération protestante. Ils font des trucs comme le père Guy ou les charismatiques catholiques et tout cela me semble peu orthodoxe. Parler en langues ou imposer les mains ou prétendre donner un pouvoir oi sortir le diable du corps, cela me semble un peu bizarre comme cérémonie. Très bizarre quand on y réfléchit. La raison n'est pas là.

Ecrit par : Dominique | vendredi, 16 octobre 2009

Je connais le mouvement charismatique catholique qui s'est largement inspiré des pentecôtistes, j'ai déjà assisté à des "guérisons",entendu le "parler en langues" et l'ai même pratiqué après le décès de ma fille, c'est sûr que cela peut paraître irréaliste et déraisonnable, mais ici, j'ai vu une église catholique devant laquelle il y avait des totems, j'enverrai la photo quand j'aurai réussi à la mettre dans un lien, c'est encore plus surprenant.
Je crois que le père Guy met davantage les mains dans le cambouis, c'est loin d'être un illuminé.

Ecrit par : Michèle | vendredi, 16 octobre 2009

Voici la photo de l'église catholique de Canala (petite ville de brousse chère à un certain Carembeu), on distingue les totems devant l'église, il y en a aussi dans la cour de la salle paroissiale où ont lieu les kermesses.


http://cjoint.com/?kqd4FOWSsv

Ecrit par : Michèle | vendredi, 16 octobre 2009

>PMB je vais y aller IRL. Je suis curieuse de son langage, de son charisme, de son action. J'ai une question à lui poser. Toute personne qui a une certaine aura n'est pas forcément un gourou (vous devriez aller voir la Vague de Dennis Gansel) ; à côté, il y avait un vrai gourou au Mandarom à Castellane, il a clamsé et le monument érigé a été flanqué par terre. N'y suis jamais allée non plus.

Ecrit par : michèle | vendredi, 16 octobre 2009

>Michèle merci de vos commentaires, et de vos observations. Aux Antilles aussi on pratique des rites étranges, liés au vaudou (sortir le diable du corps, transes etc.) et pas du tout au catholicisme.
"Je crois que le père Guy met davantage les mains dans le cambouis, c'est loin d'être un illuminé." j'aime bien votre dernière phrase ; moi je suis assez illuminée et plutôt fêlée, mais je n'impose pas les mains. Ceci dit, j'aimerai vraiment parler en langues. Tiens, ça me fait une seconde question à poser au père Gilbert, s'il est là, parce qu'à mon avis il se déplace pas mal. Moi (et rebelote), les gens hors-normes, je les aime bien. C'est mon côté émotif comme C. Angot. Alors a priori, ce type-là, avec ses choix, m'intéresse.

Ecrit par : michèle | vendredi, 16 octobre 2009

>Michèle je me demande si les totems c'était pas pour amener les gens d'une croyance à une autre, l'air de rien ?

Ecrit par : michèle | vendredi, 16 octobre 2009

>Michèle pour le décès de votre fille, ben je pense à vous. C'est peu, mais c'est déjà ça. Parce que je trouve cela grave.

Ecrit par : michèle | vendredi, 16 octobre 2009

Pour couronner le tout, il a des clones qui proposent des rendez-vous suspects.

http://www.lavaplace.com/?page=register&ref=1_181&kwrd_gender=Gilbert%20Guys&gclid=COKd56vvwZ0CFcts4wodwSPmsw

Ecrit par : Pierre Enckell | vendredi, 16 octobre 2009

Michèle pour le décès de votre fille, ben je pense à vous

Merci michèle, cela remonte à plusieurs années, mais cela reste dans ma mémoire, et redevient vif dans des moments précis (mariage de ma nièce qui avait le même âge qu'elle, au mois d'août dernier, par exemple).

Ecrit par : Michèle | vendredi, 16 octobre 2009

>Michèle bises
>à tous J'en reviens de la bergerie de Faucon. Le père Guy Gilbert ne vit pas là mais à Paris. Il vient deux jours toutes les fins de mois, puis à Noël, à Pâques et l'été. Six jeunes, six éducateurs : une ferme incroyablement bien tenue, des parcs, des animaux ; y'a même des kangourous au pelage lustré. 36 ans que ce lieu d'accueil fonctionne. Le fruit de la vente de ses bouquins sert à financer les salaires, la bouffe. Il semble avoir un impact charismatique, être aimé, s'occuper de chacun. Je suis restée 20mn. Il est ouvert, paraît-il, à la discussion, j'y retournerai. Le lieu est bien sublime, mais la bergerie est dans une combe, c'était déjà à l'ombre, le feu était dans la cheminée, l'hiver est long là-bas.

Ecrit par : michèle | dimanche, 18 octobre 2009

>à tous j'ai oublié : en aval, avant la Palud sur Verdon, s'arrêter à la colle de l'olivier. Prendre le sentier des pêcheurs (pour se mettre en jambes, en condition, choisir la question au milieu de centaines de milliers), descendre jusqu'au Verdon. Ne pas stopper là, continuer qq. centaines de mètres et puis successivement deux énormes blocs tombés dans l'eau avec à leur pied deux coins de baignade extraordinaires, où on peut nager, dans une eau bleue et glacée incomparable. Ne pas revenir sur ses pas. Aller de l'avant, longtemps, jusqu'à une cascade d'eau douce, remonter tranquillou jusqu'au pré de j'sais pas qui et revenir sur ses pas, sur une courbe de niveau très haute juste en contrebas de la route. 2h30. Facile.

Ecrit par : michèle | dimanche, 18 octobre 2009

Je ne doute pas que Guy Gilbert soit un excellent "éducateur de rue", que sa communauté soit intéressante, qu'il partage réellement ses sous et soit financièrement désintéressé, etc.

Il n'en demeure pas moins qu'il s'est laissé piéger par (ou s'est jeté avec délectation dans, diraient les mauvaises langues, mais je n'en suis pas sûr) le jeu médiatique. Il ne cherche pas l'argent ou les honneurs, mais il recherche assurément la reconnaissance médiatique et une forme de gloire particulière : celle du gars qui cause populo, du curé du peuple (version ouvriériste), enfin le créneau qui était libre, quoi.

Je ne sais pas comment il est en privé, mais en public il est démago, non, plutôt même populiste. Je ne suis finalement pas très surpris de le voir faire désormais l'éloge de Sarkozy et de Benoît XVI (si, si, entendu clairement pour les deux). Le populisme version Guy Gilbert s'entend hélas avec le populisme version Sarko. :-(

Bref, son "oeuvre" sociale est sans doute utile et généreuse. Mais sa "personnalité" en tant qu'individu me débecte : je me suis laissé prendre tant qu'il "jouait" avec crédibilité, mais plus du tout maintenant qu'il "sur-joue" comme un vieil acteur de boulevard sur le retour.

Ecrit par : Jacques C | lundi, 19 octobre 2009

Faut le voir (Guy Gilbert) pour le croire ou décider de ne pas le croire ; il a 74 ans. Oui, il se dit qu'il est démago. Et qu'il fait du pognon.
Ce qui est sûr (en lien avec votre com.Pierre Enckell) c'est qu'il est déguisé. Et que cela est destiné à faire passer ce qu'il veut passer. Or, il arrive à sortir des jeunes de la mouise dans laquelle ils sont. Il est dit aussi qu'il est curé avant tout ; que sa hiérarchie le protège, l'encourage, que ce qu'il fait obtient des résultats. Il paraît aussi qu'il ne rigole pas, entre autres avec le mariage : ce sont des on-dit.
Donc Mère Téresa, Soeur Emmanuelle and co également parce qu'elles se sont occupées de la grande pauvreté, on les soupçonne aussi ? Moi, je jugerai sur pièces quand j'aurai vu le bonhomme, et que je lui aurai causé.
Et puis, sur votre dernière remarque, Jacques C : l'avantage de sur-jouer c'est que l'on sait, passé un moment, que l'on est un vieil acteur de boulevard, et alors dans cette façon de surjouer entre toute la dérision que l'on porte sur soi-même et sur le rôle que nous sommes censé jouer. Avant ce stade là, on ne sait même pas qu'on joue.
Populiste ? Il est aussi celui qui a marié Djamel Debbouze et sa meuf (pipole) et le roi Laurent des Belges. Alors il navigue dans toutes les eaux ? Ou bien c'est quelqu'un qui sait ce qu'il veut obtenir ?
Notons que Dominique, lycéen, anar (quoi de plus beau à 20 ans à part capitaine de sapeur pompier ?)ne s'est pas laissé convaincre.
"Nous sommes empoisonnés de religion. Nous sommes habitués à voir des curés qui sont à guetter la faiblesse et la souffrance humaines, afin d'achever les mourants d'un coup de sermon qui fera réfléchir les autres. Je hais cette éloquence de croque-mort. Il faut prêcher sur la vie, non sur la mort ; répandre l'espoir, non la crainte ; et cultiver en commun la joie, vrai trésor humain. C'est le secret des grands sages, et ce sera la lumière de demain."
(Emile Chartier, dit Alain / 1868-1951 / Propos sur le bonheur / 5 octobre 1909)
Que la religion soit autre chose que mortifère, je trouve cela positif. De toutes façons, le règne de la consommation à tout va, soyons clair, ce n'est pas mieux. Si j'osais (mais j'ose pas) je dirais même que c'est bien pire.

Ecrit par : michèle | lundi, 19 octobre 2009

michèle, vous êtes une fan, rien à dire, ça échappe à l'argumentation (et tant mieux :-)...).

Que Guy Gilbert soit populiste ou grossier ne me gênerait pas s'il n'avait pas un autre très gros défaut. Que Guy Gilbert soit adepte de "la fin justifie les moyens" alors que c'est ce permet les arrangements sans fin avec sa propre morale, passerait encore s'il n'avait pas un autre très gros défaut.

Lequel ? L'égo tellement surdimensionné qu'il n'est même plus capable d'écouter lorsqu'il se donne en représentation.

Je suis prêt à passer sur presque tous les défauts, travers et compromissions. Mais l'absence d'écoute est impardonnable, car elle est en contradiction structurelle avec l'objectif officiel de la religion et de la charité Gilbertienne.

On va me dire qu'il écoute remarquablement ses loubards. Je l'espère bien ! Du moins il a su les écouter avant de devenir lui-même une star (désormais, je demande à voir).

Mais dès que passe un micro, il se montre totalement incapable de "laisser une place" aux autres invités. Il accapare l'attention, la parole, l'espace. Il est seul au monde.

Et ça, désolé, mais ce n'est pas sympathique. Si c'est un calcul utilitariste (la fin justifie les moyens, n'est-ce pas, michèle ?, du moment que ça aide sa communauté à avoir des sous et un soutien de l'Église romaine, tout est permis...), ça n'en est pas moins un manque de respect et d'humilité incompatible avec les valeurs qu'il affirme par ailleurs.

Quant à Mère Theresa, j'ai été conduit à avoir connaissance d'un mémoire d'ethnologie sur une communauté qu'elle avait fondé en Ethiopie (s'il m'en souvient bien, mais peu importe le pays) - bien obligé, je soutenais dans la même session ;-). C'était terrifiant. Au nom de la religion et de la dureté morale, un bagne, une aculturation, un décérébrage - mais surtout une absence totale de respect humain et une approche véritablement totalitaire. J'en frissonne encore. Limite de l'abjection. Mais ce n'est pas le sujet.

Ecrit par : Jacques C | mardi, 20 octobre 2009

Peux pas développer ; le connais pas, ni ses loubards. Ce qu'il écrit (avec mon aube et mes santiags, P.S il y parle de Dominique au lycée P. 188 :-) ) est l'antinomie absolue de ce que vous racontez ; j'ai été frappée par sa description de l'orgueil qui serait le défaut le plus vil à abattre. Comme lui, je pense que le silence est salvateur. La prière, je doute fortement. Pourtant je m'y emploie, mais ma foi 1/ n'est pas celle d'un charbonnier et 2/ est sujette à d'amples turbulences que je gère seule et sans gémir. Je lis son livre en désordre, ai commencé par le carême, partage son avis aussi sur l'empire du sexe (le bouquin est vieux de 20 ans...).
Quant aux mémoires, faudrait lire, juger sur pièces. Il y a mémoire et mémoire cf. celui de Mme Tessier Elisabeth. Et sur vos quatre dernières lignes remplacez par Christophe Colomb, vous avez la même abjection. Moi, du bas peuple, je constate qu'à force de démolir et sans jamais rien reconstruire, eh bien c'est le souk. Et encore, bien lunée, je reste polie.
Pour en terminer avec Guy Gilbert, populiste sûrement, démago aussi sans doute, aimant les suns lights, ben oui (pas vous ?)mais en tout cas prêtre-ouvrier, enfant d'une famille d'ouvrier, comme celui qui a marié mes parents et qui oeuvre encore dans les quartiers nord de Marseille ; et quand je lui parle à celui-là qui participe à nombre de fêtes familiales de quartier, eh bien oui il me convaincrait d'être contemplative, parce qu'il est quelqu'un qui rayonne ne vous en déplaise.
Et pour conclure, quoique je ne sois fan de personne, (sauf peut -être de M. Sardou - et encore- quand on chantait à tue-tête mes mômes et moi "Femmes des années 80" et je n'en ai pas honte) il dit aussi que si on a une bouche seulement et deux oreilles ce n'est pas pour rien. Maintenant, ce qu'il fait, je n'en sais fichtre rien. Et tant mieux.
Basta.

Ecrit par : michèle | mercredi, 21 octobre 2009

michèle, je dois préciser deux choses.

La première, c'est que lorsque j'étais ado j'appréciais Guy Gilbert justement pour les raisons que vous avancez. Je suis donc d'autant plus déçu par le personnage qu'il est devenu. Aujourd'hui, son "franc-parler" n'est plus politique et social, il n'est plus qu'un tic de langage. Et son "image sociale", à laquelle vous restez si sensible, permet de faire passer par son truchement des justifications conservatrices fort désagréables (lorsqu'il justifie et défend Benoît XVI et Sarkozy).
Votre réaction prouve que malheureusement mes reproches sont fondés : l'image de Guy Gilbert est intacte chez beaucoup de monde ... or il s'en sert aujourd'hui pour défendre l'inverse des valeurs qui lui ont donné cette image. Ça s'appelle de l'imposture.

La deuxième, c'est qu'un mémoire d'ethnologie, surtout celui-là qui fut considéré par les directeurs de recherche comme exemplaire, sont basés très précisément sur des faits. Ne confondez pas la sociologie (comme ce qu'a fait E. Teissier), qui laisse se développer des hypothèses, interprétations et modèle... et l'ethnologie, qui étudie des êtres humains "à la même échelle" et dans leur vie réelle. En ethnologie, on ne parle pas d'une catégorie nommée "les jeunes" (moi, "les" jeunes, je ne les connais pas, je connais par contre "des" jeunes), on note au contraire que telle personne (identifiée), tel jour, dans tel contexte, a fait telle action. Et ensuite, une fois qu'on a une masse considérable d'observations précises, on essaie de comprendre pourquoi, comment, quelles relations et mécanismes sociaux sont en œuvre. Et pour cela, on ne fait pas un reportage de trois jours, on reste sur place pendant au moins une année complète plus de nombreux autres séjours (et parfois 3 ans non-stop).
Alors ma remarque sur Mère Theresa vous choque manifestement (puisque vous essayez immédiatement de disqualifier l'étude qui la critique), mais c'est comme ça, les idoles sont rarement à la hauteur du mythe construit par la propagande (quelle que soit la nature de cette dernière)... Que vaut-il mieux ? Nier ce fait et faire l'autruche, ou l'accepter et améliorer leurs œuvres et essayer de faire mieux la prochaine fois ?

Ecrit par : Jacques C | jeudi, 22 octobre 2009

1/ J'apprécie l'ethnologie
2/ oui je suis choquée par vos propos sur mère Teresa
3/ je n'ai jamais admiré Guy Gilbert

Quand j'écoute Françoise Héritier, je ne ris pas. Je reste étonnée lorsqu'elle dit être surprise des par des jeunes femmes qui souhaitent rester à la maison élever leurs enfants et elle a dit "avec les combats que nous avons menés c'est incroyable". Cependant c'est vrai.
Ce que nous avons transmis à nos enfants comporte des failles, puisque la société dont nous (je serait plus juste) avons rêvé se commue en une vaste entreprise de rentabilité et de services payants.
Ce que vous me dites, concernant Mère Téresa, je ne nie pas, je demande à voir. Peut-être pourriez vous me donner le titre et l'année et je pourrais aller consulter. Si c'est c..... comme la pluie je ne lirais pas les 500 pages, mais je peux feuilleter.
Non, au travers de cet échange que nous avons, ce que je fustige, moi, c'est la facilité à déboulonner les idoles et l'incapacité à proposer quoi que ce soit d'autre.

Apparemment un monde sans père et sans repères c'est franchement galère.

Et puis, ce que je déteste grandement c'est la mollesse et l'absence de prise de parti lorsqu'un est là à la tête de ceci ou cela et dès qu'il tourne le dos, ou meurt, alors là les langues se déchaînent ; mais sur le moment, on compte sur les doigts d'une main ceux qui osent s'opposer ; sans doute est ce cela qui me choque le plus, les réglages de compte à boulets tirés lorsque l'ennemi bat en retraite.

Vous n'êtes pas directement concerné par mes propos.
Ceci n'est qu'une réflexion générale, sans atteinte vers quiconque.

Ecrit par : michèle | vendredi, 23 octobre 2009

Ecrire un commentaire