jeudi, 08 octobre 2009
La grenouille rousse
Le moulin est muet. Muets le mur et le toit. Les tours aussi. Windisch a appuyé sur l'interrupteur et éteint la lumière. Il fait nuit entre les roues du moulin. L'obscurité a englouti la poussière de farine, les mouches et les sacs.
Le veilleur de nuit est assis sur le banc. Il dort. La bouche ouverte. Les yeux du chien brillent sous le banc.
Windisch s'aide des mains et des genoux pour porter le sac. Il l'appuie contre le mur du moulin. Le chien regarde et bâille. Ses dents blanches dessinent une morsure.
La clé tourne dans la serrure du moulin. La serrure craque sous les doigts de Windisch. Il compte. Il sent battre ses tempes et il se dit : "Ma tête est une pendule". Il met la clé dans sa poche. Le chien aboie. "Je vais la remonter jusqu'à ce que le ressort se casse", dit-il à voix haute.
Herta Müller
13:43 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, nobel, langue allemande, écriture



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Commentaires
«Muet le mur et le toit».
Ah bon !
Ecrit par : Olivier | jeudi, 08 octobre 2009
Notre prix Nobel !
Ecrit par : Suzanne | jeudi, 08 octobre 2009
Euh.. Suzanne, il y a déjà des plaisanteries dans les blogues ou sur Twitter avec l'homonymie du prénom et une célèbre marque de charcuterie industrielle que l'on trouve dans tous les mauvais supermarchés. Quand on n'a pas lu l'auteure, c'est ce que l'on trouve à dire.
Ecrit par : Dominique | jeudi, 08 octobre 2009
Je plaide non-coupable ! Le fait est que je n'ai pas lu cette auteur. Donc, je gougueule et je vois qu'elle vient d'avoir le prix Nobel. (je connais de moins en moins les prix Nobel. Vivement que Michel Tournier l'obtienne, ce ne serait que justice.)
Ecrit par : Suzanne | jeudi, 08 octobre 2009
Glups ! Si Tournier obtenait le prix Nobel, je désavouerais immédiatement l'académie royale de Suède. Ce serait une preuve de très mauvais goût en matière de littérature, mais je n'insiste pas (autant je me suis réjoui pour Le Clézio malgré des réserves, autant je ferais vraiment la tronche pour Tournier).
Je me suis aperçu que Herta Müller n'était plus traduite en français depuis huit ans et cela s'était déjà passé pour Jelinek qui n'existait plus en français que pour ses écrits anciens au moment du Nobel ! Cette situation est scandaleuse.
Ecrit par : Dominique | jeudi, 08 octobre 2009
Sacrés jurés Nobel! Encore une auteure rare à découvrir... Cela dit, le plus fort est que je la connaissais de nom, sans avoir jamais rien lu. Dommage pour moi, ces passages dégagent une force poétique impressionnante sous leur simplicité apparente.
Un bon point pour l'Académie suédoise, cette année, pour n'avoir pas attendu la toute fin de la vie de cette romancière pour la couronner.
Ecrit par : Irène | vendredi, 09 octobre 2009
Dominique : « Je me suis aperçu que Herta Müller n'était plus traduite en français depuis huit ans et cela s'était déjà passé pour Jelinek qui n'existait plus en français que pour ses écrits anciens au moment du Nobel ! Cette situation est scandaleuse. »
Lisez la mauvaise aventure de la librairie
« Filigranes » à Bruxelles :
http://www.lalibre.be/culture/livres/article/534601/le-prix-nobel-de-litterature-a-herta-mueller.html
Ecrit par : Stéphane De Becker | vendredi, 09 octobre 2009
@SDB : C'est souvent arrivé dans le passé. Je me souviens que pour Jaroslav Seifert et pour Seamus Heaney, il n'y avait qu'un seul recueil de poèmes anciens chez un petit éditeur régional et chez un éditeur universitaire : c'était les cas extrêmes. Kertesz était peu traduit lui aussi et avait été publié dans de petites maisons d'édition, je le connaissais déjà quand il a été nommé. La littérature de langue étrangère se vend et se publie de plus en plus en France, elle fait jeu égal avec la littérature d'expression française, mais cela profite surtout à l'anglais et au roman. Les traductions de l'allemand - puisque l'on parle d'une auteure germanophone - par exemple, n'ont cessé de décliner et il y a un gros retard par repport au monde littéraire allemand contemporain, mais on pourrait le dire pour bien des langues non rares. La seule scène littéraire que l'on suit sans trop de décalage est étatsunienne ou britannique. Bon point à la Libre, avoir cité un passage qui donne une idée de l'auteure.
Ecrit par : Dominique | vendredi, 09 octobre 2009
Stéphane :
"Lisez la mauvais aventure........................
Ca n'a pas dû arriver qu'en Belgique.
Ecrit par : Michèle cb | mardi, 13 octobre 2009
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