mercredi, 07 octobre 2009

La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)

Je félicite hautement et chaudement l'élu qui a émis ces propos :

Et l'adjoint de préciser : « il s'agit aussi de préserver l'écosystème : il n'est pas question que les cygnes, les canards ou les ragondins souffrent des conséquences de cette opération ».

Pourquoi épargner le ragondin ? Il est bien classé dans la catégorie des nuisibles par certains départements, mais il a bien sa place dans cette zone marécageuse précise, seulement on ne le voit pas dans l'endroit prétendument envahi par les rats ou alors durant la nuit.

Si on veut ne tuer que la population de rats qui a colonisé les abords du canal, cela va être un peu difficile de leur trouver des aliments empoisonnés que n'ingurgiteraient pas aussi les ragondins lors de cette opération de dératisation :

Laquelle consistera en la pose de boîtes spécifiques, chargés d'attirer les rats, et uniquement eux, et qu'ils meurent du produit intérieur qu'ils ingurgiteront.

Le régime alimentaire du ragondin est certes exclusivement herbivore et frugivore à la différence de celui des rats, ces boîtes ne vont pas plus attirer les rats qui ne sont pas gourmands de quelques rares quignons de pain abandonnés alors qu'il y a des quantités d'ordures ailleurs. Je n'ai d'ailleurs jamais vu un seul vrai rat dans cet endroit que j'ai photographié et parcouru avec attention en particulier cet été, et d'ailleurs pas un seul ragondin qui doit se cacher bien plus dans un lieu éloigné de la foule. Je m'y promène fréquemment, je ne vois pas un seul rat.

Notons la paranoïa manifeste du texte :

« Au jard, il est aisé en ce moment de voir une dizaine de ces rats d'un seul coup d'œil ».

« Quand on en voit un, c'est qu'il y en a vingt à proximité »

« les rats peuvent être porteurs de maladies, notamment par leurs urines et leurs déjections. Ils représentent un risque pour la santé des enfants qui jouent dans l'herbe, des gens assis sur des rondins ».

Ou le retour aux peurs médiévales en temps de peste (maintenant, c'est la grippe A avec des gens qui se frottent les mains avec du gel sans aucune raison avant de se rendre au self-service). Mais eux... ces rats doivent bien traverser les rues, habiter quelque part puisque leur habitat naturel n'est pas les bords de rivières, pas les bords marécageux d'un canal qui est trop fréquenté par les joggeurs, les pêcheurs, les acteurs de festivals, les coureurs cyclistes, les randonneurs, et on en passe. Mais le ragondin peut être bon et le rat mauvais selon les préjugés auxquels on se réfère.

Et on continue par la recommandation stupide habituelle :

Et l'on pourra de nouveau redonner des morceaux de pain aux cygnes…

Ce qui signifierait que l'on pourrait encore encourager la prolifération de ces rats hypothétiques sans se poser la question du ramassage des ordures ménagères de plus en plus différé ppur cause de tri sélectif ? Donner des morceaux de pain à des cygnes est absurde et malveillant ! Cela ne fait pas partie de l'alimentation de cet animal.  C'est de la fausse protection animale et cela nuit au régime alimentaire naturel de cette bestiole.

La peste, c'est ce qui se trouve d'abord dans des cervelles.

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Commentaires

Que les cygnes satisfassent à une esthétique certaine, je le conçois ; que l'on y rajoute ce rêve ancien de vilain petit canard, qui par la force de l'amour et les petits bras musclés de zorros de pacotille, a soudain des plumes qui poussent sur son croupion, et les moignons qui se transforment en longues ailes sagement repliées, tout cela je l'admets, et bien volontiers.
Cela dit, sur le plan purement bestial, faudrait-il dire du règne animal ? un cygne (et un paon) c'est méchant*, comme le jars aussi, et les coups de bec pourraient être bien plus risqués pour un petit que l'attaque improbable du rat qui est un mammifère d'une intelligence étonnante et capable de multiples apprentissages. Donc la peur des rats, c'est comme la peur des loups c'est largement mythifié ; sans doute depuis le joueur de flûtiau de Hamelin qui a entraîné tous les enfants hors de la ville de Brême.
* cette connotation enfantine ramène à la pénibilité des coups de bec qui parce que volatiles sont sans cervelle ; là-dessus nul besoin d'argumenter (cervelle de moineau etc.).

Ecrit par : michèle | jeudi, 08 octobre 2009

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