samedi, 05 septembre 2009

13 raisons de mort d'un blogue

Il y a dans la vie des blogues un sujet récurrent, mais que l'on n'aborde que lorsqu'il arrive une nouvelle fois : la mort d''un blogue. Pourquoi un blogue doit-il s'arrêter ? Il a ses commentateurs réguliers, ses abonnements à des flux, son trafic en progression, son classement Wikio ou Technorati en hausse, et puis plus rien. Parfois l'auteur s'exprime dans un dernier billet, parfois dans un commentaire chez quelqu'un d'autre, parfois il ne dit rien, parfois c'est un sujet de polémique. Je recense les diverses raisons en donnant les pseudos de blogueurs ou le nom de leur blogue, mais sans aucun lien. Comment mettre fin à un blogue de manière convaincante ?

1. Vous êtes mort et vous envoyez votre avis de décès d'outre-tombe. C'est le cas de Dominique Autié. Mais la mort est une excuse un peu facile pour les gens qui attendaient leur manne quotidienne. Mais si vous voulez revenir, il faut trouver autre chose pour être pris au sérieux. La mort est de toute manière impardonnable.

2. Votre hébergeur vous dit que vous avez atteint le maximum de l'espace disponible. Vpis devez prendre un abonnement payant ou alors payer encore plus de bande passante. Là, on peut se dire que l'hébergeur a été mal choisi ou que le sujet du blogue n'était pas adapté.

3. Variante du précédent ; votre hébergeur vous dit que votre blogue n'existera plus d'ici trois ou six mois et que vous pouvez transférer tous vos fichiers sur une autre solution payante qu'il propose : c'est le cas des anciens U-blog et Tooblog. Mais comme vous ne comprenez rien aux manipulation, vous perdez des fils de commentaires, des images, etc. ou vous ne pouvez rien récupérer parce que vous ne comprenez rien aux explications très simples de guiques qui se la jouent.

4. Version différente du précédent ; vous avez décidé de passer à un autre logiciel et vous constatez qu'il est incompatible avec le précédent comme Jules de Diner's Room. Que faire ? Ecraser le blogue précédent ou créer un nouveau nom de domaine ?

5. Vous avez perdu vos identifiants tellement vous avez de comptes différents sous une foule de pseudos. Ce n'est pas grave, il vous reste encore plein d'autres blogues, mais ceux-ci sont peut-être moins bien classés que le premier.  

6. Votre patron ou votre hiérarchie vous cherche des ennuis après avoir découvert votre blogue (cas de Bereno inspecteur du travail, d'Un blog de flic, de Garfieldd, du Blog de prof de ZEP, de Petite Anglaise, etc.) Comme vous êtes sous le coup ou sous la menace d'une sanction disciplinaire, voire d'une révocation ou d'un licenciement, vous supprimez le blogue ou le placez en accès restreint. Mais en tout cas, vous recevrez un soutien formel de tous.

7. Au contraire, vous êtes promu comme M. KA de la Boîte à images ou Alain Birenbaum du blog NRV en passant à une plus grosse boîte comme Arrêt sur images ou Le Post. Vous avez le choix entre laisser des archives disponibles pour tous pendant un temps limité et des archives accessibles à certains. Mais vous avez su monnayer votre passage à une sphère un peu moins amateur que les blogues.

8. Vous partez à San Francisco ouvrir une jeune pousse afin de réaliser un nouveau défi qui licencie la moitié de son personnel un an plus tard et cherche une nouvelle capitalisation et un nouveau plan bizness. Modèle Loïc Le Meur. C'est risqué et il faut avoir déjà beaucoup d'argent au départ. Ce n'est pas avec un Skyblog que l'on y arrive, même s'il est plus lu que le blogue dit influent.

9. Vous dites que la pression publique est insupportable, vous ne voulez plus répondre aux questions piégées et bolcheviques du Monde ou participer aux petits déjeuners infernaux de France-Culture ou être invité face aux impertinents du Médef ou devoir justifier votre place de premier des classements, et vous jouez votre diva en annonçant votre arrêt du blogage, mais non du commentaire. Puis vous publiez des billets chez les autres comme invité, puis un nouveau blogue comme Meilcour, puis vous rouvrez votre blogue Versac. Et vous jouez à cache-cache afin de vous faire désirer.

10. Vous comprenez que votre entourage immédiat (parents, collègues, voisins, amis) vous lit. Vous avez de plus en plus de mal à faire la part des deux identités et l'une empêche l'autre de s'exprimer, cas de Pascal de Finis Africae.

11. Vous n'avez plus rien à dire, du moins sous cette forme. Il est temps de passer à une autre identité, cas de Narvic de Novövision. Variante : vous n'avez plus rien à dire ou vous avez l'impression de vous répéter, quelle que soit la forme. Un conseil : faites des listes, comme celle-ci, ou des chaînes afin de prolonger l'agonie.

12. Vous attirez trop de trolls et il se distribuerait des paniers entiers de points Godwin dans chacun de vos fils de commentaires. Votre blogue ressemble à un grand portnawak et vous ne voulez plus avoir à censurer des gens ignobles (surtout si vous êtes contre toute censure). C'est ce que l'on pourrait nommer les blogues Calimero.

13. Vous avez bu trop de Guinness à République des blogs ou aux raouts de Vendredi et vous avez fait une fausse manipulation en voulant parler en bien de cette dernière rencontre constructive ou du mal des gens que vous avez vus.


Je me suis arrêté à un chiffre impair, parce que la liste n'est pas limitative. Elle peut être complétée.

Trackbacks

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Commentaires

14. Vous tant de temps sur Twitter, Facebook, Flicker, Friendfeed, etc., que vous usez vos sujets de billets avant de les avoir écrits.

Conseil: faites des billets sur le phénomène des réseaux sociaux. En plus, ça vous attirera de nouveaux lecteurs. Mais ne vous étonnez pas s'ils ne commentent que sur FB ou Twitter et pas sur votre blogue...

Écrit par : Irène | samedi, 05 septembre 2009

15. Vous sortez d'une dépression nerveuse sévère qui semble-t-il aurait été l'équivalent d'un traumatisme crânien. Vous faites partie de nouveau de l'espèce homo erectus et bientôt, vous serez capable de regarder les gens dans les yeux et de ne plus fixer la pointe de vos chaussures ; le soleil ne vous sera plus insupportable et vous deviendrez capable d'écouter autre chose que le silence. Vous désirerez voir le visage des gens avec qui vous bloggez car certains sont vraiment très chouettes et vous connaîtrez ainsi le son de leur voix et la couleur de leurs yeux ; vous saurez bien évidemment qu'ils ne sont pas des machines et que cela palpite pour eux aussi. Les blogs c'est bien mais IRL c'est réellement mieux.

Écrit par : michèle | samedi, 05 septembre 2009

Faire des listes... Hum...
De quoi ferais-je bien une liste ?

Écrit par : Anne | dimanche, 06 septembre 2009

« Votre hébergeur vous dit que vous avez atteint le maximum de l'espace disponible. Vpis devez prendre un abonnement payant ou alors payer encore plus de bande passante. »

Parce que vous ne faites pas partie des V.I.P.

Écrit par : Stéphane De Becker | dimanche, 06 septembre 2009

Parce que vous avez essayé l'art du blog, et que vous avez eu votre compte de gratifications -en aviez-vous besoin, finalement- de plaisir narcissique. Ah, ils ne sont pas si mal que ça, mes billets, si je les compare à... Et puis que vous vous relisez: oui, c'est bien, mais pas mieux que ce qu'on entend à la radio, beaucoup moins bien que ce qu'on lit dans les journaux le soir chez soi. Parce que vous avez honte de tant de bavardage, de petites vanités, et qu'il y a tant de vrais livres à lire encore.

Écrit par : Suzanne | dimanche, 06 septembre 2009

"Die Rose ist ohne Warum.
Sie blühet, weil sie blühet.
Sie achtet nicht ihrer selbst,
fragt nicht, ob man sie siehet.“

Écrit par : Z comme... | dimanche, 06 septembre 2009

"Die Rose ist ohne Warum..." uzw.

Je suis ravi que quelqu'un cite ici le regretté
Angelus Silesius et je me permets de donner une traduction trouvée sur la toile :

« La rose est sans pourquoi,
elle fleurit parce qu'elle fleurit,
elle ne se soucie pas d'elle-même,
elle ne se demande pas si on la voit. »

Écrit par : Stéphane De Becker | dimanche, 06 septembre 2009

eh bien merci pour cette description qui rejoint un peu ce que je pensais mais surtout qui le confirme...
et bonne journée à vous

Écrit par : Jeffanne | lundi, 07 septembre 2009

Dans le "vous jouez à cache-cache ...". La dernière B.D que j'ai lue c'était sinistre (et drôle bien après) : le chef jouait à se cacher loin et au fond des bois et les gosses demandaient à leur meilleur pote, "t'y vas-toi ?" Lui ( qui ?) répondait " il fait froid et il va pleuvoir non je vais me coucher " et les autres approuvaient et allaient aussi se coucher. L'autre couillon de la lune, pendant ce temps, se gelait les miches dans son buisson, à perpète. Puis, quand il finit par rentrer, exténué et trempé, il trouva les mômes ronflant comme des bienheureux. Sur le coup, je n'ai pas ri. Si un joue à cache-cache et que personne ne va le chercher c'est d'un triste ! Puis, j'ai pensé à l'impertinence interprétative prônée par eron2foi, et j'ai digressé sur se cacher c'est aussi se planquer pour pas se faire choper et patin et couffin et trois hommes pour, bref jouer à cache-cache pour se faire désirer cela m'a paru d'une incongruïté phénoménale. Les hommes ont de ces idées sur nous les femmes qui parfois, souvent, toujours me font perdre mon latin.

Écrit par : michèle | mercredi, 09 septembre 2009

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