mercredi, 15 juillet 2009
Joies de la presse 2.0 en été et avec souplesse salariale
Voici l'été et l'Oignon fait appel à ses correspondants locaux, ses pigistes et ses stagiaires, tous joyeux et incapables de se relire. Le journalisme low-cost et hard-discount se conjugue avec l'ellipse grammaticale la plus hardie, faute de secrétaire de rédaction :
A l'instar certaines villes du bord de mer, l'été, le Der dispose de sa gendarmerie.
L e bleu des chemises se marie plutôt bien avec le bleu de l'eau du lac : Les vagues sont à quelques mètres de cette gendarmerie d'été.
Une petite brigade qui s'ajoute au quatre qui composent la compagnie
Nous patrouillons tous les jours et plusieurs fois à vélo à pied, à véhicule, mais aussi avec un bateau
le Lieutenant, Bracq, commandant de ce poste provisoire.
Et les militaires qui ne manquent pas d'informer aussi le grand public : la gendarmerie affiche la météo et la température de l'eau du jour, et ne manque pas de rappeler les consignes de sécurité élémentaires
Je passe sur le fond qui se contente d'additionner des propos rapportés d'une seule source, avec les guillemets de citation pour faire plus vrai et vivant alors que le reste émane de la même source. C'est du publi-reportage dans sa version la plus grossière. Autant reprendre carrément le communiqué de presse sans plus de fioriture ou bien l'article écrit dans un style pseudo-journalistique par le gendarme pour le journal régional (j'ai connu quelques principaux de collège qui savaient déguiser leur communication en articles dont on n'aurait pu penser qu'ils en étaient les auteurs selon eux...)
Résultat de l'opération : non seulement on bousille la typographie, la grammaire (syntaxe et morphologie confondues), la cohérence des discours, mais encore les textes sont le plus souvent versés dans de mauvais dossiers du site internet : un article sur Mouzon dans les Ardennes se retrouve dans la rubrique de Vertus (Marne), un autre qui concerne Bernoville (Aisne) figure dans celle de La Veuve (Marne). C'est proprement consternant et on peut se demander dans ce cas à quoi sert un site avec une recherche par rubriques ou par étiquettes. Ou si l'on doit faire une différence entre blogueurs non professionnels et journalistes rétribués au lance-pierre, puisque ni les uns, ni les autres ne sont soumis à une quelconque révision de la part d'une autre personne !
Pourquoi la presse est-elle discréditée ? Mais en partie à cause de ce genre de pratiques ! Et la rendre plus ouaibedeuxpointzéro n'y changera rien, au contraire.
12:40 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française



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Commentaires
Mais vous ne savez pas apprécier le style poétique de ces vagues bleues de la "gendarmerie d'été" ! laissez voguer un peu votre imagination et vous verrez des flots bleus de gendarmes déferlant au bord du lac, dans un clapotis harmonieux, élégant, rythmé, et... un brin militaire aussi, au sourires ravageurs, quelques myosotis entre les dents !
Écrit par : Alice M | mercredi, 15 juillet 2009
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