jeudi, 09 juillet 2009
Ma rencontre de blogueur avec Frédéric Mitterrand
Afin de conforter ma situation de blogueur très influent et souvent repris dans les médias en ligne ou cité par tous les apprentis blogueurs qui veulent gagner en notoriété, authority de Technorati, classement de Wikio, invitations de Vendredi, abonnements de Netvibes, ReTwittages, mentions dans les pages saumon du Figaro, je me suis décidé à rencontrer le nouveau ministre de la Culture. En effet, on ne peut devenir un blogueur influent que si l'on rencontre un personnage influent et si l'on rapporte son entretien inédit.
LPCI : Monsieur Mitterrand, je suis heureux d'être reçu par vous dans ces superbes appartements de la rue de Valois qui dépassent en prestige la villa Médicis.
FM : Je suis particulièrement heureux de recevoir un blogueur aussi influent que vous dans ces lieux prestigieux et de discuter librement et à la bonne franquette autour d'une choucroute républicaine et citoyenne. Remarquez combien je suis plus simple que mon oncle...
LPCI : Encore une choucroute ! Déjà chez Nadine Morano et Henri Guaino...
FM : Que voulez-vous ? Mon directeur de cabinet m'a recommandé de ne surtout pas servir de pizza à des blogueurs, parce que cela donnerait trop l'impression d'être dans la culture hacker et du logiciel libre. Je dois donner l'impression que je suis chiraco-compatible tout en portant le nom de Mitterrand, et comme j'ai peu de goût pour la tête de veau, j'ai préféré aller au plus simple. Vous voyez, je peux vous comprendre, moi aussi je pirate les codes des représentations sociales.
LPCI : Justement parlons de la loi sur le piratage, s'il vous plaît.
FM : Ah ! quel ne fût pas le malheureux destin de cette pauvre loi Hadopi I, trop vite chargée par tous les vils courtisans de sociétés informatiques, tous occupés à dénigrer cette nouvelle princesse auprès des malheureux députés incompétents trop prompts à croire toutes les rumeurs ou de ceux plus corrompus qui sont stipendiés par l'industrie du logiciel libre. Que de complots d'agents de l'étranger n'ont pas été tramés durant ces riches heures d'histoire contre la liberté du commerce qui ne fait qu'un avec celle de l'esprit qui ne fait qu'un avec le gouvernement auquel j'appartiens et qui serait sans esprit sans moi. Dans l'esprit corrompu et décadent de ces assemblées, l'on a vilipendé les accoutrements de cette malheureuse princesse Hadopi I qui n'avait comme seul tort que d'être trop libre et trop nouvelle dans un monde agonisant qui se mourait de manière funèbre, funéraire et funeste dans la déliquescence, la dégradation et la déréliction de son miroir renvoyant tel celui du Portrait de Dorian Gray la triste vérité sinistre, sombre et malheureuse de son destin inéluctable et fatal : "Non ! tu n'es pas la plus belle en ce royaume !"
LPCI : Où voulez-vous en venir ?
FM : Il faut imaginer ce qu'aurait pu être le sort de Hadopi I si elle n'avait pas été victime des chauffards du Conseil constitutionnel et si son destin n'avait pas été fracassé sous un pilier de la Déclaration universelle des droits de l'homme comme celui de Diana jadis, il y a longtemps, autrefois, il y a tellement longtemps ! Que n'aurait-elle pu faire tellement elle était dotée de dons par ses marraines-fées, Franck Riester, Christine Albanel, Denis Olivennes, Alain Minc et ce grand souverain qui est si magnanime ? Oui, on l'a assassinée de façon meurtrière, criminelle et mortelle, mais heureusement une nouvelle Hadopi nous est née. Voyez donc comment cette tragédie est dramatique ! Combien avons-nous été de témoins éplorés et pleurant devant cette figure magnifique et grandiose qui symbolisait tout ce qu'il y avait de plus symbolique pour les grands républicains amoureux de la royauté et des royalties ! Que n'aurait-on dit contre nous si nous n'avions pas agi afin de réserver des revenus de rente à ceux qui en possédaient déjà plus qu'assez ! Cette pauvre et malheureuse princesse Hadopi I dont la pureté virginale, mariale, immaculée et immarcesible était restée d'une blancheur candide d'aube aurorale malgré tous les pires tourments que lui avaient infiligés les vils courtisans socialistes, trotskystes, linuxistes crypto-anarchistes et autres communistes castristes, guévaristes ou chevazistes avait été cependant souillée d'une tache indélébile que rien ne saurait jamais effacer puisqu'ils avaient cru l'abaisder au plus bas de leur propre abjection. Mais heureusement, il était des esprits purs, comme moi, qui ne pensaient qu'à sauver le sens même de la civilisation et de la culture de manière purement désintéressée, gratuite et sans regarder aux frais de fonction.
LPCI : Qu'est-ce à dire ?
FM : Avant de décéder d'une mort funèbre, funeste et funéraire, bien entendu malheureuse et due à des forces obscures autant qu'inconnues ou mystérieuses, la princesse Hadopi I avait prévu de donner naissance à une héritière Hadopi II qui est presque son portrait craché et qui porte tous les espoirs de la pérpétuation de la dynastie afin de donner de belles images autorisées et de source légale au bon peuple. Notre devoir républicain, c'est d'assurer cet avenir futur à cette princesse qui permet de faire croire que l'on va plus respecter la constitution et les droits fondamentaux, ces institutions malheureuses et décadentes.
LPCI : Je vous remercie infiniment de cet échange fort utile.
FM : Mais je vous en prie, toute la choucroute décadente a été pour moi.
17:49 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, culture, web, internet, hadopi, frédéric mitterrrand



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Le Petit Champignacien est déchaîné
Et c’est bien jubilatoire. Après le vrai-faux entretien avec Frédéric Mitterrand, puis celui avec Philippe Val, notre blougueur influent-et-célèbre (au moins) fait passer Bernard-Henri Lévy à la moulinette parodique de ses «rencontres», presque a...
Trackback par : Irène Delse | mercredi, 22 juillet 2009
La mauvaise bonne conscience
Et tout le monde de s’extasier sur l’article de Didier Lestrade, «Le chapitre 11», sur la (ou les?) affaire Frédéric Mitterrand vu du point de vue d’un militant gay. Oui. Pas faux. Il y a des choses là-dedans qui méritaient d’êt...
Trackback par : Irène Delse | dimanche, 11 octobre 2009
Commentaires
Aha ! très bon ! c'est bien le style alambiqué plein de relatives et d'hypothèses sur le passé comme au temps d'étoiles et toiles... mon adjectif préféré est "chiraco-compatible" !
Ecrit par : Alice M | jeudi, 09 juillet 2009
Il ne t'as pas dit «bonsooooooîr» ?
Ecrit par : Olivier | jeudi, 09 juillet 2009
t'a pas, t'a pas, t'a pas, vient de me souffler Myriam Makéba...
Ecrit par : Olivier | jeudi, 09 juillet 2009
Oh ! ma culture au sujet de Frédéric Mitterrand commence et s'arrête à "les Amants du siècle" et "les Aigles foudroyés" d'un kitschissime indicible, je découvrais alors la nouvelle télévision après plusieurs années de sevrage et avant de nouvelles autres années sans. Je n'ai pas vu ce qu'il a fait avant et après.
Ecrit par : Dominique | jeudi, 09 juillet 2009
Admirable parodie sur-choucroutée, quoiqu'un peu bourrative en cette saison. J'aime beaucoup «l'aube aurorale» (à prononcer dans l'enfournement d'une fourchetée menacée d'effondrement).
Bourf !
Ecrit par : pièce détachée | vendredi, 10 juillet 2009
La classe ! Vivement que je devienne aussi un blogueur influent, histoire de pouvoir me fader de plantureux repas et de copieux discours (ou l'inverse) sous les ors de la République. Mais (nonobstant le style idoine de ce billet), je suis un peu déçu : quoi, pas d'ortolans ? Ce n'est vraiment pas le neveu de son oncle, alors…
Ecrit par : JBB | vendredi, 10 juillet 2009
@ JBB : Mais l'atavisme se manifeste peut-être par le soutien de l'ami Frédo à la disposition de Hadopi 2 permettant la surveillance des "communications électroniques", donc des courriels. Les écoutes, une tradition de famille?
Ecrit par : Irène | vendredi, 10 juillet 2009
Bravo pour la multitude de pléonasmes enchaînés. Bon de retrouver certains mots peu usités dont stipendié, mais où le recaser ? Faudrait se creuser le ciboulot, ce n'est pas de saison...J'ai aimé son ton en son temps, ne sais pas grand chose de lui, retiens seulement que les hommes de tv accèdent aux postes de pouvoir sic Berlusconi. La solution me semble être de plus en plus pour un retrait volontaire et délibéré de la chose publique. Avec un regard goguenard sur les fourmis qui s'agitent : à moi, non à moi, à moi te dis-je.
Ecrit par : michèle | samedi, 11 juillet 2009
C'est très bien, mais la prochaine fois il faudra essayer en video. L'écrit ne rend pas le phrasé, le débit, le ton inimitables...
Ecrit par : Suzanne | dimanche, 12 juillet 2009
ah, trop fort.....
j'arrivais pas à le lire sans le ton du neveu de tonton...
impressionnant !!
Ecrit par : totolezheros | lundi, 13 juillet 2009
Intéressant le concept de PRINCESSE HADOPI, je l'ai également développé dans un article...
A croire qu'HADOPI n'est pas de son temps...
Voici le lien :
http://avocat-a-tours-cmb.viabloga.com/news/la-princesse-hadopi
Bonne lecture
Ecrit par : GB | lundi, 27 juillet 2009
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