mercredi, 10 juin 2009
Mon pied vers l'Aisne
Les cellules communication des conseils généraux se distinguent en général par leur mauvais goût. Celui de l'Aisne s'était déjà illustré par une campagne pour vanter ce département comme territoire anglophone et anglomane avec des jeux de mots stupides et recherchés comme Rock'Aisne Roll ou Fish'Aisne Chips et Bed'Aisne Breakfast. Maintenant, on a affaire à la même opération, sauf que l'on remplace les terminaisons par la lettre N.
- Passez à l'heure méditerrané'N.
- Revivez l'époque mérovingie'N.
- La musique se déchai'N.
La sottise des slogans va de pair avec l'absence de réflexion sur la lecture de la lettre : il n'était pas besoin de redonder dans les deux derniers cas la lettre N par la voyelle e ou par le digramme ai. Mais il fallait conserver des lettres pour que le public imbécile puisse comprendre l'astuce qui consistait à donner l'épellation de la lettre.
Dans l'opération de 2009 par rapport à 2005, on fait comme avant, mais seulement à l'envers puisqu'on emploie cette fois systématiquement le "n abréviatif anglais qui avait été ôté au profit du nom du département. On sait se montrer inventif...
Ce qui tient lieu de slogan général ne vaut guère mieux :
L'attitude Ecocitoy'N, un choix abordable et durable !
Passons sur le mot attitude qui, pour une fois, n'est pas postposé, mais les arguments ne valent pas tripette :
* Moins loin et donc moins de carburant et de carbone.
Moins loin d'où ?
* Des opportunités chaque semaine.
Vous multipliez les occasions de venir dans l'N.
Je croyais qu'en français courant l'anglicisme opportunité se disait occasion.
Nous avons affaire à une opération de marquetingue à coloration écologiste pour être dans la couleur de l'époque (le tout sur fond de déploration culpabilisante et de crise économique) et puis d'anglomanie pour faire branchouille et citoyen du monde. Avec en prime des apostrophes de coiffeur.
13:49 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : publicité, marketing, langue française



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Commentaires
Et c'est cela qui va nous faire trouver le Rhin beau ?
Ecrit par : Olivier | mercredi, 10 juin 2009
Pour un divertissement durable, dégustez la verve champignacie'N !
Ecrit par : lamkyre | mercredi, 10 juin 2009
Pour en rester aux approximations, qu'ils aillent se faire Laon l'Aisne...
Ecrit par : Pierre Enckell | mercredi, 10 juin 2009
Pourquoi avoir écrit : "Des opportunités chaque semaine", quand il suffisait d'oser : "Des opportunités chaque semN" ?
Au fond, on n'a rien inventé : ce genre de chose se trouvait déjà dans les rébus de notre enfance. A ceci près que le rébus est inventif, astucieux ; et l'on sait bien qu'il s'agit d'un jeu. On apprécie alors la trouvaille.
Ecrit par : Jacques Layani | mercredi, 10 juin 2009
lamkyre : « Pour un divertissement durable, dégustez la verve champignacie'N ! »
Joli !
« Dominiqu'N » nous aurait déroutés...
Ecrit par : MiniPhasme | mercredi, 10 juin 2009
Avis aux anglomanes
=> À quand un « Sav' N » ?!
Pub qui profiterait à neuf autres départements !
[subliminale, forcément subliminale...]
Ecrit par : MiniPhasme | mercredi, 10 juin 2009
Avec tout ça, il y a de quoi foutre la N...
Ecrit par : Irène | mercredi, 10 juin 2009
« C'est à l'N que nous avons affaire. Eh bien? Voyons, que lui voulons-nous à l'N? »*
Bonne question. Vous noterez en survolant, que le Comte apostrophe les coiffeurs** pour la N-ième fois...
* cf. Monte-Cristo, t.2, 1846, p.9 ; Dumas père, cité dans le TLFi
** dont la prolifération ne laisse pas de m'étonner...
Ecrit par : MiniPhasme | mercredi, 10 juin 2009
Votre verve à tous étant inépuisable, il me reste à jouer mon rôle favori du Simplet et à aider Dominique à résoudre ses questions existentielles !
* Moins loin et donc moins de carburant et de carbone.
Moins loin d'où ?
De la maison, voyons : home sweet home, mon dome'N. Sans ailes. Table rase, basse, lasse, las...Hé. Eh Dôle men. Non chéri Vesoul (ô mio carino). Mais tu voulais voir ta mère ! (excédé) Non Ségol'N. (exhausted). (Et toc c'est moi ki l'a fait celle-là, tilali, lala...lère, tsoin tsoin (nota : on est ou on n'est pas une figure charismatique : si on ne l'est pas autant rester couchée car on ne vaut pas tripette). Le féminin n'est pas anodin.).
Dom_N, stable fiable secure. Sans pôle'N, être soeur'N, avec mon nomen.
No men ? Ah...Cycle Amen.
Dommage car elle préférait les pivoines. Ainsi va la vie.
Ecrit par : michèle | mercredi, 10 juin 2009
"Au violon, mes sanglots longs bercent ma peine.
J'ai reçu des coups près du côlon, j'ai mal vers l'aine."
Tss! Je ne sais pas si le pastiche de Bobby est plus connu que l'original, mais il est toujours le premier à me revenir en mémoire.
Ecrit par : Cinéraire | jeudi, 11 juin 2009
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