vendredi, 22 mai 2009
Bon courage !
Simple petit sondage informel : j'ai été étonné de constater ces derniers temps que les gens ne se souhaitent plus "bonne journée" ou "au revoir" ou "à tantôt" en se quittant, mais "bon courage" (quand bien même l'autre ne va pas travailler). Constatez-vous un tel fait autour de vous ? D'où peut bien provenir cette épidémie de "bon courage" dans la France profonde ?
16:31 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française



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Commentaires
... certains appellent cela EVOLUTION ...
Écrit par : ANTIRACKET | vendredi, 22 mai 2009
"...même l'autre ne va pas travailler). Constatez-vous un tel fait autour de vous ? D'où peut bien provenir cette épidémie de "bon courage" dans la France profonde ?"
Dans le nord de la France, cette expression est utilisée depuis des lustres, je l'entends à longueur de journée dans ma rue, surtout dans la bouche des nombreux retraités qui constituent mon voisinage.
Écrit par : Michèle | samedi, 23 mai 2009
Je n'entends pas plus souvent "bon courage" que d'habitude, à Marseille, mais "profite bien du week-end !", oui, ce qui, au fond, relève du même esprit de retroussage de manches dans l'adversité.
Écrit par : Alice M | samedi, 23 mai 2009
Oui, c'est exact. Comme l'épidémie de «y'a pas de souci» our de «je te promets» (pour je t'assure que...). Ce qui m'agace, ce sont les «bon week-end», alors que je travaille le vendredi et le samedi...
Écrit par : Olivier | samedi, 23 mai 2009
Cette épidémie ne semble pas avoir (déjà ?) touché la Belgique. J'entends encore périodiquement « Et bonne chance ! »
Ce que je souhaite à ce blogue, bien évidemment.
Dominique m'ayant reproché, il y a un certain temps, de ne pas faire de la publicité pour mon site, je signale que je viens d'attaquer Balzac dans la Pléiade (c'est un scoop, comme disait le regretté Michel Druon). Et il y a d'autres pages annexes : http://stephanedebecker.googlepages.com/lestitres2.
Ne me souhaitez pas « Bon courage ! » Je sais ce que je fais !
Écrit par : Stéphane De Becker | samedi, 23 mai 2009
Pas de "bon courage" par chez moi non plus. Par contre, de plus en plus, "bonne fin de journée" tend à compléter, voire remplacer, le simple "au revoir" (je pense que ce point particulier a déjà été abordé).
Écrit par : lamkyre | samedi, 23 mai 2009
Allons, il n'y a rien de nouveau, j'entends cela depuis 1976. J'arrivais de Marseille pour m'installer à Paris (par la grâce de l'Education nationale) et, justement, j'avais été frappé par cette expression et, surtout, la surabondance de son emploi.
Écrit par : Jacques Layani | samedi, 23 mai 2009
Je ne l'entends que dans un contexte de travail. Pour ma part, je le réserve au commerçant, à la caissière et à toutes personnes que je quitte alors qu'elles travaillent. Et c'est l'usage par cheux nous, en Normandie. Ceci dit, c'est vrai que je l'entends de plus en plus fréquemment.
Écrit par : LOBO | samedi, 23 mai 2009
Tiens, je ne l'avais pas spécialement remarqué autour de moi, mais je me rends compte que j'emploie souvent cette expression. Il faut dire, ayant vécu près de 20 ans dans la région de Marseille...
Écrit par : Irène | samedi, 23 mai 2009
Bah, je suis née à Marseille, et je n'emploie ni n'entends qu'assez peu cette expression... mais la notion de "fréquence" d'une expression me semble bien subjective... on la note peut-être plus quand quelqu'un nous la dit, et qu'on avait justement besoin de l'entendre... elle semble superflue, automatique, à côté de la plaque ou inexistante quand ce genre de "souhait"n'est pas nécessaire. "Bonne journée", décliné en "bonne fin de journée/ fin d'après-midi/ de matinée/ de soirée" me semblent assez fréquent, en revanche, et aussi plutôt sympathiques, contrairement au "bon courage", qui, dit à côté de la plaque, peut donner l'impression que celui qui s'en va se sent mieux loti que nous, pauvre de nous, qui avons besoin de courage pour continuer...
Écrit par : Alice M | samedi, 23 mai 2009
J'ai lancé ce fil parce que j'entends l'expression de plus en plus souvent alors qu'elle ne me frappait pas avant, mais je ne sais si c'est à cause de la crise récente ou du milieu plus rural et populaire dans lequel j'évolue. Je ne suis pas sûr que la fameuse crise ait accéléré la production de ces énoncés dans mon coin de France, mais je le soupçonne un peu.
Écrit par : Dominique | samedi, 23 mai 2009
Il y a aussi le phénomène de la recherche des symptômes, ou conséquences, de la crise : il paraît qu'on mange plus de chocolat, c'est à cause de la crise : le chocolat, ça console ; les brocantes marchent mieux : forcément, c'est la crise ; on marchande plus : toujours la crise ! je ne dis pas qu'il n'y a pas un peu de vrai là-dedans, mais ce qui me semble révélateur, c'est cette volonté de chercher et trouver des indices de crise un peu partout. Un peu comme lorsqu'on cherche des infos sur une maladie sur internet : tout ce qu'on lit confirme bien notre crainte (celle qu'on avait déjà *avant* de chercher) les symptômes sont bien tous là, c'est bien ça, cette maladie-là : la crise !!
Écrit par : Alice M | samedi, 23 mai 2009
Il me semble en effet entendre, en Provence, de plus en plus ce "Bon courage!" ( à mon avis c'est rapporté du nord de la Loire !, car je ne l'entendais que très peu auparavant).
Je ne suis pas sûr que ce soit en rapport avec la crise actuelle — je l'ai entendu bien avant — mais plutôt avec une habitude prise — sans doute avec quelque raison — de se plaindre de tout, du smic pas assez élevé, des impôts qui le sont trop, des grèves, des patrons, des fonctionnaires, de la météo, bref de la vie trop dure ...
Et ce "bon courage!" lancé au moment de prendre congé exprime une certaine solidarité dans l'adversité, surtout quand fuse alors la réponse convenue "Ça! Il nous en faudra!" . Et le clin d'œil appuyé rajoute alors une couche de sous-entendus qui font croire qu'on se serre les coudes, qu'à plusieurs on y arrivera, alors qu'on se quitte, que chacun rentre chez soi (boire et regarder son Pernod/aut)et va faire en sorte que surtout rien ne change.
Allez, bon courage quand même.
Écrit par : leveto | dimanche, 24 mai 2009
Ah ah, leveto !! chacun a son interprétation du "bon courage" ! ce n'est pas encore arrivé dans mon coin, mais bon, dire que ça vient d'une habitude de "se plaindre de tout", me fait penser à la chanson d'Abdel Malick, "c'est du lourd" : ya les bons (lourds), et les méchants (pas lourds), les bons, ceux qui travaillent *sans se plaindre* et les autres... Faysal Ryad a dit ça bien mieux dans son article très lourd (collectif "les mots sont importants")Se plaindre, c'est le début du changement, non ? même si ce n'est qu'un petit début, tout maigre et mou, comme vous le soulignez.
Écrit par : Alice M | dimanche, 24 mai 2009
Dans mon coin de France profonde, jamais de "à tantôt", c'est breton je crois ; pas plus de bon courage. Dans le cercle intime, prends soin de toi, sois heureux, passe une bonne journée, des injonctions à ne pas perdre de temps car il passe, inexorablement. Dans le milieu professionnel, une neutralité de bon aloi, bonjour et au revoir. Dans l'entourage de proximité géographique, bonjour madame qui marque là aussi le défilement des années. Et les regards s'attardent sur les jeunes filles en fleur.
La dite crise n'est que financière. Elle n'est pas de foie. Pas besoin de courage ; juste d'un peu d'allant.
Écrit par : michèle | lundi, 25 mai 2009
« Bon courage ! » : un cri du coeur ?
http://books.google.fr/books?id=V6d4x3szZ9oC&pg=PA139&lpg=PA139&dq=le++courage,+%C3%A9tymologiquement+parlant,+le+mot+coeur&source=bl&ots=xxsybytFUm&sig=aNduDj9XRWZV51odzrdJVPKeU1s&hl=fr&ei=RKQaSpmdNpCsjAepntTwDA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1
Écrit par : MiniPhasme | lundi, 25 mai 2009
Miniphasme ! joie ! quelle belle citation polonaise sur l'espérance ! "le Seigneur m'a promis un manteau de fourrure et voici que je transpire" : magnifique !
Écrit par : Alice M | lundi, 25 mai 2009
Ce sont des forçats qui se souhaitent bon courage?
Écrit par : Eric | mardi, 26 mai 2009
Vous êtes étonnamment au courant toujours : lorsque Mme Sarkozy dit au revoir à son mari qui retourne travailler, sa chemise verte sous le bras, elle lui dit "bon courage". In interview de femme actuelle, le 18 mai 2009. Pas chéri. Elle ne dit pas "bon courage chéri". Elle papote, elle. Appartements privés dans lesquels ils n'habitent pas, mais ils y passent le week-end. D'autres ont des résidences secondaires : pour eux c'est l'Elysée leur résidence secondaire.
Écrit par : michèle | lundi, 01 juin 2009
Tiens ? CQFD (Ce qu'il faut détruire) relève aussi ce tic d'époque.
http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article2244
Ce que je remarque aussi, c'est que l'expression conclut chaque numéro de Sarko-Info sur BFM-TV par Karl Zéro et Guy Birenbaum.
http://guybirenbaum.com/
Écrit par : Dominique | mercredi, 16 juin 2010
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