samedi, 16 mai 2009

Des cycles économiques

Mon département s'est toujours félicité de sa sage gestion en bon père de famille et ami du notaire. Cela explique pourquoi il tente de faire encore des économies après s'être félicité dans son magazine de propagande du bon classement que lui accorde Challenge.

Mais patatras ! l'édito du président du conseil général contient ce constat : "La fluctuation des cycles économiques est une caractéristique de l'économie contemporaine". Le problème est le suivant :

- la France est en récession (deux trimestres de baisse consécutifs de croissance négative selon la définition classique), mais il ne faut surtout pas le dire ;

- il y a une crise (La Crise), mais elle est purement conjoncturelle, car nous sommes toujours dans le même cycle économique (depuis quand ? le président du conseil général ne le dit pas) :

- quand on sortira de La Crise, on sera forcément dans le même cycle économique ou dans un autre selon le discours que l'on voudra tenir :

- et puis surtout La Crise ne peut pas et ne doit pas être structurelle.

La notion de cycle économique n'a strictement aucun sens si on ne dit pas de quel cycle il s'agit ! Elle impressionne les béotiens qui trouvent le terme savant, mais il faut voir les paramètres qui permettent de déterminer un cycle économique et cela peut être fort variable, le taux de croissance n'est que l'un d'entre eux.  hMes fort anciennes notions de statistique et d'économie me rappellent que les économistes libéraux (pas marxistes, hein !) ne sont pas d'accord entre eux sur la durée et la périodicité de ces fameux cycles qui peuvent varier du simple au triple, avec des périodes de dépression tout aussi variables selon les indicateurs retenus. On peut découper aussi l'histoire par tranches avec des minicycles ou la regrouper avec des mégacyles. On ne définit un cycle économique que lorsqu'il est fini depuis très longtemps...

Il y a à peu près autant de cycles économiques que d'historiens de l'économie et d'économistes. Avec cinq cents ans de recul, on y verrait plus clair, mais comment déterminer l'existence d'un cycle dont ce président de conseil général dit que l'on n'en est pas sorti ? Ce serait un cycle long de croissance continue qui subirait juste une petite panne passagère (La Crise) ? et puis on continuerait comme avant ? Il n'y aurait donc pas eu de cycles économiques avec de fortes fluctuations lorsque les récoltes étaient fort aléatoires avant la naissance de l'agriculture industriselle ou lors des guerres centenaires ?

Le propos est idiot et en même temps il devient autorisé parce qu'il emploie les mots doctoraux qui impressionnent fort le quidam qui ne comprend rien à l'économie ou à l'histoire. Le tout est de faire en sorte que l'on ne prononce surtout pas les mots : récession, fin de la croissance, faillite du capitalisme et du libéralisme (pour le mot "crise", c'est un pis-aller). L'important est de dire que l'on continue comme avant et que rien ne change... Vous avez parlé de progressisme ?

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Commentaires

La crise d'une erre.

Écrit par : michèle | dimanche, 17 mai 2009

Grrr. Ce n'était pas ma pensée.

La crise d'une ère.

Révolue.

Écrit par : michèle | dimanche, 17 mai 2009

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