samedi, 09 mai 2009

8 mai : quel nom ?

Assouline s'énerve :

Le 8 mai 1945. Mais encore ? Si l’on en croit les services de l’Elysée, il s’agit de ‘”l’Armistice”. Avec un “A” en capitale. Vous pouvez vérifier ici dans le communiqué officiel. Comme la date est précisée, aucune confusion n’est possible, il ne s’agit pas de l’armistice honteux de juin 1940 mais bien de celui de la Victoire…

Le problème, c'est que la célébration en question ne porte pas sur les deux redditions sans condition signées le 7 mai à Reims sans les plus hautes autorités militaires soviétiques, ou le 9 mai 1945 à Berlin au quartier général des troupes soviétiques en Allemagne, mais sur l'heure de l'arrêt des combats le 8 mai à 23 h 01 (heure d'Europe centrale) - soit 1 h 45 avant la signature complète de l'acte définitif de capitulation qui ne change pas cette modalité. La capitulation de l'Allemagne n'est pas un armistice, soit. Elle n'est pas plus la fin de la Seconde Guerre mondiale, puisque celle-ci se prolonge jusqu'à la reddition complète du Japon le 2 septembre (la capitulation avait été acceptée dès le 15 aoüt). Il y a eu d'autre part bien des redditions de l'armée allemande ou des armées de l'Axe avant, mais ce n'est par exemple que le 10 mai 1945 à 16 heures que la poche de Lorient sera définitivement libérée à la suite d'autres négociations parallèles et indépendantes, et que les combats cesseront en France.

Ce jour férié est une fiction collective : il correspond à la fin théorique des combats et donc à la définition d'un armistice, mais il ne correspond pas aux dates de signatures des actes de capitulation ; il est nommé jour de la victoire, mais cela fait un peu trop anti-germanique (raison pour laquelle l'Ex le suspendra durant son septennat), même si on précise ensuite victoire de la démocratie ; il est confondu avec la fin de la Seconde Guerre mondiale qui se prolonge en fait en Asie que l'on oublie souvent parce que la guerre sino-japonaise est antérieure à la Seconde Guerre mondiale. Et beaucoup de Français parlent couramment d'armistice, comme pour le 11 novembre, puisqu'en définitive la fabrication de ce jour mémoriel est une sorte de bricolage historique à contorsions multiples afin de ne pas insulter en permanence nos partenaires européens et désormais alliés. En outre, on a cru bon de le flanquer en 1985 d'un jour de l'Europe, aujourd'hui 9 mai, pour honorer Robert Schuman. Cela n'aide pas à rendre la date plus lisible.

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Commentaires

Il n'y a pas si longtemps, le 8 Mai était étiqueté "Victoire 1945" sur les calendriers de la Poste, par exemple, et c'est comme ça que j'en ai entendu parler en cours d'histoire et d'instruction civique dans les années 1980: victoire sur le nazisme, rétablissement de la démocratie en Europe de l'Ouest. Un tableau incomplet, qui ne mentionnait même pas la poursuite des combats en Asie ou le début des conflits coloniaux... Mais l'empilement actuel ne vaut pas mieux.

Écrit par : Irène | samedi, 09 mai 2009

Fin de la guerre en Europe, tout simplement…

sinon, déposer les armes, ce n'est pas "cessez-le-feu" ?

Écrit par : Médard | lundi, 18 mai 2009

Avant ce passage là, le capitaine d'infanterie, qui vient de passer ses troupes en revue, dit "rompez". Là, les troufions relâchent les jambes, baissent la tête, allègent les tensions internes. Cela signifie repos. Oui, j'aurais pu faire l'armée avec Rivka si j'avais vécu en Israël avec elle ; je me serais faite affecter à l'arrière, dans les cantines.

Écrit par : michèle | lundi, 18 mai 2009

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