mercredi, 11 mars 2009

Le plafond de verre, ou comment ne rien comprendre aux différences culturelles

Je me demande encore pourquoi on a traduit aussi sottement et littéralement une expression anglaise :

L'expression américaine pour décrire cet état de fait est parlante : les femmes sont enfermées sous un glass ceiling, un plafond de verre qui les empêche de parvenir au sommet.

Il y a bien un film pour avoir repris l'expression sotte et littérale. Mais il ne parle pas des femmes, juste des immigrés. Ce qui a pu entraîner la contagion de l'expression absurde, c'est qu'il a été réalisé par une femme qui évoquait aussi des femmes.

Où trouve-t-on un plafond de verre dans les objets de la vie quotidienne française ? Nulle part... On ferme des verrines ou des conserves avec un couvercle quand on appertise, on pose parfois une assiette sur un verre ou une tasse, mais de plafond... je ne vois pas sauf dans un blogue qui fait de cette expression une vérité de la langue et de la culture française à force d'entrisme dans Wikio et Vendredi. Mais où serait donc le sommet puisqu'en fait tout est contenu dans un pot hermétiquement clos ? Ne faudrait-il pas dire alors plutôt sortir du pot, ce qui veut dire ne plus être astreinte aux règles du pot, donc du commun des mortels ? Être au dessus du pot serait sans doute trop désobligeant pour des femmes aussi avides de pouvoir et d'influence que des hommes déjà en charge de bien de fonctions et de titres. Que les termes soient faux depuis le départ en français ne dérange personne puisque la seule vérité doit venir de la source anglophone traduite littéralement et sans aucun recul, même si cela ne correspond en rien à la réalité culturelle de mon pays, mais comme l'anglais est la langue dominante il faut employer ses expressions si l'on veut dominer quelle que soit la cause. Je ne suis pas de ce combat...

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Commentaires

Il s'agit bien d'une image anglaise, née aux USA en 1979 selon Wikipedia, mais elle "ne correspond en rien à la réalité culturelle" anglaise ou américaine non plus. Il n'y a pas plus de plafonds en verre chez eux que chez nous.
Votre recherche dans la vie quotidienne française est bien littérale, cher Dominique. Beaucoup de métaphores, dois-je vous le dire ? ne correspondent pas à des réalités concrètes.
Celle-ci n'est pas forcément indispensable (bien qu'elle exprime un fait réel), mais elle ne fait pas non plus injure à la langue.

Écrit par : Pierre Enckell | jeudi, 12 mars 2009

Si je ne craignais de tomber dans la facilité, je ferais bien un commentaire grivois sur le plafond de verre devenant plancher pour les dames de l'étage au dessus...

Écrit par : cineraire | jeudi, 12 mars 2009

Je pense que l'image ne renvoit pas à une réalité ou un objet concret.
Je comprends le plafond de verre comme étant une limite (vers le haut) qui n'est pas officiellement établie mais qui existe bel et bien en tant que plafonnement dans la progression professionnelle, l'avancement comme on dit.
Ainsi, pour les femmes dans les entreprises, il n'est pas écrit quelque part dans un quelconque règlement qu'elles ne peuvent ni ne doivent excéder un certain niveau hiérarchique, mais c'est finalement bien leur cas depuis toujours, sauf (rares) exceptions.
C'est une image pas si mal trouvée, je trouve.
Vu de l'extérieur on voit donc les femmes cantonnées dans les étages du bas ou médians alors que les femmes peuvent avoir la même formation que les hommes et les mêmes débuts de carrière... jusqu'à un certain point !
On pourrait dire aussi : "plafond invisible".

Écrit par : Frédérique | samedi, 14 mars 2009

Pardon pour les fautes : l'image ne renvoie...
A force de ne plus écrire, je ne sais plus écrire !

Écrit par : Frédérique | samedi, 14 mars 2009

Plafond invisible me convient mieux. Mais l'on n'est pas loin du seuil d'incompétence de Peters. Ma supérieure pense que je suis incompétent à mon poste et moi je pense que c'est elle qui ne devrait pas occuper son poste puisqu'elle n'a pas su organiser le travail et qu'elle me met en situation d'échec par son désordre. Que faire alors ? Le plafond invisible s'applique aussi à des hommes qui sont sous la tutelle hiérarchique de femmes qui n'auraient jamais eu être nommées à un poste de décision d'un degré donné. Pas parce qu'ils sont hommes, mais du fait de leur histoire, de leur parcours et de leur dossier rédigé par des personnes qui n'auraient pas dû être là. Ils ne peuvent se réclamer d'une minorité visible et pourtant il y a discrimination flagrante (pardon de jouer au Zemmour, je n'aime pas ça).

Écrit par : Dominique | samedi, 14 mars 2009

oui sauf que le plafond de verre évoque une réalité sociologique. statistiquement il y a beaucoup plus d'hommes dans les top management . Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de femmes ou qu'au contraire des hommes n'ont pas eu accès aux postes qu'ils méritaient.

Écrit par : olympe | samedi, 14 mars 2009

La lecture de la page :
http://en.wikipedia.org/wiki/Glass_ceiling
est intéressante. Il faut aussi vous apprêter à traduire "bamboo ceiling". Ne cherchez pas non plus dans la vie de tous les jours !

Écrit par : DB | samedi, 14 mars 2009

Oui, le terme de "plafond de verre" m'avait aussi heurtée quand je l'avais entendue en anglais, en GB, car c'est une image un peu étrange pour les Français, je crois. Alors sa traduction littérale nous heurte encore plus, bien sûr. "Plafond invisible" nous convient mieux, peut-être parce que la dimension concrète s'efface ainsi... Le plafond de verre est invisible, certes, mais on s'y cogne, on le percute, bref, il est bien présent et on le sent, il blesse, il fait mal. Cette image bien concrète, faite d'un matériau bien connu, convient beaucoup mieux au pragmatisme anglais.

Écrit par : Alice M | samedi, 14 mars 2009

Frérérique : « A force de ne plus écrire, je ne sais plus écrire ! »

Je me réjouis à l'avance de vous lire plus souvent. Cela ne manque en tout cas pas d'imprévu.

Écrit par : Stéphane De Becker | dimanche, 15 mars 2009

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