samedi, 07 mars 2009
Le non-dit d'un numéro
Oui, certes, la rue Lauriston est restée tristement célèbre et Patrick Modiano a beaucoup fait pour l'ancrer et l'encrer dans les mémoires par la Place de l'Etoile.
La demande a été formulée par des élus du XVIe arrondissement de Paris. Réunis lundi soir en conseil d’arrondissement, ils souhaitent rebaptiser le 93 de rue Lauriston, siège de la Gestapo française sous l'occupation.
Mais le problème n'est pas dans le numéro de la rue (le Médef et avant le CNPF n'ont pas demandé que l'on renumérote l'immeuble de l'avenue Pierre Ier de Serbie qui a été aussi occupé par la même Gestapo française avant qu'elle n'accède à sa sinistre notoriété, le ministère de l'Intérieur n'a pas changé les numéros de la rue des Saussaies qu'il occupe toujours alors que la Gestapo allemande occupait ses immeubles), il est ailleurs : dans la création de la brigade nord-africaine ou légion arabe par la bande de Bonny-Lafont ou bande de la rue Lauriston qui se livra à des exactions et des exécutions sauvages à Paris et surtout en province. C'est ce fait qui pose une grave question pour une chambre de commerce franco-arabe ! Mais ce n'est pas dit explicitement par Hervé de Charette, parce que ce serait raviver un sujet fort ignoré de la quasi-totalité des Français alors que l'on est toujours en plein conflit israélo-palestinien avec accusations réciproques de Shoah (chacun étant le nazi de l'autre) et que le réglement de la guerre d'indépendance de l'Algérie n'a toujours pas été soldé en France.
11:06 Publié dans Les mots de la vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, guerre



Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://champignac.hautetfort.com/trackback/2083534
Commentaires
"avant qu'elle n'accède à sa sinistre notoriété"
Une petite pointe, en passant, avant de traiter le vrai sujet.
Léger et délicat, comme il se doit.
Écrit par : Cineraire | samedi, 07 mars 2009
Écrire un commentaire