dimanche, 18 janvier 2009

Des faits inqualifiables

Je tombe sur cette dépêche et je me demande ce que l'on a voulu dire :

"Le parquet a souhaité apporter à ces faits inqualifiables une réponse rapide pour montrer que la justice ne laisse pas faire ce type de faits sur des professeurs d'école ou d'autres personnels de la fonction publique", explique à France 3 Nicolas Sept, substitut du procureur.

Le problème, c'est que les faits doivent justement être qualifiés par le procureur de la République afin qu'ils soient jugés en fonction de leur gravité ou du préjudice, de déterminer leur échelle de santion. Qualifier un fait appartient justempent au devoir de ce substitut et ce délit entre bien dans une catégorie existante. Or, en apportant une réponse (comme on dit dans le jargon pseudo-technocratique), il a qualifié les faits puisque la mère en question se retrouvera en correctionnelle. Que les faits soient inadmissibles ou intolérables ou insupportables ou répréhensibles soit, mais inqualifiables, pourquoi donc ? Que veut-on prouver de plus par l'absence de qualification ? Que peut-il y avoir au dessus après un tel terme ? Est-on en manque d'hyperboles ?

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Commentaires

Ben moi je comprends "inqualifiables" comme d'une gravité telle que l'on ne peut qualifier les faits ; le langage de la justice, lui, est un jargon tel qu'il exclut la compréhension du vulgus pecum. Lamid disait sur LSP que sa violence de réaction était telle devant des propos inqualifiables au sujet de Guy Moquet, qu'il a préféré s'abstenir ; le summum étant ensuite qu'il s'excuse devant X sur ce qu'il aurait pu lui jeter à la figure comme insanités. J'ai admiré + + +. Maîtrise de soi, distance, réflexion, leveto fait des émules !
Rose au fond de la classe se répète en se rongeant les ongles, peut mieux faire, peut mieux faire, peut mieux faire. Puis elle ronge son frein.
Pour galoper à cru.
En attendant le retour.
Dominique, je ne sais pas pourquoi j'apprécie quand vous cherchez un poil sur un œuf, mais j'apprécie.

Écrit par : michèle | dimanche, 18 janvier 2009

le langage de la justice virgule lui virgule, si vous aviez la gentillesse de les rajouter D.D merci.

Écrit par : michèle | dimanche, 18 janvier 2009

Michèle, il ne s'agit pas d'un langage hermétique de la justice ici. Elle emploie alors un terme précis et courant, dans un sens technique mais compréhensible de tous à la différence de bien d'autres. Cette tournure ne serait pas choquante dans la bouche ou sous la plume de l'homme de la rue, mais venant de la part d'un magistrat du parquet elle traduit une forme de démagogie mal venue et une contradiction complète. Un fait inqualifiable en justice pour moi dépasserait en horreur les crimes contre l'humanité ou les actes de barbarie, or ici on est juste au registre de la correctionnelle et même pas des assises ou d'un tribunal spécial. Et ce magistrat a bien dû qualifier le fait pour qu'il y ait jugement. Mais il s'exprime comme il croit qu'on voudrait l'entendre sur le coup de l'émotion publique, c'est du langage de la justice spectacle et rien d'autre.

Écrit par : Dominique | dimanche, 18 janvier 2009

D'accord, Dominique (j'avais lu le lien, une fois n'est pas coutume), dans la bouche d'un substitut du procureur, cela requiert la compréhension de la qualification des faits. Néanmoins, que ce soit dans les transports en commun ou au sein de l'école, c'est bien d'un malaise sociétal qu'il s'agit qui révèle l'ampleur de bien des dysfonctionnements, d'une réelle paupérisation, de drames familiaux, d'une omerta sur des faits graves et quand le bouchon de dépressuration ne tourne plus, la cocotte minute explose, d'où les dégâts inhérents à ce qui est en aval & qui n'a pas été résolu.

Écrit par : michèle | dimanche, 18 janvier 2009

… tout comme le pic Sans Nom
(mais du coup il en a un ;-))

Écrit par : Médard | lundi, 19 janvier 2009

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